Réforme de l’appel et stratégie de procédure

Réforme de l’appel et stratégie de procédure

Le décret du 6 Mai 2017, en modifiant l’article 562 du Code de Procédure Civile, a supprimé l’appel général. Selon le nouveau droit applicable aux appels formés depuis le 1er septembre 2017, « l’appel défère à la Cour la connaissance des chefs de jugement qu’il critique expressément et de ceux qui en dépendent. La dévolution ne s’opère pour le tout que lorsque l’appel tend à l’annulation du jugement ou si l’objet du litige est indivisible ».

L’appel général est supprimé

En matière de procédure de divorce, la suppression de l’appel général implique que pour maintenir les mesures provisoires décidées par le Juge aux affaires familiales (JAF) lors de l’ordonnance de non conciliation (ONC) telles que le devoir de secours, les modalités de jouissance à titre gratuit ou onéreux du domicile conjugal ou encore la nomination d’un notaire pour régler les questions patrimoniales de la séparation, il faudra expressément critiquer la décision (faire porter l’appel) sur le principe du divorce.

Il en sera de même si l’est dans votre intérêt de différer la date de fixation du montant de la prestation compensatoire, en fonction de l’évolution de votre situation financière par rapport à celle de votre conjoint après le prononcé de l’ordonnance de non conciliation, ou encore de retarder le paiement de cette prestation.

Voyons les incidences de la nouvelle règle sur les différents cas de procédure de divorce contentieux  :

  • s’il s’agit d’un divorce pour faute, il suffira alors de contester la répartition des torts.
  • En cas de divorce pour altération définitive du lien conjugal (séparation depuis plus de deux ans), l’appel sur le principe du divorce reste également possible.
  • Dans le cadre d’un divorce accepté, puisque l’acceptation du principe de la rupture ne peut pas être rétracté, la fin de l’appel général rend difficile de critiquer le principe du divorce…
Conflit parental et violences conjugales (1)

Conflit parental et violences conjugales (1)

La problématique de la violence conjugale s’est enfin emparée de l’espace médiatique. Gageons que cette mise en lumière permette à terme que son traitement judiciaire devienne plus efficace car s’il faut louer les efforts législatifs opérés ces dernières années, leur mise en oeuvre en justice se révèle encore pour le moins laborieuse, ainsi que nous le verrons dans un second article publié dans la foulée de celui-ci. Mais attachons-nous aujourd’hui à la présentation des différents dispositifs mis en place par la loi pour lutter contre les violences conjugales.

 L’ordonnance de protection

C’est la mesure la plus importante et sans doute la plus efficace. Dispositif mis en place par la loi du 9 Juillet 2010, il permet au juge aux affaires familiales, en urgence et provisoirement, d’attribuer la jouissance du domicile conjugal à la victime de violences et à ses enfants, de prononcer une interdiction d’approcher à l’égard de l’auteur des violences et de statuer sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale. Ce dispositif est largement utilisé. C’est ainsi qu’en 2017, près de 1.400 ordonnances de protection ont été rendues.

Le téléphone grave danger

C’est un autre dispositif mis en place dans le cadre de la lutte contre les violences conjugales. Il s’agit d’un téléphone attribué à la victime sur décision du Procureur de la République qui permet par la simple activation d’une touche pré-enregistrée du clavier une intervention immédiate des services de police. Afin d’appréhender l’efficacité de ce dispositif, il a été testé dans le département le plus dangereux de France : la Seine Saint Denis. Le succès étant au rendez-vous, le dispositif a été étendu à la France entière par la Loi du 4 Août 2014, avec près de 800 téléphones mis en service à la fin de l’année 2018.

La mesure d’accompagnement protégé

Autre outil permettant d’encadrer et de sécuriser par des professionnels la conduite des enfants lors de l’exercice du droit de visite et d’hébergement de l’auteur des violences. Là encore, le département de Seine Saint Denis a servi de laboratoire puisque cette mesure est née du constat de l’observatoire des violences envers les femmes du Conseil département du 93 que dans plus de la moitié des cas, la victime était tuée lors de l’exercice du droit de visite du père violent. Ce dispositif, encore au stade expérimental, a été étendu à Paris à la rentrée de septembre 2018.

Nous poursuivrons prochainement notre analyse en nous intéressant au grand oublié de ces dispositifs : l’enfant témoin des violences conjugales.

 

Conflit parental et violences conjugales (2)

Conflit parental et violences conjugales (2)

Après avoir présenté les différents dispositifs mis en place par la loi pour lutter contre les violences conjugales aux termes d’un article récemment publié dans le Blog de Divorce Consulting (ordonnance de protection, téléphone grave danger & mesure d’accompagnement protégé : https://cabinet-cdc.fr/?p=6613&preview=true), intéressons nous précisément aujourd’hui à la situation préoccupante de l’enfant témoin des violences conjugales.

La protection de l’enfant, témoin des violences

Le sujet n’est encore généralement apprécié qu’à travers la notion de conflit parental, qui en matière de violences est bien souvent analysé par les autorités judiciaires comme une situation conjugale conflictuelle dans laquelle le conflit est alimenté par les deux membres du couple, subi par l’un et alimenté par l’autre. L’idée majeure gouvernant les décisions rendues est qu’un homme violent envers sa compagne peut néanmoins être un bon père !!! On ne voit objectivement pas comment le contre-exemple de l’absence totale de respect de l’autre ainsi imposé aux enfants peut être compatible avec la nécessité d’apporter une éducation épanouissante à l’enfant !!! Le fait que la victime, une fois la séparation actée, reste sur la défensive dans le cadre de la procédure et non ouverte au dialogue, rend même son comportement … suspect ! Inutile de préciser qu’une telle analyse a des conséquences dramatiques pour les enfants.

Et pour peu que la victime soit issue d’un milieu socio-professionnel plus favorisé, titulaire d’un CDI se présentant pour une « simple » baffe ou pire encore à cause de « simples » violences psychologiques, très difficiles à établir concrètement, l’accueil qui lui est réservé est absolument lamentable. Voyez plutôt : il lui est généralement conseillé de simplement tourner la page, de trouver un terrain d’entente avec le père, de cesser d’attiser ce conflit parental, la pacification passant par des efforts consentis des « deux côtés ». Au mieux on vous oriente  vers un dispositif très à la mode : la médiation familiale ! Comme vous pouvez le constater, avec cette mentalité et ces procédés, les pervers-narcissiques ont encore de beaux jours devant eux. On voit là tout l’intérêt de se faire accompagner par des structures autrement mieux adaptées comme le Cabinet Divorce Consulting.

Ce parti pris consistant à poser comme préalable que la responsabilité des violences conjugales est partagée au sein du couple revient à faire perdurer une vision archaïque selon laquelle la victime a participé activement à la survenance des coups et n’a fait qu’envenimer la situation en utilisant les outils judiciaires mis à sa disposition pour se protéger elle-même et mettre à l’abris ses enfants. Or, dans la majorité des cas, les coups, menaces ou autres intimidations et humiliations sont perpétrés dans le cadre d’un contexte familial incluant les enfants. Ces derniers sont plus ou moins conscients et témoins de ce qui se passe à leur insu, les plongeant souvent dans un conflit de loyauté dans lequel ils se sentent prisonnier. Le fait que le père ne s’en soit pas pris physiquement aux enfants ne signifie pas qu’il ne leur ait pas infligé de souffrance d’un point de vue psychologique. Il s’agirait donc d’apporter une protection effective à ces enfants en cessant de considérer un acte de violence conjugal comme un événement isolé, sans lien avec la parentalité. Une expertise psychologique de tous les membres de la famille permet souvent d’y voir plus clair et de déjouer la perfidie d’un père manipulateur et tyrannique.

 

Rédaction de la convention de divorce : vigilence (suite)

Rédaction de la convention de divorce : vigilence (suite)

Il arrive qu’après une procédure de divorce amiable, une nouvelle instance soit ouverte au titre d’une demande de partage judiciaire. C’est notamment ce qui peut se produire en cas d’omission volontaire du prix de vente d’un bien immobilier dans la convention de divorce rédigée par les avocats.

L’omission volontaire du prix de vente

C’est une question récurrente de la pratique notariale relative à la nécessité de rapporter à la masse active du partage le prix de vente d’un bien immobilier commun (si les époux sont soumis à un régime matrimonial de communauté) ou indivis (si les époux sont soumis à un régime de séparation de biens ou de participation aux acquêts). Cette question est souvent posée sous l’angle du droit fiscal, du fait d’un droit de partage de 2,5% à percevoir sur la masse partagée.

Néanmoins, du strict point de vue du droit civil, l’omission volontaire du prix de vente peut également avoir des conséquences fâcheuses pour les époux. Rappelons qu’en cas de divorce amiable, la convention doit légalement comporter le règlement complet des effets de la séparation, et notamment patrimoniaux. Cette notion comporte la liquidation du régime matrimonial, le partage des biens et le règlement de la question de la prestation compensatoire. Or si les avocats sont attentifs à cette dernière question, les deux premières sont souvent réglées de façon lapidaire par la clause d’usage selon laquelle « il n’y a pas lieu à liquider ».

Cette déclaration devrait en principe être limitée à des circonstances où l’inutilité de la liquidation dépend d’une situation objective comme l’absence de biens communs ou indivis et l’absence de mouvement financier entre les masses des biens propres (ou personnels) et la masse commune (ou indivise). Mais en pratique le traitement rigoureux de ces questions revient à recourir à un notaire; or les époux sont parfois tentés de stipuler qu’il n’y a pas lieu à liquidation par soucis de simplicité, de rapidité ou d’économie, autant de notions qui ne font pas forcément bon ménage avec celle de sécurité juridique…

Ainsi l’omission volontaire du prix de vente peut exposer les époux à un redressement fiscal pour défaut de paiement du droit de partage et à une procédure de partage judiciaire après le divorce pour défaut de liquidation et de partage relativement au prix de vente volontairement distrait. Précisément, il conviendra d’être vigilent sur le fait que la convention de divorce distingue bien le traitement de la prestation compensatoire d’une part et celui de la liquidation du régime matrimonial et du partage des biens d’autre part, afin d’éviter une confusion dans l’esprit des époux sur ce qui leur revient au titre de chacun de ces deux fondements.

 

 

Rédaction de la convention de divorce : vigilence

Rédaction de la convention de divorce : vigilence

Il arrive parfois qu’après un divorce par consentement mutuel, et l’on peut malheureusement penser qu’avec le nouveau divorce amiable cela va être le cas de plus en plus fréquemment, un litige naisse entre les époux postérieurement au divorce, l’un d’eux déposant une assignation en partage judiciaire. C’est ce qui a donné l’occasion d’une décision rendue par la Cour de Cassation le 7 févier 2018, nous mettant en garde contre les conséquences relatives à une clause couramment utilisée par les avocats lorsqu’ils rédigent la convention de divorce et selon laquelle il n’y a pas lieu à liquider le régime matrimonial.

La clause selon laquelle il n’y a pas lieu à liquider

La convention de divorce doit selon la loi procéder au règlement complet des effets patrimoniaux du divorce entre les époux, c’est à dire, liquider leur régime matrimonial, procéder au partage de leurs biens et régler la question de la prestation compensatoire, au besoin en renvoyant à un acte notarié. A défaut, la convention doit comprendre la stipulation qu’il n’y a pas lieu à liquider.

Cette déclaration devrait en principe être limitée à des circonstances où l’inutilité de la liquidation dépend d’une situation objective comme l’absence de biens communs (si les époux sont soumis au régime matrimonial de la communauté) ou de biens indivis (si les époux sont soumis à un régime de séparation de biens ou de participation aux acquêts) et l’absence de mouvement financier entre les masses des biens propres (ou personnels) et la masse commune (ou indivise).

Mais en pratique le traitement rigoureux de ces questions revient à recourir à un notaire; or les époux sont parfois tentés de stipuler qu’il n’y a pas lieu à liquidation par soucis de simplicité, de rapidité ou d’économie, autant de notions qui ne font pas forcément bon ménage avec celle de sécurité juridique…

En effet, cette façon de procéder risque dans bien des cas d’enfermer les époux dans un véritable piège ! En effet, la clause de la convention de divorce selon laquelle il n’y a pas lieu à liquider n’empêche pas une éventuelle action en partage judiciaire postérieure au divorce dans l’éventualité de l’omission d’un bien ou d’une créance commune ou indivise, ou d’une créance entre époux, même née postérieurement comme par exemple l’indemnité d’occupation d’un bien immobilier qui a donné l’occasion de la décision sus-évoquée rendue par la Cour de Cassation le 7 févier 2018.

 

En coulisse d’une nouvelle réforme du divorce…

En coulisse d’une nouvelle réforme du divorce…

Le droit du divorce va encore connaître une actualité dynamique dans les prochaines semaines, se retrouvant impacté par un nouveau volet de la loi de programmation et de réforme de la justice, dans la continuité de la Loi Justice XXI de Novembre 2016 qui avait notamment réformé le divorce par consentement mutuel. La logique reste la même : contractualisation du droit de la famille et recul de l’office du juge. Il est envisagé entre autres la réduction des modes de saisine des juges, la promotion des modes amiables de règlement des différends, la diminution de la durée des divorces contentieux pour une « procédure plus fluide » ou encore la dématérialisation des « petits litiges du quotidien ». Les avocats tentent de se mobiliser.

Réforme des procédures de divorce contentieux

Le projet ne propose malheureusement que peu d’ajustement du nouveau divorce par consentement mutuel déjudiciarisé qui pourtant en aurait bien besoin, au regard notamment des difficultés engendrées dans l’ordre international en présence d’élément d’extranéité ou encore des conditions de vérification de l’audition des enfants mineurs.

Rappelons brièvement comment se passe une procédure de divorce contentieux en France afin de mieux appréhender les modifications envisagées. Tout divorce contentieux débute par le dépôt d’une requête sollicitant la fixation de mesures provisoires valables jusqu’au prononcé du divorce. A cette fin, le greffier convoque les parties à une audience de conciliation devant le Juge aux Affaires familiales (JAF). La procédure est orale, le magistrat entend d’abord chacun des époux séparément avant de les réunir avec leur avocat. Cet entretien préalable individuel avec le juge est préparé avec attention dans le cadre de l’accompagnement proposé par le Cabinet Divorce Consulting, étant décisif dans l’appréciation par le magistrat de la situation concrète entre les époux.

Le JAF rend quasiment systématiquement une ordonnance de non conciliation (ONC), dans laquelle sont fixées les mesures provisoires sus-évoquées et tendant principalement :

  • à l’attribution (à titre gratuit ou onéreux) de la jouissance du domicile familial,
  • aux contributions financières des époux entre eux et à l’égard des enfants (pensions alimentaires, règlement des dettes de loyer ou de remboursement d’emprunt),
  • à la nomination d’un notaire pour procéder à la liquidation du régime matrimonial et au partage des biens en cas de présence de biens immobiliers dans le patrimoine des époux…

C’est ainsi que le maintien ou la suppression de cette phase de conciliation fait débat. On lui reprocherait en effet le fait que les conciliations n’aboutissent que très rarement et retarderait trop le déclenchement de l’instance, étant donné qu’aujourd’hui l’époux n’est autorisé à assigner son conjoint que dans un délai de 3 mois du prononcé de l’ONC. C’est que l’audience de conciliation est elle-même dans les faits déjà fixée dans un délai de 3 à 6 mois du dépôt de la requête initiale selon les tribunaux…

La nouvelle disposition repose aussi sur les difficultés que rencontrent les tribunaux : vacance des postes, allongement des procédures, demandes dilatoires de renvoi, augmentation exponentielle du nombre de dossiers à traiter et même agressivité des avocats entre eux !… Dans le nouveau dispositif  envisagé, l’audience destinée à prendre les mesures provisoires serait supprimée. Nous ne pouvons que déplorer ce mouvement de déshumanisation des procédures à marche forcée, par la suppression notamment de l’entretien de chaque époux avec le magistrat, opéré uniquement pour des raisons d’économie budgétaire.

 

Réforme de l’appel et stratégie de procédure

Le divorce comportant un élément d’extranéité

Qu’est ce qu’un divorce comportant un élément d’extranéité ? Deux anglais vivant à Paris, deux Français vivant à Londres ou encore deux étrangers de nationalité différente vivant en France… Mais aussi plus simplement, deux français vivant en France alors que l’un deux possède également une autre nationalité. On est confronté au droit international privé qui est un droit assez complexe, et de maniement difficile pour les non spécialistes. Quelles sont les questions à se poser ?

La compétence du juge français et de la Loi française

Le juge français est-il compétent pour statuer sur le divorce ?

Cette question est réglée par le Règlement Européen Bruxelles II bis du 27 novembre 2003; mais il convient de vérifier s’il existe pas une convention bilatérale entre la France et le pays étranger concerné. L’usage de l’article 14 du code civil n’intervient qu’en dernier, en l’absence de tout autre texte.Cet article dispose qu’un étranger, même non résident en France, pourra être cité devant les tribunaux français, pour l’exécution des obligations contractées par lui en France avec un Français ou à l’étranger avec un français.

Le juge français est-il comptent pour statuer en matière d’autorité parentale en présence d’enfants ?

En plus du Règlement Européen Bruxelles II bis indiqué ci-dessus, il convient de faire application de la Convention de La Haye du 19 Octobre 1996.

