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VIVRE EN HARMONIE AVEC LES AUTRES (3)

par | 11/12/2015 | Réflexions

Poursuivons notre réflexion sur la façon de vivre en harmonie avec les autres en nous intéressant aujourd’hui à la peur de l’indifférence et au désir de reconnaissance : la difficulté d’exister dans le regard de l’autre. Car il existe une autre peur que celle du rejet, une peur située en amont d’elle, plus discrète, moins spectaculaire mais dommageable elle aussi pour notre bien-être et nos comportements : celle de l’indifférence. Que se passe-t-il en nous quand nous avons le sentiment de ne pas compter pour les autres, d’être ignoré, de ne servir à rien ?

Le désir de reconnaissance par les autres

Le besoin de reconnaissance est différent de celui d’approbation ou d’amour, il le précède. C’est le fait d’être regardé par les autres comme un être humain à part entière : être salué et accueilli quand on arrive quelque part, être appelé par son nom, selon la familiarité que nous entretenons avec nos proches. Toutes ces manifestations sont parfaitement discrètes, elles ne procurent pas forcément de joie mais leur existence nous est indispensable, leur absence nous est toxique. Cela procède du sentiment de reconnaissance sociale et rappelle l’absolue nécessité pour l’être humain de disposer d’un capital social autour de lui. En témoigne le bien fait que nous procurent les petites attentions de notre entourage ou la complainte légitime des personnes en marge, dépressives, qui se plaignent de ne jamais être sollicité par quiconque. Les enfants ne l’ont-ils pas compris en attirant sur eux notre attention par des bêtises ou des caprices, quand ils se sentent négligés ?

D’ailleurs, la reconnaissance n’a pas forcément besoin d’être positive. Les pervers-narcissiques éprouvent la satisfaction de susciter la détestation qui nourrit leur besoin exacerbé de reconnaissance de leur existence, et de leur importance qu’ils mesurent à l’intensité de l’aversion qu’ils suscitent et au nombre de gens qui les détestent. Ces personnes pathologiques sont souvent inaptes à créer de réels liens amicaux, ne fonctionnant que dans le conflit, la manipulation et la domination. Le rejet leur importe peu en ce sens : à condition qu’il s’accompagne d’émotions fortes qui constituent autant de victoires à leurs yeux. D’où leur besoin de provocations régulières : l’indifférence les angoisse, les plongeant dans un doute insupportable d’existence.

Reconnaissance de conformité ou de distinction ?

Il existe deux manières d’obtenir de la reconnaissance : être comme les autres et s’en différencier. La reconnaissance de conformité est plus fortement présente aux extrémités de l’existence : enfance et vieillesse. Souvent associée à un sentiment de relative fragilité, elle représente un gage d’acceptation sociale. La reconnaissance de distinction est plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes car elle leur sert à affirmer et à construire leur identité. Le paradoxe est que cette reconnaissance se confond avec la recherche de conformité à un groupe identitaire qu’on a choisi d’intégrer (et non plus à l’ensemble sans identité). C’est en fait un besoin d’affiliation. Etre ou ne pas être comme les autres est donc aussi un enjeu pour l’estime de soi : se conformer aux codes d’une majorité est plus souvent le choix des profils à basse estime de soi. S’en distinguer ou se conformer à ceux d’une minorité, celui des profils à haute estime de soi fragiles. Et s’en ficher plus ou moins, celui des bonnes estimes de soi.

Les risques et les erreurs de la recherche de reconnaissance

Pour les profils à basse estime de soi, le risque est l’hyper conformité, au risque de l’aliénation. On cachera tout ce qui dépasse de la norme pressentie pour se conformer à l’image sociale qui nous paraît la plus adéquate pour garantir l’acceptation par le plus grand nombre. Pour les profils à haute estime de soi fragile tentant de compenser leurs doutes par la recherche de valorisation, ce sera la rupture avec la masse dans l’anonymat de laquelle elles ont l’impression de disparaître. Voici les risques d’erreur auxquels on est tous confronté :

  • Erreur de ne pas se sentir reconnu alors qu’on l’est en réalité. Et ainsi enclencher une quête de reconnaissance supplémentaire et aléatoire alors qu’il aurait suffit d’ouvrir les yeux
  • Erreur de ne pas accorder d’importance aux signes de reconnaissance que l’on reçoit, de ne pas se sentir valorisé par le groupe et les personnes qui nous reconnaissent.
  • Erreur de confondre le désir de reconnaissance avec le désir d’amour et d’attendre du premier qu’il satisfasse le second.

Solitude et sentiment de solitude

Le sentiment de solitude déchire le voile des illusions (que nous ne formons qu’un avec nos proches, que nous les connaissons parfaitement). L’isolement social est un facteur de risque en matière de dépression, mais on s’aperçoit que c’est d’avantage la solitude perçue qui pèse que la solitude réelle : le fait de se sentir seul. Et la quantité de contacts sociaux chez les personnes souffrant de sentiment de solitude n’est pas en cause. Il s’agit d’avantage d’une question qualitative liée à la satisfaction tirée des rapports sociaux. On peut se sentir seul au sein d’une foule! En fait la seule solitude qui vaille est celle que l’on choisit, non celle que l’on subit.

Nous poursuivons prochainement notre réflexion en nous attachant à la recherche de l’estime des autres.

 

 

 

 

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