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Communauté de mariage ou Indivision de PACS : Ce « faux air de famille » qui permet au Pervers Narcissique de vous dépouiller

par Benoît Lemogne | 11/02/2026 | Juridique, Pervers-narcissiques, Psychologique

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr, le cabinet expert en stratégie de séparation face à un conjoint pervers narcissique

L'amour rend aveugle, dit-on. Mais avec un Pervers Narcissique (PN), il peut surtout rendre insolvable. Aujourd'hui, nous tirons la sonnette d'alarme sur un sujet complexe : la confusion dangereuse entre la communauté de mariage et l'indivision dans le PACS. Pour les juristes, c'est un "faux air de famille". Pour une victime sous emprise, c'est une véritable trappe financière.

Chez Divorce Consulting, nous savons que le diable se cache dans les détails du droit. Le manipulateur, lui, le sait instinctivement. Il utilise la complexité des régimes matrimoniaux pour créer un flou artistique où votre argent devient le sien, tandis que ses dettes deviennent les vôtres.

Cet article a pour but de dissiper ce brouillard : nous allons décrypter comment le PN exploite ces similitudes juridiques pour vous piéger, et surtout, comment ne plus commettre les erreurs qui vous coûteront votre patrimoine.


I./ L’Illusion de la Similitude : Le miroir déformant du "Nous" financier

L'indivision d'acquêts (optionnelle dans le PACS) ressemble à s'y méprendre à la communauté réduite aux acquêts (automatique dans le mariage). Dans les deux cas, on a l'impression que "ce qui est acheté ensemble appartient aux deux". C'est sur cette croyance erronée que le PN bâtit son piège.

1.1. La confusion entre "Solidarité" et "Fusion"

Dans un mariage communautaire, il existe une "masse commune" (le pot commun) qui a sa propre vie juridique. Dans le PACS en indivision, il n'y a que deux patrimoines distincts qui se juxtaposent. L'erreur à éviter : Croire que parce que vous êtes pacsés en indivision, vous êtes protégée comme une épouse. Le PN vous vendra l'idée du PACS comme un "mariage moderne et souple".

En réalité, il utilise l'indivision pour profiter de vos revenus sans avoir à supporter les devoirs stricts du mariage (fidélité, secours, assistance durable). Il crée une fusion psychologique ("tout est à nous") là où la réalité juridique est une séparation stricte des patrimoines.

1.2. Le mirage de l'égalité 50/50 dans le PACS

Dans un PACS sous le régime de l'indivision, les biens achetés sont réputés appartenir à chacun pour moitié (indivis), quel que soit leur financement. L'erreur à éviter : Financer seule un bien immobilier ou une voiture mise au nom des deux, en pensant que "les comptes se feront à la fin".

Le PN vous laissera payer 100% du crédit de la maison commune. Le jour de la rupture, il réclamera ses 50% de propriété, s'appuyant sur le titre de propriété. Si vous n'avez pas tracé vos paiements, la loi considérera que vous avez eu une "intention libérale" (une envie de lui faire un cadeau). Vous aurez payé sa part de patrimoine.

1.3. La fausse sécurité de la communauté légale (Mariage)

À l'inverse, si vous êtes mariés, le piège est celui de la "solidarité passive". Le PN peut contracter des dettes pour "l'entretien du ménage" ou l'éducation des enfants, qui vous engageront solidairement. L'erreur à éviter : Le laisser gérer seul les comptes joints ou signer des documents bancaires sans les lire sous prétexte de confiance.

Dans la communauté, ses dettes cachées peuvent devenir les vôtres, menaçant vos biens propres (héritages, biens acquis avant le mariage). Le "faux air de famille" ici, c'est de croire que la communauté protège, alors qu'elle expose solidairement aux fautes de gestion de l'autre.


II./ La Mécanique de la Spoliation : Comment le PN instrumentalise le droit

Pourquoi ce "faux air de famille" est-il si dangereux avec un profil toxique ? Parce que le PN n'a pas le même rapport à la loi que vous. Il ne cherche pas l'équité, mais l'exploitation de la faille.