Quid une fois déterminé si le juge français est compétent ?

Le problème n’est alors qu’à moitié résolu car ce n’est pas parce que le juge français est compétent que c’est la loi française qui va s’appliquer ! Une Loi étrangère peut devoir être appliquée par le juge français tant pour prononcer le divorce que pour statuer sur les pensions et prestations. Il peut être difficile en pratique de rapporter la preuve détaillée d’une loi et de la jurisprudence étrangères. Il peut être plus aisé de recourir à un juriste étranger (avocat ou notaire) à qui l’on demandera une consultation écrite (traduite en français le cas échéant). Dans la pratique, deux lois sont souvent en concurrence. L’une d’entre elle vous sera certainement plus avantageuse, alors que l’autre intéressera davantage votre conjoint. Ce sera souvent l’occasion d’une nouvelle bataille entre avocat pour faire choisir par le juge la loi qui sera la plus avantageuse à son client. Il lui incombera préalablement d’apporter les éclairages nécessaires sur le droit applicable et ses conséquences concrètes.

Quid de l’application de la décision du juge français à l’étranger

Une fois la décision de justice obtenue, vous n’êtes toujours pas arrivé au bout du parcours du combattant car il faut alors s’enquérir de la reconnaissance et de l’exécution de la décision rendue à l’étranger. Beaucoup de pays n’acceptent la transcription d’un divorce étranger qu’après une procédure spéciale dite « d’exequatur » par laquelle le juge étranger vérifie l’opposabilité de la décision de justice déférée dans son pays. Etant précisé qu’on ne peut pas dissoudre un lien de mariage par deux décisions différentes, de deux juridictions différentes.

Si en France, il est relativement facile de faire « exequaturer » une décision étrangère (sous réserve de la question épineuse du respect de l’ordre public), dans nombres de pays étrangers, il n’y pas de procédure d’exequatur sans convention de pays à pays. Par ailleurs, avant de choisir en France une procédure amiable de divorce déjudiciarisé, dans l’hypothèse par exemple où l’un des époux envisage de s’installer dans le pays étranger, il conviendra de vérifier que le pays dans lequel on souhaite faire reconnaître le divorce l’acceptera. Si tel n’est pas le cas, il conviendra de trouver une solution pour faire en sorte que le divorce résulte d’une décision de justice (en demandant à un enfant d’être auditionné ou en choisissant un divorce accepté par exemple). Enfin, la situation des enfants est à sécuriser en faisant homologuer par le juge l’accord passé pour les enfants, ce qui permettra la protection de cet accord par le droit européen et la Convention de La Haye de 1996.

Concernant l’exequatur, en Europe, les choses sont relativement simples : dans un pays membre de l’Union Européenne, le Règlement Européen Bruxelles II bis évoqué ci-dessus garantit en matière de divorce et pour les décisions statant sur les modalités de l’autorité parentale, une reconnaissance automatique, sauf si la décision française heurte l’ordre public du pays étranger ou si la décision se révèle incompatible avec une autre décision antérieure. S’agissant des pensions alimentaires, il convient d’appliquer le Règlement Européen du Conseil du 18 Décembre 2008 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l’exécution des décisions et la coopération en matière d’obligations alimentaires. Pour les décisions portant sur les obligations alimentaires, se reporter au Protocole de La Haye du 23 Novembre 2007, ratifié par la plupart des pays de l’Union.

Hors Union Européenne, la France a adhéré en matière d’aliments à la Convention  de New York du 20 Juin 1956, ainsi qu’à la Convention de La Haye du 23 Novembre 2007. Cependant, il arrive que faire reconnaître à l’étranger une décision française soit impossible, le droit local ne permettant pas la reconnaissance de certaines situations (par exemple, la reconnaissance d’enfants nés hors mariage dans des pays musulmans). Lorsque le pays étranger n’a signé aucun accord bilatéral avec la France, ni aucune convention internationale, il faut vérifier auprès de l’ambassade ou du consulat du pays concerné les conditions d’obtention d’un exequatur.

Divorce law cost – Jusqu’où ira-t-on ?

Je souhaitais relayer un « coup de gueule » lancé par le Professeur d’Université Hugues Fulchiron, Directeur du centre de droit de la famille, dans un article publié ce mois-ci dans la remarquable revue « Droit de la Famille » de LexisNexis. Cet article intitulé « Divorce sans.com » dresse un triste portrait de nouveaux processus se mettant en place dans le prolongement de la réforme du divorce par consentement mutuel et malmenant, semble-t-il, la profession d’avocat.  Jugez plutôt : l’article commence par ces mots : »Surfer sur internet réserve toujours des surprises. Tapons par exemple « Divorce sans… ». Avant même d’écrire le mot « juge », un lien apparaît sur l’écran : « Divorce sans avocat » … Un clic sur l’annonce donne en fait accès à des sites de cabinet d’avocats spécialisés!!! Chercher l’erreur ! Sous des mentions alléchantes telles que « Divorcez en un mois dès 210 Euros » ou « Déposez votre demande en deux minutes »… Ainsi le divorce law cost est en accès libre en quelques clics sur internet et se développe à vitesse grand V, semblant fragiliser l’image justifiée de sécurité juridique dont jouit l’avocat dans l’inconscient collectif.

Le développemement du Divorce law cost via internet

Huges Fulchiron nous relate ainsi comment fonctionne le divorce law cost sur internet. Rien de plus simple : quelques clics suffisent pour obtenir un devis en ligne après avoir ciblé la situation de l’internaute pour savoir s’il y a lieu de prévoir le sort des enfants, de partager des biens immobiliers ou encore des prêts communs. Bien entendu, le prix d’appel annoncé correspond au cas le plus simple, la moindre difficulté donnant lieu à un renchérissement du devis : « La formule all inclusive comprend la mise à disposition d’une plateforme sécurisée, l’ensemble des échanges réalisés avec l’avocat par l’intermédiaire de la messagerie électronique disponible sur l’espace client, l’analyse de la situation, un rendez-vous facultatif physique, téléphonique ou par visio-conférence précédant la rédaction de la convention de divorce, la rédaction du projet de convention, l’envoi du projet de convention validé par le client, un rendez-vous physique avec l’avocat pour la signature de la convention, les frais d’enregistrement par le notaire (50,40 Euros TTC), les formalités de transcription » du divorce en marge des actes de naissance et de mariage des époux par le service de l’état civil de la mairie concernée.

La moindre chose est facturée en sus : rendez-vous supplémentaire pour avoir les conseils souvent nécessaires en la matière, la moindre modification du projet de convention tout comme le fait de saisir un notaire différent de celui proposé par l’avocat en vue de l’enregistrement de la convention, la formalité du dépôt de la convention de divorce effectuée par le notaire étant nécessaire pour donner date certaine et force exécutoire à la convention de divorce et rendre ainsi le divorce effectif entre les époux. L’auteur de l’article indique qu’il n’est pas question de porter une appréciation sur ce système, s’interrogeant à demi-mot sur la nécessité pour la profession d’avocat d’en apprécier la conformité au regard des règles déontologique la régissant. Il concède néanmoins que ce système doit convenir aux personnes confrontées à un divorce simple : mariage de faible durée, sans enfant, sans achat de biens immobiliers… mais précisant que des interrogations surgissent nécessairement : « Quelle protection assure réellement aux « Cyber-divorçants » un processus qui peut être entièrement dématérialisé ? … Ne risque-t-on pas de favoriser … désillusions, et remises en cause ». C’est en effet là que le bas blesse !

La réforme du nouveau divorce amiable sans juge, entrée en vigueur il y a  un peu plus de deux ans, n’apporte pas la même sécurité juridique aux époux divorçant qu’une décision de justice car la convention de divorce rédigée par les avocats, fut-elle déposée chez un notaire pour acquérir date certaine et force exécutoire, n’en acquiert pas pour autant la force d’un acte notarié, le contrôle effectué par le notaire n’étant que formel, ainsi qu’en a voulu le législateur. La convention rédigée et signée par les avocats reste attaquable comme n’importe quel acte sous seings privés pour vice du consentement, et à ce titre susceptible d’être entachée de nullité, avec toutes les conséquences juridiques y attachées sur la réalité du divorce…. Pour information, dans l’ancien systhème de divorce par consentement mutuel, en vigueur jusqu’en janvier 2017, la décision de justice qui homologuait la convention de divorce la purgeait de tous ses vices éventuels. Et Hugues Fulchiron de s’interroger à nouveau : « Libérés de la pression des délais et de la menace des dépassements de forfait, ceux pour qui le divorce n’aura été qu’une succession de clics, ne seront-ils tentés de tout remettre en cause ? … Jurisprudence et doctrine devront déployer des trésors d’imagination pour éviter le désastre« …. Et l’on sait par ailleurs que le nouveau divorce sans juge apporte encore moins de sécurité juridique lorsque le divorce comporte un lien d’extranéité.

L’auteur de l’article va même jusqu’à s’interroger sur le fait de savoir si « l’ubérisation du divorce sans juge n’annonce pas la disparition de … l’avocat« , interpellant sur la valeur ajoutée qu’apporte l’avocat au client dans un processus de divorce dématérialisé ! Et d’extrapoler sur l’existence future de « plates-formes délocalisées en Europe de l’Est ou sur un lointain continent, avec hot line et voix artificielle… On ne serait plus dans la justice prédictive mais dans la justice robotisée. Étrange vision du droit de la famille. Mais après tout, peut-on éternellement vouloir tout et son contraire : la liberté de rompre et de « faire » son divorce, le prix le plus bas possible, la rapidité du processus et « en même temps », la sécurité juridique, le juste conseil et la protection de la Loi. A la sortie ne reste qu’un divorce sans…« .

Quand on sait que le rôle du juge consistait notamment à repérer si un des membres du couple est en situation de vulnérabilité pour veiller à le protéger, on ne peut que déplorer que la réforme du divorce amiable, en écartant le juge, n’a pas permis au citoyen, loin s’en faut, de gagner en sécurité, indépendamment du fait que la disparition du juge a été « compensée » par l’obligation de chaque époux de prendre un avocat différent, ce qui renchérit le coût du divorce pour les époux. En l’occurrence, ce qui est curieux est le fait que la nouvelle réforme, en écartant le juge, a accru la responsabilité des avocats, ce qui interroge sur la pérennité des formules law cost via internet. Divorce Consulting a pris le contre-pied de l’évolution à marche forcée imposée par la loi, dont les conséquences sont aux antipodes de l’humanisation des procédés. La démarche de Divorce Consulting consiste bien au contraire à mettre en place un accompagnement sur-mesure du client par un service de haute qualité personnalisé afin de lui permettre d’avancer en toute sécurité et à son rythme sur le chemin de la construction des modalités de sa séparation.

 

Amour et jeunesse…

Amour et jeunesse…

Comment la jeune génération aborde-t-elle la question de l’amour aujourd’hui? Les codes ont-ils changé? Le séisme Metoo a-t-il eu des conséquences dans la manière dont les jeunes hommes abordent désormais la question de la séduction? Il convient en effet de savoir comment désormais repérer les limites entre drague et agression. Les scandales ont fait évoluer les relations hommes-femmes. Alors voyons comment la nouvelle génération de jeunes hommes gèrent les nouveaux codes amoureux.

Les codes amoureux de la nouvelle génération d’hommes

Comment décrypter les nouveaux codes amoureux de la génération ‘hashtag »,  jeunes hommes de 20 à 35 ans ? Depuis Metoo, surjouer la virilité est maintenant proscrit. Une certaine sensibilité peut même désormais être assumée. Ce séisme a dynamité les relations hommes-femmes obligeant la nouvelle génération d’homme à adapter ses comportements. Mais pas facile de tracer les contours d’une masculinité assumée quand on a grandi avec le mythe hybride du super-héro et quand on a effectué son éducation sexuelle avec les codes de la pornographie via internet où l’homme est viril et dominant alors que la femme y est montrée nymphomane et dominée.

Confrontés à la réalité, les jeunes hommes doivent apprendre à assumer autrement leur masculinité. Les formes du sexisme se renouvellent, en quête d’un nouveau mode de recherche de respect de la femme. On est actuellement dans une sorte de « zone de turbulence » dans laquelle les nouveaux usages ne se sont pas encore fixés. Une sorte de mutinerie contre la muflerie qui fait renaître une dimension de l’amour souvent oubliée qui tourne autour de l’égalité et du respect et qui rend l’étape de la séduction plus délicate. Séduire, c’est essayer de convaincre pour obtenir un consentement de l’autre. Le nouveau défi à relever va demander à la société une plus grande sensibilité morale.

Bien évidemment les profils restent très divers et l’évolution constatée n’est pas générale. Comme on le sait, la nouvelle génération s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux, où les tabous tombent. L’adultère, cette transgression de la règle affichée de relations exclusives, serait-il en voie d’essoufflement? C’est ainsi que nombre de jeunes hommes assument un profil précisant « couple non exclusif ». Là, on assume la tromperie, ou plutôt le rejet des relations exclusives. Plus de place pour le plaisir de la transgression ? En même temps, on constate qu’un nombre plus important de jeunes hommes sont attentifs au plaisir féminin. Et pour eux, afficher une certaine sensibilité n’a plus rien de ringard, certaines jeunes femmes trouvant même cela assez sexy. Mais la tendance est de tout annoncer avant, pour éviter les mauvaises surprises, ce qui supprime le charme du naturel de la relation. C’est ainsi que certains autres hommes commandent des relations sur internet, comme ils le feraient avec de la nourriture…

En conclusion, on peut dire que tiraillée entre la « youpornisation » de la société et le romantisme du traditionnel mythe du « conte de fée » , la nouvelle génération d’hommes moderne cherche sa façon d’aborder l’amour. Mais une question se pose : si l’on se place du point de vue féminin, l’évolution récente permet-t-il à l’homme de se rapprocher de l’image de l’idéal féminin : un subtil compromis entre virilité et sensibilité ?

 

Divorce : Qui paie les prêts ?

Le divorce implique des effets multiples dont le partage des biens. Si le partage de l’actif peut engendrer des convoitises, il en va différemment du passif. Voyons comment est traitée la question des emprunts souscrits pendant le mariage. Qui en a la charge?  Cette question, simple en apparence, recouvre en fait deux notions distinctes : l’obligation à la dette et la contribution. En fait, tout dépend de quel angle on se place : il faut distinguer le rapport entre le créancier et le débiteur, d’un côté, et le rapport au sein des débiteurs entre les époux. La première question est régie par l’article 220 du code civil, règle du régime primaire (qui s’applique que soit le régime matrimonial des époux), la seconde trouve une réponse dans l’article 1409 du code civil, applicable seulement au régime de la communauté.

La règle résultant du régime primaire

Selon l’article 220 du Code Civil, « chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet l’entretien du ménage et l’éducation des enfants : toute dette ainsi contractée par l’un oblige l’autre solidairement. La solidarité n’a pas lieu, néanmoins, pour des dépenses manifestement excessives, eu égard au train de vie du ménage, à l’utilité ou à l’inutilité de l’opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers contractant. Elle n’a pas lieu non plus s’ils ont été contractés du consentement des deux époux, pour les achats à tempérament ni pour les emprunts à moins que ces deniers ne portent sur des sommes modestes nécessaires aux besoins de la vie courante et que le montant cumulé de ces sommes, en cas de pluralité d’emprunts, ne soit pas manifestement excessif eu égard au train de vie du ménage« .

La règle en régime de communauté

La plupart des couples mariés, n’ayant pas signé de contrat de mariage, sont soumis au régime de la communauté réduite aux acquêts régie par les articles 1400 et suivants du code civil. Plus précisément, l’article 1409 stipule que : « La communauté se compose à titre définitif des dettes nées pendant la communauté; celles résultant d’un emprunt contracté par un époux sans le consentement express de l’autre doivent figurer au passif définitif de la communauté, dès lors qu’il n’est pas établi qu’il a souscrit cet engagement dans son intérêt personnel« .

Il convient donc en droit de distinguer entre l' »obligation » et la « contribution » : la première est personnelle tandis que la seconde est commune, sauf l’exception liée à un intérêt personnel. Toute la difficulté est donc de déterminer ce que recouvre la notion d’intérêt personnel. C’est une question de fait soumise en tant que tel au pouvoir souverain d’appréciation du juge. Y répondre consiste à analyser la destination précise de l’emprunt. Toute dépense contractée au seul bénéfice d’un des conjoints échappe à la communauté.

Cela signifie concrètement que lors du partage de cette dernière à l’occasion du divorce, cette charge ne sera pas commune mais incombera exclusivement à l’époux au bénéfice particulier duquel elle a été souscrite. En pratique, cette règle permet de prendre conscience de l’intérêt, à l’occasion de la souscription d’un emprunt pendant le mariage, de prévenir les incertitudes apparaissant à l’occasion de la séparation du couple, en s’enquérant lors de la souscription de l’emprunt de l’accord du conjoint.

 

Conflit parental et violences conjugales (1)

La parole de l’enfant en justice

L’évolution de la société va de pair avec une meilleure intégration de la place de l’enfant dans les décisions le concernant, dans un soucis de recherche d’une solution équilibrée intégrant l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est ainsi que l’article 388-1 du Code Civil dispose que : « Dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut (…) être entendu par le juge (…). Cette audition est de droit lorsque le mineur en fait la demande (…).

