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Retrouvez ici informations et points de vue sur la séparation et le divorce sous les angles émotionnel, juridique et procédural.

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr

Vous venez de traverser une période éprouvante, marquée par la manipulation et les mensonges. Votre vie et celle de vos enfants ont été bouleversées. Pourtant, face à vous, cette personne continue d’agir comme si de rien n’était, sans la moindre trace de remords. Pire encore, elle se positionne désormais en victime. Ce comportement déroutant n’est pas un hasard : il révèle un fonctionnement psychologique particulier, celui du trouble de la personnalité narcissique. Cet article vous propose de comprendre ce phénomène troublant, d’en identifier les mécanismes profonds, et surtout, de découvrir des solutions concrètes pour vous protéger et retrouver votre sérénité.


1. Le déni narcissique : Quand l’absence de remords devient une arme

Une absence d’empathie structurelle

L’une des caractéristiques les plus troublantes du manipulateur narcissique réside dans son incapacité totale à ressentir des remords ou de la culpabilité. Contrairement à d’autres personnes qui éprouveraient de la honte après avoir causé du tort, le narcissique demeure imperturbable face aux conséquences de ses actes. Cette absence de remords n’est pas feinte : elle est profondément ancrée dans sa structure psychologique.

Le manipulateur narcissique ne ressent aucune empathie émotionnelle véritable. Il peut certes identifier les émotions d’autrui – c’est même ce qui fait de lui un redoutable manipulateur – mais il ne les ressent pas. Pour lui, vos émotions ne sont que des leviers à actionner pour obtenir ce qu’il désire. Cette carence empathique constitue à la fois son bouclier et son arme : elle le protège de tout remords et lui permet de manipuler sans retenue.

Le mécanisme de justification permanente

Le narcissique justifie systématiquement ses comportements en se convaincant de leur légitimité. Il minimise ou nie complètement les dommages causés aux autres. Cette capacité à se dédouaner permet au manipulateur de poursuivre ses agissements destructeurs sans être freiné par des sentiments de responsabilité ou de compassion.

Plus troublant encore, il fonctionne exclusivement selon des modes de déni, de clivage et de projection. Ces mécanismes de défense le rendent incapable de se remettre en question ou de chercher une amélioration personnelle. Il perçoit ses actions comme non seulement légitimes, mais souvent nécessaires pour préserver son image de supériorité et assouvir son besoin insatiable de pouvoir.

L’inversion des rôles : quand le bourreau devient victime

L’un des aspects les plus déstabilisants du fonctionnement narcissique est sa capacité à se positionner en victime. Le manipulateur se place souvent en position de victime, notamment vis-à-vis de sa proie. Il projette sur elle ses propres caractéristiques, ce qui lui permet de garder le contrôle.

Cette technique, appelée identification projective, permet au narcissique de dénier ses torts, ses défauts et ses fragilités en les attribuant à autrui. Ainsi, après avoir détruit une relation, manipulé des enfants ou causé des dommages psychologiques considérables, le narcissique parvient à convaincre son entourage qu’il est celui qui a souffert. C’est toujours « les autres qui lui ont fait du mal ».


2. Les racines du comportement narcissique : Comprendre pour mieux se protéger

Un trouble de la personnalité incurable

Le narcissisme pathologique n’est pas un simple trait de caractère exacerbé, mais bien un trouble de la personnalité. La perversion narcissique est caractérisée par une combinaison extrême d’égocentrisme, de grandiloquence et de manipulation affective. Ce trouble résulte d’une structure psychique défaillante mise en place dès l’enfance.

Ce qui rend ce trouble particulièrement préoccupant, c’est son caractère structurel et non conjoncturel. Contrairement à des comportements manipulateurs passagers que chacun peut adopter occasionnellement, le fonctionnement du narcissique est permanent et immuable. Il ne changera jamais, car il ne perçoit pas ses actions comme erronées.

La conscience manipulatrice paradoxale

Contrairement à une idée répandue, le pervers narcissique possède une conscience de ses actes. Il existe différents niveaux de conscience chez le manipulateur narcissique. Au niveau conscient, il sait qu’il fait souffrir les autres et qu’il manipule. Il a pleinement conscience du bien et du mal.

Cependant, cette lucidité ne s’accompagne ni de culpabilité ni de remords. Le narcissique perçoit ses actions comme légitimes, voire nécessaires. Au niveau plus profond, le déni domine : il ne se reconnaît pas comme une « mauvaise personne » et demeure incapable de se remettre en question. Il nie sa pathologie et ne peut admettre qu’il souffre d’un trouble de la personnalité.

