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APPRENDRE A VIVRE EN HARMONIE AVEC LES AUTRES (4)

par | 18/12/2015 | Réflexions

Poursuivons notre réflexion en nous intéressant aujourd’hui à la recherche de l’estime des autres. Au delà du besoin de reconnaissance en tant que telle, compte beaucoup la forme de la reconnaissance, positive si possible : sympathie, amitié, affection… (sauf pour les pervers-narcissiques qui ont un besoin pathologique de se faire détester, ainsi que nous l’avons vu la semaine dernière). Ces nourritures affectives sont indispensables aux êtres « normaux » : pour se développer, se sentir heureux et digne d’exister. Ces liens relèvent de notre besoin d’attachement et de sécurité. L’homme est un animal social : sans amour et sans attention, il ne peut grandir ni même survivre, sauf à développer des pathologies comportementales. Pour ceux qui en ont manqué dans leur petite enfance, ou même avant-même leur naissance, leur mémoire émotionnelle ne peut que s’en souvenir, ce qui peut générer une exigence accrue de preuves d’attachement affectif à leur égard à l’adolescence ou à l’âge adulte.

Jusqu’où aller dans le besoin d’être aimé par les autres ?

Il peut exister des dépendances pathologiques aux signes d’attachement des autres. Les personnes trop « gentilles » peuvent étouffer leur entourage avec leur préoccupation incessante de leur faire plaisir. Ces personnes se sentent toujours en dette vis à vis des autres et indignes de reconnaissance. A un niveau pathologique, certaines personnes peuvent réagir avec violence (intérieurement par la souffrance ou extérieurement par des reproches ou des larmes)  à tout ce qu’ils interpréteront comme une forme de recul ou de mise à distance. Pour d’autres encore, elles ne pourront s’épanouir que par une relation affective, ce qui donne lieu par exemple à un copinage trop rapide avec une nouvelle connaissance.

Ces personnes présentent un besoin hypertrophié de signes de reconnaissance et d’affection. Elles ne veulent pas être choisies, elles veulent être préférées, mais sans forcément oser l’avouer. Beaucoup d’études ont analysé ce qui se passe en cas de menace sur notre place aux yeux des autres. Encore une fois, la question ramène à celle de l’estime de soi. Les personnes vulnérables ont tendance à « acheter » l’affection des autres par un excès de gentillesse ou de prévenance à leur égard. Elles peuvent malheureusement se révéler des proies idéales pour certains prédateurs comme les pervers narcissiques.

Amour et estime de soi

L’amour est-il bon pour l’estime de soi? Est-il réparateur ou fragilisant? Et surtout, n’attend-on pas trop de l’amour ? Etonnamment, il existe souvent un « gâchis » d’amour chez les sujets à basse estime de soi qui ont une irrésistible tendance à sous-estimer le regard positif posé sur eux par leurs partenaires sentimentaux. Ils mettent des années à « baisser la garde » dans leur couple, habités par un réflexe inconscient de prudence amenant à ne pas vouloir se croire trop aimé pour ne pas devenir trop dépendant de cet amour qui leur fait tant de bien mais qu’ils  craignent tant en même temps pouvoir perdre… Le partenaire peut à tort analyser cette peur comme un manque d’amour, alors qu’il s’agit en fait d’un manque de confiance. Mais le temps fait généralement bien son œuvre : un jour, on comprend qu’on est aimé pour soi réellement et que l’autre s’est détaché de l’image idéalisée qu’il avait projetée sur nous…

Les profils à basse estime de soi ont également tendance à ne pas suffisamment « utiliser » leur couple pour combattre leur manque de confiance, à ne pas assez se confier, à demander des conseils et de l’attention aux moments où ils en ont besoin. On observe également en amour des besoins de fusion des personnalités dépendantes à faible estime de soi (profil idéal des victimes de pervers-narcissiques). La fusion les rassure, les sécurisent mais leur fait courir un grand risque d’aliénation dans le couple, avec la tentation de s’effacer derrière le partenaire de vie, de ne plus exister socialement que par lui. De s’en sentir soulagé, anesthésié de sa propre personnalité et même de son identité. On se réveille un jour en se disant qu’on n’a vécu qu’à travers l’autre (« femme de… ») et qu’il est maintenant temps de se réapproprier sa propre personnalité. Alors commence un grand et long travail de reconstruction…

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion sur notre rapport aux autres en nous intéressant au visage qu’on leur présente de nous.

 

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