Il convient donc d’être attentif à ce droit de l’enfant d’être entendu, s’il le souhaite. Néanmoins, si notre droit, conscient du risque de conflit d’intérêt auquel l’enfant peut être confronté avec les autres personnes concernées ou avec des intérêts plus généraux comme ceux de ses parents, organise l’audition de l’enfant en justice, ce qui représente déjà souvent une épreuve pour l’intéressé, la loi reste muette sur la question du recueil de sa parole dans un cadre non judiciaire, alors pourtant que la déjudiciarisation des procédures est une tendance lourde, notamment en matière de droit de la famille.

L’écoute de l’enfant par le juge

L’audition de l’enfant est prévue aujourd’hui dans les procédures judiciaires en matière d’adoption, de privation de liberté, quand l’enfant est suspecté d’infraction pénale, en cas de changement  de prénom ou de nom en dehors d’une modification d’un lien de filiation. L’enfant est également entendu par le juge dans des domaines aussi variés que : autorité parentale, émancipation, séparation de ses parents, filiation, tutelle, contestation de paternité, adoption, délégation de l’autorité parentale, pension alimentaire pour le financement de ses études, choix de son établissement scolaire ou de sa religion…

Du droit de l’enfant à être écouté découle en amont celui d’être informé afin de lui permettre de développer une autonomie de pensée et d’action. En effet, si l’enfant n’est pas informé de l’étendue de ses droits, il ne pourra pas valablement donner son avis. Le professionnel informant l’enfant de ses droits devra être qualifié pour le faire, garder sa neutralité et son impartialité par rapport aux parties prenantes de l’affaire et respecter la confidentialité des propos tenus par l’enfant, à moins que ce dernier exprime une volonté contraire. C’est ainsi que l’enfant doit être informé des dispositions le concernant et ayant trait à ses droits fondamentaux : sa sécurité, sa santé, sa moralité, son éducation, sa liberté d’expression, le maintien du lien avec ses parents & grands-parents, sa protection contre toute forme d’agression ou de violence… Aussi, ces décisions devront être prises en tenant compte de l’opinion exprimée de l’enfant.

L’échec du respect de l’intérêt de l’enfant dans la nouvelle procédure de divorce amiable

La question du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant a été au centre de la dernière réforme du divorce par consentement mutuel adoptée en Novembre 2016. Malheureusement, la solution adoptée par ce nouveau dispositif n’est pas satisfaisante puisque c’est l’enfant qui a le pouvoir (et la responsabilité…) de réintroduire l’office du juge dans une procédure pourtant voulue déjudiciarisée ! Il peut ainsi provoquer la saisine du juge s’il exprime son droit à être entendu, ce qui peut le mettre en porte-à-faux avec ses parents.

Pour les enfants capables de discernement (à partir de 7 ans en général), on imagine la pression exercée sur eux en leur faisant porter la responsabilité de l’intervention du juge dans la procédure de divorce amiable. Pour les autres enfants (jusqu’à sept ans), c’est en pratique bien souvent les parents qui décident à leur place s’ils désirent exprimer leur droit à être entendu…  Dans les faits, cette procédure n’est pas déclenchée dans l’intérêt de l’enfant mais plutôt pour compenser les imperfections de la nouvelle procédure de divorce amiable, notamment en présence d’élément d’extranéité, ainsi que nous le verrons prochainement.

 

Rédaction de la convention de divorce : vigilence (suite)

Divorce – Partage judiciaire – Procès-verbal de carence

Comme chacun le sait, les procédures de divorce peuvent donner lieu à de véritables marathons judiciaires, principalement à l’occasion des opérations juridiques relatives au partage du patrimoine commun. La difficulté vient souvent du fait qu’un seul des époux désire procéder au partage, alors que l’autre essaie de l’éviter à tout prix. Devant cette inertie, il convient de solliciter de la part d’un notaire l’établissement d’un procès-verbal de carence. Voyons l’évolution de cette notion juridique à travers la Loi du 26 Juin 2006.

Avant la Loi du 23 Juin 2006

Avant 2006, notre droit ne contenait pas de procédé permettant de se protéger contre l’inertie d’un époux réfractaire.

Dans le silence des textes, le notaire établissait un procès-verbal de carence qui avait vocation à être adressé par les avocats au juge, accompagné souvent d’une demande d’homologation d’un partage établi par le notaire sur la base des éléments fournis par l’époux demandeur.

Le Procès-verbal notarié de carence

C’est alors que la Loi de 2006 a prévu qu’en cas d’inertie d’un époux, le notaire nommé par le juge pour procéder aux opérations de liquidation-partage du régime matrimonial peut le mettre en demeure par assignation d’huissier de comparaître en son étude pour assister et participer auxdites opérations. En d’absence de comparution, le notaire dresse alors procès-verbal de carence transmis au juge. L’avocat de l’époux demandeur peut alors demander au juge la nomination d’un représentant de l’époux réfractaire dans le cadre des opérations de liquidation-partage.

La demande d’homologation judiciaire du partage notarié

Afin d’optimiser l’efficacité en justice du procès-verbal, il convient d’être vigilent sur le fait que le notaire ne se contente pas de constater l’absence de comparution à son étude de la personne sommée mais de consigner dans le même procès-verbal les dires du comparant, époux à l’origine de sa saisine. C’est par ce moyen que la partie la plus diligente demandera au juge d’homologuer le partage que le notaire aura établi sur la base des éléments communiqués par lui à cet effet et fera ainsi valoir ses droits contre la « politique de la chaise vide » pratiquée par son ex-conjoint réfractaire.

 

Divorce : attention à la prescription de 5 ans de l’indemnité d’occupation

Comme chacun le sait, les divorces peuvent donner lieu à des empoignades importantes liées notamment aux enjeux financiers. C’est ainsi qu’il est courant qu’un des deux époux, du fait de la séparation physique induite par le divorce, occupe seul le domicile conjugal qui est la propriété du couple. Juridiquement, voici comment va être analysé la situation : l’occupant du logement n’en est propriétaire que pour partie alors qu’il est le seul à jouir en l’habitant seul. Le sort juridique de cette occupation est réglé par l’article 815-9 du code civil qui met à la charge de l’occupant une indemnité d’occupation, dont le règlement s’opère généralement à l’occasion du règlement du partage des biens.

Une indemnité d’occupation à la charge de l’époux restant seul dans le logement

Lors des opérations de liquidation partage du régime matrimonial des époux, qui sont généralement confiées à un notaire, faire jouer la prescription quinquennale de l’indemnité d’occupation permet de limiter son montant pour l’occupant. C’est ainsi que l’article 815-10 alinéa 3 du code civil dispose qu' »aucune recherche relative aux fruits et revenus ne sera recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l’être ».

Il est de jurisprudence constance que cette prescription s’applique à l’indemnité d’occupation. Par ailleurs, la prescription peut être interrompue par une demande en justice (action en partage judiciaire), ce qui permet alors au créancier d’être indemnisé sur une période plus longue. C’est la raison pour laquelle, en cas de partage judiciaire, les 5 années doivent être calculées en remontant à partir d’une assignation invoquant cette indemnité. Néanmoins, en cas de divorce, l’article 2236 du code civil dispose que la prescription ne court pas ou est suspendue entre époux. Concrètement, l’époux demandeur doit agir dans les 5 ans de la date à laquelle le divorce est devenu définitif.

Ainsi, si aucune demande n’intervient dans les 5 ans du divorce définitif, l’indemnité due à compter de l’assignation est perdue, sauf interruption ou suspension de la prescription. Il est à noter que le procès-verbal dressé par le notaire dans le cadre des opérations de liquidation-partage du régime matrimonial produit les mêmes effets qu’une assignation et interrompt la prescription, dès lors que celui-ci contient la demande d’indemnité d’occupation. Selon une décision rendue par la Cour de Cassation le 7 février 2018, cette interruption se poursuit pendant l’instance en partage.

En pratique, il était couramment enseigné qu’après le prononcé d’un divorce, afin de protéger l’ex-époux créancier d’une indemnité d’occupation contre le jeu de la prescription, le notaire pouvait dresser un procès-verbal tous les cinq ans. Depuis cette décision, il suffit que le notaire ait dressé son PV contenant la demande d’indemnité d’occupation dans les 5 ans du divorce définitif pour permettre à l’époux créancier de conserver ses droits à indemnité pendant tout le temps de la procédure de partage judiciaire.

 

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

Ainsi que nous l’avons vu récemment, nos sentiments et notre comportement dépendent principalement de notre façon de penser aux événements qui nous arrivent. D’où l’importance pour son équilibre psychique de développer une certaine philosophie positive de la vie et pour y parvenir de cultiver sa largesse d’esprit.

Développer une philosophie de vie positive

La plupart des gens se sentent bousculés d’un point de vue émotif quand ils ne parviennent pas à obtenir ce qu’ils considèrent comme nécessaire pour eux et sont également vulnérables même quand ils possèdent ce qui est leur minimum vital car ils pensent que même dans ce cas, il peut leur arriver de le perdre. Cependant, si les personnes s’en tiennent rigoureusement à ce qu’elles considèrent comme des préférences personnelles, fixées sans dogmatisme et avec souplesse d’esprit, elles ressentiront certes des émotions désagréables lorsqu’elles ne parviennent pas obtenir ce qu’elles veulent, mais ces émotions désagréables les aideront à s’adapter à la situation et les stimuleront pour prendre des mesures constructives pour tenter de modifier la situation.

La vie des êtres humains est généralement ponctuée par un ensemble complexe de désirs. On voudrait que certaines choses se produisent tout autant que d’autres n’arrivent jamais. Les interactions qui s’exercent entre soi et le monde sont régies par tout un ensemble de souhaits et de désirs. Tant que l’on reste dans le registre des préférences, qui sont essentiellement souples et non absolues, on est certain de garder son équilibre affectif même si l’on obtient pas ce que l’on voudrait. Des émotions désagréables peuvent être des réactions saines face à des situations frustrantes où les désirs ne sont pas comblées. Cet ensemble de préférences, de souhaites et d’attentes définis avec souplesse et sans caractère absolu permettent de s’adapter de façon constructives à ce qu’on ne peut pas modifier dans sa vie sans pour autant être ébranlé par ses émotions. Ces désirs sont un moteur pour la concrétisation de leur réalisation et in fine l’épanouissement personnel.

A l’inverse, si une personne prend ses désirs pour des nécessités absolues, elle va augmenter la probabilité d’être envahi par des émotions déstabilisantes et augmenter sa vulnérabilité et sa dépendance à l’objet de son désir. Cet état d’esprit intransigeant est en effet à l’origine de perturbations d’ordre émotionnel qui rendent vulnérable même lorsqu’on est en possession de ce qui est considéré comme une nécessité absolue. En plus, en enfermant votre pensée dans une logique dogmatique, vous diminuez vos chances de réaliser vos objectifs dans la vie. C’est ainsi que l’anxiété trouve souvent son origine dans des exigences dogmatiques qui empêchent de réagir de manière constructive. Celui qui est inquiet ressemble à un écervelé qui court dans tous les sens. Si en revanche vous parvenez à vous débarrassez de vos impératifs incontournables qui sont le socle sur lequel s’enracinent vos émotions perturbatrices, vous ressentirez des émotions, certes désagréables, mais saines dans la mesure où elles ont pour fonction de vous aider non seulement à apprécier à sa juste valeur la réalité de la situation mais vous permettent en plus de prendre le recul nécessaire pour penser de façon constructive et ainsi modifier la situation ou le regard que vous posez sur elle.

Chacun d’entre nous a ses propres désirs : amour, succès, justice, pouvoir, argent…  Le secret du bonheur est de na pas faire de ces désirs des buts absolus sans la réalisation desquels on pourrait considérer avoir raté sa vie ou au contraire avec la réalisation desquels on pourrait considérer avoir réussi sa vie. Ainsi, vivre de façon équilibrée consiste à avoir des désirs, de faire de son mieux pour les réaliser tout en gérant les situations perturbatrices source de frustration qui peuvent se présenter.

 

 

L’assignation en divorce

L’assignation en divorce

L’assignation en divorce est l’acte de procédure qui introduit l’instance de tous les divorces contentieux (divorce accepté, divorce pour faute et divorce « pour altération définitive du lien conjugal »). Voici quelques repères vous permettant de vous familiariser avec cette notion inconnue du grand public.

Acte de procédure des divorces contentieux

L’assignation en divorce fait suite à la phase obligatoire de conciliation qui s’achève par l’ordonnance de non conciliation (ONC).  L’instance judiciaire proprement dite débute réellement par l’assignation en divorce d’un époux par son conjoint devant le juge aux affaires familiales (JAF). Cependant, par volonté de pacification des procédures de divorce, le législateur a aménagé une passerelle qui peut être utilisée à tout moment de la procédure vers un divorce amiable (par consentement mutuel). Il ne faut donc jamais écarter l’espoir de faire aboutir amiablement une procédure qui a commencé de façon contentieuse.

Attention :  si un procès-verbal d’acceptation du principe de la rupture du mariage a été signé lors de l’audience de tentative de conciliation, l’instance ne peut plus par la suite être introduite sur un autre fondement, l’article 1123 du code civil stipulant que la cause du divorce est alors acquise. Le fondement de la demande en divorce ne peut d’ailleurs pas davantage être modifié en appel. En revanche, l’époux qui présente une demande en divorce peut, même en appel, lui substituer une demande en séparation de corps (Art. 1076 Alinéa 1 du Code de Procédure Civile).

Comme souvent en matière de procédure, une attention particulière doit être portée aux délais d’assignation :

  • Délai de 3 mois du prononcé de l’ONC pendant lequel seul le demandeur peut assigner, et au-delà duquel le conjoint du demandeur peut à son tour assigner.
  • Délai de 30 mois du prononcé de l’ONC pour assigner en divorce. A défaut d’assignation dans les 30 mois, toutes les dispositions de l’ONC sont caduques et les époux ne peuvent plus assigner. Concrètement, toute la procédure de divorce est caduque.
  • Délai de 2 ans de séparation des époux pour pouvoir assigner sur le fondement de l’altération définitive du lien conjugal.

Par ailleurs, la constitution d’avocat est obligatoire pour toute procédure de divorce. En outre, chaque époux doit avoir son avocat propre, l’avocat commun ayant été supprimé par la dernière réforme du divorce par consentement mutuel entrée en vigueur en janvier 2017, du fait de la suppression de l’office du juge dans cette procédure amiable. Les recours possibles sont l’appel dans le délai d’un mois de la signification du jugement de divorce, appel suspensif pendant lequel les mesures provisoires mises en place pendant l’ONC demeurent applicables.

 

 

 

Comment gagner sa liberté ?

Assumer sa part de responsabilité est primordial pour avoir un psychisme équilibré. Cela commence par prendre conscience de la marge de manoeuvre que nous possédons à travers nos pensées, nos sentiments et nos actions.

Nos pensées

Avoir un contrôle absolu de ses pensées est impossible. Le contrôle ne peut être que relatif. Les pensées résultent en grande partie de notre sphère d’influence. Or nous pouvons largement influencer cette dernière en fréquentant des personnes avec qui on se sent naturellement bien et en apprenant à nous découvrir pour savoir qui nous sommes authentiquement pour cesser de polluer notre esprit avec des pensées qui ne nous conviennent pas.

Nos sentiments

Nos sentiments dépendent en grande partie des croyances que nous avons sur nous-mêmes, sur les autres et sur les événements qui se produisent dans notre vie. Or nous avons une grande capacité d’influence sur ce que nous pensons sur nous-mêmes, sur les autres et sur les événements. Par exemple, on a une marge de manÅ“uvre pour décider de la façon dont nous allons pouvoir gérer une épreuve, ne serait-ce qu’en se faisant aider pour prendre le recul nécessaire autant d’un point de vue psychologique qu’émotionnel. Ainsi, les situations vécues, en particulier quand elles sont éprouvantes, réduisent l’éventail des façons de penser qui s’offrent à nous. Pour autant, elles sont rarement la cause directe de notre façon de penser et de ressentir les choses.

Nos décisions

Chacun est invité à être responsable des décisions qu’il prend dans sa vie, même si l’on est pas toujours en possession de toutes les informations y afférent et si nos décisions sont assez souvent le fruit d’un arbitrage de contraintes. Notre responsabilité résulte dans la qualité d’analyse qu’on a mis en place pour murir notre réflexion et dans notre devoir d’assumer les inconvénients de nos décisions une fois qu’elles ont été prises, au lieu de se positionner en victime en rejetant la faute sur les autres ou sur les aléas de la vie. D’où l’intérêt de bien réfléchir pour ne pas se culpabiliser après coup du fait des conséquences de nos actes.

Prendre sa vie en main

Celui qui refuse d’assumer sa part de responsabilité personnelle s’empêche de prendre sa vie en main car il compte sur les autres pour venir à son secours et se rend ainsi dépendant d’eux. Se considérant comme une victime, il passera son temps à se plaindre sur son triste sort, sur les tours que la vie lui réserve et de la méchanceté ou de l’indifférence des autres à son égard. Ainsi, il aura tendance à incriminer son histoire familiale quand il était enfant pour justifier sa façon de penser, ses sentiments et ses actes. En réalité, si le passé exerce une influence indéniable sur notre façon de penser, de ressentir et d’agir, la meilleure façon de s’en libérer est de faire un travail psychologique et émotionnel. Il est important de ne pas se culpabiliser et de penser de soi qu’on est un être mauvais quand on a mal agi car les personnes sont avant tout des êtres faillibles, qui ont droit à l’erreur et le droit de ne pas être enfermé dans leurs mauvaises actions.