Cette conscience manipulatrice paradoxale – savoir que l’on manipule tout en se percevant comme légitime – rend tout changement impossible de son côté. Comprendre cette réalité est douloureux mais libérateur : cela permet de cesser de chercher à changer l’autre pour enfin se protéger soi-même.

Les impacts dévastateurs sur les victimes et les enfants

Les conséquences psychologiques d’une relation avec un narcissique sont considérables. Les victimes présentent souvent une perte de confiance en soi, de l’anxiété, un isolement social, voire une dépression. Le conditionnement quotidien à base de dévalorisation détruit les trois piliers fondamentaux de l’équilibre psychologique : l’estime de soi, l’acceptation de soi et la confiance en soi.

Lorsque des enfants sont impliqués, la situation devient encore plus préoccupante. Le parent narcissique n’hésite pas à instrumentaliser les enfants pour maintenir son emprise ou se venger de l’autre parent. Cette manipulation peut conduire à l’aliénation parentale, où l’enfant est progressivement conditionné à rejeter le parent sain. Les enfants exposés à un parent narcissique peuvent développer des troubles du sommeil, des troubles du comportement, de la somatisation, et risquent de porter ces traumatismes à l’âge adulte sous forme d’anxiété, de dépression ou de difficultés relationnelles.


3. Se protéger et se reconstruire : Des solutions concrètes pour reprendre le contrôle

La rupture définitive : première étape de la survie

Pour les victimes sans enfants en commun avec le narcissique, la solution la plus saine est la rupture définitive et le contact zéro absolu. Le sevrage sera extrêmement difficile à tenir – la relation d’emprise est une relation addictive, la victime est « droguée » psychologiquement – mais cette rupture est vitale pour survivre. La perversion narcissique est une pathologie qui tue progressivement. Rester, c’est mourir à petit feu dans une destruction invisible et inévitable.

Il est essentiel de faire le deuil d’une communication normale avec le narcissique. Toute tentative de dialogue, d’explication ou de recherche de reconnaissance sera instrumentalisée par le manipulateur. Accepter qu’il n’y aura jamais de remords, d’excuses sincères ou de prise de conscience de sa part permet de cesser d’espérer en vain et de concentrer son énergie sur sa propre reconstruction.

La coparentalité protégée : stratégies essentielles

Lorsqu’il y a des enfants en commun, la situation est plus complexe mais des stratégies existent pour limiter les dégâts. La mission du parent sain est de minimiser les impacts sur l’enfant du parent narcissique. Le foyer du parent équilibré doit être un refuge où la tolérance, l’amour et le sens des responsabilités sont essentiels.

Stratégies de protection :

  • Communication écrite exclusivement : Privilégier les emails ou SMS pour garder des traces de tous les échanges et bloquer l’emprise verbale
  • Limiter les informations partagées : Ne communiquer que sur les sujets strictement nécessaires concernant les enfants
  • Établir des limites claires : Fixer des règles précises sur les horaires, les échanges, les décisions importantes
  • Privilégier la procédure contentieuse : En cas de séparation, éviter la médiation ou le consentement mutuel qui seront systématiquement instrumentalisés. La voie contentieuse permet d’interposer un tiers – le juge – qui légitime la position de la victime et limite les possibilités de manipulation directe
  • Demander une expertise médico-psychologique : Solliciter une évaluation professionnelle pour établir le profil du parent pervers et adapter les modalités de garde en conséquence

C’est précisément dans ces moments critiques qu’un accompagnement expert et empathique fait toute la différence. Divorce Consulting offre cet accompagnement sur-mesure, en comprenant les spécificités des séparations impliquant des personnalités toxiques. Leur expertise permet d’élaborer une stratégie adaptée pour protéger vos intérêts et ceux de vos enfants, tout en vous guidant à travers les complexités juridiques et émotionnelles de cette période difficile.

Le chemin de la reconstruction personnelle

La reconstruction après l’emprise narcissique ne suit pas un calendrier linéaire mais progresse par phases. Ce processus peut prendre plusieurs années, et c’est normal. Chaque victime avance à son propre rythme.

