Article rédigé pour le blog de divorce-consulting.fr
Quand le système judiciaire et social transforme la protection de l’enfance en torture psychologique institutionnalisée
Introduction
Depuis quand collaborer avec son agresseur est-il devenu une obligation légale en France ? Cette question, qui devrait soulever l’indignation collective, se pose pourtant quotidiennement dans nos tribunaux et nos services sociaux. Au nom du sacro-saint « maintien du lien parental à tout prix », notre système juridique impose à des milliers d’enfants et de parents victimes de continuer à côtoyer, négocier et partager le quotidien avec celui ou celle qui les a terrorisés, frappés, violentés.
L’affaire est d’autant plus révoltante qu’elle ne concerne pas seulement les femmes victimes de violences conjugales – contraintes d’exercer l’autorité parentale avec leur agresseur – mais aussi les enfants eux-mêmes, transformés en objets de chantage émotionnel et en instruments de perpétuation de l’emprise. Et comme si le traumatisme initial ne suffisait pas, cette obligation peut se prolonger jusqu’à l’âge adulte via l’obligation alimentaire : l’enfant maltraité devra potentiellement financer la vieillesse de son bourreau.
Cet article se propose d’analyser en profondeur cette aberration juridique et humaine à travers trois axes complémentaires :
1. L’anatomie d’un dysfonctionnement systémique : comprendre les mécanismes qui obligent victimes et enfants à coopérer avec leur agresseur
2. Les racines du mal : identifier les causes juridiques, culturelles et institutionnelles de cette situation intolérable
3. Stratégies de protection et reprise du pouvoir : proposer des outils concrets pour se défendre et renverser le rapport de force
I./ L’ANATOMIE D’UN DYSFONCTIONNEMENT SYSTÉMIQUE
1./ Le dogme de la coparentalité à tout prix : quand l’idéologie écrase la réalité
Au cœur du Code civil français règne un principe devenu quasi-sacré : la coparentalité. L’article 373-2 du Code civil dispose que « la séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l’exercice de l’autorité parentale ». En clair : peu importe que le couple se sépare, les deux parents doivent continuer à exercer ensemble l’autorité parentale.
Cette règle, pensée initialement pour protéger le droit des enfants à maintenir des liens avec leurs deux parents, se transforme en véritable cauchemar lorsque l’un des parents est violent. Car le système judiciaire français reste profondément imprégné de cette conviction erronée selon laquelle un conjoint violent peut néanmoins être un bon parent.
2./ La médiation familiale : quand on demande à la victime de négocier avec son bourreau
L’article 373-2-10 du Code civil prévoit que le juge aux affaires familiales peut proposer une médiation familiale. Dans la pratique, cette « proposition » prend souvent des allures d’injonction déguisée.
Imaginez la scène : une femme qui a subi des violences pendant des années, qui a dû porter plainte pour protéger ses enfants et elle-même, se retrouve convoquée dans un bureau pour « discuter sereinement » avec son agresseur des modalités de garde des enfants. On lui demande de « faire preuve de maturité », de « mettre de côté le conflit conjugal » et de « penser d’abord aux enfants ».
La médiation familiale n’est pourtant pas possible si des violences ont été commises, selon l’article sur Service-Public.fr. Mais encore faut-il que ces violences soient avérées car dans les faits l’auteur bénéficie de la présomption d’innocence de sorte que nombre d’assistantes sociales, de juges ou de médiateurs n’hésitent pas à minimiser ces violences, les qualifiant de « conflits » ou de « tensions » ? Combien de fois entend-on : « Il faut que vous arriviez à vous parler pour le bien des enfants » ? Depuis quand leur intérêt est-il compatible avec la non prise en compte des violences subies par eux et/ou leur autre parent ?
3./ La garde alternée imposée : le cauchemar programmé
Depuis la loi du 4 mars 2002 sur l’autorité parentale, la résidence alternée s’est progressivement imposée comme le modèle de référence en cas de séparation. Le principe peut sembler louable : permettre à l’enfant de maintenir un lien équilibré avec ses deux parents.
Mais que se passe-t-il lorsque l’un de ces parents est violent ?
Le cas concret ayant inspiré les questions posées dans le titre et le propos introductif de l’article est édifiant d’autant que loin d’être imaginé, il est vécu personnellement par une cliente : un enfant agressé physiquement par son père au point de devoir porter plainte au commissariat pour se protéger. Ce même enfant dont le père avait précédemment tenté d’écraser la mère en voiture. Et pourtant, les assistantes sociales maintiennent la garde alternée et organisent une médiation avec la mère pour en « pacifier les modalités » !
