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Comment la folie du Pervers Narcissique contamine sa victime mais se retourne contre lui ?

par Benoît Lemogne | 9/08/2021 | Pervers-narcissiques

Ce qui rend folle la victime de PN est qu’elle ne comprend pas comment elle a provoqué le traitement qu’il lui inflige ni pourquoi elle le mérite. Voyons les sept étapes par lesquelles s’opère ce curieux mécanisme dévastateur, qui, induit par la folie du PN, va progressivement contaminer la victime, jusqu'à ce qu'il se retourne contre le PN.

1/ Un malentendu dès le départ savamment orchestré par le PN

Le PN s’impose tout de suite dans sa relation avec la victime comme le dominant en décidant unilatéralement comment elle doit se comporter avec lui pour correspondre à ses attentes et être considérée comme une "bonne personne" et ainsi mériter qu’il s’intéresse à elle et investisse en elle (du temps, de l’argent…). Elle n'a surtout pas conscience du fait qu'elle a affaire à un redoutable prédateur qui va progressivement et subrepticement essayer de faire d'elle son esclave.

Le problème est que le PN souffre d’un grave trouble de la personnalité qui altère son jugement, selon lequel le plaisir des autres personnes ne rentre absolument pas en ligne de compte : on est exclusivement à son service et on doit se sacrifier pour lui plaire (ou ne pas le décevoir) pour le rendre heureux en renonçant à son propre plaisir. Les autres lui doivent tout alors qu’il ne leur doit rien… Ce qui explique que si on ne se plie pas exactement à ses exigences, il s'estime légitimement fondé à vous punir.

2/ La victime va involontairement rapidement l’agacer et le décevoir

La victime, ignorant ce que le PN attend vraiment d’elle, qui n’est pas propice à son propre épanouissement, ne peut adopter spontanément un comportement en corrélation avec le niveau d’exigence du PN.

Elle a même tendance naturellement à adopter un comportement qui, bien que compatible avec ce qu'elle a compris des attentes du PN, va néanmoins furieusement l’agacer : elle n’est pas corvéable à merci, ne cédant pas à tous ses caprices : elle peut par exemple côtoyer des personnes avec qui elle va passer du bon temps et s’épanouir (alors que le PN exècre le bonheur des autres qui l'angoisse) ; elle a d’autres priorités dans sa vie, auxquelles elle n’envisage pas de renoncer, puisqu’elle n’en perçoit pas l’incompatibilité avec les exigences secrètes du PN.

3/ Paranoïaque, le PN va s’imaginer que la victime le provoque pour le défier. Se victimisant, il va penser qu’il s’est encore fait avoir

Le PN va commencer à nourrir un ressentiment à l’égard de la victime et à la juger en lui prêtant des intentions qu’elle n’a pas (il est le champion des procès d’intention) tout en la rendant responsable de la frustration qu’elle génère en lui à son insu. Elle ne l’aide pas à être heureux et participe même à une partie de son malheur, en le contrariant involontairement.

Elle le déçoit et il va commencer à penser qu’elle n’est pas digne de sa confiance et/ou qu’elle ne mérite pas les investissements qu’il a mis en œuvre pour elle et qu’elle doit donc être sanctionnée pour cela.

La moindre déception qu’elle lui cause va effacer tout le bien qu’il pensait d’elle jusque-là, annulant tout l’effet positif des nombreux efforts qu’elle a déjà fournis pour le satisfaire.

4/ Il décide (inconsciemment) de passer à la sanction

La sensation d’avoir été trahi, ou simplement d'être déçu alors qu’il avait idéalisé sa victime, va entrainer la décision de la sanctionner mais il n’a pas conscience de cette étape qui s’opère à son insu automatiquement dans son esprit. A ce stade il est incapable d’entrevoir une autre possibilité que de la punir, agissant comme une machine programmée.

S’il était capable de prendre conscience qu’il a alors le pouvoir de ne pas appliquer de sanction, cela remettrait en cause la façon dont il a interprété tous les événements contrariants de sa vie et tout ce sur quoi il a échafaudé son système de pensée et de croyance. Il serait alors obligé de reconnaître qu’il a commis de nombreuses erreurs d'analyse et fait beaucoup de mal dans sa vie en provoquant nombres d'injustices pour des mauvaises raisons et sans que ce soit justifié. Il ne le supporterait pas car cela n’est absolument pas compatible avec l'idée qu'il se fait de lui-même d'être une personne remarquable et supérieure, du fait de son ego hypertrophié.