Les étapes essentielles de la reconstruction :

  1. Reconnaître son statut de victime sans culpabilité : Accepter que l’on n’est pas responsable du comportement manipulateur du narcissique. Comprendre que l’on a été manipulé aide à se débarrasser du sentiment de culpabilité écrasant induit par l’agresseur.
  2. Retrouver une estime de soi : Le narcissique a systématiquement rabaissé, dévalorisé et détruit l’image que vous aviez de vous-même. Reconstruire les trois piliers – estime de soi, acceptation de soi, confiance en soi – est fondamental. Notez vos qualités, vos réussites, même les plus petites.
  3. Se reconnecter à son identité propre : À force d’être nié dans votre intégrité, vous avez perdu la notion de votre identité. Réapprenez à vous écouter, à identifier vos besoins, vos désirs, vos limites. Qu’aimiez-vous avant ? Quels projets aviez-vous abandonnés ? Quelles parts de vous-même avez-vous sacrifiées ?
  4. Sortir de l’isolement : Renouer avec les amis et la famille dont le narcissique vous avait éloigné. Rejoindre des groupes de parole pour victimes de manipulateurs. Parler, témoigner, être entendu et cru est thérapeutique. Vous n’êtes pas seul : si 3% de la population présente un trouble narcissique, les victimes se comptent par dizaines pour chaque manipulateur.
  5. Se faire accompagner par un professionnel spécialisé : La perversion narcissique est une pathologie grave. Un thérapeute formé aux dynamiques d’emprise narcissique peut vous aider à comprendre les mécanismes de manipulation, à déculpabiliser et à reconstruire votre capacité à vous affirmer. Les thérapies cognitivo-comportementales, l’EMDR ou l’hypnose sont particulièrement efficaces pour traiter le stress post-traumatique lié à l’emprise.
  6. Reconstruire ses valeurs et croyances : Identifier toutes les croyances négatives sur soi que le narcissique a instillées (« tu es nulle », « tu n’es rien sans moi », « tu es folle »). Notez-les, puis remplacez-les consciemment par des croyances plus positives et réalistes sur vous-même et le monde.
  7. Se reconnecter à la vie : Marcher dans la nature, pratiquer une activité créative, retrouver des plaisirs simples. Reconnecter avec votre enfant intérieur, cette part de vous spontanée et vivante que le narcissique a étouffée. Autorisez-vous à nouveau à ressentir de la joie, du plaisir, de l’enthousiasme.
  8. Apprendre à poser ses limites : Dans le cadre du processus de reconstruction, il est essentiel d’apprendre à reconnaître vos limites, à les poser clairement aux autres et à les faire respecter, de manière à ne plus permettre à quiconque d’abuser de vous.

Protéger les enfants : une priorité absolue

Si vous avez des enfants avec un narcissique, leur protection est essentielle. Il faut leur expliquer, avec des mots adaptés à leur âge, qu’ils ne sont en rien responsables du comportement du parent manipulateur et qu’ils ne doivent pas entrer dans son jeu.

Maintenez un maximum de dialogue avec vos enfants. Idéalement, faites intervenir une tierce personne (psychologue spécialisé) pour les aider à communiquer et à libérer leur parole. Soyez attentif aux signaux d’alerte (troubles du sommeil, du comportement, somatisation) et n’hésitez pas à consulter.

Face à des difficultés persistantes, n’hésitez pas à solliciter le Juge aux Affaires Familiales avec l’aide d’un avocat spécialisé. Les tribunaux sont de plus en plus attentifs aux situations de manipulation narcissique et peuvent adapter les modalités de garde, voire ordonner des visites médiatisées si le comportement du parent pervers est avéré.


Conclusion : De la compréhension à l’action

Comprendre pourquoi un narcissique agit comme si rien ne s’était passé – sans remords, sans empathie, parfois même en se positionnant en victime – est la première étape vers votre libération. Cette absence de culpabilité n’est pas un choix délibéré de cruauté, mais le reflet d’un trouble de la personnalité structurel et incurable.

Cette compréhension, aussi douloureuse soit-elle, est libératrice. Elle vous permet de cesser d’espérer un changement qui ne viendra jamais, d’arrêter de chercher des excuses ou des explications rationnelles à l’irrationnel, et surtout, de concentrer votre énergie sur ce qui compte vraiment : votre protection et votre reconstruction.

Oui, vous avez traversé une épreuve traumatisante. Oui, les séquelles sont profondes. Mais la reconstruction est possible. Des milliers de personnes avant vous ont réussi à se libérer de l’emprise, à retrouver leur identité et à reconstruire une vie sereine et épanouissante.

Vous n’êtes pas seul. Des professionnels spécialisés, des avocats formés aux spécificités de ces situations, des thérapeutes expérimentés et des structures comme Divorce Consulting sont là pour vous accompagner dans chaque étape de ce parcours. N’attendez pas pour demander de l’aide. Chaque jour qui passe dans l’emprise est un jour de trop.