Cette situation n’est malheureusement pas isolée. Une étude de 2018 conduite par Emmanuelle Mélan, criminologue, révèle que 79% des femmes victimes de violences conjugales déclarent avoir subi des violences après la séparation, parfois plus de 5 ans après la rupture. Et dans 12 cas sur 24 de féminicides recensés en Seine-Saint-Denis entre 2005 et 2008, le drame s’est produit lors du droit de visite du père.
4./ Le chantage institutionnel : « Si vous refusez, on vous retire vos enfants »
L’une des violences les plus perverses du système réside dans le chantage exercé sur les mères protectrices, alors que ledit système a l’outrecuidance d’oeuvrer en prétendant privilégier l’intérêt dit « supérieur » de l’Enfant !!! Je repose donc la question : depuis quand leur intérêt est-il compatible avec la non prise en compte des violences subies par eux et/ou leur autre parent ?
Mais pire encore, même dans l’hypothèse où les violences perpétrées contre le co-parent sont avérées et que les mesures de protection sont prises, celles-ci ne sont pas étendues aux enfants. La violence légitimant des mesures de protection vis à vis du co-parent n’ont strictement aucune incidence quant aux enfants. C’est ainsi que 72,6% des femmes ayant obtenu une ordonnance de protection à l’encontre de leur ex-conjoint agresseur sont contraintes d’exercer l’autorité parentale avec cet homme qui représente pourtant un danger pour elles et leurs enfants, selon une enquête de 2019.
Et que se passe-t-il lorsqu’une mère refuse de remettre son enfant à un père violent ? Le système judiciaire est implacable : elle risque d’être accusée de « non-représentation d’enfant », un délit passible de 15 000 € d’amende et un an de prison. Et surtout, elle risque de se voir retirer la garde de son enfant, livrant intégralement ce dernier au boureau.
Le message est clair : en France, encore 2026, le fonctionement de ce système revient à ne pas entendre la parole des femmes et des enfants dénonçant la violence d’un père violent. La matière n’est semble-t-il pas assez sensible encore pour appliquer le sacro-saint principe de précaution, si répandu dans d’autres domaines pourtant bien moins vitaux.
Les enfants, victimes invisibles et instrumentalisées
Les enfants exposés aux violences conjugales sont les grands oubliés de ce système dysfonctionnel. Pourtant, les recherches scientifiques sont formelles : l’exposition à la violence conjugale constitue une forme de maltraitance psychologique aux conséquences dévastatrices.
Selon les travaux de la psychiatre Muriel Salmona, 60% des enfants exposés aux violences conjugales présentent un syndrome de stress post-traumatique complet. Ces enfants développent des problèmes de santé physique et mentale, des difficultés cognitives et scolaires, des troubles du comportement. Leur cerveau, particulièrement vulnérable face au stress extrême, subit des atteintes neurologiques qui peuvent perdurer toute leur vie.
Et pourtant, on continue de les obliger à passer du temps avec le parent violent, au nom du « droit de visite » et du « maintien du lien ».
5./ L’obligation alimentaire : la double peine qui dure toute une vie
Comme si le traumatisme de l’enfance ne suffisait pas, le système français réserve une dernière cruauté aux victimes de parents violents : l’obligation alimentaire.
L’article 205 du Code civil dispose que « les enfants doivent des aliments à leur père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin ». Concrètement, un enfant qui a été maltraité, abandonné ou négligé par ses parents peut être légalement contraint, des décennies plus tard, de payer pour leur hébergement en EHPAD.
Imaginez : vous avez 50 ans. Vous avez passé votre enfance à subir les violences d’un père tyrannique ou d’une mère alcolique et/ou toxicomane ou même prostituée ! Vous avez construit votre vie en surmontant ce traumatisme. Et un jour, vous recevez un courrier du Conseil départemental vous informant que votre parent, désormais âgé et dépendant, a besoin d’aide. Et que vous êtes légalement obligé de payer pour son hébergement, à hauteur de potentiellement 700 € par mois.
Si vous refusez, vous commettez un « délit d’abandon de famille » et encourez deux ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Cette situation kafkaïenne est pourtant la réalité vécue par des milliers de Français. En octobre 2025, le Sénat a d’ailleurs rejeté une proposition de loi visant à libérer les enfants victimes de cette obligation, estimant qu’il serait « trop difficile pour le parent concerné d’apporter la preuve qu’il a été bienveillant ». Autrement dit : la charge de la preuve pèse sur la victime, pas sur l’agresseur.