5/ Il inflige la punition

Il va alors s'enquérir de mettre en œuvre la sanction : petite au début de la relation (distance/silence radio, reproche, culpabilité, brimade, réprimande) puis de plus en plus dure (dénigrement, harcèlement, insulte, coup). Il va ruminer un certain temps pour attendre le moment le plus opportun pour appliquer la punition.

6/ Le déni de la responsabilité et la disproportion de la sanction

Il impute à sa victime l’entièreté de la responsabilité de tout le processus sans se remettre en question le moindrement du monde, alors que la sanction est complètement disproportionnée par rapport à la faute supposée de la victime que celle-ci ne comprend pas et/ou dont elle ne s’impute absolument pas la responsabilité non plus (ou que très partiellement). Le PN juge la victime seule responsable de la sanction car dans son esprit perturbé c’est uniquement elle qui l’a provoquée. Paranoïaque, il interprète le fait que la victime refuse d'admettre qu'elle a agi intentionnellement comme une preuve de sa malveillance à son égard.

7/ Le résultat dans l’esprit de la victime va progressivement mener le PN à sa perte

La disproportion est telle entre l’erreur qu’a commis la victime involontairement (que le PN analyse comme une véritable faute intentionnelle de sa part), et la dureté de la sanction infligée en réprimande, que cela va créer inconsciemment en elle deux sentiments contradictoires qu’elle ne parviendra pas à départager, et qu'elle subit inconsciemment, ce qui va participer à troubler son esprit en créant une dissonance cognitive :

  • 1/ De la colère, face à l’injustice dont elle se sent à juste titre victime, mais qu’elle va réussir à terme à calmer en relativisant et en se résignant
  • 2/ Et de la culpabilité, qu’elle va éprouver en remettant en cause la justesse de sa façon de percevoir les choses, privilégiant celle du PN du fait de l’assurance dont ce dernier fait preuve et de l’ascendant qu’il exerce sur elle : elle va culpabiliser à son égard pour lui avoir causé un tourment si important (à la hauteur de la dureté de la sanction) alors qu'il apparait comme bienveillant avec elle et donc victime lui-même de l'injustice qu'elle lui inflige, mettant ainsi en évidence son ingratitude envers lui. Concrètement, elle va se remettre en question car si la sanction est légitime, ce dont le PN parvient à la convaincre, c'est que son erreur était de taille, alors qu'elle n'en a absolument pas conscience. Elle va alors douter de ses propres perceptions, dont le PN entretient la confusion en la harcelant par des injonctions contradictoires, ce qui va la projeter dans une insécurité très destructrice la mettant à la merci du PN. Comme elle l’idéalise encore, elle en arrive à douter de sa faculté d’analyse, à se convaincre qu’elle a involontairement mal agi en étant ingrate vis à vis du PN et qu’elle doit donc redoubler de vigilance pour ne plus le décevoir en étant à la hauteur de ses attentes.

Mais étant encore, à ce stade de leurs rapports, dans une situation de dépendance vis-à-vis du PN, c’est momentanément le sentiment de culpabilité qui va l’emporter. Néanmoins, à la fin de la relation, quand elle aura pris conscience du piège dans lequel elle est tombée, c’est le sentiment de colère qui va finir par l’emporter et c’est tant mieux car c’est l’accumulation de cette colère, et de la frustration à ne pas pouvoir exister, qui lui donnera la force nécessaire pour engager les démarches lui permettant de se libérer définitivement de cette emprise mortifère.

Cet article est inspiré d'une vidéo publiée par le talentueux #StanCarrey (https://masophrologie.fr/), sophrologue et coach en développement personnel spécialisé en pervers-narcissiques intitulée " LA Raison Secrète qui permet au Pervers Narcissique de vous rendre fou".

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr, cabinet expert en stratégie de séparation face à un conjoint pervers narcissique

« Elle, au moins, elle savait faire les choses. » « Avec mon ex, ce n'était pas comme ça. » Ces phrases, glissées entre deux silences ou deux reproches, des milliers de victimes de pervers narcissiques les ont entendues — parfois dès les premières semaines de la relation. Et pourtant, le même homme ou la même femme qui érige son ex en modèle inatteignable est souvent celui ou celle qui, quelques mois plus tôt, la décrivait comme folle, manipulatrice, ou incapable d'aimer. Ce grand écart n'est pas une incohérence : c'est un mécanisme. Cet article explore ce paradoxe sous trois angles complémentaires : nous décrirons d'abord le fantôme omniprésent — la manière dont cette idéalisation se manifeste concrètement dans le couple ; nous plongerons ensuite sous le vernis pour comprendre ses racines psychologiques et neurobiologiques ; nous proposerons enfin des clés pour reprendre la main et cesser de se mesurer à une image qui n'a jamais vraiment existé.