La route vers la guérison est longue, mais chaque pas vers l’autonomie renforce votre capacité à reconstruire un avenir serein, libéré de l’emprise toxique. Vous méritez de vivre sans manipulation, sans dévalorisation, sans cette peur constante. Vous méritez de retrouver votre dignité, votre joie de vivre et votre capacité à faire confiance – en vous-même d’abord, puis aux autres.

Reprenez le contrôle de votre vie. Vous en êtes capable.


Sources documentaires

  1. Racamier, P.-C. (1986). De la perversion narcissique. Ouvrage fondateur sur le concept de perversion narcissique.
  2. Ziégler, A.-C. Pourquoi suis-je restée. Ouvrage de référence sur les mécanismes d’emprise.
  3. Bouchoux, J.-C. Les pervers narcissiques. Éditions Eyrolles. Analyse psychanalytique du trouble de la personnalité narcissique.
  4. Gardner, R. (1985). Travaux sur le syndrome d’aliénation parentale et ses conséquences sur les enfants.
  5. American Psychiatric Association. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Classification des troubles de la personnalité.
  6. Sites spécialisés consultés :

    • Pervers-narcissique.com : ressources documentées sur le trouble et ses manifestations
    • Psychologue.fr : articles scientifiques sur la manipulation narcissique
    • Cairn.info : publications juridiques et psychologiques sur les séparations conflictuelles
    • Divorce-consulting.fr : expertise en droit familial et situations complexes
  7. Études cliniques sur les conséquences psychologiques de l’emprise narcissique : stress post-traumatique, dépression, troubles anxieux chez les victimes.
  8. Recherches sur la coparentalité avec un parent présentant un trouble de la personnalité narcissique et l’impact sur le développement des enfants.

Cet article est publié à titre informatif et ne remplace en aucun cas un accompagnement professionnel adapté à votre situation. Si vous êtes victime de manipulation ou de violence psychologique, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé mentale et/ou un avocat spécialisé.

Chez Divorce Consulting, nous vous accompagnons avec bienveillance et professionnalisme dans votre processus de libération. Parce que votre bien-être et votre liberté n’ont pas de prix.

Aujourd’hui peut être le premier jour de votre nouvelle vie.

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Quand le narcissique agit comme si rien ne s’était passé : Comprendre, identifier et se protéger

par | 6/11/2025 | Pervers-narcissiques, Psychologique

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr, cabinet expert en stratégie de séparation face à un conjoint pervers narcissique.

  • « Jamais un petit attaché à ses parents hurlera à l’idée d’aller les voir. C’est un indice de haute gravité. »

    Pédopsychiatres auditionnés devant la commission d’enquête parlementaire sur l’inceste, 2 avril 2026

     

    Il existe, dans notre système judiciaire et dans la conscience collective, un axiome qui n’est presque jamais questionné : le maintien du lien entre un enfant et ses deux parents est, en toutes circonstances, une nécessité absolue pour son développement. Un enfant a besoin de ses deux parents. Le contact, même sous forme de visite médiatisée, même arraché par ordonnance judiciaire, serait toujours préférable à l’absence.

    Cette conviction — profondément humaniste dans son intention initiale — est devenue, dans de trop nombreux cas de violences intrafamiliales, un instrument de continuation des sévices. Elle fige les magistrats dans une présomption impossible à renverser. Elle retourne contre les parents protecteurs l’arme de la non-représentation d’enfant. Elle réduit au silence les médecins qui signalent. Et elle enferme les enfants — littéralement — dans un lien institutionnellement validé avec leur agresseur.

    Le 2 avril 2026, des pédopsychiatres de premier plan ont osé nommer ce que des années de pratique clinique leur avaient appris : dans certaines situations de maltraitance avérée ou de suspicion sérieuse, le maintien du lien n’est pas une nécessité. Le qualifier autrement relève, selon eux, de l’hérésie.

    Cet article, rédigé dans la continuité des travaux de Divorce Consulting sur la protection des victimes de violence intrafamiliale, s’articule en trois parties :

  • I — Le constat : l’étendue des dégâts d’un dogme non questionné ;

  • II — Les mécanismes : pourquoi le système perpétue cette erreur ;

  • III — Les solutions : comment se protéger et protéger ses enfants dès maintenant.

     

    I. Le constat : un dogme qui protège les agresseurs

    Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut d’abord mettre des chiffres sur ce que les témoignages décrivent depuis des décennies. Ce n’est pas une impression : c’est une réalité statistique documentée par les institutions elles-mêmes.

    1.1 — Des chiffres qui donnent le vertige

    La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a rendu ses conclusions en novembre 2023 après avoir recueilli des milliers de témoignages. Son diagnostic est sans ambiguïté : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, dont 77 % au sein de la famille. Les agresseurs sont dans 95 % des cas des hommes — pères, beaux-pères, oncles, grands-pères.