Le divorce pour faute

Le divorce pour faute

Le divorce pour faute représente l’écrasante majorité des divorces contentieux (50 % des procédures de divorce). Selon l’article 242 du code civil, il peut être demandé quand un des époux a commis à l’encontre de l’autre des faits constituant une violation grave et répétée des devoirs et obligations du mariage rendant intolérable le maintien de la vie commune. Le divorce pour faute reste le divorce contentieux par excellence, permettant aux époux d’exprimer leurs griefs réciproques, ce qui donne malheureusement souvent le spectacle désolant d’une surenchère orchestrée plus ou moins savamment par les avocats.

Ce type de divorce peut parfois avoir un enjeu financier important, permettant l’allocation de dommages et intérêts, essentiellement en matière de violences conjugales et/ou la privation du droit de solliciter le versement d’une prestation compensatoire pour le conjoint aux torts exclusifs duquel le divorce est prononcé. Néanmoins, et contrairement à l’idée couramment répandue, les droits des époux sur leur patrimoine sont les mêmes quel que soit le type de procédure de divorce, amiable ou contentieux.

Les fautes justifiant le prononcé d’un divorce pour faute

Le demandeur doit rapporter la preuve (par tous moyens) d’une faute imputable à son conjoint. Les pièces produites à l’appui des griefs ne doivent pas avoir été obtenues par violence ou fraude.  Des faits de toute nature peuvent être invoqués : actions, abstentions, gestes, paroles, écrits, attitudes… Il peut s’agir de manquements :

  • au devoir de fidélité (article 212 du code civil) : l’adultère
  • au devoir de respect (article 212 du code civil) : manque au respect du corps (de son intégrité physique), violences verbales, insultes, disputes traumatisantes, attitude méprisante en public, alcoolisme, dépendances diverses
  • au devoir de cohabitation (de communauté de vie) : abandon du domicile conjugal
  • au devoir de secours et d’assistance : défaut d’entraide matérielle ou morale, refus de soin, abandon du conjoint malade
  • au devoir de direction de la famille et d’éducation des enfants
  • à la contribution aux charges du ménage

Attention : la séparation des époux laisse subsister entre les époux le devoir de secours jusqu’au prononcé du divorce, ce qui fonde juridiquement le paiement d’une pension alimentaire et/ou le remboursement de l’emprunt immobilier par un des conjoints.

Préparation de la procédure

L’avocat doit nécessairement faire signer à son client une convention d’honoraire sans laquelle il n’a pas le droit de facturer. Cette convention est obligatoire depuis 2013.

L’attention du client doit être attirée sur les spécificités de la procédure, et notamment l’existence d’une audience de conciliation devant le juge aux affaires familiales, donnant lieu à l’établissement d’une ordonnance de non conciliation (ONC) qui va fixer les mesures provisoires qui vont régir les rapports entre les époux pendant toute la durée de la procédure jusqu’au prononcé du divorce : lieu de résidence des parents et des enfants, jouissance des biens, règlements financiers (pension alimentaire entre époux et/ou pour les enfants, répartition entre les époux du règlement des impôts, de la charge des emprunts…), nomination d’un notaire pour liquider le régime matrimonial si vous êtes propriétaire d’un bien immobilier…

CONSEIL PRATIQUE : A l’occasion de cette audience de conciliation, chaque époux a un entretien seul (sans son avocat) avec le juge. Cet entretien, qui permet au magistrat d’apprécier le contexte de la séparation d’un point de vue plus factuel, représente un enjeu très important dans le déroulement de la procédure car il va permettre au juge de se forger une idée sur les forces en présence et d’influer directement sur son pouvoir souverain d’appréciation. C’est la raison pour laquelle cet entretien est préparé avec une grande attention dans le cadre de l’accompagnement mis en place par le Cabinet Divorce Consulting. La prise de recul sur le plan psychologique et affectif se révèle déterminante dans l’attitude à adopter en présence du juge lors de l’entretien individuel.

L’assignation en divorce a lieu dans les 3 mois de l’ONC et le prononcé du divorce dans les 30 mois, sous peine de caducité de toute la procédure de divorce. Il est possible de faire appel tant de l’ONC que du jugement de divorce. Enfin, le législateur s’échinant depuis 1975 à rendre la procédure moins conflictuel, il est désormais possible à tout moment d’utiliser des passerelles de procédure pour adopter une procédure de divorce accepté ou de divorce par consentement mutuel.

En conclusion, les professionnels du droit, juge, avocat et notaire, tout comme les époux eux-mêmes, sont souvent prisonniers et les témoins bien impuissants de l’escalade qui se manifeste dans nombre de divorce contentieux, d’où l’intérêt de consulter un professionnel ayant une approche psycho-affective de la séparation. C’est précisément, entre autre, ce à quoi s’attache le Cabinet Divorce Consulting.

Témoignage d’un client

Témoignage d’un client

« J’ai eu l’opportunité d’utiliser les compétences de Benoît qui est un personnage incroyable dans la mesure où il est créateur d’un nouveau métier qui apporte une véritable valeur ajoutée à l’environnement du divorce.
Ses prestations touchent l’excellence car il a une qualité de présence, rare dans ces métiers, et en même temps des compétences métier impressionnantes.
C’est une personne qui cherche constamment à progresser dans la qualité de ses services et qui est vraiment avec son client.
Ce que j’ai retenu c’est qu’il m’a montré une grande écoute, un processus d’accompagnement qui intègre tous les éléments indispensables pour un service complet. Et une connaissance du contexte de la personne, des idées pertinentes, des solutions gagnant/gagnant, de l’empathie et une passion pour son métier.
Merci Benoit.  »
Gilles CORCOS, Fondateur de l’ESIE, Ecole systémique en Intelligence Emotionnelle

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

Témoignage d’une cliente (avocate de profession)

« J’ai eu l’occasion de bénéficier de l’expertise de Monsieur LEMOGNE dans le cadre de ma séparation.

Son intervention s’est révélée parfaitement efficace tant d’un point de vu technique que psychologique, Monsieur LEMOGNE ayant parfaitement ciblé les difficultés que je rencontrais.

J’ai particulièrement apprécié son intégrité, sa réactivité et la qualité de son écoute lors de nos entretiens. »

– Florence M., Avocate à PARIS 8ème

Le divorce amiable

Le divorce amiable

Le divorce par consentement mutuel, dans sa dernière mouture issue de la réforme de novembre 2016, est entré en vigueur il y a maintenant tout juste deux ans. La procédure amiable reste celle à privilégier, étant moins brutale pour les époux et les enfants, alors que près de la moitié des procédures de divorce continue malheureusement à s’inscrire dans un cadre contentieux, dominé par le divorce pour faute. Cette réforme marque une nouvelle avancée de la contractualisation de la rupture du mariage, redéfinissant le rôle de chaque intervenant professionnel : juge, avocat, notaire.

Le divorce par consentement mutuel sans juge

La procédure est simplifiée. Le divorce repose sur le consentement des époux tant sur le principe de la rupture du mariage que sur ses conséquences, sans invoquer les causes à l’origine de la séparation.

Plus de juge…

Pratiquement, il n’y a quasiment plus de décision de justice dans les procédures amiables de divorce, qui reposent essentiellement désormais sur une convention rédigée par les avocats. Est-ce un progrès? Le rôle du magistrat consistait notamment à identifier la personne vulnérable dans le couple pour veiller au respect de ses intérêts. Il nous faudra un peu plus de recul encore pour apprécier si la suppression de l’intervention du magistrat ne s’est pas faite au détriment de la protection de la partie vulnérable.

… Mais deux avocats obligatoires

A cet effet, cette nouvelle procédure impose à chaque époux de prendre un avocat personnel, ce qui laisse craindre un renchérissement du coût global de la procédure par rapport à la pratique antérieure qui autorisait un seul avocat pour les deux époux. La présence des deux avocats a pour objectif de préserver les intérêts de chacun des deux époux.

Le divorce amiable laisse une grande liberté aux époux pour organiser les modalités de leur séparation : résidence des enfants, montant de la pension alimentaire et/ou de la prestation compensatoire, modalité du partage du patrimoine…

L’intervention du notaire

Le recours à un notaire est toujours obligatoire si les époux sont détenteurs d’un patrimoine immobilier. Le rôle du notaire est alors de liquider le régime matrimonial, opération qui consiste à déterminer les droits de chaque époux sur leur patrimoine commun. Cette opération n’est pas obligatoire si les époux sont locataires de leur logement.

Petit conseil pratique : N’hésitez pas à vous renseigner le plus en amont possible de la procédure. En effet, beaucoup de personnes, croyant se rassurer en actant directement entre eux la répartition du patrimoine, sont trop souvent confrontées à des mauvaises surprises émanant de règles juridiques parfois complexes régissant le calcul des droits de chaque époux sur leur patrimoine commun.

Le notaire interviendra également pour donner force exécutoire à la convention de divorce, en procédant au dépôt au rang de ses minutes de cette convention. C’est la formalité qui remplace le prononcé du jugement de divorce puisqu’il n’y a plus d’intervention du juge. La date du divorce sera donc celle du dépôt de la convention de divorce chez le notaire.

 

L’utilisation des émotions dans notre vie quotidienne

L’utilisation des émotions dans notre vie quotidienne

Les émotions peuvent être utilisées comme une source d’intelligence qui nous aide à mieux vivre. Par exemple, quand nous avons une décision grave à prendre. Si nous sommes à l’écoute de nos émotions, nous pouvons tester émotionnellement la décision avant de la valider en étant attentif à ce que nous ressentons quand nous visualisons mentalement la décision envisagée : des peurs ou des croyances peuvent la freiner, générant des sensations plus ou moins agréables. Nous allons utiliser nos émotions pour vérifier que notre décision est bonne, que notre demande est pertinente et si ce que nous envisageons de décider répond à nos véritables besoins. Si nous ressentons de sensations agréables, c’est que la décision est bonne. Si nous avons du mal à le faire, il y a certainement des croyances, des pensées non conscientes que nous n’avons pas encore maîtrisées mais nous le ferons avec le temps en visualisant et en revivant des expériences similaires. En somme, il s’agit d’un cycle de maturation à partir duquel nous pouvons agir directement sur la qualité de notre vie. Un coach en intelligence émotionnelle peut nous aider à entamer ce travail avant qu’il ne devienne familier.

Vers une utilisation vertueuse  des émotions

Claude Steiner, psychologue clinicien et spécialiste en analyse transactionnelle, a développé en 1998 le concept d’alphabétisation émotionnelle en mesurant le degré de développement de la conscience émotionnelle en sept stades :

  • l’engourdissement : La personne n’a pas conscience de ses émotions ni de ses sentiments. Elle les exprime parfois sous la pression des événements par des explosions sèches et brèves
  • les sensations physiques :  les sensations sont ressenties, à la différence des émotions (somatisation). La personne a conscience que les battements de cÅ“ur s’accélèrent, des bouffées de chaleur, des frissons, des nÅ“uds d’estomac mais n’a pas conscience de sa peur.
  • l’expérience primaire : la personne exprime ses émotions et apprend à les différencier : colère, haine, honte, joie, amour … Le degré d’intensité de l’émotion commence à lui apparaître
  • la différenciation : La personne perçoit les sensations et les émotions mais comme des énergies perturbatrices incomprises, indicibles et indifférenciables
  • la causalité : La personne différencie les sensations et les émotions et sait en identifier la cause : le stimuli extérieur et la croyance d’origine.
  • l’empathie : Elle commence à ressentir les émotions des autres. Elle implique ses propres émotions pour comprendre ce que ressent l’autre. Elle valide son empathie en demandant à l’autre des feed-back
  • l’interactivité émotionnelle : C’est la conscience de ce que la personne ressent, de ce que l’autre ressent et celle d’anticiper sur l’interaction des émotions entre les personnes.
APPRENDRE A MAITRISER SES EMOTIONS

APPRENDRE A MAITRISER SES EMOTIONS

Notre monde occidental nous pousse à surdévelopper nos capacités intellectuelles cognitives sans mesurer l’importance de la partie émotionnelle de notre intelligence. Or nous avons ces deux dimensions et chacune d’entre elle est nécessaire à notre réalisation personnelle et professionnelle. D’où l’intérêt pour chacun de s’attacher à développer son intuition, sa pensée, ses sentiments et ses sensations. Et quoi de mieux pour y parvenir que de s’intéresser à …. l’intelligence émotionnelle ! De même notre société met trop en avant l’avoir, notre réussite sociale et matérielle, au détriment de l’être, notre épanouissement à travers notre accomplissement personnel, au service de nous-même et des autres. Or, plus une personne réalise une activité proche de sa singularité, de ses talents et de son unicité, plus elle pourra dégager une présence forte et une sérénité par un juste équilibre entre ses capacités cognitives et émotionnelles.

Maîtriser ou contrôler des émotions ?

L’école serait-elle en train d’évoluer? Une prise de conscience semble s’amorcer. On attache moins d’importance à l’accumulation des connaissances (dont l’accès s’est considérablement développé avec internet) et d’avantage à notre part créative, intuitive, voire même affective. L’intelligence émotionnelle ne commencerait-elle pas à être reconnue comme un facteur essentiel d’adaptation à la complexité croissante des organisations?

Mais il y a confusion entre maîtrise et contrôle des émotions. Maîtriser ses émotions nécessite au préalable de passer par plusieurs étapes tandis que contrôler ses émotions signifie vouloir les retenir à tout prix, les refouler ou les ignorer. Or c’est bien souvent ce que nous faisons par réflexe alors que c’est précisément ce qu’il ne faut pas faire car ces attitudes inappropriées nous coupent de notre intelligence émotionnelle naturelle. Maîtriser ses émotions, c’est au contraire commencer par apprendre à les observer attentivement et systématiquement au fur et à mesure que nos contextes de vie les provoquent.

Ainsi, quand nous décrivons l’environnement dans lequel nous éprouvons une émotion, nous décrivons ce qui se passe à l’intérieur de nous et ce que nous éprouvons pour extérioriser l’émotion : les mots, les pensées, les images que nous mettons sur les émotions que nous vivons. Une émotion a pour but de libérer une tension. En observant ce qui se passe en nous dans un environnement donné, nous parvenons à mieux maîtriser nos émotions. Il faut ensuite remplacer ce que nous n’avons pas apprécié, comme une émotion de tristesse, de colère ou de dépit. Pour y parvenir de façon à reconstruire progressivement notre schéma de pensée, il nous faut visualiser quelles émotions nous avons envie de vivre dans cette situation, les images, les réactions que nous voulons voir et entendre en substitution.

En visualisant ce nouveau schéma, les émotions que nous choisissons, nous identifions un certain nombre de freins, afin de construire notre nouvelle manière d’être. Les 3 étapes clés pour maitriser ses émotions sont donc d’observer (les émotions et les besoins), d’accepter (extérioriser) et d’utiliser (réexpérimenter). Un stage en libération des émotions et plus généralement un accompagnement par un coach en intelligence émotionnelle aident à effectuer ce travail de révélation de notre être profond.

L’assignation en divorce

Témoignage d’un correspondant du Cabinet

J’ai conseillé à une cliente angoissée par sa procédure de divorce d’aller consulter Benoît LEMOGNE, Dirigeant du Cabinet Divorce Consulting qu’il a fondé en 2012.

Je ne l’ai vraiment pas regretté car

Ma cliente s’est littéralement métamorphosée en quelques semaines

Elle m’a bluffée par la pugnacité dont elle a su faire preuve pour la suite de la procédure. 

En fin de compte, non seulement elle avait retrouvé confiance en elle mais elle s’en est très bien sortie financièrement.

En plus, Benoît m’a été d’une aide très précieuse pour préparer mon intervention chez le notaire et affuter les arguments à faire valoir pour renforcer les positions de ma cliente au sujet de la répartition du patrimoine.

En fait, l’intervention de Benoît dans le dossier m’a apporté beaucoup de confort de travail tant avec la cliente qu’avec le notaire.

Au final, tout le monde est gagnant !

Claudia S., Avocate à Paris

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

Comment pérenniser son optimisme ?

L’optimisme est une posture résolument positive orientée vers les autres et vers la vie en général. Il s’agit de voir l’aspect positif des choses et des personnes que nous côtoyons en développant notre capacité à évaluer les situations avec confiance. Cette compétence est souvent liée à la capacité à être maitre de sa vie car si nous nous sentons acteur de ce que nous vivons, nous devenons naturellement optimiste. D’où l’intérêt d’apprendre à se connaitre pour identifier ses valeurs profondes et de se donner les moyens d’orienter sa vie vers ces valeurs. N’est-ce tout simplement pas le moyen de trouver le bonheur ?

Alors en route vers le Bonheur !

