Poursuivons notre propos sur le vivre en bonne harmonie avec autrui en achevant notre réflexion sur la délicate question du pardon. Acceptation et pardon n’impliquent pas renoncement à la justice ou à la prévention pour éviter la récidive de l’offense. Le pardon est un moyen efficace pour éviter l’embrasement de la violence que provoque la loi du talion. Pardonner, c’est poser un acte de non-violence. Analysons ce concept.
La non-violence est un acte de courage vis à vis d’autrui
Le pacifisme n’est pas un renoncement à combattre le mal, mais une résistance non-violente opposée au mal. Il est donc ni soumission ni résignation. La non-violence est l’idéologie adoptée par les hommes qui posent en acte de ne pas tomber dans l’escalade de la violence. Elle demande du courage pour se dresser contre ce qui nous offense, de la lucidité pour ne pas se laisser aveugler par le désir de vengeance et de la maîtrise de soi pour résister à la tentation de la colère contre ce qui nous parait injuste, comme Martin Luther King a su nous l’enseigner.
S’attaquer aux idées plutôt qu’aux personnes
Les personnes injustes, agressives et violentes sont elles-mêmes leur propre victime. Elles ne sont pas libres mais esclaves : de leur milieu, de leurs préjugés, de leur passé. Mais dire cela ne légitime pas l’agressivité ou l’injustice. Il faut s’y opposer avec force dès la première étape franchie pour éviter l’escalade. Mais c’est une raison pour ne pas en vouloir personnellement aux individus qui perpétuent des actes ou des paroles de violence : s’opposer à eux sans violence en retour est le seul moyen de les changer durablement et d’éviter l’escalade de la violence.
Penser à la reconstruction après le conflit
Dans toutes les sociétés, les conflits sont inévitables, peut-être même nécessaires… Mais la paix est indispensable pour rendre la vie supportable. Comment faire pour la mettre en place après un conflit ? Plus que toute autre démarche, la non-violence le permettra : elle n’est pas un renoncement au combat mais une façon de ne jamais oublier de se comporter avec dignité et humanité durant la lutte. Et de faciliter alors le pardon, la réconciliation et l’action ultérieure commune. L’estime de soi ne se nourrit pas d’angélisme mais d’action sereine…
Nous poursuivons prochainement notre propos en voyant comment le lien aux autres peut renforcer le lien à soi.