2.1. La stratégie du "Consommable" contre le "Durable"

Que vous soyez en communauté ou en indivision de PACS, le PN applique une règle d'or : « Tu paies ce qui disparaît, je paie ce qui reste. » Il vous incitera, par la culpabilisation ou la séduction, à prendre en charge les courses, les factures d'énergie, les vacances, les vêtements des enfants.

Ce sont des dépenses "à fonds perdus". Lui, il "investira" : il paiera les mensualités du crédit (créant une preuve de propriété ou de financement) ou achètera des biens physiques à son nom. Le résultat : Au bout de 10 ans, vous avez dépensé autant que lui, mais vous n'avez rien à votre nom, alors qu'il s'est constitué un capital.

2.2. L'exploitation du titre de propriété

Dans le PACS en indivision, le titre prime souvent sur la finance. Le PN exigera d'être sur l'acte notarié ("pour qu'on soit chez nous deux"), même s'il n'a pas d'apport. Une fois son nom sur le papier, il se sent intouchable. Il peut arrêter de contribuer, se faire entretenir, ou pire, vous mettre dehors.

En cas de séparation, son pouvoir de nuisance est immense : il peut bloquer la vente de la maison (nul n'est contraint à rester dans l'indivision, mais la procédure de sortie est longue et coûteuse) pour vous faire chanter, ou exiger une indemnité d'occupation si vous restez dans les lieux que VOUS payez.

2.3. L'opacité organisée comme arme de dissuasion

LA gestion de l'indivision ou de la communauté suppose une reddition de comptes. Mais le PN déteste les comptes clairs. Il créera un brouillard administratif : comptes dans des banques en ligne dont vous n'avez pas les codes, revenus dissimulés, primes versées sur des comptes secrets.

Le but : Vous empêcher de prouver la disproportion de votre contribution. Si vous ne savez pas ce qu'il gagne, vous ne pouvez pas prouver qu'il ne paie pas sa part. Il transforme l'obligation de "contribuer à proportion de ses facultés" en "contribuer selon son bon vouloir".


III./ La Riposte Stratégique : Sortir du piège et sécuriser l'avenir

Face à ce constat, la panique n'est pas une option. La lucidité, si. Il est possible de rétablir la vérité des chiffres, mais cela demande de changer radicalement de posture.

3.1. L'Audit de la "Preuve" : Retracer les flux financiers

C'est la première étape indispensable avant toute procédure. Oubliez la morale ("c'est injuste"), passez à la comptabilité.

  • En PACS : Vous devez prouver que vos paiements n'étaient pas des cadeaux mais des avances. Conservez chaque relevé bancaire prouvant que le virement du crédit venait de VOTRE compte personnel.

  • En Mariage : Identifiez les mouvements suspects. A-t-il utilisé de l'argent commun pour améliorer un bien qui lui appartient en propre (une maison de famille) ? Cela ouvrira droit à "récompense" lors de la liquidation. Chez Divorce Consulting, nous vous aidons à structurer cet audit pour transformer vos relevés bancaires en armes juridiques.

3.2. La distinction vitale : Créances vs Récompenses

C'est ici que l'expertise juridique fait la différence.

  • Si vous êtes mariés, on parlera de "récompenses" : la communauté doit de l'argent à l'un des époux, ou inversement. C'est un mécanisme interne au mariage.

  • Si vous êtes pacsés, on parlera de "créances entre partenaires". Le droit est plus strict. Il faut prouver l'appauvrissement de l'un et l'enrichissement de l'autre sans cause. L'erreur fatale est d'attaquer sur le mauvais terrain juridique. Votre avocat aura besoin d'un dossier préparé en amont pour qualifier correctement votre demande et ne pas se faire débouter par le juge.

