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Victimes de Pervers-narcissique : le profil de leur personnalité (1)

par | 24/07/2015 | Pervers-narcissiques

Poursuivons notre étude des pervers-narcissiques en nous intéressant aux profils des victimes de pervers-narcissiques :

Des personnes de valeur : Dotées de fortes valeurs humaines et morales, les victimes de pervers sont chaleureuses, spontanées et aimables, des personnes belles, vives, extraverties, avenantes et pétillantes. Ainsi, la sœur d’un frère handicapé va vite prendre le rôle de protectrice, de réparatrice, et s’ingénier à être le rayon de soleil de la famille : droite, généreuse, attentive. Le pervers perçoit ces qualités qu’il convoite, cet appétit de vivre qui lui fait si cruellement défaut. Il rêve d’une proie qui a du répondant, la briser représentera un challenge bien plus jouissif à relever.

Le moyen de l’emprise : la faille de la victime. Pétries de qualités, les victimes n’en sont pas moins vulnérables en raison d’une faille de leur personnalité, porte d’entrée au travail d’asservissement du pervers. Ainsi, la sœur d’un frère pervers, confronté au lien fusionnel de son frère avec sa mère, va douter de sa capacité à être aimée, de l’intérêt que sa famille porte réellement à elle, son père ne compensant pas l’éloignement de sa mère. Pour attirer l’attention et cacher cette crainte, elle va travailler très bien en classe et s’évertuer en vain à être un enfant idéal pour être aimé de ses parents. Parmi ces belles personnes, le pervers choisira celles qu’il peut instrumentaliser, qui doutent d’elles mêmes, éprouvant un grand besoin de reconnaissance, d’admiration, souffrant d’un certain manque de confiance. Leur sens des responsabilités, leur propension à se culpabiliser et leur goût pour le sauvetage accroissent leur vulnérabilité.

Leur fragilité les empêche de poser des limites. C’est ce qui constitue la clé d’entrée du pervers dans la phase idyllique du départ. Il va utiliser le goût de ces victimes pour des relations fusionnelles en réparation à une relation frustrante avec un père idéalisé, ce qui explique qu’il y a souvent un écart d’âge important entre la victime et le pervers. Au début, la victime est impressionnée par son bourreau, par son aisance, son charisme, sa position sociale,… et va se sentir flattée d’avoir été choisie par un être si remarquable et estimé. La fêlure de la victime n’est pas forcément structurelle; elle peut être conjoncturelle, résultant d’une fragilité passagère causée par un deuil récent ou un stress lié à la prise de nouvelles fonctions à responsabilité entraînant un temps d’incertitude et de fragilité, voire de défaillance passagère qui va transformer quiconque en proie idéale. Le pervers est doté d’un grand sens de l’observation et de l’analyse afin de repérer les points de faiblesse dans lesquels il va pouvoir s’engouffrer.

Des profils équilibrés et altruistes  : Enfant, la future-victime est naturellement tournée vers les autres, programmée pour déceler et satisfaire les désirs des personnes de son entourage. Elle finira par prendre la place du dominé dans les relations humaines et par suivre les chemins tracés par les autres, ce qui lui paraîtra plus confortable. Adulte, la victime a une personnalité en quête d’amour; elle cherche à se situer dans le désir de l’autre, dans son discours, dans son jugement, au détriment d’elle-même. Une façon d’attendre de son partenaire, qui n’est pourtant en rien concerné, une réponse à ses propres questions fondamentales, avec le secret espoir d’un retour symbolique à un lien fusionnel infantile. Dans cette quête, il n’y pas de place pour le moi, le pervers peut prendre toute la place : l’équation est la suivante : Je (moi, victime) + toi (bourreau) = toi (pervers).

La victime rêve de cette fusion réparatrice dans l’autre à cause de la présence dans sa personnalité d’un point douloureux un peu mélancolique masqué par une vitalité prononcée. On conçoit aisément comment cela fait d’elle une proie idéale. La rencontre avec le pervers va apparaître miraculeuse : un bonheur en demie teinte va soudainement céder la place, dans un premier temps, à une joie et une satisfaction immenses, un véritable nirvana ! Le pervers va offrir cet enveloppement maternant, cette quête tant attendue, cette possibilité de s’abandonner en lui. Il va alors donner l’illusion d’être la personne qu’on attend depuis toujours, celle qu’on n’osait plus espérer, celle qui va apporter un épanouissement intégral, étant capable de combler au delà des espérances, de résoudre tous les problèmes, et même de les faire disparaître.  La proie idéale va d’autant plus facilement croire en l’authenticité des belles déclarations du pervers qu’elle y voit comme la négation de ses faiblesses. Aussi, elle va rapidement prendre goût à ce bonheur intense, mais le pervers va progressivement le lui retirer. Il propose, puis impose la fusion tant espérée et régénératrice… avant de l’en priver puis de la lui donner à nouveau … mais à certaines conditions seulement. Il va falloir désormais la mériter!… L’engrenage se met en place. Au début, il exige des choses anodines, puis assez vite ses désirs sont de plus en plus difficiles à satisfaire. Vont alors se succéder à un rythme infernal des périodes où l’on revit le bonheur intense puis des temps de frustration de plus en plus douloureux. Deux éléments vous renforcer le basculement dans l’état d’asservissement désiré par le pervers : le désir de revivre cette plénitude absolue à laquelle la victime a pris goût, comme une drogue, et le souhait de ne pas contrarier le pervers pour mériter à nouveau ses faveurs. La victime est devenue une marionnette!

Nous continuerons prochainement à explorer le profil de la victime de pervers narcissique en explicitant deux nouvelles caractéristiques de ce profil : une enfance particulière et un phénomène curieux qui mène la victime à sa perte : sa participation involontaire à son emprise.

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Benoît Lemogne

Divorce Consulting Benoit LEMOGNE

Dirigeant-fondateur de Divorce Consulting,
double formation, juridique et psycho-affective.

  • Diplôme de Notaire (Diplôme Supérieur du Notariat, Université Paris V)
  • 17 ans d’expérience dans le notariat (Droit de la Famille, divorce, PACS, mariage, partage, licitation…)
  • Expert en Liquidation des régimes matrimoniaux & des prestations compensatoires (partage amiable et judiciaire)
  • Ancien Professionnel qualifié en matière de procédure judiciaire (Article 255-9 du Code Civil)
  • Formé à une approche émotionnelle & psycho-affective de la séparation de couple
  • Formation en psychologie, ainsi qu’en intelligence émotionnelle & intuitive (Coaching systémique / Constellations familiales)
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