Etre optimiste, c’est faire un choix résolu dans notre façon d’apprécier les événements de la vie. Si nous décidons de prendre notre vie en main, il convient d’aborder un état d’esprit résolument positif. Cela génère un changement d’état d’esprit pour les personnes enclin au jugement car ce dernier pollue notre relation aux autres et à nous-même. Alors décidons de ne plus dénigrer ce que nous faisons et de ne plus porter de jugement de valeur. Bien au contraire, il s’agit d’évaluer, d’apprécier, de donner du sens. En agissant ainsi, nous nous permettons de tirer le meilleur partie de n’importe quelle situation, fût-elle désagréable.

Alors comment développer ses capacités à optimiser une situation? Nous acquérons la capacité à être optimiste quand nous vivons une situation sans la juger, en la regardant profondément et en cherchant en quoi elle va nous apprendre quelque chose sur nous ou sur la vie. Nous sommes alors dans une posture d’optimisation de ce que nous vivons et non dans le jugement stérile et annihilant. Comme dit le dicton populaire : « A toute chose malheur est bon ».

Réforme de l’appel et stratégie de procédure

Le divorce à travers l’histoire

Le régime juridique du divorce a beaucoup varié selon les époques, suivant souvent l’idéologie du régime politique en place.

Le divorce, une notion juridique fluctuante dans le temps

Sous l’ancien régime

Le code civil n’existe pas encore. La question du divorce est réglée par le droit canon qui prône l’indissolubilité du mariage.

Sous la révolution française

Aux termes de la Constitution de 1791, le mariage est considéré comme un simple contrat civil et n’a plus aucun caractère religieux. Le divorce par consentement mutuel est ainsi pratiqué dès 1791 mais les fautes conjugales ont un impact sur le partage des biens : l’époux fautif étant privé de tous droits sur la communauté! Mais le nombre de divorce à Paris en 1798 dépasse celui des mariages!

Au moment de l’instauration du Code Civil napoléonien en 1804

Apparaît une législation tenant autant compte du droit de l’Ancien régime que de celui du droit Révolutionnaire. Le divorce, encadré par de nombreuses conditions, est prononcé par un juge. Le divorce par consentement mutuel doit être autorisé par les ascendants ! Il est assorti de dispositions patrimoniales originales. C’est ainsi que la moitié des biens de chacun des époux est acquise de plein droit à leurs enfants légitimes (issus de leur union) !

A la restauration

La religion catholique redevenant religion d’Etat, la Loi Bonald de mars 1816 supprime le divorce.

Sous les 3ème & 4ème République

Le divorce est rétabli, mais le seul cas admis est le divorce pour faute, avec des tentatives infructueuses de restauration du divorce amiable.

Sous la 5ème République

Il faut attendre 1975 pour voir la restauration du Divorce par consentement mutuel, en parallèle des divorces contentieux dominés par le divorce pour faute. Se met en place un grand mouvement en faveur de la prise en compte de volonté des époux qui ne fera que s’accentuer avec les lois de 2004, qui rend les conséquences du divorce complètement indépendantes des torts des époux, et de 2016, qui voit instaurer un divorce amiable sans juge.

Nous consacrerons prochainement d’autres articles au divorce, et notamment aux deux procédures les plus courantes, représentant à elles deux plus de 80% des procédures : le divorce par consentement mutuel et le divorce pour faute.

ETRE LIBRE DANS SA RELATION AVEC AUTRUI

ETRE LIBRE DANS SA RELATION AVEC AUTRUI

Après avoir envisagé aux termes de nos précédents articles les compétences émotionnelles intrapersonnelles : estime de soi, affirmation de soi, réalisation de soi, nous nous intéressons désormais aux compétences émotionnelles interpersonnelles : après l’amélioration de la relation grâce à l’écoute active, voyons aujourd’hui comment

Rester libre dans sa relation avec l’autre

Il s’agit de notre capacité à gérer nos relations avec les autres : les initier, les entretenir, le cas échéant y mettre un terme. Cette capacité relationnelle est liée à l’écoute et à la prise de contact avec l’autre en étant attentif à nos émotions. Quand j’entame une nouvelle relation, dans quel état émotionnel suis-je ? inhibé/excité; enthousiaste/ennuyé; subjugué/mal à l’aise… Grâce à cette prise de conscience, nous augmentons notre capacité à être libre dans la relation pour nous y épanouir. Nous travaillons notre aptitude à nous mettre en relation avec l’autre et à optimiser la qualité de notre relation si nous le désirons, ou à ne pas entamer une nouvelle relation ou encore à y mettre à terme si elle ne nous convient plus.

Se pose souvent la question de l’entretien de la relation avec les autres en fonction de notre plus ou moins grande liberté dans la relation. Nous avons effectivement des relations plus ou moins contraintes : famille, collègues (collaborateurs, managers…), amis… L’enjeu est d’être attentif autant à l’enjeu cognitif qu’émotionnel de la relation. C’est aussi oser faire prendre conscience à l’autre de cet aspect de la relation pour lui donner une nouvelle dimension. Etre dans une relation constructive avec l’autre consiste à l’accueillir dans sa différence avec bienveillance et sans à priori. Cela est valable quelle que soit la personne avec qui je suis en relation : collègue, frère, ami…

Les témoignages sur la qualité des relations avec les autres sont riches d’enseignement, notamment sur la diversité de l’homme. Pour certains, timides, le problème est d’être à l’origine d’une relation souhaitée (ou fantasmée..), pour d’autres, inhibés, c’est de l’entretenir et de l’enrichir; pour d’autre encore, c’est de savoir comment s’y prendre pour y mettre un terme… Ces situations sont courantes et nécessitent qu’on s’y intéresse pour faire émerger et durer des relations épanouissantes et choisies. Des mises en situation peuvent permettre d’identifier des blocages et de voir que la posture affirmée dans la relation est plus facile à prendre qu’elle ne parait à priori dès qu’on prend conscience de la dimension émotionnelle de la relation.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en nous intéressant à développer l’authenticité dans sa relation à autrui.

APPROFONDIR SES COMPÉTENTES ÉMOTIONNELLES (11)

Après avoir envisagé les compétences émotionnelles intrapersonnelles : estime de soi, affirmation de soi, réalisation de soi, nous allons désormais nous intéresser aux compétences émotionnelles interpersonnelles : enrichir son écoute, augmenter sa capacité relationnelle, accepter et développer sa responsabilité. Les compétences intrapersonnelles correspondent à notre aptitude à être en interaction avec les autres. On peut ainsi définir ses compétences comme celles qui nous permettent la compréhension de l’autre, l’écoute élargie, les expressions, les émotions, la posture, la gestuelle et la capacité relationnelle. Intéressons-nous donc aujourd’hui à l’intérêt de

Enrichir notre écoute

L’écoute de l’autre est notre capacité à être en phase avec lui, à être empathique vis à vis de lui. C’est notre capacité relationnelle avec autrui, dans la prise de contact avec l’autre personne. Comme faisons-nous quand une relation démarre ? Quelles sont les émotions que nous vivons à ce moment-là ? Dans cette prise de conscience, nous augmentons notre capacité à nous mettre en relation et à optimiser les relations que nous avons avec les autres.

En France, nous aurions moins besoin d’affirmer que d’écouter. Beaucoup de managers ont beaucoup de difficultés à écouter l’autre, à être attentif non seulement à sa manière de s’exprimer mais également à sa gestuelle et à détecter ainsi ce qui se passe au delà des paroles. Pourtant on devine aisément le gain que procure l’écoute de l’autre dans la qualité de la relation. Bien sûr, nous avons tous notre capacité relationnelle. Mais on peut poser ici la question de ce que l’on veut développer dans notre capacité relationnelle puisque cette dernière dépend de notre écoute active.

Grâce à l’écoute, nous pouvons être vraiment en relation avec l’autre et développer cette relation. Notre capacité d’écoute passe aussi par notre capacité à éviter le jugement l’autre. Les jugements ne sont que des interprétations subjectives qui nous éloignent de la réalité de cette personne. Nous ne sommes plus en relation avec elle si nous lui collons une étiquette, mais nous sommes en relation avec l’image tronquée qu’on se fait de la personne.

Je vous propose un petit exercice pour augmenter votre capacité à percevoir autrui de façon plus objective : Exercez vous quand vous êtes en présence d’une personne à ne la  percevoir qu’à travers un seul sens à la fois : l’ouïe, l’odorat, la vue, si vous pouvez le toucher… Au fur et à mesure de l’expérience, vous allez vous surprendre à être de plus en plus factuel et de moins en moins subjectif, interprétatif dans la connaissance de l’autre grâce uniquement l’observation des émotions, des attitudes et des expressions.

Nous poursuivrons prochainement l’analyse des compétences émotionnelles interpersonnelles en apprenant à augmenter notre capacité relationnelle.

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (10)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (10)

Poursuivons la découverte de nos compétences émotionnelles intrapersonnelles. Après l’estime de soi et l’affirmation de soi, intéressons-nous aujourd’hui à

La réalisation de soi

Par réalisation de soi, nous entendons la capacité à donner un sens à notre potentiel d’affirmation, cette capacité à mettre en place des choses répondant à nos besoins les plus profonds, à nos valeurs, à ce qui fait sens pour nous, ce qui nous mobilise. En intelligence émotionnelle, on sait qu’on a besoin d’incarner les concepts. Mieux on se connaîtra soi-même, plus on aura de chance de se réaliser. La connaissance de soi est donc un prérequis indispensable (mais pas suffisant) à la réalisation de soi. Se réaliser, c’est répondre à ses aspirations, c’est parvenir à mettre en acte ses capacités émotionnelles par des actions concrètes nous permettant de nous relier à notre projet de vie.

Mais la réalisation de soi n’a pas de place hors de la cohérence. Il faut non seulement apprendre à se connaître mais également apprendre ce qui nous convient, ce qui est relié à nos valeurs. C’est ainsi qu’on peut éprouver des difficultés à s’impliquer dans un projet s’il est relié inconsciemment à un vécu traumatisant qui fait blocage ou s’il s’inscrit plus ou moins directement en opposition avec une de nos valeurs profondes. Afin d’identifier le blocage, il peut être utile de se relier émotionnellement à ces événements pour voir les blocages s’effacer au fur et à mesure des prises de conscience émotionnelles. Dans les cas les plus difficiles, on peut utiliser efficacement la technique de l’hypnose pour identifier l’événement traumatisant ou la valeur contrariée.

On peut donc avoir une capacité de réalisation de soi mais rencontrer des freins ou des blocages au moment du passage à l’acte. D’où l’importance en intelligence émotionnelle d’expérimenter le dialogue avec les émotions plutôt que d’en rester à une compréhension uniquement intellectuelle du concept. Après avoir envisagé les compétences émotionnelles intrapersonnelles : estime de soi, affirmation de soi, réalisation de soi, nous allons désormais nous intéresser aux compétences émotionnelles interpersonnelles : enrichir son écoute, augmenter sa capacité relationnelle, accepter et développer sa personnalité.

 

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (9)

Poursuivons la découverte de nos compétences émotionnelles. Après l’estime de soi, intéressons-nous aujourd’hui à l’affirmation de soi. Dans cette compétence, nous sommes dans l’expression d’un point de vue, d’une idée, d’un sentiment…

L’affirmation de soi

C’est la capacité à dire ce que nous pensons ou ressentons, à exprimer nos convictions, nos idées et nos points de vue. Oser dire aux autres ce que l’on pense. S’affirmer ne signifie pas forcément prendre la parole en public ou savoir être dans l’expression de quelque-chose. Même si c’est la partie importante de l’affirmation de soi, elle est néanmoins pas suffisante. En effet, on ne peut pas s’affirmer vis à vis d’une personne sans la laisser s’exprimer car s’affirmer ne signifie pas s’imposer ! Dans mon rapport à l’autre, l’affirmation de moi n’est pas une entreprise unilatérale mais bilatérale. L’affirmation de soi est en fait autant la capacité à dire ce que nous pensons et ressentons que la capacité à entendre ce que l’autre pense et ressent, un peu comme le principe du contradictoire en justice…  Pour ainsi dire, l’affirmation de soi va demander deux compétences : celle de s’exprimer et celle d’écouter. A cette condition, et même si cela est difficile, l’affirmation de soi va générer une efficacité dans la relation à autrui.

C’est ainsi que lorsque nous sommes en mission ou en intervention dans le cadre de notre travail, nous avons des compétences métier qui ne sont pas utilisées de façon optimum si nous manquons de capacité à nous affirmer. En effet, l’estime de soi et l’affirmation de soi permettent à nos compétences techniques de se déployer. C’est ainsi que si nous ne savons pas nous affirmer, une partie de notre savoir-faire ne va pas pouvoir s’exprimer. Par exemple, si je participe à une réunion en étant impressionné par le charisme de mon supérieur hiérarchique qui impose son point de vue et par le fait que beaucoup de personnes extérieures à l’entreprise interviennent à la réunion, je ne vais pas oser donner mon point de vue technique même si j’ai un niveau d’expert plus élevé que mon supérieur dans le domaine concerné. Je ne vais pas pouvoir mettre en avant mes compétences métier que l’entreprise qui m’emploie ne va pas pouvoir utiliser de façon optimum non plus. C’est ainsi l’entreprise qui fait les frais de mon incompétence émotionnelle !  Il y a donc un lien directe entre nos compétences techniques et nos compétences émotionnelles. On le voit bien dans les conséquences induites par les difficultés à mettre en avant son savoir-faire.

Dit autrement, si nous savons quelque chose mais nous n’en sommes pas conscients, cela ne sert pas à grande chose : c’est comme si nous ne le savions pas ! Si nous avons des compétences métiers mais que nous ne savons pas les exprimer, les utiliser ou les partager, c’est comme si nous ne les possédions pas. C’est toute la différence entre le savoir-faire et le faire-savoir ! Dans les exercices de travail permettant de développer l’affirmation de soi, on travaille généralement à partir d’arrêts sur image sur des situations précises vécues  mettant en évidence les forces et les faiblesses dans la capacité d’affirmation de soi. Les exercices consistent à partager le vécu, les émotions y attachées vis à vis d’une autre personne ou d’un groupe défini. Par exemple, dans une négociation commerciale, ce qui fait la différence n’est pas la connaissance du produit ou du service, comme on le pense généralement, mais la capacité du commercial à utiliser son intelligence émotionnelle pour séduire son interlocuteur. Dans la capacité d’affirmation de soi dans les relations internes, il est nécessaire de s’affirmer et de s’expliquer en étant cohérent et motivant : c’est ce qui caractérise un leader. Ce qui fait la différence est cette capacité à se mettre en parité avec son interlocuteur pour expliquer ce qui est possible de faire ou non.

Nous poursuivons prochainement la découverte de nos compétences émotionnelles en nous intéressant à la réalisation de soi.

 

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (8)

Poursuivons la découverte de nos compétences émotionnelles en nous intéressant aujourd’hui à

L’estime de soi, compétence émotionnelle

Le niveau d’estime de soi n’est jamais figé; il va osciller en fonction des événements que nous vivons qui peuvent la fragiliser, d’où l’importance de travailler nos compétences émotionnelles pour renforcer notre résilience. Dans la vie de tous les jours, on prend assez facilement conscience de notre estime de soi, notamment au travail ou plus généralement dans la gestion de notre vie : avons-nous plutôt un caractère à nous imposer, à provoquer les choses qui nous arrivent ou au contraire avons-nous tendance à laisser les choses se faire naturellement en acceptant avec fatalité les aléas que nous réserve l’existence ? Nous pouvons définir l’estime de soi comme une capacité à nous apprécier, à nous accepter tel que nous sommes, comme une aptitude à prendre plus ou moins naturellement une position de manager au travail ou de leader dans notre vie en général, en prenant notre destin en main.

Mais une confusion est souvent faite entre « surestimer » et s’estimer « à juste titre ». En réalité, une personne qui se surestime ne s’estime pas suffisamment et veut montrer aux autres qu’elle a de la valeur pour compenser un manque de confiance en elle. Souvent, on craint une trop grande estime de soi mais en réalité, ce qui peut apparaître comme de la prétention n’est qu’une apparence bien souvent trompeuse. Ne pas avoir d’estime personnelle va se manifester soit en se soumettant aux autres, soit en se considérant au-dessus d’eux. Il convient donc de  l’augmenter et pour y parvenir de commencer à se voir de manière positive. Il s’agit aussi de dire la vérité sur nous-même. Chacun est invité à s’approprier cette compétence pour trouver un moyen de développer sa propre estime personnelle.

Une confusion s’opère également entre l’estime de soi et la confiance en soi. L’estime commande notre « être » alors que la confiance est de l’ordre de l’action. Dans l’absolu, nous pouvons avoir confiance en nous mais de pas avoir pour autant d’estime pour nous. Et inversement, nous pouvons avoir une forte estime de nous en n’ayant pas confiance en nous, dans le domaine professionnel par exemple. C’est souvent le cas des responsables promus à de nouvelles fonctions appelant de leur part l’exercice de nouvelles modalités de travail (le management par exemple). Il va naturellement y avoir au démarrage une période de rodage pendant laquelle il n’aura pas confiance en lui. Aujourd’hui, un cadre devient manager parce qu’il est efficace dans une fonction technique. Or cette efficacité est souvent liée à sa compétence dans le domaine alors que le management est surtout une affaire de gestion des émotions.

