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VIVRE EN HARMONIE AVEC AUTRUI (13)

par | 16/03/2016 | Réflexions

Poursuivons notre réflexion sur le vivre en bonne harmonie avec autrui  en évoquant aujourd’hui la délicate question du pardon. De quoi parle-t-on? Pardonner signifie renoncer à juger et à punir. C’est décider que l’on veut se détacher du ressentiment que l’on ressent à l’égard de ceux qui nous ont blessé. C’est décider de se libérer d’eux et de la souffrance qu’ils nous ont causée. Il s’agit d’une forme supérieure d’acceptation, ou plutôt de « ré-acceptation » après une forte blessure.

Comment pardonner à autrui qui nous a offensé ?

La difficulté à pardonner est accrue chez les profils à estime de soi fragile, et particulièrement chez les sujets à tendance narcissique, souvent instables, susceptibles et agressifs. La capacité à pardonner est en fait fonction de l’équilibre intérieur et de la faculté du sujet à réguler son émotivité. Le ressentiment persistant, même justifié par l’importance de la violence subie, demeure malheureusement une source entretenue de souffrance supplémentaire. Les bénéfices du pardon ne sont plus à démontrer.

Mais le recours au pardon n’implique pas de renoncer à affronter ceux qui nous ont offensé ou agressé. Le pardon n’est pas une esquive ou une démission. Il est un fait d’ailleurs que l’exercice du pardon, s’il n’est pas contraint, facilite également celui du pardon à soi-même, car on s’en veut toujours un peu de s’être fait berner. Nous avons déjà évoqué dans ces lignes les reproches incessants, parfois équivalents à un auto-harcèlement moral, que peuvent s’adresser certaines personnes se jugeant sévèrement après le moindre de leur échec. Quoi qu’il en soit, pardonner, ce n’est pas absoudre, en faisant comme si le problème n’avait jamais existé. C’est renoncer à continuer à se punir en cessant d’entretenir le souvenir de ce qui nous a blessé.

Le travail sur le pardon est un grand classique des psychothérapies. L’effet libérateur que procure le pardon chez les personnes durement offensées est important, notamment parce qu’il améliore nettement leur estime de soi. Si la capacité à pardonner nécessite parfois l’aide d’un thérapeute, c’est qu’elle se révèle un exercice émotionnellement difficile à mettre en œuvre car il existe de nombreuses résistances naturelles au pardon, à commencer par le fait qu’il est souvent appréhendé comme une réponse de « faible » par rapport à une violence ou une offense objectivement injuste. A priori, la vengeance serait plus instinctive et vécue comme une réponse de « fort ». Or qui aurait envie d’être faible vis à vis de la violence ?

Pourtant, c’est tout le contraire en réalité car c’est en travaillant sur le renoncement au ressentiment et à la vengeance qu’on parvient à se libérer de l’offense qu’on a subie. Le travail de psychothérapie rend ce travail possible. Mais le pardon ne peut s’opérer sur la répression du désir de vengeance. Il doit être un choix librement consenti.

D’ailleurs, le pardon n’impose pas la réconciliation. Il permet néanmoins de rentrer à nouveau en contact avec l’offenseur sans trouble émotionnel excessif. Peu importe par ailleurs si l’offenseur a ou non l’intelligence d’être touché par le pardon qui lui est offert, en étant lui-même en mesure de se repentir et de s’excuser, autant d’attitudes qui, si elles sont préalables au pardon, peuvent beaucoup le faciliter. Et d’ailleurs la motivation à pardonner peut être d’avantage pour soi que pour l’autre.

Le pardon donné permet également de soulager son entourage du fardeau que notre rancœur et notre ressentiment peuvent représenter vis à vis d’eux également. D’ailleurs, le pardon ne suppose pas de renoncer à la colère, au moins dans un premier temps : dans les thérapies du pardon, bien au contraire on consacre du temps à laisser s’exprimer cette colère toute légitime. Ce qui est recherché en fait est la libération de l’offensé. Le pardon est une victoire sur l’adversité et la noirceur, en dehors comme en dedans de nous.

Nous poursuivons prochainement notre propos sur le pardon en analysant comment il peut se combiner avec l’attitude constructive de non-violence.

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