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Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr

Contrairement à l’image de toute-puissance que projette le pervers narcissique, celui-ci présente une caractéristique fondamentale souvent méconnue : une influençabilité extrême. Cette particularité, loin d’être anecdotique, constitue l’un des piliers de sa structure psychique et révèle un paradoxe troublant : l’individu qui semble contrôler et manipuler son entourage est lui-même profondément perméable aux influences extérieures, changeant de comportements, de valeurs et d’opinions au gré de ses sources d’inspiration successives.

Comprendre ce phénomène d’influençabilité pathologique permet non seulement d’éclairer le fonctionnement complexe de cette personnalité, mais offre également des pistes concrètes pour les victimes engagées dans une séparation ou une coparentalité difficile. Cet article explore trois dimensions essentielles : le mécanisme d’identification mimétique du pervers narcissique, les racines psychologiques de sa malléabilité pathologique, et les stratégies permettant d’utiliser cette vulnérabilité pour protéger les enfants et encadrer la relation post-séparation.


I. Le caméléon identitaire : comprendre l’identification mimétique pathologique

Une identité construite par emprunts successifs

Le pervers narcissique ne possède pas d’identité stable et authentique. Son fonctionnement psychique repose sur un processus d’identification mimétique pathologique : il absorbe littéralement les caractéristiques, comportements, valeurs et même le vocabulaire des personnes qu’il côtoie. Ce phénomène, que les psychanalystes appellent « miroir narcissique », va bien au-delà du simple mimétisme social que nous pratiquons tous.

Lorsqu’il rencontre une nouvelle personne qui devient son centre d’intérêt, le pervers narcissique va progressivement adopter ses goûts, ses loisirs, ses opinions politiques, ses habitudes alimentaires, son mode d’éducation et même ses expressions langagières. Ce n’est pas un choix conscient de manipulation, mais bien un mécanisme de survie psychique : faute d’avoir construit une personnalité propre, il doit constamment « remplir » son vide intérieur en s’appropriant l’identité d’autrui.

Le principe du sablier : une succession de phases d’absorption

Ce fonctionnement suit un cycle prévisible qui peut être comparé à un sablier qui se remplit et se vide :

Phase 1 – L’absorption intense : Le pervers narcissique rencontre une personne qui va devenir sa nouvelle « source ». Il va alors l’idéaliser et copier systématiquement tous ses comportements. Cette phase correspond généralement à la période de séduction où la victime croit avoir trouvé l’âme sœur parfaite qui partage toutes ses valeurs.

Phase 2 – La saturation progressive : Après quelques mois ou années, le pervers narcissique commence à « se vider » de cette influence. Il ressent un besoin impérieux de trouver un nouveau modèle, une nouvelle source d’inspiration pour combler à nouveau son vide identitaire.

Phase 3 – Le basculement : Lorsqu’une nouvelle influence apparaît (un ami, un collègue, une nouvelle relation), le sablier se retourne brutalement. Le pervers narcissique va alors adopter les comportements et valeurs de cette nouvelle personne, même si ceux-ci sont diamétralement opposés à ceux qu’il affichait précédemment.

Des exemples concrets d’imitation pathologique

Cette malléabilité se manifeste de manière très concrète dans le quotidien :

  • Un pervers narcissique carnivore peut devenir végétarien du jour au lendemain simplement parce que sa nouvelle compagne l’est
  • Ses méthodes d’éducation changent radicalement selon qu’il fréquente des parents permissifs ou autoritaires
  • Ses opinions sur l’argent, le travail, la famille peuvent s’inverser complètement en fonction de son entourage du moment
  • Son vocabulaire, ses expressions favorites, même ses intonations de voix reflètent celles de sa dernière source d’influence

Cette instabilité identitaire explique pourquoi de nombreuses victimes témoignent ne plus reconnaître leur ancien partenaire après la séparation : ce n’est pas qu’il a changé par vengeance, mais qu’il s’est littéralement rempli d’une nouvelle influence.


II. Les racines psychologiques de cette vulnérabilité

Un vide identitaire constitutif

L’influençabilité extrême du pervers narcissique trouve sa source dans une structure psychique particulière. Contrairement à un individu ayant développé une identité stable au cours de son enfance, le pervers narcissique présente ce que les psychanalystes nomment un « faux self » : une façade construite artificiellement pour masquer un vide intérieur abyssal.

Cette absence de noyau identitaire authentique n’est pas une simple fragilité, c’est une béance structurelle. Le pervers narcissique n’a jamais construit les fondations psychiques nécessaires à l’autonomie affective et identitaire. Il ne peut donc pas « être lui-même » puisqu’il n’existe pas de « soi » véritable : il n’y a qu’un espace vide qui doit constamment être rempli par l’extérieur.