Partie 1 — Le Fantôme Omniprésent : Anatomie d'une Idéalisation Paradoxale

1.1 Quand le mépris cache une fascination

Il y a quelque chose de troublant dans la façon dont le pervers narcissique parle de ses ex. Officiellement, le discours est souvent négatif : elle était instable, il était toxique, elle exagérait tout. Mais derrière les mots, quelque chose d'autre transparaît — une intensité, une charge émotionnelle qui ne colle pas avec un simple souvenir désagréable. Beaucoup de victimes racontent avoir eu l'impression, en écoutant leur partenaire dénigrer un ex, qu'il ou elle en parlait presque avec nostalgie, comme si la dévalorisation verbale servait à masquer un attachement qui n'avait jamais été résolu.

Ce n'est pas un hasard. Le pervers narcissique ne vit pas les fins de relation comme un deuil ordinaire, où l'attachement se dénoue progressivement. Il vit la rupture — surtout lorsqu'elle n'est pas de son fait — comme une blessure narcissique, une preuve d'échec insupportable pour un ego qui ne tolère pas la perte de contrôle. L'ex-partenaire reste alors figé dans une position particulière : ni tout à fait un souvenir, ni tout à fait une personne réelle, mais une image de référence à laquelle le pervers narcissique continue, inconsciemment, de se mesurer.

L'Essentiel : Le dénigrement verbal d'un ex par un pervers narcissique ne signe pas toujours un désintérêt réel. Il peut au contraire masquer un attachement irrésolu, la relation n'ayant jamais été traitée comme un deuil normal mais comme un échec narcissique à effacer.

1.2 L'arme de la comparaison permanente

Pour la victime actuelle, cette idéalisation prend une forme très concrète : la comparaison. « Elle ne m'aurait jamais parlé comme ça. » « Il ne se plaignait jamais, lui. » Ces remarques, distillées au fil des mois, ont une double fonction. La première est de maintenir la victime dans une insécurité permanente, dans une compétition qu'elle ne peut jamais gagner puisque l'adversaire est une image idéalisée, sans défaut, figée dans le souvenir sélectif du pervers narcissique. La seconde est de faire porter à la victime la responsabilité de tous les manques de la relation : si les choses vont mal, ce n'est jamais à cause du comportement du pervers narcissique, c'est parce que la victime actuelle « n'est pas comme » celle d'avant.

Certains iront jusqu'à recréer littéralement des éléments de la relation précédente avec leur nouveau ou nouvelle partenaire — mêmes lieux, mêmes rituels, mêmes surnoms parfois — dans une tentative de reproduire une intensité qu'ils associent, à tort, à un amour parfait plutôt qu'à un cycle de manipulation qu'ils ont eux-mêmes provoqué.

L'Essentiel : La comparaison avec un ex idéalisé est un outil de contrôle, pas une opinion sincère. Elle installe la victime dans une compétition impossible à gagner et détourne la responsabilité des tensions du couple.

1.3 Se sentir la doublure d'un premier rôle

Pour la personne qui vit cette dynamique au quotidien, l'effet est corrosif. Elle finit par se percevoir non comme une partenaire à part entière, mais comme une remplaçante, une doublure qui ne sera jamais à la hauteur d'un rôle déjà distribué. Ce sentiment s'accompagne souvent d'une quête épuisante : essayer de ressembler à cette image fantôme, de deviner ce qui « fonctionnait » avec l'ex pour l'imiter, sans jamais parvenir à combler un vide qui, en réalité, n'a rien à voir avec elle.

C'est là que réside la cruauté du mécanisme : la victime se bat contre un souvenir déformé, embelli par le temps et par les besoins narcissiques de son partenaire, un standard qui n'a probablement jamais existé sous cette forme dans la réalité vécue par l'ex elle-même.

L'Essentiel : Se sentir « en concurrence » avec un ex idéalisé n'est pas un signe de jalousie déplacée mais la conséquence logique d'une stratégie de dévalorisation. Le standard auquel on vous compare est une construction, pas un fait.


