Poursuivons notre réflexion sur l’amélioration de notre personnalité en apprenant à nous accepter tel que nous sommes : imparfaits. Si 15 % de la population souffrirait d’un complexe d’infériorité globale, source d’inhibitions, d’évitements et parfois même de honte, la plupart d’entre nous aurait régulièrement des pensées d’infériorité et serait confronté à un sentiment d’insuffisance personnelle.
Comment le simple fait de resentir ses limites ou ses insuffisances peut-il se transformer en douleur à l’idée de ne pas être parfait, ou d’être incompris ou rejeté? Il s’agit en fait bien souvent d’une erreur d’analyse sur ce qui fonde la popularité et sucite l’estime d’autrui envers nous. Beaucoup de nos motivations à agir et à nous dépasser seraient engendrées par ce sentiment d’infériorité qui génère tant de ressentiments négatifs envers nous-même dans notre quotidien.
Améliorer sa personnalité en repérant les situations qui activent notre sentiment d’infériorité
On connait les situations qui nous confrontent à nos limites : quand on ne sait pas répondre à une question qu’on nous pose, quand on perd au jeu, quand on échoue devant les autres… On ne s’autorise pas ses moments de faiblesse qu’on analyse comme des risques de décevoir les autres et d’être rejeté par eux. D’où les diverses stratégies d’évitement ou de dissimulation mises en oeuvre pour « garder la face », de la moins compromettante (rester en retrait) à la plus stressante (jouer un rôle).
Se débarasser du mensonge mis en place pour se protéger
Mais cette tentation de faire semblant se révèle bien coûteuse émotionnellement, sans compter qu’elle alimente le sentiment d’imposture. Certaines personnes parviennnent ainsi à vivre leur vie par procuration, étant condamné à jouer jour aprés jour un rôle de composition qu’ils ont façonné pour dissimuler leur réelle personnalité. Mais ces personnes vivent dans le stress permanent à l’idée d’être démasqué.
Les problèmes d’estime de soi peuvent effectivement conduire à mentir, par peur de déplaire, pour ne pas provoquer de conflit ou faire de la peine, ou pour se valoriser quand on se sent inférieur… Le mensonge est alors une mauvaise réponse à un vrai problème. Il nous habitue en fait à ne pas nous confronter aux difficultés de l’existence. Au prix de maigres bénéfices à court terme, cette attitude nous garantit beaucoup d’ennuis à plus long terme car très vite l’insécurité d’être confondu nous ronge. En fait, ces personnes ne s’acceptent pas et doutent qu’on puisse les aimer tels qu’elles sont en réalité. Le mensonge devient un réflexe tellement courant qu’à force on ne sait plus qui on est vraiment.
La solution : s’accepter comme on est et l’assumer
Si l’on se rend compte qu’on a un peu trop systhématiquement recous aux « petits arrangements avec la vérité », il faut réagir pour ne pas passer toute sa vie à mentir et à passer à côté de sa réelle personnalité. Le problème vient de nos scrupules à assumer nos faiblesses. On ne pense pas pouvoir les surmonter, tout en étant persuadé qu’elles nous font prendre un risque d’exclusion sociale.
Il convient en fait de faire un travail d’affirmation de soi « négative » en s’habituant progressivement à accepter et à assumer ses limites et ses faiblesses. L’idée est de se confronter à ce qu’on a toujours soigneusement évité pour se rendre compte que les risques réels sont ridicules à côté de ceux qu’on redoutait. Cela nous apprend qu’on a pas besoin d’être parfait pour être accepté des autres. En pratiquant régulièrement ces exercices, on évalue l’acceptabilité sociale de ses faiblesses, avec bien souvent de bonnes surprises à la clé. On gagne ainsi sensiblement en liberté, en devenant progressivement soi-même.
Nous verrons à l’occasion d’un prochain article comment s’occuper de son moral.