Le besoin compulsif de complétude par l’autre

Cette structure défaillante génère un besoin vital et compulsif de s’approprier l’identité d’autrui. Le pervers narcissique ne choisit pas consciemment de copier les autres : c’est une nécessité psychique comparable à un besoin de respirer. Sans cette appropriation constante des caractéristiques d’autrui, il se retrouve face à son propre vide, source d’une angoisse insupportable.

Cette dépendance explique plusieurs comportements typiques :

  • L’idéalisation initiale : la nouvelle source doit être perçue comme parfaite pour justifier l’absorption totale de son identité
  • La relation fusionnelle : le pervers narcissique ne peut établir de distance saine car il a besoin d’une proximité permettant l’observation et l’imitation constante
  • La dévalorisation ultérieure : quand la source ne suffit plus à combler le vide, elle devient inutile et peut être rejetée brutalement

L’absence d’empathie comme amplificateur

L’absence d’empathie caractéristique du profil narcissique facilite paradoxalement cette influençabilité. N’ayant pas de véritables émotions complexes et de capacité à se mettre à la place d’autrui de manière authentique, le pervers narcissique ne peut pas développer de convictions profondes personnelles. Ses « opinions » ne sont que des coquilles vides empruntées à d’autres.

Cette incapacité à éprouver de l’empathie explique aussi pourquoi le changement d’influence peut être si brutal et radical : le pervers narcissique n’a aucune loyauté émotionnelle réelle envers les valeurs qu’il affichait hier, puisqu’elles n’étaient que des emprunts temporaires. Il peut ainsi passer de l’ami le plus tolérant au critique le plus virulent sans ressentir la moindre contradiction interne.

Le rôle des blessures narcissiques précoces

Les recherches en psychopathologie suggèrent que cette structure particulière résulte de carences affectives précoces. L’enfant qui deviendra pervers narcissique n’a pas bénéficié d’un environnement suffisamment stable et aimant pour construire une estime de soi authentique. Il a dû développer très tôt une stratégie de survie basée sur l’adaptation caméléonesque à son environnement plutôt que sur l’expression de sa propre personnalité.

Cette adaptation pathologique, qui était peut-être fonctionnelle dans l’enfance, devient à l’âge adulte une prison : le pervers narcissique ne sait littéralement pas qui il est en dehors des reflets qu’il emprunte aux autres.


III. Transformer cette vulnérabilité en levier stratégique

Comprendre pour mieux se protéger

La connaissance de cette influençabilité constitue un avantage stratégique majeur pour toute personne confrontée à un pervers narcissique, particulièrement dans le contexte délicat d’une séparation ou d’une coparentalité. Comprendre que ce dernier n’agit pas selon des convictions profondes mais selon des influences extérieures changeantes permet de dédramatiser ses comportements et d’anticiper ses revirements.

Cette compréhension est particulièrement précieuse lorsque des enfants sont impliqués. Les décisions qui semblaient refléter une opposition irréductible à vos valeurs ne sont souvent que des emprunts temporaires à l’entourage actuel du pervers narcissique. Cette perspective permet de maintenir une vision à long terme plutôt que de s’épuiser en conflits permanents.

Stratégie 1 : Identifier et influencer l’entourage positif

Puisque le pervers narcissique est une « éponge sociale », il devient possible d’agir indirectement sur ses comportements en identifiant et en renforçant les influences positives dans son entourage. Cette approche, bien que subtile, peut s’avérer remarquablement efficace.

Actions concrètes :

  • Maintenir des relations cordiales avec sa famille d’origine : Si ses parents ou sa fratrie ont des valeurs éducatives saines, leur influence peut tempérer ses excès. Entretenir un contact respectueux avec eux peut indirectement bénéficier aux enfants.
  • Favoriser les relations avec des personnes équilibrées de son cercle : Identifier dans son entourage les amis ou collègues qui ont une influence stabilisante et, si possible, valoriser discrètement ces relations lors des échanges nécessaires.
  • Utiliser les figures d’autorité externe : Les professionnels (médecins, enseignants, éducateurs sportifs des enfants) peuvent devenir des sources d’influence positive si le pervers narcissique cherche à les impressionner ou à obtenir leur validation.

Stratégie 2 : Le cadrage par les institutions et procédures

L’influençabilité du pervers narcissique face aux figures d’autorité constitue un levier particulièrement puissant dans le contexte juridique et institutionnel d’une séparation.

Le poids du cadre légal et judiciaire :

Les jugements, ordonnances et décisions de justice peuvent exercer une influence structurante sur le comportement du pervers narcissique, non pas par respect des règles (concept qui lui est étranger), mais parce qu’il intègre l’autorité du juge comme une nouvelle « source » à laquelle il doit s’adapter pour maintenir son image.