Partie 2 — Sous le Vernis : les Racines Psychologiques et Neurobiologiques de la Fixation

2.1 Le clivage : quand l'autre est soit un dieu, soit un déchet

Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à l'un des mécanismes de défense les plus centraux de la perversion narcissique : le clivage. Décrit notamment par les travaux de Paul-Claude Racamier sur la perversion narcissique et par Otto Kernberg sur les organisations limites de la personnalité, le clivage consiste à séparer radicalement les représentations d'une personne en deux catégories incompatibles : « tout bon » ou « tout mauvais », sans zone grise possible.

Or, une relation qui vient de se terminer se trouve, au moment de la rupture, dans une position intermédiaire ambiguë. Le pervers narcissique va alors soit basculer l'ex-partenaire dans la catégorie « tout mauvais » — d'où le dénigrement — soit, paradoxalement, la figer dans une image « tout bon », d'autant plus facilement idéalisable qu'elle appartient désormais au passé et ne peut plus le décevoir ni lui résister au présent. Une personne qui n'est plus là pour contredire l'image qu'on projette sur elle devient, par définition, un support idéal de projection.

L'Essentiel : Le clivage psychique explique pourquoi un ex peut être à la fois critiqué et idéalisé : une fois la relation terminée, la personne réelle disparaît au profit d'une image que le pervers narcissique façonne selon ses propres besoins, sans plus aucun contact avec la réalité de qui elle était vraiment.

2.2 Le circuit de la récompense : ce que la neuroscience suggère

Au-delà de la psychanalyse, les travaux en neurosciences sur l'attachement et l'addiction éclairent également ce phénomène. Les relations marquées par l'alternance de phases intenses — la survalorisation du début, suivie de la dévalorisation — activent de façon erratique les circuits dopaminergiques de la récompense. Ce mode de renforcement, que les psychologues comportementaux appellent le renforcement intermittent, est documenté comme l'un des plus puissants mécanismes de conditionnement : une récompense imprévisible crée un attachement plus fort et plus difficile à éteindre qu'une récompense stable et prévisible.

Ce mécanisme ne concerne d'ailleurs pas seulement la victime : le pervers narcissique lui-même reste conditionné par l'intensité émotionnelle de la phase d'idéalisation initiale de chacune de ses relations, un point de référence chimique et émotionnel vers lequel une partie de lui continue, inconsciemment, à vouloir revenir — non pas par amour de la personne, mais par attachement à la sensation que cette phase produisait. L'ex-partenaire idéalisé n'est donc pas regretté pour ce qu'il ou elle était réellement, mais pour l'intensité neurochimique associée aux tout premiers temps de la relation.

L'Essentiel : L'idéalisation d'un ex peut s'expliquer en partie par un conditionnement neurobiologique lié à l'intensité des débuts de relation. Ce n'est pas la personne qui manque, mais la sensation associée à la phase de love bombing.

2.3 Une histoire jamais terminée : la peur de la perte de contrôle

Enfin, il existe une dimension plus stratégique et moins visible : pour le pervers narcissique, une relation ne se termine jamais vraiment tant qu'il n'a pas repris la main sur son issue. Une rupture décidée par l'autre, ou vécue comme un échec, laisse une blessure narcissique ouverte. Maintenir en mémoire une image idéalisée de l'ex permet, symboliquement, de ne jamais reconnaître cette perte de contrôle : « je ne l'ai pas perdue, je l'ai laissée partir » ou « elle était parfaite, mais ce n'est pas moi le problème ».

C'est aussi pour cette raison que certains pervers narcissiques maintiennent un contact résiduel avec d'anciens partenaires — messages occasionnels, réapparitions sur les réseaux sociaux, comparaisons entretenues des années après la séparation — non par attachement affectif réel, mais pour vérifier que le lien, même ténu, n'est jamais totalement rompu. Le besoin de contrôle prime sur l'attachement lui-même.

L'Essentiel : L'idéalisation persistante d'un ex sert souvent une fonction de contrôle : elle permet au pervers narcissique d'éviter de faire le deuil d'une relation vécue comme un échec narcissique, plutôt que d'exprimer un amour réel pour la personne.


Partie 3 — Reprendre la Main : Stratégies de Protection et de Reconquête de Soi

3.1 Cesser la compétition avec un fantôme

La première étape, souvent la plus libératrice, consiste à comprendre que vous ne pouvez pas gagner une compétition contre une image. L'ex idéalisé n'est pas un adversaire réel : c'est une construction mentale, façonnée par le besoin de votre partenaire de ne jamais admettre ses propres torts. Cesser d'essayer de « faire mieux » que ce fantôme, cesser de vous remettre en question à chaque comparaison, c'est déjà refuser les règles d'un jeu truqué depuis le départ.

