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Pervers-narcissique : les caractéristiques majeures de sa personnalité (1)

par | 15/07/2015 | Pervers-narcissiques, Psychologique

Poursuivons notre série d’articles consacrée à la douloureuse question de la libération de l’emprise d’un pervers narcissique. Avant d’envisager les moyens de se défaire d’un pervers, commençons aujourd’hui par analyser les caractéristiques de la personnalité du pervers-narcissique en nous penchant sur la structure psychique le caractérisant : entre structure névrotique et structure psychotique.

Le fonctionnement d’une structure névrotique

Contrairement à ce que l’on croit couramment, une personne présentant une structure névrotique est en fait tout à fait équilibrée, avec un bon fonctionnement interne et externe. Elle parvient à maintenir un équilibre entre ses désirs et la réalité, entre ses pulsions et ses interdits, entre ses amours et ses haines. C’est un individu qui a vécu une construction « normale »  de son identité, de l’idée qu’il se fait de lui-même. La première grande étape de construction de la personnalité s’opère avec la gestion de la séparation originelle d’avec sa mère : séparation physique puis psychique : on ne forme plus un seul être avec sa mère. La conscience de cette perte et de cette coupure est à la base de notre unicité, de l’individualisation de notre être. Cela nous fonde et nous prépare à nos futurs deuils.

La personne « normale » a donc intégré l’existence d’interdits et de règles sociales. C’est la mère qui laisse le père incarner cette « loi » en imposant la toute première des lois selon Freud : l’interdit de l’inceste : « Ta mère m’appartient et tu ne peux la posséder ». La limite posée par le père, en imposant à l’enfant la séparation d’avec la mère, permet à l’enfant de se structurer et de s’individualiser de sa mère. La relation à trois est née : père, mère, enfant. Par la même, on admet que l’autre existe et que de ce fait, ses propres désirs ne peuvent être tous assouvis. Face à ses pulsions censurées, pour gérer sa frustration, on peut avoir recours à différents mécanismes de défense qui aident à structurer la personnalité : le refoulement, la rationalisation, la projection et la compensation.

Il existe deux structures névrotiques : la structure hystérique (généralement féminine) et la structure obsessionnelle (généralement masculine). Le mot hystérie a pour origine hyster qui désigne la matrice, l’utérus. La structure obsessionnelle repose le plus souvent sur une haine inconsciente envers le rival (le père), amoureux lui aussi de la mère. Cette pulsion de haine oblige le sujet à se dominer grâce à un censeur efficace : son « sur-moi ». Cette répartition des deux structures entre le masculin et le féminin explique en partie pourquoi la plupart des victimes de pervers sont des femmes. A priori, ces deux structures névrotiques ne sont pas pathologiques; elles sont saines. Mais nous pouvons basculer dans la névrose si nous ne parvenons pas à gérer un conflit interne entre nos désirs et nos interdits, ce qui va engendrer des troubles de l’affectivité et de l’émotivité. Néanmoins, le sujet, bien que débordé, garde ses fonctions mentales intactes. Il demeure conscient de sa souffrance psychique et physique et reste dans la réalité : il est accessible à une thérapie.

En revanche est pathologique la névrose hystérique : des douleurs sans aucune origine organique, comme des migraines par exemple, sont la transposition dans le corps d’un problème affectif inconscient. Cela peut engendrer des phobies où l’angoisse interne est déplacée sur un sujet externe (la peur panique des araignées) ou une névrose obsessionnelle : des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui regroupent des pensées obsédantes entraînant des rituels irrationnels, répétitifs, envahissants et précis (cf se laver les mains toute la journée).

Le fonctionnement d’une structure psychotique

Une personne à structure psychotique a l’apparence d’un sujet à structure névrotique tant qu’il ne bascule pas dans un état pathologique. Les psychoses les plus connues sont la schizophrénie et la paranoïa. Elles sont de mieux en mieux gérées. Le patient ne fait plus complètement la distinction entre lui et l’autre. Enfant, l’étape du « stade du miroir » n’a pas été vécue correctement. Il s’agit d’une période progressive pendant laquelle le bébé d’environ 7 mois découvre dans la glace, en présence d’un adulte, qu’il est distinct de l’autre et que son corps lui est propre. Sans ce passage, le sujet, en grandissant, a le sentiment que l’autre détient une partie de lui, ce qui engendre des frayeurs de morcellement, de dissociation ou d’abandon. Le sujet éprouve des difficultés comportementales et relationnelles. Il perd le contact avec le réel et avec lui-même. Une prise en charge est indispensable.

L’état limite, zone frontalière entre structures névrotique et psychotique

C’est un état intermédiaire entre l’état normal et l’état pathologique. Le sujet dit « border-line » est en apparence socialement intégré mais ses relations affectives sont altérées, instables et conflictuelles. Il doit lutter en permanence afin de ne pas tomber dans un état dépressif lattant en maintenant un narcissisme démesuré : il lui faut se convaincre constamment qu’il est un être exceptionnel pour masquer la vacuité terrifiante de son être. Cela est du à une angoisse d’abandon et se manifeste par une insécurité interne permanente. La personnalité est fragile, mal construite, avec une confiance en elle insuffisante se manifestant par une peur de ses propres réactions et de celles des autres. Une des façons de gérer ses peurs se traduit par le passage à l’acte, sorte de fuite en avant se caractérisant par des actes d’agressivité envers autrui. La relation émotionnelle entre le monde externe et son monde interne est altérée; elle lui paraît ennuyeuse. La personne se replie sur elle-même; elle s’isole même en présence des autres qui lui paraissent étranges et étrangers. Ces personnes peuvent néanmoins donner l’illusion de la normalité, semblant juste manquer d’authenticité.

Nous poursuivrons prochainement l’étude des caractéristiques majeures de la personnalité d’un pervers narcissique.

 

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