    Face à cette réalité massive, la réponse pénale est dérisoire : moins de 3 % des faits signalés aboutissent à une condamnation pénale. En 2020, seules 1 697 personnes ont été poursuivies pour viol incestueux ou agression sexuelle sur mineur. 760 condamnations seulement en 2018. La CIIVISE formule ce que chacun pressent : « le nombre de pères poursuivis est très inférieur au nombre de victimes. »

    Parmi les 22 000 enfants victimes de leur père chaque année, une fraction seulement voit son père éloigné. Les autres continuent de le voir, par obligation légale, parfois sous la surveillance fragile d’un point de rencontre médiatisé. Parfois à son domicile. Sous le regard d’une institution qui, faute de condamnation pénale, continue de valider l’accès du présumé agresseur à sa victime.

    1.2 — La commission parlementaire brise le tabou

    Le 28 janvier 2026, l’Assemblée nationale a créé à l’unanimité une commission d’enquête « sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices ». Transpartisane, soutenue par tous les groupes politiques, cette décision marque un tournant dans la prise de conscience institutionnelle de l’ampleur des défaillances.

    Le jeudi 2 avril 2026, lors de ses auditions, la commission a entendu une table ronde de pédopsychiatres d’expérience : le Dr Françoise Fericelli, ancienne experte judiciaire et cofondatrice du collectif Médecins Stop Violences ; le Dr Myriam Pierson, psychiatre spécialisée en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ancienne experte auprès des tribunaux ; et le Dr Maurice Berger, pédopsychiatre, responsable du diplôme universitaire d’expertise légale en pédopsychiatrie à l’Université de Paris.

    Leur position commune, articulée devant les représentants du peuple français, peut être résumée ainsi : le maintien du lien entre un enfant et un parent violent ou incestueux n’est pas une nécessité pour le développement psychique de l’enfant. Dans certains cas, c’est l’inverse : c’est le lien contraint qui détruit. Qualifier ce maintien de nécessité absolue, c’est une hérésie clinique.

    1.3 — Le refus de l’enfant : la preuve que l’institution ignore

    Il est un signe que tout clinicien formé reconnaîtrait immédiatement comme un marqueur d’alarme sévère, et que la justice transforme trop souvent en preuve à charge contre le parent gardien : le refus catégorique et répété d’un enfant de se rendre chez l’un de ses parents.

    Un enfant qui aime ses deux parents — même dans un contexte de séparation conflictuelle, même après des mois d’absence — n’hurle pas de terreur à l’idée d’un droit de visite. La résistance physique, les larmes inconsolables, la régression comportementale, les cauchemars récurrents avant chaque visite : autant de manifestations que la psychologie clinique de l’enfant interprète comme ce qu’elles sont — des signaux de détresse, des appels au secours.

    Ces signaux existent. Ils sont observés. Ils sont souvent consignés dans des dossiers médicaux, rapportés par des enseignants, décrits par des psychologues. Et ils sont, de manière systémique, mal lus ou ignorés par un système judiciaire qui les réinterprète à travers le prisme d’un autre concept : le syndrome d’aliénation parentale.

     

    II. Les mécanismes : pourquoi le système perpétue cette erreur

    Comprendre comment une institution censée protéger les plus vulnérables peut, en practice, les mettre en danger, exige d’identifier les rouages précis de cette défaillance. Il ne s’agit pas de chercher des coupables individuels, mais de nommer des structures, des présupposés et des outils conceptuels qui, additionnés, produisent des effets catastrophiques.

    2.1 — Le syndrome d’aliénation parentale : un outil sans fondement scientifique au cœur du système

    Le syndrome d’aliénation parentale (SAP) a été théorisé dans les années 1980 par Richard Gardner, psychiatre américain. Son postulat : lors de séparations conflictuelles, le parent gardien — le plus souvent la mère — « lave le cerveau » de l’enfant pour qu’il rejette l’autre parent. Le refus de l’enfant ne serait donc pas le signe d’un danger réel, mais la preuve d’une manipulation maternelle.

    Ce concept est rejeté par la communauté scientifique internationale, par l’Organisation mondiale de la santé, par l’American Psychological Association, par le Parlement européen (résolution du 6 octobre 2021 exhortant les États à ne pas le reconnaître dans leurs pratiques judiciaires), et par la CIIVISE, qui le qualifie de « pseudo syndrome d’aliénation parentale ». Son inventeur lui-même, Richard Gardner, s’est publiquement exprimé en faveur de la dépénalisation de la pédophilie et de l’inceste — un fait qui aurait dû, à lui seul, disqualifier définitivement sa construction théorique.