Approches pratiques :

  • Privilégier les décisions judiciaires détaillées : Plus le jugement est précis sur les modalités de garde, d’éducation, de communication, plus il crée un cadre contraignant qui servira de référence comportementale.
  • Impliquer systématiquement les tiers institutionnels : Utiliser les médiateurs familiaux, les points rencontre, les enquêtes sociales comme autant de « regards extérieurs » qui peuvent influencer positivement les comportements du pervers narcissique soucieux de son image.
  • Documenter et communiquer via des canaux officiels : Privilégier les échanges écrits, via application parentale ou courrier recommandé, transforme chaque interaction en « trace » qui peut être soumise à l’appréciation d’un tiers, créant une forme de surveillance sociale que le pervers narcissique intègrera dans ses calculs.

Stratégie 3 : La technique du « modèle comportemental positif »

Une approche particulièrement subtile consiste à devenir soi-même, paradoxalement, une source d’influence pour certains comportements spécifiques, tout en maintenant une distance émotionnelle protectrice.

Le principe du modelage stratégique :

Il ne s’agit évidemment pas de renouer une relation de proximité, mais d’adopter systématiquement, dans les interactions nécessaires liées aux enfants, des comportements irréprochables qui peuvent servir de référence implicite.

Mise en pratique :

  • Afficher une collaboration exemplaire : En vous montrant toujours ponctuel, respectueux du planning, informatif sur la vie des enfants, vous créez un standard de coparentalité que le pervers narcissique peut être amené à copier pour maintenir sa propre image de « bon parent ».
  • Communiquer de manière factuelle et professionnelle : Votre ton courtois, précis, centré sur les enfants et dépourvu d’émotions devient un modèle de communication qu’il peut reproduire, notamment s’il sait que d’autres (juge, médiateur) peuvent avoir accès aux échanges.
  • Valoriser publiquement les comportements positifs : Lorsque le pervers narcissique adopte une attitude constructive (rare mais possible), la reconnaissance mesurée de ce comportement devant témoins peut l’encourager à le reproduire pour obtenir cette validation externe dont il est dépendant.

Stratégie 4 : Utiliser sa sensibilité au jugement social

Le pervers narcissique est extrêmement sensible à son image sociale. Cette sensibilité peut être utilisée de manière éthique pour encourager des comportements respectueux envers les enfants.

Leviers d’action :

  • Impliquer l’entourage partagé de manière transparente : Informer factuellement les enseignants, éducateurs, médecins de la situation de séparation et de la nécessité d’une communication claire crée un réseau de « témoins » dont le regard peut influencer positivement les comportements.
  • Favoriser les activités des enfants en présence de tiers : Encourager les activités extra-scolaires, sportives ou culturelles crée des situations où le pervers narcissique doit se comporter de manière appropriée sous le regard d’autres parents et encadrants.
  • Documenter les réussites de coparentalité : Envoyer des courriers ou messages neutres reconnaissant les moments où les échanges se sont bien passés crée une trace positive qui valorise son image et peut l’inciter à reproduire ces comportements.

Les limites éthiques et pratiques

Il est crucial de souligner que ces stratégies ne sont pas des manipulations visant à contrôler le pervers narcissique, mais des approches pragmatiques pour créer un environnement où les enfants sont mieux protégés. Ces techniques doivent toujours s’inscrire dans le cadre légal et éthique d’une séparation, et ne remplacent jamais l’accompagnement par des professionnels spécialisés (avocats, psychologues, médiateurs).

De plus, ces stratégies ne fonctionnent que dans un contexte de perversion narcissique « modérée ». Face à des situations de violence, de maltraitance avérée ou de danger pour les enfants, la priorité absolue reste la protection immédiate par les voies légales appropriées.


Conclusion : De la compréhension à l’action éclairée

L’influençabilité du pervers narcissique, loin d’être un détail anecdotique de sa structure psychologique, constitue une caractéristique centrale qui éclaire à la fois son fonctionnement et offre des pistes d’action pour les personnes contraintes de maintenir un lien avec lui, notamment dans le cadre d’une coparentalité.

Comprendre que derrière l’apparente toute-puissance se cache un vide identitaire comblé par des emprunts successifs permet de démystifier le pervers narcissique et de sortir de la sidération qu’il provoque. Cette connaissance transforme radicalement la perspective : ce n’est plus un adversaire omnipotent et imprévisible, mais un individu dont le fonctionnement, aussi pathologique soit-il, suit des schémas identifiables et donc anticipables.