II./ LES RACINES DU MAL – CAUSES DU DYSFONCTIONNEMENT
1./ Une culture juridique encore trop ancrée dans le patriarcat
La première cause de cette situation réside dans la culture juridique française elle-même, encore profondément marquée par une conception traditionnelle de la famille. Pendant très longtemps, la conviction qui a gouverné les politiques publiques et les pratiques professionnelles était qu’un conjoint violent pouvait néanmoins être un bon parent.
Cette croyance repose sur une séparation artificielle entre la « sphère conjugale » et la « sphère parentale », comme si un homme capable de terroriser sa compagne pouvait miraculeusement se transformer en père aimant et protecteur dès qu’il s’agit de ses enfants.
Or, les travaux du Juge Édouard Durand, spécialiste des violences intrafamiliales, sont formels : « On ne peut pas déconnecter la protection des femmes victimes de violence du traitement de la parentalité ». Un père qui frappe son épouse devant son enfant fait preuve d’une absence totale de préoccupation parentale.
2./ Le poids de l’idéologie familialiste
La deuxième cause réside dans l’idéologie du « maintien du lien à tout prix ». Cette conviction, quasi-religieuse dans le monde judiciaire et social français, postule que l’enfant a TOUJOURS besoin de maintenir un lien avec ses deux parents, quoi qu’il arrive.
Cette idéologie s’appuie sur une interprétation maximaliste de l’intérêt supérieur de l’enfant et de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui prévoit le droit de l’enfant à maintenir des relations personnelles avec ses deux parents.
Mais cette interprétation ignore délibérément le fait que ce même texte prévoit la protection de l’enfant contre toute forme de violence. L’article 19 de la Convention stipule que les États doivent protéger l’enfant « contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales ».
3./ La résistance des professionnels du droit et des services sociaux
Malgré les évolutions législatives récentes (lois de 2019, 2020 et 2024 renforçant la protection des victimes), les pratiques professionnelles évoluent très lentement.
Beaucoup de magistrats, assistantes sociales, médiateurs familiaux continuent de minimiser les violences intrafamiliales, les qualifiant de « conflits » ou de « tensions ». Ils persistent à penser que :
- « Il faut entendre les deux versions »
- « Les enfants ont besoin de leur père »
- « On ne peut pas priver un parent de ses droits sans preuves »
- « Il faut que les parents arrivent à communiquer »
Cette résistance s’explique en partie par un manque de formation sur les mécanismes de l’emprise, du traumatisme psychique et des violences intrafamiliales. Elle s’explique aussi par une forme de déni collectif : il est plus confortable de croire à des « conflits parentaux » qu’à la réalité brutale de la violence.
4./ La lenteur du temps judiciaire face à l’urgence du danger
Le système judiciaire français fonctionne selon des temporalités qui sont en totale inadéquation avec l’urgence des situations de violence. Une procédure devant le juge aux affaires familiales peut prendre des mois, voire des années.
Pendant ce temps, les enfants continuent d’être exposés aux violences. Pendant ce temps, les mères victimes sont obligées de maintenir le contact avec leur agresseur pour organiser les modalités de garde.
Même lorsqu’une ordonnance de protection est prononcée (ce qui est déjà rare et difficile à obtenir), elle n’empêche pas automatiquement l’exercice du droit de visite et d’hébergement. La loi du 18 mars 2024 a certes renforcé les dispositifs de protection, mais l’application concrète de ces mesures reste insuffisante.
5./ L’insuffisance criante des moyens
Le système de protection de l’enfance et d’accompagnement des victimes de violences conjugales souffre d’un sous-financement chronique. Les services sociaux départementaux sont saturés. Les associations d’aide aux victimes manquent de moyens. Les lieux d’accueil protégés sont insuffisants.
Résultat : faute de solutions d’hébergement, faute de professionnels disponibles pour accompagner les victimes, faute de lieux de visite médiatisés en nombre suffisant, le système privilégie les solutions les moins coûteuses – qui sont malheureusement souvent les plus dangereuses pour les victimes.
6./ L’obligation alimentaire : un héritage napoléonien inadapté
L’obligation alimentaire trouve son origine dans le Code civil de 1804, à une époque où la solidarité familiale primait sur la solidarité nationale. Cette conception, profondément ancrée dans la tradition napoléonienne, faisait reposer sur la famille l’essentiel de la prise en charge des membres en difficulté.
