Apprendre à se parler pour améliorer sa personnalité
On ne saurait sous-estimer l’influence des ambiances mentales sur sa personnalité, et spécialement des pensées positives pour l’améliorer. Quitte à tomber dans l’autosuggestion? Et alors? Toute pensée occupant durablement notre esprit aurait tendance à se réaliser. Inversement, il ne faut pas sous-estimer l’impact sur nos vies de nos pensées toxiques. Ces ambiances mentales sont composées d’une multitude de messages subliminaux dont aucun ne pèse lourd en lui-même, mais dont l’effet cumulé année après année devient important. Nous constatons tous le plaisir à fréquenter certaines personnes avec qui nous nous sentons bien car elles ont un regard positif et bienveillant sur nous. Nous savons tous les dégâts que peuvent causer les attitudes négatives des parents ou leurs discours dévalorisants à notre encontre.
Dans notre conversation intérieure, il est inutile de nous célébrer ou de nous féliciter. Il suffit de faire preuve de bienveillance avec nous-même, en évoquant nos succès, nos qualités et nos réussites en nous en attribuant le mérite ou l’origine. Se rendre hommage gentiment, sans emphase sans se laisser contaminé par la compétitivité. Il vaudra mieux se dire « Tu as bien joué, tu as fait ce qu’il faut », plutôt que « Tu es le meilleur, tu les a tous explosés ». Inutile de se célébrer; il suffit de reconnaître ce qu’on a fait de bien, d’ouvrir les yeux sur ses qualités, simplement. Attention cependant aux limites du dialogue à soi-même : il a vocation à éviter nos ruminations, non à se substituer à nos échanges avec autrui ou à nos passages à l’action.
Eviter la maltraitance envers soi-même
Il convient d’éviter des violences inutiles envers nous-mêmes à l’occasion de ce dialogue intérieur si utile. La lutte contre les émotions et les pensées négatives ne doit pas être une lutte contre soi-même. Des personnes peuvent se donner des claques lorsqu’elles ne sont pas contentes d’elles-mêmes ! D’autres peuvent aller encore plus loin en s’infligeant des brulures ou des blessures. Elles se maltraitent également en se traitant de tous les noms, s’insultant et se dévalorisant. Jusqu’où peut aller le mauvais rapport à soi ? Les problèmes de l’estime de soi peuvent nous faire déraper largement au-delà du simple agacement vis à vis de sa personne lorsque nous ne parvenons pas à faire ce que nous voudrions ou à être tel que nous souhaiterions.
Il existe différents degrés de mauvais rapport à soi :
– 1/Doutes & insatisfactions. Ne jamais se gratifier des progrès accomplis. Toujours se polariser sur ce qui aurait pu être mieux. L’injustice envers soi-même est déjà une forme de violence
– 2/ Auto dévalorisation intime. Ne pas se contenter de constater ses échecs et de le déplorer mais en rajouter une seconde couche en se critiquant à l’excès et en se dévalorisant. Nous infliger une petite douleur supplémentaire pour nous punir pour nous donner envie de faire mieux la prochaine fois. Procédé inutile et contre-productif car le rôle de notre intelligence est déjà de nous permettre d’analyser les raisons de l’échec pour éviter de le réitérer à l’avenir.
– 3/ Conduites d’échecs. Provoquer l’échec pour éviter le jugement sur soi (cf ne pas réviser pour ne pas se permettre de réussir à un examen et avoir toutes les « bonnes » raisons d’avoir échoué. Certaines mises en échec peuvent comporter un élément auto-punitif : « Puisque c’est comme ça, je ne mérite pas de partir en vacances, d’aller à cette soirée… ».
– 4/ Auto-agressivité. Psychique (s’insulter) et/ou physique (se frapper). Il faut se méfier de ces comportements qui peuvent également se manifester sous forme d’impulsions suicidaires révélant une détestation de soi, consécutive à une grosse déception.
Guerre ou paix avec soi ?
Pourquoi le règlement de nos problèmes d’égo nous bouleverse-t-il autant? Plusieurs explications peuvent être avancées :
– 1/ Prolonger et rejouer des carences de son enfance. Cette détestation de soi est le lot des personnes qui ont manqué d’amour à cet âge crucial de leur construction.
– 2/ On est victime de ses idéaux. On se déçoit tellement que cela déclenche des pulsions de violence contre soi. On n’est prêt à s’accepter que parfait.
– 3/ On croit à tort que la dureté envers soi va nous aider à nous améliorer. On pense que si on se laisse trop aller, on va s’habituer à notre (relative) médiocrité.
Se punir ou s’aider à changer ?
La psychologie a montré depuis longtemps le peu d’efficacité de la punition comme outil pédagogique. Elle peut être utile éventuellement au maintient de l’ordre, mais pas pour créer une ambiance propice au changement personnel. La violence n’est qu’un détestable usage abusif de la force. Croire que sévérité et force envers soi suffisent pour changer est une vision archaïque, inefficace, voire dangereuse. Car peu à peu s’instaure alors une logique de la violence, qui facilite le retour automatique des mêmes erreurs et du même sentiment d’insatisfaction de soi : puisque les résultats escomptés n’arrivent pas, on redouble de violence envers soi en augmentant la sévérité des punitions qu’on s’inflige.
C’est la logique de la double peine : à celle de l’échec s’ajoute celle de la punition. Mais souffrir ne fait pas progresser. Ce qui fait progresser, c’est comprendre pourquoi on souffre et comment surmonter cette souffrance. La punition et la souffrance n’ont rien à nous apprendre. Le contraire de la violence n’est pas la faiblesse mais la douceur : on peut être ferme et doux avec soi en même temps. Toute forme de violence et d’offense régulière envers soi est contre-productive. Toutes les fois que l’homme a renoncé à la violence, l’humanité a progressé.
Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en apprenant à lutter contre ses complexes.