Pour les personnes engagées dans une séparation difficile, cette compréhension ouvre des possibilités d’action stratégique qui, sans jamais garantir un comportement parfait du pervers narcissique, peuvent néanmoins créer un environnement plus favorable au bien-être des enfants. L’utilisation judicieuse du cadre légal, l’implication d’institutions tierces, le maintien d’une communication irréprochable et la valorisation des influences positives dans son entourage sont autant de leviers qui exploitent cette vulnérabilité structurelle à des fins protectrices.

Ces stratégies s’inscrivent dans une approche globale de gestion d’une relation post-séparation complexe, où l’accompagnement par des professionnels spécialisés reste indispensable. Chez Divorce Consulting on comprend ces dynamiques particulières, ce qui nous permet de proposer un accompagnement sur mesure pour les personnes confrontées à ces situations, alliant expertise juridique, compréhension psychologique et soutien stratégique, dès l’engagement du processus de séparation.

L’objectif n’est jamais de « changer » le pervers narcissique – projet voué à l’échec tant que celui-ci n’entreprend pas lui-même un travail thérapeutique profond – mais de créer les conditions les plus favorables possible à la protection et à l’épanouissement des enfants, tout en préservant votre propre équilibre psychologique.

Reconnaître l’influençabilité du pervers narcissique, c’est finalement reconnaître qu’il n’est pas invincible, que sa structure psychologique présente des failles et que, même dans les situations les plus difficiles, des marges d’action existent. Cette perspective, aussi modeste soit-elle, constitue souvent le premier pas vers la reconstruction et la reprise de pouvoir sur sa propre vie.


Sources et références

Ouvrages de référence :

  • Racamier, P.-C. (1996). Le génie des origines. Psychanalyse des psychoses. Paris : Payot.
  • Chasseguet-Smirgel, J. (1984). Éthique et esthétique de la perversion. Seyssel : Éditions Champ-Vallon.
  • Eiguer, A. (2003). Le pervers narcissique et son complice. Paris : Dunod.

Articles scientifiques :

  • Ksensée, A. (2003). « Hystérie et perversion : le pervers narcissique ». Revue française de psychanalyse, 67(3), 943-958.
  • Gaddini, E. (1969). « On imitation ». International Journal of Psychoanalysis, 50, 475-484.
  • Freud, S. (1921). Psychologie des masses et analyse du moi. Œuvres complètes psychanalytiques.

Ressources cliniques et pratiques :

  • Centre de Psychologie Intégrative. « Trouble de la Personnalité Narcissique ». Consultable en ligne.
  • Cairn.info. « La perversion narcissique, un concept en évolution » (2008).
  • Canadian Psychological Association. « Série LA PSYCHOLOGIE PEUT VOUS AIDER : Le narcissisme » (2025).

Ressources juridiques et accompagnement :

  • Divorce Consulting. « Intelligence Émotionnelle et Intuitive : Les Armes Secrètes pour Neutraliser le Pervers Narcissique » (2024).
  • Humbert, P. « Comment gérer la coparentalité après un divorce avec un pervers narcissique ».
  • Protéger l’enfant. « La coparentalité avec un pervers : 6 conseils pour naviguer dans les eaux troubles » (2023).

Note importante : Le terme « pervers narcissique » est utilisé dans cet article dans son acception popularisée, mais il convient de préciser que ce n’est pas un diagnostic psychiatrique officiel. Le DSM-5 reconnaît le « trouble de la personnalité narcissique », concept clinique distinct qui ne recouvre qu’une partie des comportements décrits sous l’appellation « pervers narcissique ».

L’Influençabilité du Pervers Narcissique : Une Vulnérabilité Stratégique à Comprendre et à Utiliser

par | 5/10/2025 | Pervers-narcissiques, Psychologique

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr, cabinet expert en stratégie de séparation face à un conjoint pervers narcissique.

  • « Jamais un petit attaché à ses parents hurlera à l’idée d’aller les voir. C’est un indice de haute gravité. »

    Pédopsychiatres auditionnés devant la commission d’enquête parlementaire sur l’inceste, 2 avril 2026

     

    Il existe, dans notre système judiciaire et dans la conscience collective, un axiome qui n’est presque jamais questionné : le maintien du lien entre un enfant et ses deux parents est, en toutes circonstances, une nécessité absolue pour son développement. Un enfant a besoin de ses deux parents. Le contact, même sous forme de visite médiatisée, même arraché par ordonnance judiciaire, serait toujours préférable à l’absence.

    Cette conviction — profondément humaniste dans son intention initiale — est devenue, dans de trop nombreux cas de violences intrafamiliales, un instrument de continuation des sévices. Elle fige les magistrats dans une présomption impossible à renverser. Elle retourne contre les parents protecteurs l’arme de la non-représentation d’enfant. Elle réduit au silence les médecins qui signalent. Et elle enferme les enfants — littéralement — dans un lien institutionnellement validé avec leur agresseur.