Plus de deux siècles plus tard, alors que nous disposons d’un système de protection sociale développé, cette obligation continue de s’appliquer sans distinction, même dans les cas les plus révoltants de maltraitance avérée.
Certes, l’article 207 du Code civil prévoit une « exception d’indignité » permettant au juge de décharger l’enfant de cette obligation si le parent « a gravement manqué à ses obligations ». Mais dans la pratique, obtenir cette décharge nécessite un parcours judiciaire long, coûteux et traumatisant : il faut constituer un dossier, réunir des preuves souvent difficiles à obtenir des décennies après les faits, et affronter son parent devant un tribunal.
III./ LES STRATÉGIES DE PROTECTION ET DE REPRISE DU POUVOIR
Face à ce système défaillant, il est essentiel de connaître vos droits et les stratégies pour vous protéger et protéger vos enfants. Voici un guide pratique pour tenter reprendre le contrôle.
1. Documenter systématiquement les violences
La documentation est votre arme la plus puissante. Dans un système judiciaire qui exige des preuves, il est crucial de constituer un dossier solide :
- Déposez plainte à chaque acte de violence, même si vous ne souhaitez pas poursuivre immédiatement. Les mains courantes ne suffisent plus : elles n’ont aucune valeur probante. Seule la plainte permet une enquête et laisse une trace judiciaire exploitable.
- Consultez systématiquement un médecin après chaque agression et demandez un certificat médical détaillé mentionnant les lésions constatées et leur compatibilité avec les déclarations. Conservez TOUS les certificats médicaux.
- Prenez des photos des blessures, avec une date visible (journal du jour dans le cadre, par exemple).
- Conservez tous les messages, SMS, emails montrant le comportement violent, menaçant ou harcelant de votre ex-conjoint. Faites des captures d’écran datées.
- Tenez un journal précis : dates, heures, circonstances, témoins éventuels de chaque incident. Ce journal pourra servir de preuve de la chronicité des violences.
- Recueillez des témoignages de vos proches, voisins, collègues, enseignants des enfants, professionnels de santé qui ont constaté la situation.
2. Connaître et utiliser les dispositifs de protection existants
La loi du 18 mars 2024 a considérablement renforcé les dispositifs de protection, mais encore faut-il les connaître et savoir les actionner :
L’ordonnance de protection (article 515-9 et suivants du Code civil) : Elle peut être demandée en urgence au juge aux affaires familiales lorsqu’il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission de faits de violence ou de menaces. Elle permet :
- L’interdiction pour le conjoint violent d’entrer en contact avec vous
- L’éviction du domicile conjugal
- La suspension des droits de visite et d’hébergement
- L’autorisation de dissimuler votre domicile
La suspension automatique de l’autorité parentale : Depuis la loi de 2024, en cas de poursuites, mise en examen ou condamnation pour crime ou agression sexuelle incestueuse sur l’enfant, ou pour crime sur l’autre parent, l’exercice de l’autorité parentale et les droits de visite sont automatiquement suspendus. Exigez l’application de cette suspension !
Le retrait de l’autorité parentale : En cas de condamnation pour les infractions les plus graves, le retrait de l’autorité parentale est désormais un principe (et non plus une simple possibilité). Demandez-le explicitement.
La dispense d’information sur le changement de résidence : Si vous bénéficiez d’une ordonnance de protection et êtes autorisée à dissimuler votre adresse, vous n’êtes plus tenue d’informer l’autre parent de votre déménagement.
3. Refuser la médiation familiale en cas de violences
Vous avez le DROIT de refuser la médiation familiale lorsqu’il y a eu des violences. L’article sur Service-Public.fr est clair : « La médiation familiale n’est pas possible si des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant. »
Si un juge, une assistante sociale ou un médiateur vous pousse à accepter une médiation malgré les violences :
- Rappelez explicitement la loi : « La médiation familiale est interdite en cas de violences intrafamiliales avérées. »
- Exigez que votre refus soit acté par écrit dans le dossier et motivé par les violences subies.
- Ne cédez pas au chantage émotionnel (« Il faut penser aux enfants », « Montrez que vous êtes capable de dialoguer »). Répondez fermement : « Protéger mes enfants d’un parent violent, c’est précisément penser à eux. »
- Faites appel à votre avocat pour rappeler les obligations légales aux professionnels qui tentent d’imposer une médiation.