L’intelligence émotionnelle n’est pas une question de métier ni de connaissance en psychologie mais une question de vécu et de savoir-être. Et même si les formations des managers sont généralement ciblées sur la capacité de gestion des compétences émotionnelles, comprendre intellectuellement l’intelligence émotionnelle et être intelligent émotionnellement sont deux choses  bien différentes. Concrètement, si nous avons commencé notre apprentissage des compétences émotionnelles par la conscience de nos émotions, c’est parce que le fait de prendre conscience de nos émotions est la base de notre intelligence émotionnelle dans le sens où si nous avons conscience de nos émotions, nous sommes capables d’empathie envers nous-même et envers les autres. Nous pouvons alors accompagner la personne dans son questionnement et dans les besoins qu’elle exprime à travers ses états affectifs.

Nous poursuivons la découverte de nos compétences émotionnelles en nous intéressant à l’affirmation de soi et à la réalisation de soi.

 

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (7)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (7)

Poursuivons l’apprentissage de nos compétences émotionnelles en continuant la prise de conscience de soi par

La découverte de notre vie intérieure

En somme, prendre conscience de soi, c’est apprendre à observer, à percevoir les choses telles qu’on les voit, telles qu’on les entend, de la manière la plus factuelle possible. De façon pragmatique, l’exercice le plus simple consiste à mettre des mots sur ce que je perçois. En exercice de groupe, nous pouvons appeler les personnes présentes à prendre conscience qu’il se passe quelque chose dans la salle. On leur demande alors d’identifier ces choses, de révéler aux membres du groupe ce qu’elles ont perçu (vu, entendu, ressenti…). L’exercice est difficile car il demande de rester réceptif à ce qui se passe autour de nous, en procédant à une séparation entre le regard objectif (ce que je vois) et le regard subjectif (ce que je pense de ce que je vois).

L’exercice peut consister à faire entrer une personne dans une salle sans en avertir préalablement le groupe et de juste demander à chacun d’observer ce qui se passe au moment de l’entrée de la personne dans la salle. Il y a d’abord un temps d’observation, puis chaque personne note ce qu’il a observé. Le groupe s’aperçoit vite que chaque observation est différente. Chacun aura porter son attention sur une chose différente, révélant la subjectivité de chaque membre du groupe. Nous pouvons en conclure qu’il n’y a pas de vérité en soi. Il y a un ensemble d’interprétation de ce qui s’est passé et pas ou peu d’observation purement factuelle. L’animateur inviterai ensuite les membres du groupe à ne formuler que des observations factuelles mais force est de constater que le groupe aura du mal à les définir car on a tendance à interpréter les attitudes sans s’en rendre compte, à confondre la réalité du comportement avec les projections et les propres peurs des observateurs. On comprend l’importance de revenir à des choses plus fondamentales et basiques sans sous-estimer la difficulté de la tache à observer les choses, l’essentiel étant d’être davantage dans le descriptif que dans l’interprétatif.

L’utilisation de notre conscience nous ayant appris à observer les autres avec plus d’authenticité, nous commençons à développer notre estime personnelle en étant plus conscient de notre véritable personnalité. Surtout, nous avons une vision un peu plus claire de ce que nous devons faire et de ce que nous ne devons pas faire, de ce que nous aimons en nous et de ce que nous n’aimons pas. Cela peut être vécu de manière négative si nous avons des attentes par rapport à nous-mêmes ou si des personnes (managers) projettent des attentes sur nous ne correspondant pas à nos valeurs. En revanche, si nos attentes sont dans la sphère de nos compétences, elles vont nous stimuler, mais si elles les dépassent, cela nous incite à appréhender des difficultés inévitables…

Nous poursuivons prochainement l’approfondissement des compétences émotionnelles en nous intéressant à l’estime de soi.

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (7)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (6)

Poursuivons notre réflexion afin d’approfondir nos compétences émotionnelles en nous attachant aujourd’hui à la première grande étape consistant à apprendre à gérer nos émotions et plus particulièrement dans un premier temps à :

PRENDRE CONSCIENCE DE NOTRE VIE AFFECTIVE INTÉRIEURE

Le champs des compétences émotionnelles commence par notre aptitude à observer ce qui se passe en nous, ce qu’on ne fait pas naturellement par ignorance ou par peur souvent d’être dépassé par les tourments de notre vie intérieure. Combien de personne tentent d’occulter le vide de leur vie intérieure et de gérer l’appréhension de se confronter à elles-mêmes en se mettant à tout prix en couple pour tromper leur solitude ou en se plongeant frénétiquement dans une activité professionnelle dévorante? Ce n’est bien souvent qu’une fuite en avant qui les empêche de découvrir l’ampleur de la réalité de leur être. Car comment faire pour gérer les tourments de notre vie intime ? Comme souvent en intelligence émotionnelle, c’est un réflexe contre-productif car il paralyse notre capacité à gérer nos tourments intimes alors que la meilleure façon de les maîtriser est de s’y intéresser pour les apprivoiser.

Alors posons-nous les bonnes questions sans avoir peur d’être dépassé par ce que nous allons découvrir. Que vivons-nous à l’intérieur de notre être ? Dans quel état émotionnel sommes-nous ?  Joyeux/triste/mélancolique, serein/inquiet/angoissé ?… Chacun vit en permanence un état affectif sans forcément en être conscient alors qu’il s’agit précisément de faire le nécessaire pour en prendre conscience ! Il est important de scruter son état intérieur, d’observer avec attention et bienveillance ce qui se passe en nous, de considérer ses pensées, les images qui nous viennent à l’esprit et de nous imprégner de nos émotions, de notre état affectif sous-jacent.

Prenons un état de crainte. Soyons convaincus de l’importance d’identifier la nature de la crainte, de l’accueillir et de laisser venir les émotions et les sensations pour instaurer un dialogue intérieur avec elle. Si dans une situation d’interaction avec autrui (prise de parole en public par exemple), je me sens parasité par une appréhension ou si j’ai été énervé par une situation frustrante qui vient juste de se passer, il peut être opportun d’évoquer cette situation devant mon auditoire pour susciter son indulgence et lui donner une explication rationnelle à l’incongruité de mon attitude. Cela permettra à chacun, à l’intervenant comme à l’auditoire, de prendre en compte cet état de fébrilité, d’en avoir conscience et de l’exprimer librement. Cela va faire immédiatement baisser la pression chez l’intervenant et nouer une relation de vérité salutaire avec l’auditoire. Dans tous les cas, même si je ne souhaite pas partager mon état devant les autres, ce sera déjà une source de soulagement pour moi d’en prendre conscience pour commencer à m’en libérer. Le risque, si je ne le fais pas, est d’hypothéquer l’efficacité de ma prise de parole.

En soi, la prise de conscience de notre état affectif intérieur nous prépare déjà pour nous mettre en capacité de le gérer au lieu de le subir. Cette compétence à prendre conscience de son état affectif peut certes nous paraître floue, vaste, nous renseignant sur tout et rien à la fois. Pourtant, l’enjeu, en permettant cette prise de conscience, est de sortir de son état initial inhibant pour le faire déboucher sur une capacité d’action optimisée. Alors comment traduire la conscience de soi et de ses émotions en quelque chose qui va être pratique, pragmatique et efficace ? C’est bien tout l’enjeu de l’intelligence émotionnelle. Nous proposons de travailler d’abord sur la conscience de ce qui se passe autour de nous, à l’extérieur de nous pour ensuite passer à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Car il est souvent difficile d’analyser ce qui se passe en nous à cause des parasites qui viennent perturber nos pensées. Ce sont autant de préjugés qui nous empêchent de voir clairement en nous. En revanche, il est plus facile de voir ce qui se passe à l’extérieur pour progressivement identifier ce qui est factuel et le différencier du subjectif induit par les préjugés.

Nous poursuivrons prochainement la découverte de notre vie intérieure.

Amour et jeunesse…

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (5)

Poursuivons notre réflexion afin d’approfondir nos compétences émotionnelles en nous attachant aujourd’hui à

IDENTIFIER SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES

L’intelligence émotionnelle est composée d’un ensemble de compétences ciblées qui nous permettent d’être plus compétents et plus performants dans tous les domaines de notre vie :

1/ Des compétences intra-personnelles telles que :

  •  La conscience de mes états affectifs, sentimentaux, émotionnels, de mes états d’âme et plus généralement la conscience de notre vie intérieure
  • Notre capacité à nous faire confiance et à faire confiance aux autres pour ajuster notre affirmation dans le respect de l’autre et parvenir à notre réalisation par la construction du sens que nous donnons à ce que nous faisons et au sens de notre existence en général

2/ Des compétences inter-personnelles telles que :

  • L’écoute élargie : écouter l’autre avec tous ses sens pour mesurer les interactions ou les dissonances entre la parole et la gestuelle de notre interlocuteur ;
  • développer notre capacité relationnelle : savoir entamer et développer une relation mutuellement satisfaisante et savoir l’arrêter en assumant promptement ses responsabilités ;
  • Développer notre capacité à assumer nos paroles et nos actes sans culpabiliser

3/ Des compétences transversales telles que :

  • L’optimisme actif : capacité à optimiser les situations quotidiennes de notre existence pour en tirer un enseignement qui nous fait grandir quand nous vivions des situations éprouvantes ;
  • Cultiver notre résilience : capacité à grandir pendant et après une situation de crise comme un conflit récurrent, un accident, un licenciement, un divorce…

 

Au fur et à mesure de la découverte de nos compétences émotionnelles, nous allons apprendre à utiliser un potentiel d’intelligence jusqu’ici ignoré. Nous allons apprendre à observer profondément la réalité, tant celle de notre vie intérieure que celle de notre environnement personnel ou professionnel. Nous allons donner du sens à nos activités en les reliant à ce qui nous anime intimement. Nous allons progressivement nous libérer d’une pression intérieure qui nous pollue la vie : être « à la hauteur », avoir un niveau de vie respectable, être estimé par les personnes que nous côtoyons régulièrement. Personne ne nous demande de prendre ce temps de « recentrage » alors qu’il est essentiel pour notre bien-être, pour soutenir notre motivation, pour maintenir notre performance professionnelle, pour donner une direction pertinente à notre carrière, pour évoluer vers une vie qui nous correspond.

Donner du sens à notre vie quotidienne renforce notre motivation et permet de remettre les événements vécus et les expériences professionnelles dans un contexte cohérent afin de les mettre au service de notre projet de vie. Pour y parvenir, rappelons-nous que les trois axes de progression sont :

  • la maîtrise des émotions,
  • l’identification et le développement de nos compétences émotionnelles,
  • la recherche de notre projet de vie en cohérence avec nos valeurs.

Alors, au travail. Nous commencerons la prochaine fois par enrichir la conscience de notre vie intérieure (états affectifs, sentimentaux, émotionnels, états d’âme…).

 

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (4)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (4)

Poursuivons notre réflexion dans le but d’approfondir nos compétences émotionnelles par la première étape de l’apprentissage :

APPRENDRE A COHABITER AVEC SES ÉMOTIONS

En nous entraînant à vivre en harmonie avec nos émotions, nous travaillons notre capacité à observer nos émotions, à en prendre conscience, à les accepter et à nous appuyer sur elles pour décider et agir. Mais également notre capacité à nous enrichir de nos émotions pour nous exprimer, nous adapter et nous développer. Maîtriser ses émotions ne signifie pas ne pas en avoir car ce serait bien évidemment impossible, nos émotions nous étant indispensables pour vivre.

Accepter ses émotions est paradoxalement le seul moyen de ne pas se laisser déborder par elles. Maîtriser ses émotions ne signifie pas non plus essayer de les bloquer, de les cacher, de les fuir ou de les éviter. Elles s’exprimeront de toute façon d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard, sous des formes différentes : actes manqués, lapsus, accident, somatisation…  Et seront de moins en moins contrôlables. L’authenticité, vis à vis de soi et des autres, est la meilleure réponse à nos émotions.

Il ne faut pas sous-estimer le bienfait que procure, pour une personne en souffrance, le fait de simplement exprimer ses émotions pour les vivre pleinement, être présente à elle-même, à ce qui la fait souffrir, d’avoir la possibilité de se poser, d’exprimer librement son ressenti et d’apprendre à vivre en paix avec son émotion. Ce soulagement de la douleur par l’écoute active est un des premiers bénéfices des clients du Cabinet Divorce Consulting.

En agissant de la sorte, la personne adopte une attitude émotionnellement intelligente. Cela peut lui permettre par exemple de se libérer d’une grande tristesse. Cette attitude est assez proche de celle préconisée en communication non violente (CNV) consistant à observer la situation vécue, identifier les ressentis et les besoins associés, exprimer ces différents éléments en formulant une demande explicite.

Maîtriser ses émotions signifie les percevoir, les accueillir et savoir en prendre compte dans l’élaboration de nos pensées, de nos actions et de nos décisions. Cette maîtrise va interagir avec nos compétences émotionnelles.

Nous reviendrons plus tard sur la maîtrise des émotions. Nous allons nous atteler désormais à identifier et développer nos compétences émotionnelles.

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (10)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (3)

Poursuivons notre réflexion sur l’approfondissement de nos compétences émotionnelles en nous attelant aujourd’hui à définir concrètement l’intelligence émotionnelle. Chaque mot est en soi déjà un moyen d’élargir ou au contraire de limiter notre compréhension. En occident, la conception de l’intelligence cognitive limite et occulte certaines dimensions pourtant très utiles à notre croissance personnelle et à notre développement social. Or la façon dont est perçue, en fonction de notre culture, notre intelligence influence directement notre perception de nous-même et du monde. Alors, plutôt que de subir son influence sans nous en rendre compte, nous pouvons en prendre conscience et orienter notre vision …

Vers une perception élargie de notre intelligence au service de notre épanouissement

La prise en compte de l’intelligence émotionnelle permet d’élargir la notion classique de l’intelligence pour y intégrer les dimensions sensorielles, cognitives et affectives. Ce faisant, cela influe directement sur notre manière d’appréhender l’individu en y intégrant une forme d’intelligence sociale qui implique la capacité à observer et maîtriser ses propres sentiments et émotions et ceux des autres, à les distinguer et à employer cette information pour guider sa pensée et son action. Cette démarche inclut la maîtrise des émotions, le développement des compétences émotionnelles et la création de sens à notre vie. Car comment évoluer si nous ne savons pas où nous allons ? En entreprise, par exemple, comment un manager peut-il motiver ses collaborateurs s’il est incapable d’expliquer le sens de la démarche collective qu’il propose ? Mais plus fondamentalement et à titre individuel, comment parvenir au bonheur si nous ne connaissons pas notre identité, si nous n’avons pas appris à nous connaître ?

Parlons de l’école. C’est un lieu où seule l’intelligence cognitive est stimulée mais où malheureusement les expériences vécues sont rarement prises en compte. Force est de constater que ce n’est pas un lieu où l’on est sensibilisé à la confiance en soi, à l’estime de soi, à la conscience de soi et des autres, à la communication avec l’autre, à l’affirmation de soi dans le respect de l’autre … Bien des maux de l’école, en ces temps troublés par tant de violence, pourraient pourtant être mieux appréhendés grâce à des temps de partage entre élèves autour de leur vécu à l’école ! L’école est un des lieux où on nous apprend tout jeune à se déconnecter de ses émotions alors qu’elles sont en réalité à l’origine de toutes nos décisions, de toutes nos relations et de toutes nos actions.

Nous commençons progressivement à prendre conscience des liens étroits qui existent entre nos capacités émotionnelles, prise de conscience et accueil de nos émotions, et notre capacité à comprendre rapidement les situations vécues. Par exemple, un état de stress impacte considérablement notre potentiel intellectuel et créatif. Les progrès effectués en matière de neuroscience nous ont d’ailleurs appris que pour prendre une décision, quelle qu’elle soit, nous mobilisons fortement notre cerveau émotionnel.

Notre intelligence émotionnelle va donc nous permettre de :

  • apprendre à maîtriser nos émotions,
  • identifier et développer nos compétences émotionnelles,
  • relier ce que nous vivons au sens que nous voulons donner à notre vie.

C’est ce que nous allons découvrir progressivement au fil des prochains articles.

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (2)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (2)

Poursuivons notre nouvelle série d’articles consacrée, après la découverte de l’intelligence émotionnelle, au développement de nos compétences émotionnelles. Je vais me livrer à un véritable plaidoyer en faveur de l’intérêt de développer ses compétences émotionnelles car il s’agit ni plus ni moins de nous aider à devenir nous même et à améliorer notre épanouissement tant dans le cadre de notre vie privée que professionnelle.

DEVENIR UN ACTEUR DU SYSTÈME POUR NE PLUS LE SUBIR

Comment Devenir acteur du système pour s’y épanouir et ne plus le subir ? Mais d’abord être acteur en intelligence émotionnelle, cela signifie à la fois :

  • Mobiliser ses compétences émotionnelles
  • Apprendre à maîtriser son expérience intérieure, sa vie affective
  • Apprendre à mieux maîtriser sa vie et sa carrière professionnelle ?
  • Etre capable de remettre en question sa manière d’être, de penser, de travailler et de vivre. Avoir un instrument performant ne suffit pas pour exceller dans son activité professionnelle. Notre activité exclusivement cognitive ne nous suffit plus pour nous préparer une vie meilleure. Nous avons besoin d’apprendre à nous servir de nos émotions et à le faire de manière consciente, de trouver ce qui nous motive dans notre travail pour ne plus avoir l’impression de travailler mais être porté par la conscience d’être en train de se réaliser.