3.3. L'anticipation de la rupture : Couper les vivres intelligemment

N'attendez pas la décision du juge pour agir. Si vous constatez que le "faux air de famille" des régimes vous dessert :

  • Désolidarisez les comptes joints immédiatement.

  • Révoquez les procurations.

  • Tracez officiellement votre contribution (lettre recommandée actant que vous payez telle somme "à titre d'avance sur la part de Monsieur"). Le PN ne respecte que le rapport de force. En sécurisant vos flux financiers avant l'annonce de la rupture, vous lui coupez l'herbe sous le pied et vous reprenez le contrôle de la négociation à venir.


Conclusion

Ne laissez pas le "faux air de famille" entre mariage et PACS vous berner. Ces régimes ont des règles distinctes que le Pervers Narcissique détourne pour son profit exclusif. Votre meilleure protection n'est pas la loi seule, mais la preuve de votre contribution réelle.

Chez Divorce Consulting, nous vous accompagnons pour auditer votre situation, rassembler ces preuves et construire la stratégie qui obligera la partie adverse à rendre des comptes. Votre argent est le fruit de votre travail, pas le carburant de son emprise.


Contact : benoit.lemogne@divorce-consulting.fr MP WhatsApp 06 60 26 13 22

Pour réserver un rendez-vous téléphonique, cliquez sur le lien : https://calendly.com/benoit-lemogne-cabinet/30min

Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr, cabinet expert en stratégie de séparation face à un conjoint pervers narcissique

« Elle, au moins, elle savait faire les choses. » « Avec mon ex, ce n'était pas comme ça. » Ces phrases, glissées entre deux silences ou deux reproches, des milliers de victimes de pervers narcissiques les ont entendues — parfois dès les premières semaines de la relation. Et pourtant, le même homme ou la même femme qui érige son ex en modèle inatteignable est souvent celui ou celle qui, quelques mois plus tôt, la décrivait comme folle, manipulatrice, ou incapable d'aimer. Ce grand écart n'est pas une incohérence : c'est un mécanisme. Cet article explore ce paradoxe sous trois angles complémentaires : nous décrirons d'abord le fantôme omniprésent — la manière dont cette idéalisation se manifeste concrètement dans le couple ; nous plongerons ensuite sous le vernis pour comprendre ses racines psychologiques et neurobiologiques ; nous proposerons enfin des clés pour reprendre la main et cesser de se mesurer à une image qui n'a jamais vraiment existé.


Partie 1 — Le Fantôme Omniprésent : Anatomie d'une Idéalisation Paradoxale

1.1 Quand le mépris cache une fascination

Il y a quelque chose de troublant dans la façon dont le pervers narcissique parle de ses ex. Officiellement, le discours est souvent négatif : elle était instable, il était toxique, elle exagérait tout. Mais derrière les mots, quelque chose d'autre transparaît — une intensité, une charge émotionnelle qui ne colle pas avec un simple souvenir désagréable. Beaucoup de victimes racontent avoir eu l'impression, en écoutant leur partenaire dénigrer un ex, qu'il ou elle en parlait presque avec nostalgie, comme si la dévalorisation verbale servait à masquer un attachement qui n'avait jamais été résolu.

Ce n'est pas un hasard. Le pervers narcissique ne vit pas les fins de relation comme un deuil ordinaire, où l'attachement se dénoue progressivement. Il vit la rupture — surtout lorsqu'elle n'est pas de son fait — comme une blessure narcissique, une preuve d'échec insupportable pour un ego qui ne tolère pas la perte de contrôle. L'ex-partenaire reste alors figé dans une position particulière : ni tout à fait un souvenir, ni tout à fait une personne réelle, mais une image de référence à laquelle le pervers narcissique continue, inconsciemment, de se mesurer.

L'Essentiel : Le dénigrement verbal d'un ex par un pervers narcissique ne signe pas toujours un désintérêt réel. Il peut au contraire masquer un attachement irrésolu, la relation n'ayant jamais été traitée comme un deuil normal mais comme un échec narcissique à effacer.