4. Contester la garde alternée en contexte de violences
La garde alternée peut et DOIT être refusée en cas de violences intrafamiliales. Pour cela :
Argumentez sur l’intérêt supérieur de l’enfant : Démontrez que la résidence alternée expose l’enfant à un danger (violences directes, climat de terreur, instrumentalisation). Citez les recherches scientifiques sur les traumatismes des enfants exposés aux violences.
Demandez une expertise psychologique de l’enfant par un professionnel formé aux traumatismes liés aux violences intrafamiliales. Cette expertise peut révéler l’état de stress post-traumatique de l’enfant.
Exigez que la parole de l’enfant soit entendue : À partir de l’âge où il est capable de discernement (souvent vers 6-7 ans), l’enfant peut être auditionné par le juge. Demandez cette audition, en présence d’un psychologue formé.
Proposez un droit de visite médiatisé comme alternative : Si le juge estime qu’un lien doit être maintenu, exigez qu’il se fasse dans un espace de rencontre protégé, avec des professionnels formés.
5. Préparer sa défense face à l’obligation alimentaire
Si vous risquez d’être confronté à une demande d’obligation alimentaire de la part d’un parent violent, anticipez :
Constituez dès maintenant un dossier réunissant :
- Les jugements pénaux éventuels concernant votre parent
- Les certificats médicaux attestant des violences subies
- Les témoignages de membres de la famille, voisins, enseignants
- Tout document prouvant l’abandon, la négligence ou les violences
Consultez un avocat spécialisé en droit de la famille dès que vous recevez une demande du Conseil départemental. Ne laissez pas passer les délais de recours.
Invoquez l’exception d’indignité (article 207 du Code civil) : Démontrez que votre parent a gravement manqué à ses obligations ou a commis des violences. Le juge aux affaires familiales peut vous décharger totalement ou partiellement de cette obligation.
Faites valoir les dispenses légales :
- Si vous avez été retiré de votre milieu familial pendant au moins 36 mois cumulés avant vos 18 ans
- Si le parent a été déchu de l’autorité parentale
- Si le parent a été condamné pour agression sexuelle sur l’autre parent
6. Développer votre intelligence émotionnelle pour résister à l’emprise
Face à un parent violent et manipulateur, votre intelligence émotionnelle devient votre meilleur bouclier. Cela signifie :
Comprendre les mécanismes de l’emprise : Un parent toxique ou pervers narcissique utilise la culpabilisation, le chantage affectif, l’inversion de responsabilité. Apprenez à identifier ces tactiques pour ne plus vous laisser déstabiliser.
Maintenir vos limites fermement : Utilisez la technique du « disque rayé » (répéter calmement votre position sans vous justifier), la communication non-violente pour désamorcer les conflits, et surtout, refusez d’entrer dans le jeu des accusations mutuelles.
Prendre soin de votre santé mentale : Consultez un psychologue spécialisé dans les traumatismes liés aux violences intrafamiliales. Rejoignez des groupes de parole de victimes. Ne restez pas isolée.
Protéger vos enfants en leur donnant des mots : Expliquez-leur, avec des mots adaptés à leur âge, que les comportements violents ne sont jamais acceptables, même de la part d’un parent. Apprenez-leur à identifier leurs émotions et à les exprimer.
7. Mobiliser le réseau de protection
Vous n’êtes pas seule. Plusieurs acteurs peuvent vous aider :
Les associations spécialisées :
- Fédération Nationale Solidarité Femmes (3919, numéro gratuit)
- SOS Violences Conjugales
- Associations locales d’aide aux victimes
Les professionnels de santé : Votre médecin traitant, les urgences médico-judiciaires, les psychologues spécialisés en psychotraumatologie
Les professionnels du droit : Avocat spécialisé en droit de la famille et violences conjugales, points d’accès au droit (PAD), maisons de justice
L’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) : Si vos enfants sont en danger, n’hésitez pas à saisir vous-même l’ASE. Vous serez mieux entendue en tant que parent protecteur qu’en laissant la situation se dégrader.
8. Stratégie judiciaire : être acteur de votre procédure
Trop souvent, les victimes subissent la procédure au lieu d’en être actrices. Renversez cette dynamique :
Anticipez les arguments du parent violent : Il va minimiser les faits, se présenter en victime, vous accuser d’aliénation parentale. Préparez vos réponses avec votre avocat.