    Le 2 avril 2026, des pédopsychiatres de premier plan ont osé nommer ce que des années de pratique clinique leur avaient appris : dans certaines situations de maltraitance avérée ou de suspicion sérieuse, le maintien du lien n’est pas une nécessité. Le qualifier autrement relève, selon eux, de l’hérésie.

    Cet article, rédigé dans la continuité des travaux de Divorce Consulting sur la protection des victimes de violence intrafamiliale, s’articule en trois parties :

  • I — Le constat : l’étendue des dégâts d’un dogme non questionné ;

  • II — Les mécanismes : pourquoi le système perpétue cette erreur ;

  • III — Les solutions : comment se protéger et protéger ses enfants dès maintenant.

     

    I. Le constat : un dogme qui protège les agresseurs

    Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut d’abord mettre des chiffres sur ce que les témoignages décrivent depuis des décennies. Ce n’est pas une impression : c’est une réalité statistique documentée par les institutions elles-mêmes.

    1.1 — Des chiffres qui donnent le vertige

    La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a rendu ses conclusions en novembre 2023 après avoir recueilli des milliers de témoignages. Son diagnostic est sans ambiguïté : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, dont 77 % au sein de la famille. Les agresseurs sont dans 95 % des cas des hommes — pères, beaux-pères, oncles, grands-pères.

    Face à cette réalité massive, la réponse pénale est dérisoire : moins de 3 % des faits signalés aboutissent à une condamnation pénale. En 2020, seules 1 697 personnes ont été poursuivies pour viol incestueux ou agression sexuelle sur mineur. 760 condamnations seulement en 2018. La CIIVISE formule ce que chacun pressent : « le nombre de pères poursuivis est très inférieur au nombre de victimes. »

    Parmi les 22 000 enfants victimes de leur père chaque année, une fraction seulement voit son père éloigné. Les autres continuent de le voir, par obligation légale, parfois sous la surveillance fragile d’un point de rencontre médiatisé. Parfois à son domicile. Sous le regard d’une institution qui, faute de condamnation pénale, continue de valider l’accès du présumé agresseur à sa victime.

    1.2 — La commission parlementaire brise le tabou

    Le 28 janvier 2026, l’Assemblée nationale a créé à l’unanimité une commission d’enquête « sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices ». Transpartisane, soutenue par tous les groupes politiques, cette décision marque un tournant dans la prise de conscience institutionnelle de l’ampleur des défaillances.

    Le jeudi 2 avril 2026, lors de ses auditions, la commission a entendu une table ronde de pédopsychiatres d’expérience : le Dr Françoise Fericelli, ancienne experte judiciaire et cofondatrice du collectif Médecins Stop Violences ; le Dr Myriam Pierson, psychiatre spécialisée en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ancienne experte auprès des tribunaux ; et le Dr Maurice Berger, pédopsychiatre, responsable du diplôme universitaire d’expertise légale en pédopsychiatrie à l’Université de Paris.

    Leur position commune, articulée devant les représentants du peuple français, peut être résumée ainsi : le maintien du lien entre un enfant et un parent violent ou incestueux n’est pas une nécessité pour le développement psychique de l’enfant. Dans certains cas, c’est l’inverse : c’est le lien contraint qui détruit. Qualifier ce maintien de nécessité absolue, c’est une hérésie clinique.

    1.3 — Le refus de l’enfant : la preuve que l’institution ignore

    Il est un signe que tout clinicien formé reconnaîtrait immédiatement comme un marqueur d’alarme sévère, et que la justice transforme trop souvent en preuve à charge contre le parent gardien : le refus catégorique et répété d’un enfant de se rendre chez l’un de ses parents.

    Un enfant qui aime ses deux parents — même dans un contexte de séparation conflictuelle, même après des mois d’absence — n’hurle pas de terreur à l’idée d’un droit de visite. La résistance physique, les larmes inconsolables, la régression comportementale, les cauchemars récurrents avant chaque visite : autant de manifestations que la psychologie clinique de l’enfant interprète comme ce qu’elles sont — des signaux de détresse, des appels au secours.

    Ces signaux existent. Ils sont observés. Ils sont souvent consignés dans des dossiers médicaux, rapportés par des enseignants, décrits par des psychologues. Et ils sont, de manière systémique, mal lus ou ignorés par un système judiciaire qui les réinterprète à travers le prisme d’un autre concept : le syndrome d’aliénation parentale.

     

    II. Les mécanismes : pourquoi le système perpétue cette erreur

    Comprendre comment une institution censée protéger les plus vulnérables peut, en practice, les mettre en danger, exige d’identifier les rouages précis de cette défaillance. Il ne s’agit pas de chercher des coupables individuels, mais de nommer des structures, des présupposés et des outils conceptuels qui, additionnés, produisent des effets catastrophiques.

