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Le processus d’asservissement du pervers narcissique (4)

par | 5/08/2015 | Pervers-narcissiques, Psychologique

Poursuivons notre étude des moyens d’asservissement utilisés par le pervers, en nous intéressant plus précisément aujourd’hui aux techniques d’information et de désinformation.

L’information tronquée donnée par le pervers narcissique à sa victime : info ou intox ?

Pour le pervers, aucune parole n’a de valeur, seule la fin justifie les moyens. En argumentation, il n’a aucun scrupule. Il lui faut gagner à tout prix, ses mots sont là pour ça. Mots utilisés à contre-emploi ou vides de sens. S’il est confronté à un argument imparable, il trouve toujours une pirouette pour garder la face; il est redoutable de répartie. L’information donnée par le pervers lui sert à étaler ses certitudes dont il ne doute pas, ses connaissances, son savoir, ses dons, sa grandeur! Cependant, à y regarder de plus prêt, on s’aperçoit vite que l’accent est mis d’avantage sur le style que sur le contenu à proprement parler. La profondeur et la véracité des propos n’importent pas.

Désengagements, paroles floues, imprécises, informations contradictoires distillées avec une prodigieuse désinvolture ou une grande impertinence. Ce qui compte, c’est d’exister auprès d’un public sous le charme grâce à une éloquence théâtralisée. Le manipulateur peut, ainsi sur un sujet doctrinal tranché, adopter à deux jours d’intervalles des positions diamétralement opposées. L’important n’est pas de convaincre de sa position mais de tester son pouvoir de persuasion sur les autres, afin de se rassurer en testant sa toute-puissance. Son ascendance doit être telle qu’il doit pouvoir jouir d’une complète immunité, quelque soit l’extravagance de ses propos. Il utilise ainsi avec une facilité déconcertante la désinvolture, l’absence de crainte du châtiment, la facilité à retourner les faits  à son avantage. Il faut savoir renverser une situation intenable. Ce désengagement est autant valable pour ses actes que pour ses mots : c’est une anguille! Il se veut saisisseur mais insaisissable! Les faits dépendent entièrement du pouvoir de qui les fabrique.

La désinformation du pervers-narcissique pour déstabiliser sa victime : suggérer et laisser croire…

Le manipulateur s’amuse à déformer les informations avec autant d’acharnement pour les choses subtiles que pour les sujets d’importance. Il se délecte des investigations répétées de sa victime pour mettre en évidence les incohérences de son discours ou de son comportement. La parole est l’arme majeure du pervers. Maître en matière de communication, il sait détourner à son avantage les techniques enseignées dans les formations en communication. Le pervers ne communique pas à proprement parler car le mot communication contient le mot « cum » qui signifie en latin avec; or le pervers n’est « avec » personne, il vit avec lui-même!

La phase de séduction terminée, il profère sans vergogne, surtout s’il se sent menacé, des mensonges, des soupçons, des insinuations, des allusions, des déclarations péremptoires. Il manie le dénigrement, le chantage, l’humiliation, l’ironie, la mauvaise foi, le tout agrémenté de non-dits ou de mutismes soudains. Comme on dit : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Le pervers fait preuve d’un toupet invraisemblable : « Plus c’est gros, mieux ça passe », car il le fait avec un tel aplomb qu’il en devient crédible. Dans les discussions sans fin, la charge de la preuve incombe toujours à la victime. Souvent, le pervers ne finit pas ses phrases, utilise des mots à double sens, se montre évasif, passe du coq à l’âne, fait des demandes détournées dans un climat instable marqué par des changements d’humeur aléatoires et imprévisibles pour la victime. Les simples discutions du quotidien sont des occasions de rabaissement car le pervers prend un malin plaisir à ne pas être précis dans ses demandes pour faire se tromper la victime ou la faire solliciter des précisions la faisant ainsi passer pour une personne peu intuitive, voire même peu intelligente.

Le pervers persifle constamment, alors que lui-même ne supporte aucun jugement négatif à son égard, sa susceptibilité étant exacerbée. Gare à qui ose formuler le moindre commentaire… Sa propension à critiquer fonctionne en entonoir : il commence à vilipender le monde entier, puis les proches de sa victime et enfin la victime elle-même, sur laquelle il va s’acharner. Tout est bon pour salir et projeter sa propre angoisse, déshumaniser l’autre. Aucune sympathie ou empathie ne viennent perturber le processus implacable, programmé avec froideur. Il s’agit de bloquer les actes, les raisonnements, de rendre confuses les émotions pour les rendre angoissantes.

Nous poursuivons prochainement notre étude des moyens d’asservissement utilisés par le pervers, en nous intéressant plus précisément à la disqualification, au détournement des circonstances et à l’art de la rhétorique.

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