Concrètement, cela implique de ne plus répondre aux comparaisons par de la justification ou de la compétition, mais par un recul factuel : « Je ne suis pas elle, je suis moi » suffit, sans avoir besoin d'argumenter davantage. Toute tentative de prouver votre valeur face à un souvenir déformé est une énergie investie dans une bataille perdue d'avance.

L'Essentiel : Refusez d'entrer en compétition avec une image que vous ne pouvez pas contredire. Votre valeur ne se mesure pas à l'aune d'un souvenir que votre partenaire a lui-même reconstruit à son avantage.

3.2 Documenter, distancier, décider

Sur le plan stratégique, il est essentiel de commencer à documenter les schémas répétitifs : les comparaisons, les dévalorisations, les changements de discours sur les ex successifs. Cette objectivation permet de sortir de la confusion subjective et d'installer des repères stables, particulièrement utiles si une séparation judiciaire devient nécessaire.

Sur le plan relationnel, la technique du « grey rock » — devenir aussi peu intéressant et réactif que possible face aux provocations — s'applique aussi aux comparaisons : ne pas nourrir le sujet, ne pas discuter des mérites comparés, ne pas se laisser entraîner dans un débat qui n'a d'autre but que de vous déstabiliser. Cette distance progressive prépare également le terrain, pour celles et ceux qui envisagent une séparation, à une sortie plus sereine et mieux préparée.

L'Essentiel : Documentez les schémas de comparaison et de dévalorisation, et adoptez une posture de retrait émotionnel face aux provocations. Ces deux leviers protègent votre stabilité et, le cas échéant, sécurisent une future procédure de séparation.

3.3 Se reconstruire hors du miroir de l'autre

Enfin, la sortie durable de ce schéma passe par un travail de reconstruction personnelle qui ne dépend plus du regard du pervers narcissique — ni de celui, fantasmé, de son ex. Il s'agit de réinvestir des espaces de vie propres, souvent érodés par la relation : projets personnels, cercle amical, activités qui nourrissent une estime de soi qui ne se construit plus en miroir, ni en comparaison.

Un accompagnement spécialisé, qu'il soit thérapeutique ou stratégique, permet d'accélérer ce processus en travaillant à la fois sur les blessures d'attachement qui ont pu rendre cette dynamique de comparaison si déstabilisante, et sur les leviers concrets — psychologiques, comportementaux, juridiques et stratégiques — pour préparer une séparation dans les meilleures conditions, si tel est votre choix.

L'Essentiel : Se libérer de l'idéalisation d'un ex par votre partenaire suppose de reconstruire une estime de soi indépendante de son regard. Un accompagnement structuré permet de transformer cette prise de conscience en stratégie concrète de protection et, si vous le souhaitez, de séparation.


À propos de l'auteur

Benoît Lemogne, Fondateur de Divorce Consulting, Diplômé Notaire fort de 15 ans d'expérience dans le notariat, Ancien Expert Judiciaire formé en psychologie et en Intelligence Émotionnelle & Intuitive, expert en stratégie de séparation complexe.


Sources et références

Sources cliniques et théoriques

  • Racamier, P.-C. — travaux sur la perversion narcissique comme pathologie relationnelle fondée sur la destruction progressive de l'identité d'autrui
  • Kernberg, O. — travaux sur le clivage et les organisations limites de la personnalité
  • Hirigoyen, M.-F. — travaux sur le harcèlement moral et la manipulation perverse dans le couple
  • Documentation sur le renforcement intermittent et le conditionnement neurochimique dans les relations d'emprise (dopamine, ocytocine, cortisol)
  • Documentation sur le trauma bonding (lien traumatique) et ses conditions de formation (déséquilibre de pouvoir, alternance cyclique de maltraitance et de gentillesse)

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Benoît Lemogne

Divorce Consulting Benoit LEMOGNE

Dirigeant-fondateur de Divorce Consulting,
double formation, juridique et psycho-affective.

  • Diplôme de Notaire (Diplôme Supérieur du Notariat, Université Paris V)
  • 17 ans d’expérience dans le notariat (Droit de la Famille, divorce, PACS, mariage, partage, licitation…)
  • Expert en Liquidation des régimes matrimoniaux & des prestations compensatoires (partage amiable et judiciaire)
  • Ancien Professionnel qualifié en matière de procédure judiciaire (Article 255-9 du Code Civil)
  • Formé à une approche émotionnelle & psycho-affective de la séparation de couple
  • Formation en psychologie, ainsi qu’en intelligence émotionnelle & intuitive (Coaching systémique / Constellations familiales)
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