    2.1 — Le syndrome d’aliénation parentale : un outil sans fondement scientifique au cœur du système

    Le syndrome d’aliénation parentale (SAP) a été théorisé dans les années 1980 par Richard Gardner, psychiatre américain. Son postulat : lors de séparations conflictuelles, le parent gardien — le plus souvent la mère — « lave le cerveau » de l’enfant pour qu’il rejette l’autre parent. Le refus de l’enfant ne serait donc pas le signe d’un danger réel, mais la preuve d’une manipulation maternelle.

    Ce concept est rejeté par la communauté scientifique internationale, par l’Organisation mondiale de la santé, par l’American Psychological Association, par le Parlement européen (résolution du 6 octobre 2021 exhortant les États à ne pas le reconnaître dans leurs pratiques judiciaires), et par la CIIVISE, qui le qualifie de « pseudo syndrome d’aliénation parentale ». Son inventeur lui-même, Richard Gardner, s’est publiquement exprimé en faveur de la dépénalisation de la pédophilie et de l’inceste — un fait qui aurait dû, à lui seul, disqualifier définitivement sa construction théorique.

    Pourtant, ce concept continue d’infiltrer les expertises judiciaires en France. Des magistrats y font référence. Des experts nommés par les tribunaux l’appliquent. Des pères mis en cause pour inceste l’invoquent pour retourner l’accusation contre la mère protectrice. Et des enfants dont les signaux de détresse sont criants se voient confier, par ordonnance judiciaire, à celui dont ils hurlent à l’idée d’approcher.

    La CIIVISE pointe le mécanisme avec une clarté douloureuse : le SAP opère un « raisonnement circulaire » — le fait de dénoncer des abus est traité comme un indice du syndrome, qui lui-même sert de preuve de la fausseté de l’accusation. L’enfant qui crie au danger produit, contre lui-même, la preuve qu’il a été manipulé.

    2.2 — La mère protectrice retournée en accusée

    Le paradoxe institutionnel est absolu. Une mère qui refuse de remettre son enfant à un père présumé agresseur peut être condamnée pénalement pour non-représentation d’enfant, assortie d’astreintes, d’amendes, voire d’une peine d’emprisonnement. La CIIVISE, dans son premier avis d’octobre 2021, avait explicitement préconisé de suspendre ces poursuites lorsqu’une enquête est en cours pour violences sexuelles incestueuses contre le père. La loi du 18 mars 2024 a partiellement intégré cette recommandation en prévoyant une vérification préalable des allégations de violences avant toute poursuite pour non-représentation.

    Mais cette avancée reste fragile et partielle. Des familles continuent de témoigner de décisions judiciaires contradictoires : maintien de droits de visite alors qu’une enquête pénale est ouverte, non-prise en compte de la parole de l’enfant, interprétation du refus de l’enfant comme une preuve d’aliénation. Plus de 600 témoignages recueillis par le collectif Incesticide France décrivent des pratiques judiciaires qui mettent en danger les enfants tout en sanctionnant les mères qui cherchent à les protéger.

    Le Comité contre la torture des Nations Unies, dans ses observations de mai 2025, a officiellement alerté la France sur ces défaillances systémiques, condamnant l’absence de protection effective des enfants victimes et la persécution judiciaire de certains parents protecteurs. Ce n’est plus seulement une critique militante : c’est une mise en cause formelle de la France devant les instances internationales.

    2.3 — La silenciation des professionnels de santé

    Un autre mécanisme aggrave la situation : la neutralisation active des professionnels de santé qui tentent de signaler. Le Dr Françoise Fericelli, pédopsychiatre cofondatrice du collectif Médecins Stop Violences, en est l’exemple le plus documenté. Sanctionnée par l’Ordre des médecins pour avoir signalé des suspicions de maltraitances sur des enfants qu’elle suivait — avant d’être blanchie après condamnation pénale ultérieure de l’auteur — elle résume la situation ainsi : signaler un inceste sans s’immiscer dans les affaires de famille est, littéralement, un exercice impossible.

    L’Ordre des médecins applique en effet l’article 51 de son code de déontologie, qui interdit l’immixtion du médecin dans les affaires de famille, au détriment de l’article 43, qui lui impose d’être le défenseur de l’enfant. La Haute Autorité de Santé confirme la conséquence : seuls 5 % des signalements de maltraitances sur enfants proviennent des médecins, alors qu’ils sont, par leur position clinique, parmi les mieux placés pour les détecter.

    Ces médecins sont condamnés. Ces psychologues sont discrédités. Ces enseignants sont ignorés. La chaîne de signalement est systématiquement brisée, au bénéfice d’une logique institutionnelle qui, au nom de la neutralité, laisse les enfants exposés à leur agresseur.