Comprendre que face à un monde de plus en plus complexe, nous avons besoin de mobiliser de nouveaux instruments. Prendre conscience que les acteurs professionnels n’ont plus envie d’être manipulés, abusés, trompés, ni d’être obligés de manipuler les autres pour obtenir d’eux le résultat escompté. Que nous n’avons plus envie de subir, de suivre, d’être ballottés mais de choisir notre activité pour la vivre librement. Que pour y parvenir, nous avons besoin de comprendre le fonctionnement de notre cerveau, de notre pensée et de nos émotions.

Prendre conscience que les émotions décident à notre place si nous n’y prenons garde, si nous ne nous donnons pas la peine de comprendre comment fonctionne notre inconscient. Répondre au désir de nous découvrir par d’autres voies, différentes de celles que nous avons empruntées jusqu’ici. Faire avancer les managers vers une autre compréhension de leur intelligence, vers une utilisation optimale de leur discernement. Prendre conscience du fait que la qualité des relations humaines ne dépend pas seulement du savoir-faire mais également du savoir-être.

Que l’utilisation dans le management de l’intelligence émotionnelle permet de générer un gain énorme et mesurable en matière d’augmentation du résultat. Ils ne faut plus les rendre prisonniers d’objectifs toujours plus élevés, confrontés quotidiennement à de nouveaux défis en matière d’implication, d’engagement et de remise en question personnelle. On sait maintenant que courir après les objectifs ne fonctionne pas. Tout dépend du plaisir de travailler; d’où l’intérêt d’utiliser ses deux intelligences : cognitive et émotionnelle. De prendre conscience qu’il faut mieux travailler pour s’accomplir à travers son activité, que l’on peut apprendre à travailler avec de nouvelles méthodes qu’on aura trouver à partir de soi, et non plus des croyances, de l’éducation et des préjugés. Du désir profond de sortir de son conditionnement personnel, familial, professionnel et culturel. Prendre conscience que ce n’est pas ses connaissances, ses diplômes, ses méthodes qui font la personnalité d’un individu mais sa différence, sa valeur personnelle.

Ce nouveau chemin passe par un questionnement personnel pour apprendre à se découvrir soi-même, à partir de son propre ressenti, de sa réalité, de son intuition. On sait de toute façon déjà au fond de nous que ce qui fait de nous des êtres uniques tient davantage au dépassement personnel, à la cohérence personnelle, à la prise de risque d’être authentiquement nous-mêmes quelles que soient les circonstances. On sait aussi que l’argent n’est pas une finalité en soi mais qu’il doit être mis au service d’une finalité qui nous dépasse, qui unit notre mission professionnelle à notre vision personnelle. Ce chemin passe à la fois par l’appropriation et la distanciation des émotions, par la mise en pratique des compétences émotionnelles pour permettre l’éclosion d’une vision personnelle et libre.

Les articles à venir vont vous proposer une façon de cheminer vers cette liberté. A très bientôt

 

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (1)

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (1)

Après une première série d’article consacrée depuis l’été à la découverte de l’intelligence émotionnelle, nous entamons aujourd’hui une nouvelle série consacrée à l’approfondissement de cette notion complexe afin de nous permettre de mieux nous familiariser avec elle et de l’intégrer naturellement et quotidiennement à notre intelligence cognitive.  Nous allons ainsi nous atteler à

Transformer nos émotions en compétence

Formidables moteurs pour l’action, les émotions ne doivent ni nous être étrangères, ni nous déborder mais au contraire nous guider pour développer notre créativité et notre capacité relationnelle. Cette nouvelle série d’article va s’atteler à nous permettre de mieux utiliser notre potentiel d’intelligence émotionnelle afin d’en faire une réelle compétence en tant que telle. Comment ? En prenant davantage conscience de notre intelligence émotionnelle, en la pratiquant au quotidien, en la reliant à nos actions et à nos décisions, en intégrant une nouvelle posture de vie dans notre manière d’être et de penser au quotidien, en faisant de notre intelligence émotionnelle le partenaire indispensable de notre intelligence au quotidien.

Au fil de ses articles, je vais m’exprimer à partir de diverses parties de moi-même, non pas  avec la posture de celui qui sait mais plutôt avec celle de celui qui expérimente et découvre au fil du temps le chemin de vérité, avec la conviction que le sens est présent dans chaque situation, chaque expérience, chaque instant de vie. Je vais m’exprimer de façon pédagogique, avec curiosité et intuition. Je vais notamment partager avec vous des réponses que j’expérimente régulièrement avec mes clients que j’accompagne sur le chemin de leur divorce. A travers ces lignes, je m’adresse aussi à eux, dans leurs difficultés actuelles, dans leur quête de sens, mais aussi dans leur plaisir à découvrir et explorer leur intelligence émotionnelle, à la stimuler, à l’éprouver, à l’approfondir, à l’utiliser, à la remercier.

J’incarne ce que je dis en acceptant d’être à la fois un sachant et un apprenant, en acceptant de découvrir avec vous, en même temps que vous, en sachant aussi que notre perception du monde est toute relative, emprunte de notre histoire, de notre culture, de nos perceptions intimes. Je prends le risque de ne pas être compris, de déranger, d’être différent, d’être libre… J’exprime ma différence en ce qu’elle n’est qu’un aspect de ma rencontre avec celui avec qui j’échange, que notre recherche est la même avec une différence d’espace, de temps et de croyance. Je sais que ma perception n’est qu’un aspect d’une vérité bien plus vaste, plus profonde, plus complexe. Ces lignes vont parler de ce que je comprends, de ce que j’apprends, de ce que je perçois et qui n’a vocation à s’imposer à quiconque.

L’intelligence émotionnelle me parait progressivement accessible à travers les axes de progression que sont le « quoi » (les émotions), le « comment » (les compétences émotionnelles) et le « pourquoi » (le sens que nous donnons à nos actes et à notre vie). Mes émotions et mes sensations m’apportent chaque jour des informations sur ce que je vis en ce moment, ce que j’éprouve, ce dont j’ai besoin et comment je peux y répondre en liberté. Mes compétences émotionnelles me suggèrent des angles de vue, des aspects, des orientations pour me connaître, me construire, me développer, me transformer, pour être présent, pour vivre pleinement ma relation à moi et aux autres, pour penser et agir en conformité avec mes valeurs actuelles et en en assumant pleinement la responsabilité, pour découvrir, assumer et dépasser mes blessures et mes limites, pour partager mon expérience et la mettre au service de mes lecteurs et de mes clients, au service de l’autonomie de chacun, de celui qui s’interroge, se cherche et se trouve. Le sens m’invite à donner une direction à mon activité et à ma vie, pour apprendre que mon intelligence ne s’exprime pas seulement au niveau du mental mais également au niveau de mes émotions et dans mon corps (par mes sensations); que je peux me questionner et écouter mon intelligence s’exprimer; qu’il n’y pas de moment plus propice qu’un autre pour mobiliser mon intelligence émotionnelle.

 

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (36)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (36)

Achevons notre découverte des bienfaits de l’intelligence émotionnelle en poursuivant la description des bonnes pratiques d’accompagnement en intelligence émotionnelle :

  • Mesurer le degré d’implication de mon interlocuteur : Peut-il exprimer toutes ses émotions ? Quelles sont celles que je ressens à travers ses paroles ? Et à travers ses silences ? Me font-elles réagir ? Mes propres émotions sont elles suffisamment écoutées pour que je prenne en considération les siennes à leur juste valeur ? Ses émotions s’expriment à travers une gestuelle, des regards, des sons, des attentions… Quelle que soit sa manière de les exprimer, elles sont des indicateurs précieux pour lui permettre de dépasser son problème et devenir lui-même.
  • L’aider à grandir et à se révéler : Je ne peux pas estimer sa complexité comme je ne peux pas quantifier la mienne. Je vais partir à la recherche de sa richesse intérieure, de sa grandeur d’âme. Plus mon psychisme se rapproche de lui, mieux je perçois sa capacité à répondre à ses questionnements, à résoudre ses difficultés, à dépasser ses limites et ses barrières psychologiques…. Nous grandissons ensemble, nous faisons partie mutuellement l’un de l’autre.
  • Etre dans l’acceptation sans pour autant cautionner : Accepter ce que dit ou fait autrui n’implique pas mon agrément personnel à ce qu’il dit ou fait. Je ne disparais pas quand j’accompagne l’autre. Au contraire, nous existons pleinement tous les deux. Nous pouvons chacun exprimer notre personnalité. J’accepte ce qu’il dit comme la version de ce qu’il perçoit de lui-même et non de ce qu’il est. Je peux donc accepter ses paroles ou ses actes qui me dérangent.
  • Comment faire si je suis confronté à un être hostile ? Si je le regarde avec mon intelligence émotionnelle, je m’aperçois qu’il est en souffrance, qu’il a du mal à s’accepter tel qu’il est, qu’il ne sait pas comment exprimer sa douleur autrement que par l’agressivité, la vulgarité ou la violence. Est-il pour autant mon ennemi ? Si tel est mon sentiment, je vais regarder en moi mais aussi en lui, tout en me protégeant psychologiquement et physiquement. Dois-je m’éloigner de lui (par prudence) ou au contraire m’en rapprocher (pour le rassurer par ma présence bienveillante et inconditionnelle) et ainsi nous donner une chance de mieux nous comprendre pour nous permettre de grandir ensemble ? Mon intuition me guide pour opérer ce choix. Quoi qu’il en soit, s’il se révèle mon ennemi, je m’éloigne de lui paisiblement, en toute conscience et en étant attentif à ce que j’ai appris de cette expérience. Si je suis professionnel de l’accompagnement, je vais pouvoir échanger avec mon superviseur qui m’offre un lieu de compréhension, de prise de recul et de réconciliation au sein duquel autrui est source de renouveau, d’ouverture et de dépassement pour me permettre d’être moi-même source de création, de liberté et de compassion.
  • Etre un bon guide au sein d’un groupe : si j’accompagne un groupe, la première règle est que chacun a droit de rester lui-même. Après avoir écouté les émotions et les croyances de tous les membres du groupe, je les remercie d’avoir pu échanger grâce à la contribution du point de vue de chacun, sans oublier de considérer les motifs de ceux qui n’ont pas partagé le même sentiment. J’essaie de m’effacer pour laisser le groupe évoluer naturellement : les personnes n’ont pas besoin d’autres informations que celle qu’elles trouveront par elle-même grâce à l’émulation du groupe. Je ne cherche donc plus à transmettre mon expérience; je suis le garant de la bonne évolution du groupe. J’ai simplement besoin d’être curieux envers le groupe pour comprendre ce qui est à l’origine du questionnement et la réponse viendra naturellement. Je conserve une grande neutralité et j’évite d’avoir des attentes.

Nous sommes parvenus au terme de la série d’articles consacrés à la découverte de l’intelligence émotionnelle. Je me suis principalement inspiré des travaux et réflexions de Gilles CORCOS, pionnier de l’intelligence émotionnelle en France et coach en IE. Je remercie mes lecteurs assidus ou occasionnels. N’hésitez pas revenir sur certains articles périodiquement; vous serez surpris de l’éclairage différent qu’il vous apporteront. Nous entamerons bientôt une réflexion plus approfondie pour apprendre à mobiliser nos compétences émotionnelles. Prenez soin de vous 🙂

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (2)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (35)

Poursuivons notre réflexion pour voir comment on peut aider les autres avec l’intelligence émotionnelle. Comment savoir si je suis en mesure d’être un soutien pour une personne qui traverse une difficulté ? Serait-ce plus facile avec une personne de ma sphère privée ? ou au contraire plus difficile dans ce cas ? Avec une personne seule ou avec un groupe ? Pour savoir si je peux relever le défi, je vais m’appuyer sur quelques clés de l’intelligence émotionnelle :

  • Sortir du confort de l’intelligence cognitive : Suis-je suffisamment à l’aise pour me laisser guider par des formes d’intelligence non cognitives, pour abandonner le confort intellectuel et m’aventurer dans des zones d’incertitudes, de ressentis émotionnels, intuitifs… ? Suis-je prêt à faire un voyage avec la personne que j’accompagne en acceptant de découvrir de nouveaux pans de ma personnalité auxquels mon intelligence cognitive ne m’avait pas donné accès ? Suis-je prêt à accueillir tout ce qui se présente, à prendre le risque d’être plus spontané et de me laisser guider par mon intuition ?
  • Garder à l’esprit les intentions de mon interlocuteur : lorsque je dialogue avec lui, je vais l’interroger sur son cheminement en montrant de la curiosité mais sans l’influencer au moment de son exposé. Je le laisse ainsi imaginer les obstacles, projeter les situations avec d’autres personnes, exposer les situations qu’il ressent comme des pièges.
  • Etre conscient que je peux le percevoir à travers mes propres filtres émotionnels : quand j’éprouve une émotion, je peux m’interroger sur la nature de la perception que j’ai de mon interlocuteur à travers mes filtres émotionnels. Mon attitude consiste à expliquer plutôt que de juger.
  • Tester son harmonie avec la personne qu’on souhaite accompagner : Existe-t-il un champs hors du visible, immatériel, qui me permet de sentir instinctivement ce qu’il ressent? Suis-je à l’aise avec lui, en résonance, connecté?
  • Etre à l’écoute de mon intuition : Lorsqu’une image visible, audible ou corporelle survient, je peux parfois ne pas y prêter attention, la laisser passer sans autre considération qu’un simple étonnement et continuer à écouter. A présent, je vais être attentif à tout ce qui survient ; l’expression ne dure qu’un dixième de seconde; je la garde à l’esprit et je la partage plus tard avec mon interlocuteur en l’invitant à la contempler avec moi. Je peux aussi écrire un mot, ce qui vient, esquisser un dessin ou un croquis et le partager avec lui en l’invitant à s’exprimer sur ce que cela évoque chez lui. Je le fais autant de fois que nécessaire dès que je suis confronté à une image, à une idée fugace incompréhensible par mon mental, ma logique ou mes croyances, mais qui saura trouver tout son sens plus tard, quand le moment sera venu.
  • Pousser mon interlocuteur dans ses retranchements : La personne que j’accompagne va souvent rester au stade des généralités parce qu’elle n’ose pas parler avec ses émotions pour évoquer une situation dans toutes ses dimensions ou parce qu’elle cherche à éviter des sujets trop sensibles qui la forceraient à s’impliquer davantage. En lui demandant d’être plus précis, je l’invite à passer du concept à l’affect. Je peux l’aider à se recentrer pour lui permettre d’entendre et de revivre son vécu, tant dans son corps que dans ses émotions. Mon langage devient empathique, proscrivant les mots neutres, les phrases agressives et toutes formes de jugement.

Nous poursuivons prochainement le guide des bonnes pratiques de l’accompagnement.

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (34)

Voyons aujourd’hui les bienfaits de la gestion d’une crise par l’intelligence émotionnelle. Plus une faille psychologique est profonde, plus grande sera la gratification si je fais preuve de résilience face à mes émotions. La crise que je traverse est une fabuleuse opportunité pour grandir, ajuster la connaissance que j’ai de moi-même et retrouver ma véritable identité, qui se cache derrière ma personnalité, véritable masque social qui me permet de vivre en sécurité avec les autres et sans laquelle mes blessures seraient directement accessibles.

Se détacher de ses peurs pour découvrir sa réelle identité

Quand je traverse une crise, je dois prendre conscience du fait que je ne perçois plus de moi-même que la partie de ma personnalité qui a peur. Si je me laisse toucher par la douleur issue de cette crise et que je trouve la patience d’attendre la libération, alors je vais pouvoir avoir accès au cadeau qui se cache derrière. Je vais ainsi découvrir derrière ces différentes manifestations émotionnelles la personne que je suis vraiment. Le travail à accomplir est donc de parvenir à se détacher de sa personnalité pour devenir créatif. Je vais accéder à la version de moi-même la plus élevée que je puisse imaginer et mettre en place les conditions de la réussite de mes projets les plus ambitieux, ainsi que les relations de qualité avec les personnes de mon entourage qui me procureront joie et sérénité. Je vais atteindre cet état de grâce dont je parlais il y a quelques semaines. Face à l’adversité, une prise de distance va s’opérer afin de me permettre de demeurer calme et efficace, même confronté à l’injustice, à la violence, à la terreur, au mensonge ou au jugement. Je vais rester serein face aux situations devant lesquelles la majorité des gens vont paniquer pour leur permettre de retrouver leur calme. Je vais être un recours pour autrui quand il aura besoin de moi car submergé par des émotions négatives.

Comment y parvenir ? En dialoguant avec mes émotions, je vais pouvoir m’en détacher pour être authentique en n’importe quelle situation et vivre enfin pleinement mes émotions. Lorsque je suis triste, je vais pouvoir pleurer simplement et courageusement. Je vais savoir mettre des mots sur l’objet de ma colère sans basculer dans la rage et en respectant la personne qui la déclenche. Si j’ai peur, je vais pouvoir le reconnaître  et y faire face en partageant mon émotion avec la personne qui en est la source. Je vais me libérer des préjugés qui m’empêchent d’aimer sincèrement, autant moi qu’autrui. Je vais m’éloigner de plus en plus du jugement et regarder directement mon émotion avec toute la présence dont elle a besoin pour libérer mon espace intérieur. Je vais aimer l’autre, tel qu’il est, sans condition, même s’il ne comprend pas mon cheminement. C’est une grande chance de pouvoir rester neutre tout en étant accueillant pour les autres, les soulager et leur permettre de conscientiser leurs propres émotions et de voir la situation de manière plus complète grâce à une écoute active et empathique.

