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Vivre en harmonie avec autrui (8)

par | 26/01/2016 | Réflexions

Poursuivons notre réflexion sur la façon de parvenir à vivre en bonne harmonie avec autrui en nous intéressant aujourd’hui aux émotions liées au doute de soi que sont l’envie et la jalousie, qui signent comme autant d’échecs de l’estime de soi quand elles cèdent à la tentation des comparaisons et de la compétition. L’envie renvoie au sentiment désagréable éprouvé face à ce que possède une autre personne, que nous n’avons pas et qui nous fait défaut : argent, statut, notoriété, bonheur… On est en général envieux des personnes dont on est plus ou moins proche, avec qui on peut se comparer raisonnablement. La jalousie, quant à elle, désigne la crainte de perdre quelque chose que nous avons déjà. On est ainsi jaloux de son conjoint dont on va surveiller les moindres faits et gestes et les plus petits bavardages pour dépister une éventuelle inclinaison pour un rival. En amitié, la jalousie se manifeste pas la quête d’une relation exclusive. Certains malheureux cumulent envie et jalousie : les enfants qui craignent que leur frère ou sœur soit préféré et sont à la fois envieux (son cadeau est mieux) et jaloux (on l’aime plus que moi).

Comment se libérer de l’envie qu’on ressent vis à vis d’ autrui ?

L’apparition de l’envie nécessite deux conditions : une comparaison sociale défavorable et un sentiment d’impuissance à obtenir ce que possède l’autre personne. L’envie n’a pas forcément de rapport avec le pouvoir ou les possessions réelles. On peut envier le bonheur d’autrui, être agacé par sa capacité à la bonne humeur ou à se sortir avec habileté de toutes les situations délicates. Un cercle vicieux se met en place, qui fragilise encore plus l’estime de soi déjà malmenée, en poussant à des comparaisons sociales incessantes et toxiques. Cela facilite l’installation d’un sentiment de ratage personnel et d’amertume. A force, l’envie aboutit à une lecture maladive et obsédante des avantages d’autrui, encore plus destructrice pour l’estime de soi. Alors voyons comment se libérer de l’envie qui nous ronge?

L’envie dure toujours plus longtemps que le bonheur de ceux que nous envions (La Rochefoucauld). De nombreux efforts vont être nécessaires pour se débarrasser de ce cancer : des commérages consistant à dire du mal des personnes dont on est envieux, de notre propension à médire de la société en prétendant être victime d’injustice sociale… L’objectif est de transformer son envie en indifférence, voire en bienveillance! S’entrainer à se réjouir de la réussite des autres est un exercice très sain et instructif. Combattre le mal par le mal… Au delà du fait de réprimer son envie, mieux vaut la reconnaître et la transformer en s’entrainant à passer de l’envie agressive et dépressive à l’envie émulative et ainsi retrouver la stimulation à agir : Comment m’y prendre pour obtenir moi aussi ce qui déclenche mon envie ?

Comment se débarrasser de la jalousie vis à vis d’ autrui ?

La jalousie repose sur la peur de perdre un lien ou une place, privilégié(e) ou exclusif(ve). L’envieux veut posséder ce qu’il n’a pas, le jaloux ce qu’il croit être à lui. Reposant sur une conception erronée, archaïque et primitive, de ce qu’est un lien affectif à autrui, qu’il soit amoureux ou amical. Aimer n’est pas posséder. Etre aimé d’un jaloux ne signifie pas accepter la soumission à son instinct de possession maladif. La jalousie est une souffrance qui provoque de l’anxiété à la fois par la baisse de l’estime de soi qu’elle provoque et par l’anticipation de la perte des liens privilégiés. Jamais un jaloux ne savoure son bonheur, il ne fait que le surveiller, craignant que ses qualités ne suffisent pas à retenir l’être aimé auprès de lui. D’où ses efforts pour scruter, intimider, emprisonner. Au lieu de donner l’envie à l’autre de rester, il cherche par tous les moyens à l’empêcher de partir. L’estime de soi déjà déficiente est mise à mal car la jalousie empêche d’être rassuré sur les sentiments que l’on nous prête réellement. L’autre étant ligoté, on ignore s’il est vraiment attaché. La jalousie aggrave le problème au lieu de le solutionner.

Alors comment se libérer de la jalousie qui nous ronge? La psychothérapie n’est pas très expérimentée pour aider les jaloux. Elle l’est d’avantage vis à vis de ceux qui en sont victime, plus nombreux à consulter. Mais pour ceux qui s’y frottent, le combat est long et difficile. Il faut travailler sur toutes les bases de la psychologie de l’attachement. La plupart du temps, les jaloux ont depuis l’enfance un style d’attachement insécurisant à cause de traumatismes liés à des séparations ou des abandons précoces ou d’un tempérament d’emblée hyper sensible à l’éloignement. Alors une fois qu’ils ont décidé de jeter leur dévolu sur un objet d’amour, ils ne le lâchent plus. La thérapie consiste à repenser totalement la manière de se lier aux autres. Cela commence par travailler sur son estime de soi…

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en apprenant à ne plus se méfier des autres et à faire confiance.

 

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