    Le Dr Maurice Berger, dans ses travaux publiés notamment dans la revue Enfances & Psy (Cairn.info), formule le diagnostic avec une clarté implacable : il existe en France une « idéologie du lien familial coûte que coûte » qui « oblitère l’évaluation de l’enfant lui-même ». L’objectif déclaré de protection de l’enfant est détourné au profit d’une idéologie familialiste dont les enfants maltraités paient le prix.

     

    III. Les solutions : se protéger et protéger ses enfants dès maintenant

    Il serait tentant, face à l’ampleur de ces défaillances, de sombrer dans l’impuissance. Tentant, mais dangereux. Car pendant que le système se réforme lentement — et il se réforme, sous la pression des commissions parlementaires, des organisations internationales et des mobilisations de victimes — des enfants vivent, aujourd’hui, des situations qui n’attendent pas.

    La bonne nouvelle, c’est que des outils existent. Ils sont imparfaits, ils exigent d’être activés au bon moment et dans le bon ordre, mais ils existent. Les connaître est déjà une forme de protection.

    3.1 — Documenter le refus de l’enfant avec rigueur

    Le refus de l’enfant est un signal clinique. Pour qu’il soit entendu comme tel par la justice, il doit être documenté de manière méthodique, datée et plurisourcée.

    • Consulter un pédopsychiatre ou un psychologue pour enfants indépendant (non désigné par le tribunal) afin de faire évaluer l’état psychique de l’enfant et d’obtenir un rapport clinique daté. Ce document peut être produit devant le juge aux affaires familiales.
    • Tenir un journal précis et daté des manifestations : pleurs, résistance physique, troubles du sommeil, régression comportementale, paroles spontanées de l’enfant avant ou après les visites. Ces notes, même manuscrites, constituent un élément de preuve de la répétition et de la continuité.
    • Signaler au médecin traitant de l’enfant, en demandant expressément que les observations soient consignées dans le dossier médical. Demander, si possible, un certificat médical descriptif sans qualification juridique.
    • Informer l’école : l’enseignant et le directeur d’établissement sont des témoins indirects précieux. Leurs observations sur le comportement de l’enfant, consignées dans un rapport, peuvent appuyer une procédure.
    • Ne jamais empêcher le droit de visite sans décision judiciaire préalable sauf danger immédiat — au risque de se retrouver poursuivi pour non-représentation. En cas de danger immédiat avéré, contacter les services de police et un avocat dans les heures qui suivent.

    3.2 — Utiliser les outils juridiques disponibles

    La suspension de l’autorité parentale et des droits de visite

    La loi du 18 mars 2024 a introduit un article 378-2 du code civil prévoyant la suspension automatique de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi pour crime commis sur l’autre parent ou sur son enfant, ou pour agression sexuelle incestueuse sur son enfant — et ce jusqu’à la décision du juge aux affaires familiales ou de la juridiction pénale. C’est une avancée majeure. Elle suppose néanmoins qu’une poursuite pénale soit déjà engagée.

    L’ordonnance de protection

    Elle peut être demandée au juge aux affaires familiales en urgence, sans attendre l’issue de la procédure pénale. Elle peut imposer l’éloignement du parent présumé dangereux, l’interdiction de contact, et des mesures provisoires sur la garde. Le juge l’accorde dès lors qu’il existe des raisons sérieuses de considérer les violences comme vraisemblables.

    La plainte pénale avec constitution de partie civile

    En cas de classement sans suite d’une première plainte, la constitution de partie civile permet de saisir directement un juge d’instruction et d’ouvrir une information judiciaire. C’est la voie la plus adaptée aux situations d’inceste où les preuves sont difficiles à rassembler sans l’aide de l’appareil judiciaire.

    Le signalement au Procureur de la République

    Tout particulier, tout professionnel, peut signaler directement au procureur une situation de danger pour un mineur. Ce signalement déclenche une obligation de vérification des faits. Il peut être appuyé par un rapport médical, psychologique ou social.

    3.3 — S’appuyer sur un accompagnement stratégique global

    La dimension judiciaire n’est qu’une des facettes d’une situation de violence intrafamiliale impliquant des enfants. Les enjeux sont simultanément psychologiques (sortir de la sidération, comprendre les mécanismes de l’emprise), stratégiques (anticiper les manœuvres de l’autre parent), probatoires (rassembler et organiser les preuves) et humains (protéger les enfants sans les re-traumatiser par la procédure elle-même).

    L’expérience des familles qui s’en sortent est constante sur un point : celles qui avaient commencé à se préparer avant d’agir ont eu de meilleurs résultats que celles qui ont agi dans l’urgence, sous le choc émotionnel, sans stratégie construite. Le système est imparfait. Mais il n’est pas imperméable à une approche préparée, documentée, cohérente.