1.2 L'arme de la comparaison permanente

Pour la victime actuelle, cette idéalisation prend une forme très concrète : la comparaison. « Elle ne m'aurait jamais parlé comme ça. » « Il ne se plaignait jamais, lui. » Ces remarques, distillées au fil des mois, ont une double fonction. La première est de maintenir la victime dans une insécurité permanente, dans une compétition qu'elle ne peut jamais gagner puisque l'adversaire est une image idéalisée, sans défaut, figée dans le souvenir sélectif du pervers narcissique. La seconde est de faire porter à la victime la responsabilité de tous les manques de la relation : si les choses vont mal, ce n'est jamais à cause du comportement du pervers narcissique, c'est parce que la victime actuelle « n'est pas comme » celle d'avant.

Certains iront jusqu'à recréer littéralement des éléments de la relation précédente avec leur nouveau ou nouvelle partenaire — mêmes lieux, mêmes rituels, mêmes surnoms parfois — dans une tentative de reproduire une intensité qu'ils associent, à tort, à un amour parfait plutôt qu'à un cycle de manipulation qu'ils ont eux-mêmes provoqué.

L'Essentiel : La comparaison avec un ex idéalisé est un outil de contrôle, pas une opinion sincère. Elle installe la victime dans une compétition impossible à gagner et détourne la responsabilité des tensions du couple.

1.3 Se sentir la doublure d'un premier rôle

Pour la personne qui vit cette dynamique au quotidien, l'effet est corrosif. Elle finit par se percevoir non comme une partenaire à part entière, mais comme une remplaçante, une doublure qui ne sera jamais à la hauteur d'un rôle déjà distribué. Ce sentiment s'accompagne souvent d'une quête épuisante : essayer de ressembler à cette image fantôme, de deviner ce qui « fonctionnait » avec l'ex pour l'imiter, sans jamais parvenir à combler un vide qui, en réalité, n'a rien à voir avec elle.

C'est là que réside la cruauté du mécanisme : la victime se bat contre un souvenir déformé, embelli par le temps et par les besoins narcissiques de son partenaire, un standard qui n'a probablement jamais existé sous cette forme dans la réalité vécue par l'ex elle-même.

L'Essentiel : Se sentir « en concurrence » avec un ex idéalisé n'est pas un signe de jalousie déplacée mais la conséquence logique d'une stratégie de dévalorisation. Le standard auquel on vous compare est une construction, pas un fait.


Partie 2 — Sous le Vernis : les Racines Psychologiques et Neurobiologiques de la Fixation

2.1 Le clivage : quand l'autre est soit un dieu, soit un déchet

Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à l'un des mécanismes de défense les plus centraux de la perversion narcissique : le clivage. Décrit notamment par les travaux de Paul-Claude Racamier sur la perversion narcissique et par Otto Kernberg sur les organisations limites de la personnalité, le clivage consiste à séparer radicalement les représentations d'une personne en deux catégories incompatibles : « tout bon » ou « tout mauvais », sans zone grise possible.

Or, une relation qui vient de se terminer se trouve, au moment de la rupture, dans une position intermédiaire ambiguë. Le pervers narcissique va alors soit basculer l'ex-partenaire dans la catégorie « tout mauvais » — d'où le dénigrement — soit, paradoxalement, la figer dans une image « tout bon », d'autant plus facilement idéalisable qu'elle appartient désormais au passé et ne peut plus le décevoir ni lui résister au présent. Une personne qui n'est plus là pour contredire l'image qu'on projette sur elle devient, par définition, un support idéal de projection.

L'Essentiel : Le clivage psychique explique pourquoi un ex peut être à la fois critiqué et idéalisé : une fois la relation terminée, la personne réelle disparaît au profit d'une image que le pervers narcissique façonne selon ses propres besoins, sans plus aucun contact avec la réalité de qui elle était vraiment.

