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Le processus d’asservissement du pervers narcissique (2)

par | 31/07/2015 | Pervers-narcissiques, Psychologique

Dans la continuité de la phase de séduction, l’organisation tentaculaire de l’entreprise d’asservissement mise en place par le pervers narcissique va alors montrer sa redoutable efficacité. Tel un coucou (oiseau), le pervers va s’imposer dans la vie de sa proie, qui va connaître successivement la fascination et la paralysie.

La fascination exercée par le pervers-narcissique

Etymologiquement, fasciner vient du latin fascinare qui signifie enchanter, jeter un sort… La victime est fascinée par la capacité de transgression du pervers. Une personne « normale » (équilibrée psychiquement) s’interdit les pulsions défendues et les refoule. Le pervers, bien au contraire, ne peut résister à la tentation de les réaliser, et en priorité celles que sa proie réprime, qui, sans pouvoir analyser pourquoi, va être conquise par une telle audace. Des actes insignifiants de la vie courante à des positions extravagantes adoptées par le pervers, la victime est sous le charme; tout la sidère, l’attire et la séduit.

Devant sa victime subjuguée, le pervers ajoute aux jeux de l’amour parfois sadiques, des jeux avec le contrat social, qui organise notre vivre-ensemble, qu’il a besoin de malmener pour assouvir sa soif de pouvoir. Ce qui l’intéresse n’est pas de bousculer l’ordre établi mais d’établir un non-ordre malléable à son gré. Il s’agit d’un jeu immature qui s’en prend aux repères de la société. Le pervers instaure sa propre loi, fluctuante, adaptable aux circonstances, enfreignant ou ridiculisant la loi commune.

Le pervers n’a aucun intérêt à être juste; il aime être injuste. Cela le conforte dans son fantasme de toute-puissance. Il prend un malin plaisir à tourmenter la victime respectueuse de la loi. Il se joue de son intégrité : Osera ? Osera pas? Il jouit de pouvoir pousser sa proie dans ses retranchements pour tester son intégrité.  Jusqu’où peut-elle tenir ? Comment l’inciter à repousser les limites, à franchir la ligne rouge? La victime est envoûtée par le talent de transgression de son compagnon d’infortune. Elle s’imagine avec envie et frustration qu’agissant ainsi le pervers jouit d’une liberté enivrante. Ignorant qu’il est bien incapable de jouir d’autre chose que … de son embarras à elle, cette jouissance étant moins effective qu’il n’y parait, s’agissant en fait d’avantage d’une volonté de jouir que d’une jouissance à proprement parler. Le but réel est de générer après-coup chez la victime des angoisses de remords et une culpabilité morale intenable.

Dans la continuité de la phase de séduction, le pervers va s’imposer dans la vie de sa proie, par…

… La paralysie imposée par le pervers-narcissique à sa victime

Le pervers est le champion toute catégorie de la double contrainte, éprouvant un malin plaisir à enfermer sa victime dans des injonctions contradictoires. Cela se traduit concrètement par deux consignes qui s’opposent mutuellement, dans le but de mettre la victime dans une situation inextricable. Le problème est tout simplement insoluble!  A ne pas confondre avec un dilemme qui présente une solution difficile ou problématique mais possible. Cela permet de ressentir ce chaud et ce froid soufflés parfois au même moment, cette pénible inhibition obtenue par des techniques de disqualification qui provoquent au pervers une grande jouissance. Cette double contrainte imposée inlassablement est imprévisible et inexplicable. Ce technique de harcèlement est d’autant plus vicieuse qu’elle est difficile à détecter sur le moment. La gêne qu’elle suscite est envahissante, elle paralyse la victime.

Ces paradoxes intentionnels, réitérés par le pervers, sont rapidement amplifiés par les doubles contraintes qu’ils génèrent chez la victime : adoration de cet amoureux qui a nourri sa conquête au delà du possible et haine de l’homme qui lui retire soudainement tout ce qui lui a fait tant de bien, hottant sa drogue douce pour le remplacer par du fiel. Autre contrainte paradoxale : la loyauté envers son partenaire (qui réclame qu’on se sacrifie pour lui) et la loyauté envers soi-même (que l’on trahit en succombant). Ces ressentis antinomiques finissent d’installer une paralysie physique, mentale, affective, la perception de la réalité étant bloquée dans un inconfort complet. Notons que le pervers vit également une double contrainte : affirmation de soi et déni de soi. Mais son absence d’identité et d’affect le préservent de la paralysie.

Nous poursuivrons prochainement l’étude des moyens par lesquels le pervers parvient à asservir sa victime.

 

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