Demandez explicitement au juge de se prononcer sur chaque point : suspension de l’autorité parentale, retrait du droit de visite, fixation de la résidence de l’enfant chez le parent protecteur.
Faites appel si nécessaire : Ne laissez pas passer un jugement inadapté. Les décisions de première instance peuvent être contestées.
Demandez l’exécution provisoire de toute décision vous protégeant : Cela permet son application immédiate, même en cas d’appel.
CONCLUSION : IL EST TEMPS DE BRISER LE SILENCE ET DE REPRENDRE LE POUVOIR
Le scandale de l’obligation de coopérer avec un parent violent n’est pas une fatalité. C’est le résultat d’un système judiciaire et social encore profondément ancré dans des schémas patriarcaux et familialistes qui font primer l’idéologie sur la protection réelle des victimes.
Mais le changement est en marche. Les lois évoluent (même si trop lentement). Les professionnels se forment (même si trop peu). La parole se libère (même si trop difficilement).
Votre libération commence par la connaissance de vos droits, la constitution d’un dossier solide, et le refus de vous laisser intimider par un système qui privilégie trop souvent l’apparence de normalité au détriment de votre sécurité et celle de vos enfants.
N’oubliez jamais :
- Vous n’êtes pas responsable des violences que vous avez subies
- Protéger vos enfants d’un parent violent n’est pas de l’aliénation parentale, c’est de la parentalité responsable
- Vous avez le droit de refuser la médiation en cas de violences
- Vous avez le droit de demander la protection de la justice
- Vous avez le droit de reconstruire votre vie loin de votre agresseur
Le système peut être lourd, lent, parfois injuste. Mais avec les bonnes stratégies, l’accompagnement adapté et la détermination nécessaire, il est possible de reprendre le contrôle et de protéger efficacement vos enfants.
Chez Divorce Consulting, nous vous accompagnons avec bienveillance et clairvoyance dans votre processus de libération. Parce que votre bien-être et votre liberté n’ont pas de prix.
Aujourd’hui peut être le premier jour de votre nouvelle vie.
Contact : benoit.lemogne@divorce-consulting.fr MP WhatsApp 06 60 26 13 22
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SOURCES JURIDIQUES ET SCIENTIFIQUES
Textes législatifs et réglementaires
- Code civil français, notamment :
- Articles 371 à 387 (autorité parentale)
- Articles 205 à 207 (obligation alimentaire)
- Articles 373-2 et suivants (exercice de l’autorité parentale)
- Articles 515-9 et suivants (ordonnance de protection)
- Loi n° 2024-233 du 18 mars 2024 visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et covictimes de violences intrafamiliales
- Loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales
- Loi n° 2019-1480 du 28 décembre 2019 visant à agir contre les violences au sein de la famille
- Loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale
Études et recherches scientifiques
- Salmona, Dr Muriel (2020). « Les enfants victimes de violences conjugales, conséquences psychotraumatiques ». Mémoire Traumatique et Victimologie.
- Mélan, Emmanuelle (2018). Étude criminologique sur les violences post-séparation.
- Felitti, V. & Anda, R. (1998). « Adverse Childhood Experience (ACE) Study ». Kaiser Permanente, San Diego.
- Savard, Nathalie. « Effets de la violence conjugale sur l’enfant ». UNAF – Union Nationale des Associations Familiales.
- Fortin, A. (2005). « Le point de vue de l’enfant sur la violence conjugale ». Collection Études et Analyses, n° 32.
- Kitzmann, Gaylord, Holt et Kenny (2003). « Child witnesses to domestic violence: a meta-analytic review ».
- Levendosky et al. (2002). « The impact of domestic violence on the maternal-child relationship and preschool-age children’s functioning ».
Rapports institutionnels
- Enquête UNICEF (2003) sur les enfants exposés aux violences conjugales
- Exposé des motifs de la proposition de loi protégeant les enfants victimes de violences intrafamiliales. Sénat, 2022.
- Rapport de la commission des lois du Sénat (octobre 2025) sur la proposition de loi sur l’obligation alimentaire
- Durand, Édouard (2013). « Violences conjugales et parentalité, Protéger la mère c’est protéger l’enfant ». L’Harmattan. »
Note : Cet article s’inscrit dans une démarche d’information et de sensibilisation. Il ne remplace en aucun cas un accompagnement professionnel par un psychologue, un thérapeute spécialisé ou un avocat. Si vous êtes victime de violences psychologiques, nous vous encourageons vivement à solliciter une aide adaptée.