2.2 Le circuit de la récompense : ce que la neuroscience suggère

Au-delà de la psychanalyse, les travaux en neurosciences sur l'attachement et l'addiction éclairent également ce phénomène. Les relations marquées par l'alternance de phases intenses — la survalorisation du début, suivie de la dévalorisation — activent de façon erratique les circuits dopaminergiques de la récompense. Ce mode de renforcement, que les psychologues comportementaux appellent le renforcement intermittent, est documenté comme l'un des plus puissants mécanismes de conditionnement : une récompense imprévisible crée un attachement plus fort et plus difficile à éteindre qu'une récompense stable et prévisible.

Ce mécanisme ne concerne d'ailleurs pas seulement la victime : le pervers narcissique lui-même reste conditionné par l'intensité émotionnelle de la phase d'idéalisation initiale de chacune de ses relations, un point de référence chimique et émotionnel vers lequel une partie de lui continue, inconsciemment, à vouloir revenir — non pas par amour de la personne, mais par attachement à la sensation que cette phase produisait. L'ex-partenaire idéalisé n'est donc pas regretté pour ce qu'il ou elle était réellement, mais pour l'intensité neurochimique associée aux tout premiers temps de la relation.

L'Essentiel : L'idéalisation d'un ex peut s'expliquer en partie par un conditionnement neurobiologique lié à l'intensité des débuts de relation. Ce n'est pas la personne qui manque, mais la sensation associée à la phase de love bombing.

2.3 Une histoire jamais terminée : la peur de la perte de contrôle

Enfin, il existe une dimension plus stratégique et moins visible : pour le pervers narcissique, une relation ne se termine jamais vraiment tant qu'il n'a pas repris la main sur son issue. Une rupture décidée par l'autre, ou vécue comme un échec, laisse une blessure narcissique ouverte. Maintenir en mémoire une image idéalisée de l'ex permet, symboliquement, de ne jamais reconnaître cette perte de contrôle : « je ne l'ai pas perdue, je l'ai laissée partir » ou « elle était parfaite, mais ce n'est pas moi le problème ».

C'est aussi pour cette raison que certains pervers narcissiques maintiennent un contact résiduel avec d'anciens partenaires — messages occasionnels, réapparitions sur les réseaux sociaux, comparaisons entretenues des années après la séparation — non par attachement affectif réel, mais pour vérifier que le lien, même ténu, n'est jamais totalement rompu. Le besoin de contrôle prime sur l'attachement lui-même.

L'Essentiel : L'idéalisation persistante d'un ex sert souvent une fonction de contrôle : elle permet au pervers narcissique d'éviter de faire le deuil d'une relation vécue comme un échec narcissique, plutôt que d'exprimer un amour réel pour la personne.


Partie 3 — Reprendre la Main : Stratégies de Protection et de Reconquête de Soi

3.1 Cesser la compétition avec un fantôme

La première étape, souvent la plus libératrice, consiste à comprendre que vous ne pouvez pas gagner une compétition contre une image. L'ex idéalisé n'est pas un adversaire réel : c'est une construction mentale, façonnée par le besoin de votre partenaire de ne jamais admettre ses propres torts. Cesser d'essayer de « faire mieux » que ce fantôme, cesser de vous remettre en question à chaque comparaison, c'est déjà refuser les règles d'un jeu truqué depuis le départ.

Concrètement, cela implique de ne plus répondre aux comparaisons par de la justification ou de la compétition, mais par un recul factuel : « Je ne suis pas elle, je suis moi » suffit, sans avoir besoin d'argumenter davantage. Toute tentative de prouver votre valeur face à un souvenir déformé est une énergie investie dans une bataille perdue d'avance.

L'Essentiel : Refusez d'entrer en compétition avec une image que vous ne pouvez pas contredire. Votre valeur ne se mesure pas à l'aune d'un souvenir que votre partenaire a lui-même reconstruit à son avantage.