    La réforme législative avance. La commission d’enquête parlementaire créée en janvier 2026 va produire des recommandations. Le Comité des Nations Unies contre la torture a mis la France sous pression internationale. La proposition de loi Bergé, qui renforce la lutte contre les violences sexuelles et intègre le contrôle coercitif dans le code pénal, représente une évolution majeure. Le vent tourne.

    Mais les enfants en danger n’ont pas le luxe d’attendre les prochaines réformes législatives. Leur protection se joue maintenant, dans les dossiers qui sont construits aujourd’hui, dans les signalements qui sont faits cette semaine, dans les décisions qui sont prises ce mois-ci. C’est pourquoi le moment d’agir, c’est maintenant.

     

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    Pour aller plus loin — Articles du blog Divorce Consulting

    Ces articles forment un corpus cohérent qui vous permet de comprendre les mécanismes psychologiques du pervers narcissique, identifier les signes d’une relation toxique, vous protéger efficacement, préparer votre sortie si c’est votre choix, et vous reconstruire après la séparation.

    • La violence du système : le traitement des violences intrafamiliales en France — www.divorce-consulting.fr/le-blog
    • Au-delà des coups : le contrôle coercitif, cette prison invisible au cœur des violences conjugales (02/02/2026)
    • L’Espionnage du Pervers Narcissique : Surveillance, Emprise et Stratégies de Libération (02/04/2026)
    • L’Effondrement du Pervers Narcissique : Comprendre, Reconnaître et Reprendre l’Avantage (08/03/2026)
    • Le Pervers Narcissique dans le Couple : Comprendre, Identifier et Reprendre le Contrôle (04/04/2026)
    • La femme perverse narcissique : Décrire, Comprendre, Agir (21/03/2026)
    • Opérations de partage : le sort des stock-options et des actions gratuites dans le divorce avec un conjoint manipulateur (04/03/2026)
    • Les Juristes du Droit de la Famille à l’aune de l’Intelligence Artificielle (02/04/2026)
    • L’influence de la Jurisprudence récente sur la pratique notariale du divorce (26/03/2026)
    • Le pervers narcissique borderline : Décrire, Comprendre, Gérer (10/03/2026)

    Retrouvez l’intégralité de nos articles sur : www.divorce-consulting.fr/le-blog

     

    Sources et références

    • Assemblée nationale, Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales (créée le 28 janvier 2026). Auditions du 2 avril 2026 : Dr Françoise Fericelli, Dr Myriam Pierson, Dr Maurice Berger — https://www.assemblee-nationale.fr
    • CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), Premier avis sur la protection des enfants victimes d’inceste parental, 27 octobre 2021 — https://www.ciivise.fr
    • CIIVISE, Rapport final, novembre 2023 — https://www.ciivise.fr
    • LCP Assemblée nationale, « Inceste parental : les députés valident la création d’une commission d’enquête », 28 janvier 2026 — https://lcp.fr
    • LCP Assemblée nationale, « Vers la création d’une commission d’enquête transpartisane sur l’inceste parental », 16 décembre 2025 — https://lcp.fr
    • Exposé des motifs, Proposition de résolution créant la commission d’enquête, Assemblée nationale, octobre 2025 — https://www.assemblee-nationale.fr
    • Maurice Berger, Françoise Fericelli, Marie Gilloots, « La silenciation des médecins », Enfances & Psy n°96, Cairn.info, 2023
    • Maurice Berger, analyses publiées sur Cairn.info / Carnet Psy (L’échec de la protection de l’enfance)
    • Françoise Fericelli, interview Politis : « Poursuivre un médecin est intolérable quand il s’agit de protéger les enfants », septembre 2023
    • Parlement européen, Résolution du 6 octobre 2021 sur les conséquences des violences conjugales et des droits de garde sur les femmes et les enfants — exhortant les États à ne pas reconnaître le SAP
    • Comité contre la torture des Nations Unies, Observations sur la France, 2 mai 2025
    • France Info, « La CIIVISE propose la suspension des droits de visite du parent poursuivi pour viol », 27 octobre 2021
    • Enfance & Jeunesse Infos, « Syndrome d’aliénation parentale : la mise au point du ministère de la Justice », juillet 2024
    • Sénat, Question de la sénatrice Evelyne Corbière Naminzo sur la non-application de la directive européenne sur le SAP, 2024
    • Loi n°2024-233 du 18 mars 2024 visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales (article 378-2 du Code civil)
    • Loi n°2020-936 du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales
    • Divorce Consulting, « Au-delà des coups : le contrôle coercitif, cette prison invisible » (LexisNexis Droit de la famille n°6, juin 2025) — https://www.divorce-consulting.fr

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