Poursuivons notre réflexion sur notre rapport aux autres en nous intéressant aujourd’hui au visage qu’on leur présente de nous. « Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes plutôt que d’essayer de paraitre ce que nous ne sommes pas » (La Rochefoucauld).
Jusqu’où peut-on aller pour être bien perçu par les autres ?
A partir de quand les efforts que nous fournissons pour ne pas susciter le rejet des autres deviennent-ils des compromissions? Où se situe le point d’équilibre entre l’approche très précautionneuse, voire aliénante des personnes à basse estime de soi et l’approche offensive, voire agressive, des personnes à haute estime de soi fragiles ? Comment trouver le juste milieu en conduisant nos efforts sans trahir notre identité? Il s’agit de connaître les règles de son époque et de son milieu en restant vigilent sur le degré de pression qu’elles exercent sur nous.
A notre époque qui a beaucoup renoncé à enseigner la politesse et les convenances, l’essentiel de l’apprentissage des règles du vivre ensemble ne se fait plus par injonctions, parentales ou sociales, mais de manière invisible, par imitation de ces modèles. Il s’agit en fait de trouver sa place, et non de vouloir prendre trop ou pas assez de place. Cela passe d’abord par une phase d’affirmation de soi puis par une phase d’écoute active, pour s’adapter à son interlocuteur. Cela permet de capter des informations extérieures bien utiles pour savoir comment se positionner par rapport à lui afin de nous détacher de nos suppositions.
Les avantages d’une présentation équilibrée et sincère
Faut-il donc chercher systématiquement à se présenter sous son meilleur profil? Tout dépend en fait de l’intensité des efforts à fournir. Mais il a été établi qu’une présentation de soi modeste, ni trop positive, ni trop négative, est celle qui procurera les sentiments et les jugements les plus favorables envers nous et qui provoquera donc la plus grande acceptation sociale. Sur le long terme, les bénéfices de la sincérité sont indubitables en raison du coût épuisant du « faire semblant ».
La propension de certains à toujours montrer le meilleur de leur personne et de maîtriser la manière dont ils sont perçus génère une source majeure de stress chez eux. Alors que s’exposer aux autres naturellement s’avère plus fructueux à long terme car il nous permet d’être apprécié pour ce que nous sommes, et non pour ce que nous cherchons à parâtre. Etre apprécié des autres est quelque chose qui fait du bien mais c’est encore meilleur pour l’estime de soi quand on est apprécié pour ce que l’on est plus que pour ce qu’on a fait ou réussi. Le fait d’être compris et accepté des autres allège beaucoup nos défenses et nos tendances à protéger ou à promouvoir notre estime de soi.
Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en nous intéressant à la peur du ridicule et au combat contre la honte et les blessures d’amour-propre.
