Poursuivons notre réflexion sur les attitudes sociales positives en nous intéressant aujourd’hui, après la gentillesse et la générosité, à la gratitude. Elle consiste à reconnaître le bien que l’on doit aux autres, et plus précisément à manifester plus ou moins ostensiblement notre reconnaissance, sans chercher aucunement à la dissimuler ou à l’oublier.
Les bénéfices de la gratitude envers autrui
La gratitude, si elle peut sembler quelque peu désuète à certains, n’en comporte pas moins de multiples bénéfices, notamment en terme de bien-être psychique et d’estime de soi, augmentant le sentiment d’appartenance à un groupe, une lignée, une collectivité humaine. Or tout ce qui favorise le sentiment d’appartenance renforce l’estime de soi. Par ailleurs, elle semble également être corrélée à une autonomie accrue vis à vis des attitudes matérialistes, grandes déstabilisatrices de l’estime de soi.
Dans ce domaine, sans doute que la gratitude casse le lien égoïste entre soi, et ses « possessions » et ses « richesses », en ce qu’elles nous amènent à reconnaître ce qu’elles doivent à tant d’autres : parents qui nous ont donné vie, forces et talents pour obtenir ces possessions , maîtres d’école ou amis qui nous ont aimé, compris, encouragé…
Quid des profils à estime de soi fragile vis à vis de la gratitude ?
Les souffrances de l’estime de soi entravent hélas la pratique de la gratitude. Ainsi le besoin de se valoriser en mettant en avant son autonomie : tirer fierté de s’être « fait tout seul », de ne rien devoir à personne. C’est en fait une sorte de mensonge à soi-même, qui est largement pardonnable, constituant un des grands mythes de notre époque moderne : celui de l’individu qui pourrait y arriver tout seul grâce sa volonté, son travail et son intelligence.
Néanmoins, la gratitude n’est pas évidente quand on a connu certains trajectoires de vie, marquées par le manque d’amour, l’abandon ou les violences. Il est rare pourtant qu’un être humain puisse objectivement prétendre : « ne rien devoir à personne ». Alors voyons comment peut se pratiquer la gratitude.
Quelques moyens de s’exercer à la gratitude…
- Penser nos succès en terme de gratitude : non pour minimiser notre mérite mais pour rester « connecté » à la chaîne humaine à laquelle nous appartenons
- Au delà des succès matériels, cultiver les sentiments de gratitude pour les gestes de gentillesse reçus : sourires, aides minimes dans des gestes anodins du quotidien (tenir une porte, aider à ramasser un objet tombé à terre…)
- S’endormir chaque soir sur une pensée de gratitude : pour ce qui m’a fait du bien aujourd’hui à travers, un geste, une parole, un sourire, un regard, ce qui améliore le bien-être émotionnel
- Pratiquer l’étrange plaisir de l’extension de la gratitude : s’entraîner à la ressentir pour des proches, des personnes connues, ou même des inconnus. Ces exercices de gratitude nous aident à voir les liens existant entre les êtres humains.
Nous poursuivons prochainement notre propos sur les attitudes sociales positives en nous intéressant à l’admiration.