    Pourtant, ce concept continue d’infiltrer les expertises judiciaires en France. Des magistrats y font référence. Des experts nommés par les tribunaux l’appliquent. Des pères mis en cause pour inceste l’invoquent pour retourner l’accusation contre la mère protectrice. Et des enfants dont les signaux de détresse sont criants se voient confier, par ordonnance judiciaire, à celui dont ils hurlent à l’idée d’approcher.

    La CIIVISE pointe le mécanisme avec une clarté douloureuse : le SAP opère un « raisonnement circulaire » — le fait de dénoncer des abus est traité comme un indice du syndrome, qui lui-même sert de preuve de la fausseté de l’accusation. L’enfant qui crie au danger produit, contre lui-même, la preuve qu’il a été manipulé.

    2.2 — La mère protectrice retournée en accusée

    Le paradoxe institutionnel est absolu. Une mère qui refuse de remettre son enfant à un père présumé agresseur peut être condamnée pénalement pour non-représentation d’enfant, assortie d’astreintes, d’amendes, voire d’une peine d’emprisonnement. La CIIVISE, dans son premier avis d’octobre 2021, avait explicitement préconisé de suspendre ces poursuites lorsqu’une enquête est en cours pour violences sexuelles incestueuses contre le père. La loi du 18 mars 2024 a partiellement intégré cette recommandation en prévoyant une vérification préalable des allégations de violences avant toute poursuite pour non-représentation.

    Mais cette avancée reste fragile et partielle. Des familles continuent de témoigner de décisions judiciaires contradictoires : maintien de droits de visite alors qu’une enquête pénale est ouverte, non-prise en compte de la parole de l’enfant, interprétation du refus de l’enfant comme une preuve d’aliénation. Plus de 600 témoignages recueillis par le collectif Incesticide France décrivent des pratiques judiciaires qui mettent en danger les enfants tout en sanctionnant les mères qui cherchent à les protéger.

    Le Comité contre la torture des Nations Unies, dans ses observations de mai 2025, a officiellement alerté la France sur ces défaillances systémiques, condamnant l’absence de protection effective des enfants victimes et la persécution judiciaire de certains parents protecteurs. Ce n’est plus seulement une critique militante : c’est une mise en cause formelle de la France devant les instances internationales.

    2.3 — La silenciation des professionnels de santé

    Un autre mécanisme aggrave la situation : la neutralisation active des professionnels de santé qui tentent de signaler. Le Dr Françoise Fericelli, pédopsychiatre cofondatrice du collectif Médecins Stop Violences, en est l’exemple le plus documenté. Sanctionnée par l’Ordre des médecins pour avoir signalé des suspicions de maltraitances sur des enfants qu’elle suivait — avant d’être blanchie après condamnation pénale ultérieure de l’auteur — elle résume la situation ainsi : signaler un inceste sans s’immiscer dans les affaires de famille est, littéralement, un exercice impossible.

    L’Ordre des médecins applique en effet l’article 51 de son code de déontologie, qui interdit l’immixtion du médecin dans les affaires de famille, au détriment de l’article 43, qui lui impose d’être le défenseur de l’enfant. La Haute Autorité de Santé confirme la conséquence : seuls 5 % des signalements de maltraitances sur enfants proviennent des médecins, alors qu’ils sont, par leur position clinique, parmi les mieux placés pour les détecter.

    Ces médecins sont condamnés. Ces psychologues sont discrédités. Ces enseignants sont ignorés. La chaîne de signalement est systématiquement brisée, au bénéfice d’une logique institutionnelle qui, au nom de la neutralité, laisse les enfants exposés à leur agresseur.

    Le Dr Maurice Berger, dans ses travaux publiés notamment dans la revue Enfances & Psy (Cairn.info), formule le diagnostic avec une clarté implacable : il existe en France une « idéologie du lien familial coûte que coûte » qui « oblitère l’évaluation de l’enfant lui-même ». L’objectif déclaré de protection de l’enfant est détourné au profit d’une idéologie familialiste dont les enfants maltraités paient le prix.

     

    III. Les solutions : se protéger et protéger ses enfants dès maintenant

    Il serait tentant, face à l’ampleur de ces défaillances, de sombrer dans l’impuissance. Tentant, mais dangereux. Car pendant que le système se réforme lentement — et il se réforme, sous la pression des commissions parlementaires, des organisations internationales et des mobilisations de victimes — des enfants vivent, aujourd’hui, des situations qui n’attendent pas.