3.2 Documenter, distancier, décider

Sur le plan stratégique, il est essentiel de commencer à documenter les schémas répétitifs : les comparaisons, les dévalorisations, les changements de discours sur les ex successifs. Cette objectivation permet de sortir de la confusion subjective et d'installer des repères stables, particulièrement utiles si une séparation judiciaire devient nécessaire.

Sur le plan relationnel, la technique du « grey rock » — devenir aussi peu intéressant et réactif que possible face aux provocations — s'applique aussi aux comparaisons : ne pas nourrir le sujet, ne pas discuter des mérites comparés, ne pas se laisser entraîner dans un débat qui n'a d'autre but que de vous déstabiliser. Cette distance progressive prépare également le terrain, pour celles et ceux qui envisagent une séparation, à une sortie plus sereine et mieux préparée.

L'Essentiel : Documentez les schémas de comparaison et de dévalorisation, et adoptez une posture de retrait émotionnel face aux provocations. Ces deux leviers protègent votre stabilité et, le cas échéant, sécurisent une future procédure de séparation.

3.3 Se reconstruire hors du miroir de l'autre

Enfin, la sortie durable de ce schéma passe par un travail de reconstruction personnelle qui ne dépend plus du regard du pervers narcissique — ni de celui, fantasmé, de son ex. Il s'agit de réinvestir des espaces de vie propres, souvent érodés par la relation : projets personnels, cercle amical, activités qui nourrissent une estime de soi qui ne se construit plus en miroir, ni en comparaison.

Un accompagnement spécialisé, qu'il soit thérapeutique ou stratégique, permet d'accélérer ce processus en travaillant à la fois sur les blessures d'attachement qui ont pu rendre cette dynamique de comparaison si déstabilisante, et sur les leviers concrets — psychologiques, comportementaux, juridiques et stratégiques — pour préparer une séparation dans les meilleures conditions, si tel est votre choix.

L'Essentiel : Se libérer de l'idéalisation d'un ex par votre partenaire suppose de reconstruire une estime de soi indépendante de son regard. Un accompagnement structuré permet de transformer cette prise de conscience en stratégie concrète de protection et, si vous le souhaitez, de séparation.


À propos de l'auteur

Benoît Lemogne, Fondateur de Divorce Consulting, Diplômé Notaire fort de 15 ans d'expérience dans le notariat, Ancien Expert Judiciaire formé en psychologie et en Intelligence Émotionnelle & Intuitive, expert en stratégie de séparation complexe.


Sources et références

Sources cliniques et théoriques

  • Racamier, P.-C. — travaux sur la perversion narcissique comme pathologie relationnelle fondée sur la destruction progressive de l'identité d'autrui
  • Kernberg, O. — travaux sur le clivage et les organisations limites de la personnalité
  • Hirigoyen, M.-F. — travaux sur le harcèlement moral et la manipulation perverse dans le couple
  • Documentation sur le renforcement intermittent et le conditionnement neurochimique dans les relations d'emprise (dopamine, ocytocine, cortisol)
  • Documentation sur le trauma bonding (lien traumatique) et ses conditions de formation (déséquilibre de pouvoir, alternance cyclique de maltraitance et de gentillesse)

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Benoît Lemogne

Divorce Consulting Benoit LEMOGNE

Dirigeant-fondateur de Divorce Consulting,
double formation, juridique et psycho-affective.

  • Diplôme de Notaire (Diplôme Supérieur du Notariat, Université Paris V)
  • 17 ans d’expérience dans le notariat (Droit de la Famille, divorce, PACS, mariage, partage, licitation…)
  • Expert en Liquidation des régimes matrimoniaux & des prestations compensatoires (partage amiable et judiciaire)
  • Ancien Professionnel qualifié en matière de procédure judiciaire (Article 255-9 du Code Civil)
  • Formé à une approche émotionnelle & psycho-affective de la séparation de couple
  • Formation en psychologie, ainsi qu’en intelligence émotionnelle & intuitive (Coaching systémique / Constellations familiales)
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