Le pervers narcissique inflige toutes sorte de violences à sa victime, d’ordre essentiellement psychologique, au nombre desquelles figurent les violences sexuelles. Voyons comment elles se mettent en place et les ressorts qu’elles empruntent, que ce soit avec son partenaire adulte ou avec un enfant en cas d’inceste.
Le mécanisme des violences sexuelles avec son partenaire de vie
Les violences sexuelles consistent dans des rapports et/ou des pratiques sexuelles non désirées par la victime. Le pervers narcissique les obtient du fait de l’emprise qu’il exerce sur sa victime, souvent sournoisement.
Un grand classique : la flatterie : « Je t’ai choisie car tu es spéciale; toi, tu peux oser cela ». Si la victime entre dans « le jeu », la manipulation va grandissant, par exemple en compostant des rapports avec des partenaires multiples.
Ces expériences rendent la victime jalouse de ses rivales d’un moment et la poussent à accepter de nouvelles pratiques non désirées qu’elle va s’imposer à elle même pour plaire à son bourreau ou ne pas le perdre mais dans lesquelles elle va perdre confiance en elle et par lesquelles le pervers va pouvoir accentuer l’emprise qu’il exerce sur elle.
Parmi les différents sentiments par lesquels passe la victime, la culpabilité va être le plus puissant, étant renforcé par l’impression de devenir comme le pervers narcissique. La honte s’installe car les pratiques imposées sont incompatibles avec les valeurs initiales de la victime, d’autant que la victime va souvent commencer à y prendre un certain plaisir (malsain).
Le mécanisme des violences sexuelles avec un enfant : le cas de l’inceste
L’inceste n’est pas une caractéristique du profil pervers narcissique mais on dénombre une proportion plus importante chez ces sujets qu’en population générale. Le pervers va instaurer avec son enfant une relation ambigüe du fait de frontières floues dans la relation qu’il instaure avec lui. Le parent va créer un lien fusionnel avec l’enfant. Or, la fusion, c’est le déni des frontières de l’enfant : frontières psychologiques / générationnelles / physiques
Des frontières psychologiques : l’enfant n’a plus la possibilité de se poser en sujet. Le parent va lui imposer sa pensée unique, truffée de médisance et de jugements. L’enfant est sommé de rester fusionné avec son parent, toute tentative de se positionner en tant que sujet se soldera par une punition directe ou indirecte (culpabilisation, racket affectif, intimidation…). Cela aboutira à une cannibalisation de l’esprit de l’enfant.
Des frontières générationnelles : le parent va s’épancher sur sa vie privée auprès de son enfant, comme s’il était qu’un simple ami, brouillant ainsi les frontières générationnelles.
Des frontières physiques de l’enfant : Pour le bébé, la mère est un objet sensoriel : elle nourrit, sécurise, enveloppe. C’est une odeur, une voix, mais pas vraiment un autre individu. C’est pourquoi la confusion sera plus facile à mettre en œuvre par la mère que par le père.
À partir de l’âge de 4 ans, l’enfant se construit psychiquement en acceptant l’idée que sa mère est une autre personne qui peut imposer sa loi, ses intentions, ses croyances. Un parent trop protecteur, amoureux de son enfant, va tout faire pour lui mais ne l’autorisera pas à aimer quelqu’un d’autre que lui. Ce qui équivaut à le mettre dans une prison affective provoquant ainsi un arrêt de son développement. Facteurs : la complicité libidinale de la mère (qui s’approprie son enfant comme un doudou sensuel) et la complaisance du père (un père qui fait semblant de ne rien voir) ou son absence.
Le parent pourra se livrer à de véritables scènes de séduction : une maman perverse pour faire « joujou » avec le sexe de son enfant. Un papa pourra administrer des caresses à connotation érotique à sa petite fille. En fait, avec un parent pervers, il n’y a pas de frontière marquée concernant la sexualité. Cette situation imprégnée d’inceste se traduit souvent par des enfants qui ne font pas leur complexe d’Œdipe. L’enfant n’a plus rien à fantasmer, le parent pervers lui offrant déjà sur un plateau l’objet de son fantasme.