    La bonne nouvelle, c’est que des outils existent. Ils sont imparfaits, ils exigent d’être activés au bon moment et dans le bon ordre, mais ils existent. Les connaître est déjà une forme de protection.

    3.1 — Documenter le refus de l’enfant avec rigueur

    Le refus de l’enfant est un signal clinique. Pour qu’il soit entendu comme tel par la justice, il doit être documenté de manière méthodique, datée et plurisourcée.

    • Consulter un pédopsychiatre ou un psychologue pour enfants indépendant (non désigné par le tribunal) afin de faire évaluer l’état psychique de l’enfant et d’obtenir un rapport clinique daté. Ce document peut être produit devant le juge aux affaires familiales.
    • Tenir un journal précis et daté des manifestations : pleurs, résistance physique, troubles du sommeil, régression comportementale, paroles spontanées de l’enfant avant ou après les visites. Ces notes, même manuscrites, constituent un élément de preuve de la répétition et de la continuité.
    • Signaler au médecin traitant de l’enfant, en demandant expressément que les observations soient consignées dans le dossier médical. Demander, si possible, un certificat médical descriptif sans qualification juridique.
    • Informer l’école : l’enseignant et le directeur d’établissement sont des témoins indirects précieux. Leurs observations sur le comportement de l’enfant, consignées dans un rapport, peuvent appuyer une procédure.
    • Ne jamais empêcher le droit de visite sans décision judiciaire préalable sauf danger immédiat — au risque de se retrouver poursuivi pour non-représentation. En cas de danger immédiat avéré, contacter les services de police et un avocat dans les heures qui suivent.

    3.2 — Utiliser les outils juridiques disponibles

    La suspension de l’autorité parentale et des droits de visite

    La loi du 18 mars 2024 a introduit un article 378-2 du code civil prévoyant la suspension automatique de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi pour crime commis sur l’autre parent ou sur son enfant, ou pour agression sexuelle incestueuse sur son enfant — et ce jusqu’à la décision du juge aux affaires familiales ou de la juridiction pénale. C’est une avancée majeure. Elle suppose néanmoins qu’une poursuite pénale soit déjà engagée.

    L’ordonnance de protection

    Elle peut être demandée au juge aux affaires familiales en urgence, sans attendre l’issue de la procédure pénale. Elle peut imposer l’éloignement du parent présumé dangereux, l’interdiction de contact, et des mesures provisoires sur la garde. Le juge l’accorde dès lors qu’il existe des raisons sérieuses de considérer les violences comme vraisemblables.

    La plainte pénale avec constitution de partie civile

    En cas de classement sans suite d’une première plainte, la constitution de partie civile permet de saisir directement un juge d’instruction et d’ouvrir une information judiciaire. C’est la voie la plus adaptée aux situations d’inceste où les preuves sont difficiles à rassembler sans l’aide de l’appareil judiciaire.

    Le signalement au Procureur de la République

    Tout particulier, tout professionnel, peut signaler directement au procureur une situation de danger pour un mineur. Ce signalement déclenche une obligation de vérification des faits. Il peut être appuyé par un rapport médical, psychologique ou social.

    3.3 — S’appuyer sur un accompagnement stratégique global

    La dimension judiciaire n’est qu’une des facettes d’une situation de violence intrafamiliale impliquant des enfants. Les enjeux sont simultanément psychologiques (sortir de la sidération, comprendre les mécanismes de l’emprise), stratégiques (anticiper les manœuvres de l’autre parent), probatoires (rassembler et organiser les preuves) et humains (protéger les enfants sans les re-traumatiser par la procédure elle-même).

    L’expérience des familles qui s’en sortent est constante sur un point : celles qui avaient commencé à se préparer avant d’agir ont eu de meilleurs résultats que celles qui ont agi dans l’urgence, sous le choc émotionnel, sans stratégie construite. Le système est imparfait. Mais il n’est pas imperméable à une approche préparée, documentée, cohérente.

    La réforme législative avance. La commission d’enquête parlementaire créée en janvier 2026 va produire des recommandations. Le Comité des Nations Unies contre la torture a mis la France sous pression internationale. La proposition de loi Bergé, qui renforce la lutte contre les violences sexuelles et intègre le contrôle coercitif dans le code pénal, représente une évolution majeure. Le vent tourne.

    Mais les enfants en danger n’ont pas le luxe d’attendre les prochaines réformes législatives. Leur protection se joue maintenant, dans les dossiers qui sont construits aujourd’hui, dans les signalements qui sont faits cette semaine, dans les décisions qui sont prises ce mois-ci. C’est pourquoi le moment d’agir, c’est maintenant.

