Voyons aujourd’hui comment faire grandir sa personnalité en se protégeant des influences toxiques des pressions sociales. ll est un fait que notre vie au sein de la société sera plus aisée si nous sommes beaux, riches et puissants… Si ces caractéristiques sont mises en avant, c’est en raison du fait qu’elles apportent des avantages concrets. Mais il s’agit d’une sorte d’inégalité que la société est sensée combattre car organiser le « vivre ensemble » vise à faire une place à chacun. Cela légitimise la promotion d’autres valeurs comme la bonté, l’altruisme ou la bienveillance par exemple. Mais la société de consommation, boostée par la publicité ou le marketting, s’éloigne malheureusement de ces modes alternatifs de valorisation sociales. Analysons les sources de pression auxquelles nous sommes confrontées et voyons comment on peut y résisiter.
Pressions sur l’image du corps
La recherche de la beauté a toujours existé en raison des avantages sociaux qu’elle offre. Mais nous sommes parvenus à un stade où la dictature de l’apparence atteint un niveau de toxicité jamais atteint. L’accélération technologique y est pour beaucoup avec la promotion continue de l’image d’un coprs parfait divulguée par des moyens de communication toujours plus performants. Il en résulte une démultiplication des occasions de confronter notre corps à ces images parfaites, ce qui ne fait qu’accroître notre insatisfaction et motiver notre phrénésie de consommation. Il a été scientifiquement établi une corrélation entre le fait d’augmenter la conscience de soi (par exemple en étant filmé avec un retour sur son image) et la tendance à se comparer à des standards (souvent sublimés). Les résultats de ces comparaisons dépendront de la qualité de l’estime de soi : si elle est fragile, ils seront mauvais. On déplore ainsi le développement de troubles psychologiques.
Que penser du développement de la musculature de jeunes guerriers tels que GI Joe, Action Men… qui jouent pour les garçons le même rôle que Barbie pour les filles ? Comment augmenter l’insatisfaction de soi ? En s’exposant le plus souvent possible aux images parfaites que la société de consommation nous abreuvent en permanence. En passant notre temps à nous observer et à nous comparer à ces standars inaccessibles présentés comme des normes. En consacrant à l’embellissement de notre corps une grande partie de notre temps libre et de notre argent. En fréquentant majoritairement des personnes ayant les mêmes préoccupations. En ne lisant que des magasines dans lesquels les personnes sont sublimées (la majorité de la presse féminine). Voilà une bonne recette pour se gacher la vie…
Pressions sur la réussite sociale
Dans les sociétés traditionnelles, marquées par de fortes inégalités liées au rang de naisance, il y avait peu de mobilité sociale. Enfant de paysan ou de notaire, on devenait paysan ou … notaire! La naissance dans une famille noble assurait une statut privilégier, celle dans une famille roturière une vie l’avenant… Pas besoin de faire ses preuves! C’était alors le régne du conformisme social : il falait rester à sa place et faire ce qu’on attendait de nous. Pour les mal lotis, le christianisme rappelait que les premiers seront les derniers… Il n’y avait donc pas lieu de se dévaloriser si on était né pauvre, laid et opprimé. On se rattraperait plus tard, dans l’au-delà… On était alors loin des luttes de classe.
Avec l’ère industrielle, tout cela vole en éclat et les scociétés traditionnelles reculent au profit de sociétés plus mobiles, moins cloisonées : des nobles tombent dans la misère, les bourgeois du tiers état se font anoblir et s’enrichissent. C’est un progrès pour les classes inférieures. Mais il y a un revers à la médaille : maintenant que l’ascenseur social a été mis en avant, gare à celui qui ne parvient pas à s’élever! La réussité sociale n’est plus une question de destin mais de valeur personnelle à se sortir le mieux possible de cette nouvelle compétition sociale. Ces nouvelles régles sociales, prétendument méritacratiques, n’ont pas été combattues par les classes dominantes qui gardaient une sacrée longueur d’avance (hériatge de la fortune, des bonnes manières et du réseau social). Le problème est que les pauvres deviennent responsables de leur pauvreté, ce qui ne manqua pas de générer des problèmes inévitables d’estime de soi chez les personnes ne parvenant pas à s’élever par elles-mêmes dans l’échelle sociale. En réalité, quelle que soit la société, l’absence de conformité à la norme sociale va directement éprouver l’estime de soi de la personne qui y est confrontée.
La solution : rester vigilant
– Au sujet de la publicité : Apprendre à décrypter les messages. Une bonne tactique est la mise à plat des processus d’influence par le questionnement : On me vend du rêve. Ai-je vraiment besoin du produit pour être heureux? Pour me sentir bien dans ma peau? Ne suis-je pas victime de la société de consommation?
– Repérer ses points faibles. Réfléchir à des moyens non marchants de progresser ou de m’occuper et d’être plus heureux.
– Prendre de la distance. Un manequin est sublime mais c’est son travail et il s’astreint à y consacrer du temps et de l’argent que je n’ai peut-être pas ou que je souhaite peut-être utiliser autrement, sans compter que les photos montrées sont souvent retouchées… Exercer son esprit critique : sur ce point, il est établi que les nouvelles générations sont moins crédules que les anciennes au sujet des pulsions d’achat que provoquent les spots publicitaires. Ces estimes de soi « aux hormones » que la société de consommation fabrique sont gémissantes (« je n’ai pas ce que je mérite ») ou revendicatrices (« cela ne va pas se passer comme ça… »). Tout sauf épanouies…
–Internaliser les sources d’estime de soi. Ne pas trop (ou exclusivement) dépendre d’objectifs dictés par les autres. Cultiver son détachement et sa personnalité propre.
Nous poursuivrons prochainement notre cheminement vers les pistes d’amélioration de notre personnalité en apprenant à s’écouter, à se respecter et à s’affirmer.
