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Personnalité : trouver son équilibre (7) ?

par | 14/09/2015 | Réflexions

Poursuivons notre réflexion sur le concept d’estime de soi, et particulièrement sur sa vulnérabilité et son impermanence. Après la description du profil à basse estime de soi, voyons aujourd’hui :

Les profils de personnalité à Haute estime de soi : se sur-positionner, entre mensonges et crispations…

Ce n’est pas le genre à se précipiter chez un analyste, manque d’humilité oblige… Dans les cas les plus graves, ces personnes peuvent déclencher une grande antipathie. Incapables de se remettre en question, elle parviennent sans mal aucun à s’auto-persuader que ce sont les autres qui sont désagréables avec eux (généralement à cause de leur prétendue jalousie). Ils pensent sincèrement qu’on ne peut qu’envier leurs nombreuses qualités et, en leur présence, que ressentir le poids de sa médiocrité. Ces personnes ne peuvent s’empêcher de se mettre en avant pour être au centre de l’attention, de parler de façon péremptoire, de reprendre les autres, de les contredire, d’avoir toujours raison, de ne jamais reconnaître leurs torts. Certaines, plus lucides, peuvent avouer une certaine arrogance.

Ces profils de personnalité présentent en fait les mêmes fragilités de l’ego que ceux à basse estime de soi, qu’ils sont d’une certaine façon ou qu’ils peuvent devenir en cas de revers répétés. Mais leur façon de lutter contre leurs doutes va être radicalement opposée, d’où les tentatives de domination parvenant néanmoins à une construction bancale et fragile. Les efforts de maintien de l’estime de soi à un haut niveau servent de mécanisme de défense pour mettre à distance des fragilités angoissantes. Les comparaisons sociales sont permanentes : vers le haut, on jalouse; vers le bas, on dédaigne! Les comportements inappropriés sont légion : colères mémorables, abus de substances euphoriques, dépressions sévères quand le vernis craque…).

Ces personnes sont difficiles à vivre pour leur entourage qui a un mal fou à les supporter. Convaincues qu’en matière de jugement social, « la meilleure défense, c’est l’attaque… », elles consacrent d’avantage d’effort à la promotion de leur estime de soi qu’à une construction solide de cette dernière, d’où la superficialité évidente de leur personnalité. Elles se lancent volontiers dans l’action en raison de leur besoin de reconnaissance mais souffrent d’une intolérance à l’échec! Face au doute, elles essaient de garder la face à tout prix. Confronté à un problème, le réflexe n’est pas de se remettre en question mais de questionner la réalité ou la pertinence du problème !

Cette surestime de soi exprime la volonté de construire un « super-moi », personnage social qui protège la personne sous-jacente, bien plus fragile et bien moins flamboyante. La personne se sent obligée d’être au dessus de la mêlée, de peur d’en être assimilée. Elle a l’obsession d’être hors d’atteinte. Ces stratégies ont un coût émotionnel élevé, engendrant beaucoup de stress. L’obsession de reconnaissance et de performance provoque une usure et une fragilisation. La personne est rongée par une grande anxiété à l’idée de ne pas y arriver ou d’être ridiculisée en étant démasquée.

Il y également un risque dépressif lors des mouvements vers le bas de l’estime de soi de ce type de personnalité, lors de prises de conscience brutale de la fragilité sous-jacente, à l’occasion par exemple de coups de fatigue liés à l’épuisement de défendre de façon permanente l’image qu’on s’échine à montrer et les privilèges y attachés. Mais l’impasse est encore plus grande que chez les personnes à basse estime de soi car le jeu de rôle est étouffant et épuisant. Toute sincérité est devenue impossible, d’autant que pour l’entourage, persuadé d’avoir à faire à une personne à l’égo robuste, l’illusion est parfaite. Néanmoins, si la personne vit dans l’angoisse d’être démasquée, elle reste protégée de la dépression par une forme de déni.

Un cas de figure extrême du phénomène est celui des narcissiques, personnalités victimes d’une hypertrophie de l’estime de soi. Ils sont réellement convaincus d’être supérieur aux autres et de mériter le meilleur. Il est donc légitime qu’ils bénéficient en tant que tel de traitements de faveur : avoir le droit de rouler plus vite car ce sont des meilleurs conducteurs et qu’ils roulent dans des voitures plus fiables et plus performantes, de parler plus longtemps que les autres dans les réunions car leurs propos sont plus percutants et plus intéressants, être servi plus vite, ne pas faire la queue,.. car leur temps est plus précieux que celui des autres.

Leurs succès n’est même pas source de fierté mais de sursaut d’orgueil, à cause d’une dilatation de leur égo. Ils font beaucoup d’effort pour montrer qu’ils ne sont pas n’importe qui (carrés « VIP » indispensables) et cherchent systématiquement à capter l’attention. Soucieux de beaucoup obtenir en respect et en attention, voire en hommage et en égards, ils sont peu préoccupés par les notions de réciprocité, d’écoute et d’empathie. Mais la qualité de leur fréquentation en pâtit, pouvant paraître frustrante et désagréable. En fait, l’autre n’existe que comme faire-valoir, comme adversaire ou comme obstacle. Jonchés au sommet de l’aveuglement de l’estime de soi, ils sont dans l’incapacité de progresser, ce qui nécessiterait qu’ils acceptent de se remettre en question.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en voyant comment on peut durablement améliorer son estime de soi.

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