     

    Chez Divorce Consulting, nous vous accompagnons avec bienveillance et clairvoyance dans votre processus de libération.

    Parce que votre bien-être et celui de vos enfants n’ont pas de prix.

    Aujourd’hui peut être le premier jour de votre nouvelle vie.

    📧 benoit.lemogne@divorce-consulting.fr

    📱 WhatsApp : 06 60 26 13 22

    🗓 Réserver un entretien : https://calendly.com/benoit-lemogne-cabinet/30min

     

    Pour aller plus loin — Articles du blog Divorce Consulting

    Ces articles forment un corpus cohérent qui vous permet de comprendre les mécanismes psychologiques du pervers narcissique, identifier les signes d’une relation toxique, vous protéger efficacement, préparer votre sortie si c’est votre choix, et vous reconstruire après la séparation.

    • La violence du système : le traitement des violences intrafamiliales en France — www.divorce-consulting.fr/le-blog
    • Au-delà des coups : le contrôle coercitif, cette prison invisible au cœur des violences conjugales (02/02/2026)
    • L’Espionnage du Pervers Narcissique : Surveillance, Emprise et Stratégies de Libération (02/04/2026)
    • L’Effondrement du Pervers Narcissique : Comprendre, Reconnaître et Reprendre l’Avantage (08/03/2026)
    • Le Pervers Narcissique dans le Couple : Comprendre, Identifier et Reprendre le Contrôle (04/04/2026)
    • La femme perverse narcissique : Décrire, Comprendre, Agir (21/03/2026)
    • Opérations de partage : le sort des stock-options et des actions gratuites dans le divorce avec un conjoint manipulateur (04/03/2026)
    • Les Juristes du Droit de la Famille à l’aune de l’Intelligence Artificielle (02/04/2026)
    • L’influence de la Jurisprudence récente sur la pratique notariale du divorce (26/03/2026)
    • Le pervers narcissique borderline : Décrire, Comprendre, Gérer (10/03/2026)

    Retrouvez l’intégralité de nos articles sur : www.divorce-consulting.fr/le-blog

     

    Sources et références

    • Assemblée nationale, Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales (créée le 28 janvier 2026). Auditions du 2 avril 2026 : Dr Françoise Fericelli, Dr Myriam Pierson, Dr Maurice Berger — https://www.assemblee-nationale.fr
    • CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), Premier avis sur la protection des enfants victimes d’inceste parental, 27 octobre 2021 — https://www.ciivise.fr
    • CIIVISE, Rapport final, novembre 2023 — https://www.ciivise.fr
    • LCP Assemblée nationale, « Inceste parental : les députés valident la création d’une commission d’enquête », 28 janvier 2026 — https://lcp.fr
    • LCP Assemblée nationale, « Vers la création d’une commission d’enquête transpartisane sur l’inceste parental », 16 décembre 2025 — https://lcp.fr
    • Exposé des motifs, Proposition de résolution créant la commission d’enquête, Assemblée nationale, octobre 2025 — https://www.assemblee-nationale.fr
    • Maurice Berger, Françoise Fericelli, Marie Gilloots, « La silenciation des médecins », Enfances & Psy n°96, Cairn.info, 2023
    • Maurice Berger, analyses publiées sur Cairn.info / Carnet Psy (L’échec de la protection de l’enfance)
    • Françoise Fericelli, interview Politis : « Poursuivre un médecin est intolérable quand il s’agit de protéger les enfants », septembre 2023
    • Parlement européen, Résolution du 6 octobre 2021 sur les conséquences des violences conjugales et des droits de garde sur les femmes et les enfants — exhortant les États à ne pas reconnaître le SAP
    • Comité contre la torture des Nations Unies, Observations sur la France, 2 mai 2025
    • France Info, « La CIIVISE propose la suspension des droits de visite du parent poursuivi pour viol », 27 octobre 2021
    • Enfance & Jeunesse Infos, « Syndrome d’aliénation parentale : la mise au point du ministère de la Justice », juillet 2024
    • Sénat, Question de la sénatrice Evelyne Corbière Naminzo sur la non-application de la directive européenne sur le SAP, 2024
    • Loi n°2024-233 du 18 mars 2024 visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales (article 378-2 du Code civil)
    • Loi n°2020-936 du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales
    • Divorce Consulting, « Au-delà des coups : le contrôle coercitif, cette prison invisible » (LexisNexis Droit de la famille n°6, juin 2025) — https://www.divorce-consulting.fr

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