L’intelligence émotionnelle m’offre un accès direct et apaisé à mes émotions. Quand une émotion apparaît,  je l’identifie pour l’accueillir, je l’observe pour entamer un dialogue avec elle; je parle avec elle, elle me répond; j’accepte avec reconnaissance le message qu’elle est venue me délivrer. L’émotion est comprise dans son contexte et dans ses relations avec son environnement. Je sais que paradoxalement, ce qui amplifie l’intensité émotionnelle de l’émotion, c’est de tenter de l’ignorer. Je me sers quotidiennement de mes émotions, que je sois avec moi ou avec les autres. Maîtriser une émotion signifie l’observer intensément, la sentir directement, l’entendre dans toute son histoire au lieu de la considérer comme un objet passif, encombrant et embarrassant. C’est tout sauf essayer de la contrôler ou de la cacher, contrairement à ce que nous avons l’habitude de faire. Au contraire, la gestion de l’émotion par l’intelligence émotionnelle permet de retrouver son calme intérieur et de se recentrer sur soi-même pour remobiliser ses ressources et regagner toute son efficacité et sa créativité.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en voyant comment utiliser l’intelligence émotionnelle pour accompagner autrui.

Le divorce pour faute

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (33)

Poursuivons notre réflexion à propos de la gestion des crises en voyant aujourd’hui trois pièges à éviter. Nous avons tous besoin de rester en contact avec nos émotions pendant les moments de crise. Bien entendu, ce sont des moments de notre vie qui nous perturbent et nous font peur. Afin de me donner toutes les chances de sortir par le haut de la crise, je vais d’abord tacher d’éviter les trois pièges courant en la matière :

Ne pas accueillir la situation de crise

Le premier piège est de ne pas adopter une attitude d’accueil bienveillant de la situation. La réaction la plus fréquente est le déni. Et plus le déni dure, plus la crise va m’impacter. Alors comment faire pour ne pas rester dans ce statu quo ? Malgré la tentation courante de me renfermer sur moi-même pour me prémunir ou me protéger des autres, je vais communiquer avec autrui pour exprimer ce que je ressens.

L’idéal est d’en parler à un ami ou à un membre de sa famille qui sait écouter sans juger. Une autre solution est de faire de nouvelles connaissances, en m’inscrivant dans un nouveau groupe culturel, sportif, associatif, religieux…. Je découvre des personnes avec qui je partage des valeurs ou des passions. Changer d’environnement ne peut me faire que du bien ! Cela va m’éviter de ressasser. Cette réaction va me permettre une mise à distance salutaire pour ne pas polluer mon esprit avec la situation difficile pour mieux y revenir sereinement plus tard. Mais je vais rester attentif à ce qui vient naturellement à mon esprit au sujet de la crise sans essayer de comprendre dans un premier temps. Il s’agit de laisser mon intuition s’exprimer sans filtre cérébral. Je peux également rencontrer un professionnel de la relation (psy, coach…). Il est alors important de choisir une personne avec qui on se sent à l’aise.

Ne pas s’exprimer sur la situation de crise

Raconter mon histoire est une chose importante. C’est une occasion unique pour m’évaluer en laissant se manifester toutes les réactions émotives. Celles qui ont été inhibées pendant la crise, dissimulées aux autres et à moi-même. Transformer les événements vécus en un récit va me permettre de me réapproprier l’expérience subie et de l’intégrer à mon identité. En m’exprimant, je ne reste pas dans la surface des choses mais au contraire j’essaie de faire apparaître tout ce qui doit être verbalisé sans retenir les mots, les larmes, les émotions et les sensations. Je me laisse guider sans essayer d’analyser ou même d’interpréter. Etre soi-même n’est pas une question de compréhension mais de ressenti, de présence et de lâcher prise.

Intégrer la crise à mon identité sera une force, un atout, et même éventuellement un talent ! C’est ce qui va faire que je suis unique au monde d’une part et qui va me relier à mon environnement d’autre part. Cette unicité qui qualifie ma personnalité, je l’accepte sans condition pour me permettre d’évoluer avec autrui.

Ne pas se responsabiliser

Le troisième piège est de ne pas entreprendre la démarche qui consiste à devenir responsable de mon expérience et de mon existence. Quelle qu’elle soi, la seule manière de me libérer de ma souffrance est de me l’approprier, d’en devenir acteur. Autrement dit, de reprendre possession de mon destin et redevenir la personne centrale dont les choix déterminent les actions et les événements. Accepter sa part de responsabilité dans l’avènement de l’événement traumatique fait partie de la thérapie.

Après avoir été plongé dans cette expérience d’impuissance, je vais donc récupérer le pouvoir que confère ma liberté et assumer pleinement les responsabilités qui en font partie. L’expression artistique, corporelle, intellectuelle ou encore manuelle, peut aider à y parvenir. En me permettant de me réinvestir et de transcender l’expérience initiale, je vais la transformer en un nouveau langage, en m’autorisant des tâtonnements, des erreurs; accepter des situations où le succès n’est pas automatiquement assuré.

Nous achèverons prochainement notre réflexion à propos de la gestion des crises en abordant la récompense à la hauteur de la crise.

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (32)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (32)

Poursuivons notre réflexion autour de l’intelligence émotionnelle utilisée pour gérer une situation de crise. Voyons aujourd’hui comment passer de la crise émotionnelle à la sérénité. Toute crise offre une chance de rebondir et de renaître pour éviter de reproduire inlassablement le même scénario dont on connait à l’avance l’issue. Plus j’ai de crainte et plus je vais inconsciemment provoquer une situation conflictuelle car je peux générer une réaction inappropriée par ma peur. Il convient donc de modifier sa structure émotionnelle pour ensuite adopter un environnement qui nous satisfait davantage. 

La crise offre une opportunité de renaissance.

Renaître consiste d’abord à rendre transparent mon système émotionnel avec toutes ses composantes et leurs relations. Y aurait-il une partie de moi qui, réfractaire, ne voudrait pas reconnaître ce que je traverse ? Qui agit comme si rien ne se passait ? Puis-je identifier une partie de ma personnalité en colère contre la situation, y compris si j’en suis la personne responsable ? Comment comprendre que je ne peux pas percevoir la situation telle qu’elle est, mais seulement à travers ma colère ?  A moins qu’il ne s’agisse de ma tristesse ou de mon manque d’énergie ? 

Les étapes du deuil

Chaque situation de crise peut se comparer dans son évolution émotionnelle aux étapes vécues lors de l’annonce de la perte d’un être cher. Ainsi la description de l’enchaînement des différentes étapes du deuil aide à comprendre une situation de crise considérée sous un angle systémique et le processus sur lequel on peut s’appuyer pour la dépasser plus facilement. Les étapes classiques d’une crise sont les suivantes :

  • emballement émotionnel (souffrance)
  • déni
  • colère
  • peur/Dépression
  • Tristesse/Rupture
  • Acceptation/Pardon
  • Quête de sens
  • Renaissance
  • Sérénité

La résilience est à ce prix, celui d’une reconstruction à partir d’un travail d’introspection. Nous poursuivons prochainement notre réflexion à propos de la gestion des situation de crise en poitnat trois pièges classiques dans lesquels il ne faut pas tomber.

APPROFONDIR SES COMPÉTENCES ÉMOTIONNELLES (7)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (31)

S’aider de l’intelligence émotionnelle pour gérer une situation de crise. Qui ne vit pas de rupture aujourd’hui? Les couples se font et se défont, les recompositions familiales nous confrontent à de nouvelles difficultés, les disparitions sont vécues douloureusement. Les situations de crise peuvent même résulter d’événements abordés à priori comme des situations positives et enthousiasmantes : une rencontre, un mariage, une naissance sont autant de moments de rupture mais qu’il faut pourtant appréhender avec vigilance car ce sont autant d’événements qui bouleversent profondément notre vie.

Sur le plan professionnel, tant d’événements cachent des défis à relever : un nouveau job, une promotion, une restructuration, une démission, un licenciement… ce sont autant de situations de séparation. Comment vais-je les vivre ? Vais-je être à la hauteur ? Vais-je réussir à me retrouver, à recouvrer cette capacité à mobiliser mes ressources pour être opérationnel, pour ne pas dire efficace ou même encore performant ?  Traverser ces moments d’adaptation nécessaires peut souvent se manifester par une crise. Il va falloir en passer par toutes les étapes : déni, deuil, renaissance, en restant proche de moi-même, bienveillant avec moi pour identifier mon état optimal et accueillir les parties de ma personnalité qui auront été malmenées pour les réparer. Voici quelques pistes pour vous aider à bien gérer une crise :

Accepter les épisodes de rupture

Chaque épisode de ma vie représente autant d’événements m’imposant de sortir de ma zone de confort et me demandant de mobiliser mes ressources pour m’adapter à la nouvelle situation. Mais même si c’est inconfortable, je dois prendre conscience que ce sont autant d’occasions de faire de moi une personne plus forte et plus sûre d’elle-même. Etre attentif à mes émotions va m’aider à faciliter mon adaptation à la nouvelle situation. Il convient en effet de rester mobiliser sur ses capacités émotionnelles. Une rupture sera d’autant plus douloureuse que je n’ai pas pu dans le passé exprimer les émotions liées à d’autres ruptures plus anodines. Par exemple, si j’ai caché ma déception, teintée d’amertume, que j’ai ressentie à l’occasion d’un redoublement au lycée, cela m’a peut-être valu une anxiété accrue lors des épreuves du baccalauréat. Un sentiment qui a pu influer sur mes chances de réussite de mes études supérieures…

D’un point de vue émotionnel, tous les événements passés vont avoir une influence sur ma vie présente et future. L’adage ne dit-il pas : « il vaut mieux prévenir que guérir » ? La manière la plus efficace de traverser avec succès une période de crise est de rester présent aux événements quotidiens les plus courants et de vérifier s’il y a un traumatisme, révélant une émotion à libérer.

Que faire avant et pendant la crise ?

L’événement potentiellement traumatique est souvent prévisible. C’est une chance car on va pouvoir mettre en place des processus pour s’y préparer ! Une retraite, une naissance, un divorce, un changement professionnel… La plupart de ces événements peuvent être anticipés. Je peux atténuer la difficulté à les vivre en identifiant mes ressentis et en les libérant, par exemple en en parlant à un proche. Ces ruptures peuvent générer des situations graves mobilisant mon instinct de survie. Les anticiper me permet d’entraîner ma capacité de résilience, ma capacité à vivre les ruptures en restant centré sur moi et fidèle à moi-même.

Mais il y a aussi les événements non prévisibles : l’incendie de sa maison, un accident de la route, la mort subite d’un enfant. Je reste vigilent pour bien me centrer et être complètement présent à ce qui se passe en moi. Dès que possible, j’exprime auprès de personnes qui savent écouter sans interrompre mon processus émotionnel et faire preuve d’empathie sans pour autant m’éviter de sentir la douleur. Si j’ai besoin, je consulte un coach en intelligence émotionnelle ou un thérapeute pour libérer les émotions qui ont besoin de s’exprimer.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en voyant comment passer de la crise émotionnelle à la sérénité.

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (36)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (30)

Poursuivons notre réflexion à propos de l’intelligence émotionnelle en nous attachant aujourd’hui à cultiver au quotidien une manière d’appréhender la vie de façon résolument optimiste. Cette intelligence que je découvre chaque jour un peu plus en unifiant mes différentes sources d’intelligence et qui n’arrête pas de se déployer en moi, me chuchote des vérités à l’oreille, sans que je ne m’en rende compte, me donne des informations précieuses, des réponses à ma conscience pour élargir toujours plus mon intelligence. Je prends conscience jour après jour de l’ampleur de ma faculté d’évolution et de progression.

Apprendre à vivre de façon résolument optimiste

Je peux demander à ma vie de répondre à mon vÅ“u le plus cher, de me permettre d’atteindre mon but le plus ambitieux. L’optimisme est une invitation à améliorer chaque jour un peu plus ma réalité. A regarder avec confiance ce que je convoite en ayant la conviction que je l’aurai un jour, quand le temps sera venu et sans manifester aucune impatience. Comment progresser ? En me demandant, dans ma réalité actuelle, quelles sont les parties de ma personnalité qui ne sont pas cohérentes avec les autres, comme déconnectées de mes valeurs. Si je suis déjà dans un état de sérénité, cela signifie que je suis aligné : je prends alors conscience de ma chance, je l’apprécie à sa juste valeur, j’en suis reconnaissant et je la vis pleinement. Si quelque chose me gêne en revanche, je fais ce travail interne d’introspection pour chercher et découvrir l’élément d’incohérence en moi pour y renoncer. Je prends conscience que j’aspire à un autre état de conscience de ma réalité pour accepter et vivre intensément ma véritable réalité où il n’y aura plus aucune opposition entre ce que je vis et ce que je souhaite.

Je vais prendre le temps de vivre intérieurement ce que je veux vivre extérieurement, dans mon environnement quotidien. Je m’interroge sur la façon dont je dois vivre pour pouvoir intégrer ces conditions de vie optimales auxquelles j’aspire. Pour m’entourer des bonnes personnes, je vais être attentif aux émotions et aux sensations que je ressens en leur présence. Progressivement, mon intuition saura me guider vers les bonnes personnes et me faire éloigner des personnes qui ne partagent pas mes valeurs et avec qui je ne pourrai pas progresser. J’aurai en effet atteint un état de pleine conscience qui saura m’aider à faire les bons choix, au moment voulu et sans jugement de valeur. Je procéderai de façon identique au fur et à mesure de ma libération et de ma progression.

Optimiser ma vie, c’est ainsi influencer chaque séquence de vie en acceptant, sincèrement et profondément, avec spontanéité et sans jugement ni amertume, ce qui se passe. Développer ses compétences dans n’importe quelle situation de la vie, ce n’est pas essayer de les maîtriser c’est les vivre intensément, en pleine conscience, pour en tirer le meilleur parti. C’est s’affranchir de la peur pour ne plus s’imposer cette nécessité d’écarter ce qui nous dérange ou de le contenir s’il s’agit d’une chose qui s’impose à nous. C’est accepter d’être simplement soi-même, en toute simplicité et en toute humilité. Accepter de ne rien avoir à dire quand il n’y a rien à dire; de ne rien avoir à faire quand on se sait pas quoi faire. C’est accepter sa part de faiblesse et d’impuissance. C’est accepter d’être influencé par la tristesse ou la joie de quelqu’un d’autre, en vivant intensément l’émotion, sans se poser de question sur la réaction qu’on attend de nous ou sur ce qu’on est sensé faire, tout en étant intimement convaincu que le meilleur reste à venir.

En fait, l’intelligence émotionnelle est une posture de vie, non une technique, accessible à tous. Chacun peut se l’approprier, quels que soient son niveau d’éducation ou de revenu, son âge, sa culture… Elle donne un accès direct à soi-même, sans intermédiaire, à chaque instant de sa vie. C’est une école de libération qui nous dispense de cette injonction de devoir tout contrôler. Il suffit d’être présent à ses émotions, d’en tenir compte, de les écouter, de les interroger, de leur donner véritablement la parole, au lieu d’en être gêné, d’essayer de les contrôler, ce qui est purement impossible. Une émotion existe pour être vécue. Si on la refuse, elle crée en nous un blocage qui va grandir en nous et nous empoisonner la vie. Si je ferme une porte, elle se manifestera par une autre, jusqu’à ce que son énergie se soit émancipée. Se libérer, c’est se connecter à son intelligence émotionnelle pour libérer les émotions rejetées, conservées et ignorées. Chaque émotion contrôlée va réduire mes compétences émotionnelles. En la libérant, j’augmente mon potentiel de vie et de présence à moi et aux autres. Ce travail de libération permet de réconcilier ce qui a été segmenté par nos conditionnements éducatifs, familiaux et sociaux. La libération de l’émotion va souvent se manifester physiquement car l’émotion est autant présente dans notre cerveau que dans notre corps.

Prochainement, nous verrons comment l’intelligence émotionnelle peut nous aider à gérer une situation de crise.

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (29)

Poursuivons notre réflexion à propos de l’intelligence émotionnelle en apprenant aujourd’hui à la mobiliser de façon harmonieuse avec notre intelligence cognitive. Il convient tout simplement d’être plus présent à ce qu’on vit. Dans quel état suis-je en lisant cet article ? Dans quelle position ? Suis-je attentif à mon confort de vie en toutes circonstances ? Comment suis-je attentif et réceptif à mon bien-être, à mon plaisir émotionnel ? Vais-je prendre le temps d’apprécier et d’identifier les circonstances de leur manifestation ? Si je m’en donne la peine, je peux faire de cette agréable expérience une réelle source d’énergie pour mon corps et pour mon esprit, rendre possible une expérience nourrissante et énergisante. Il suffit juste d’être présent à ce qu’on vit et de prendre le temps de le vivre et de l’apprécier pour s’en nourrir.  

Unifier ses différentes formes d’intelligence

Comment relier son intuition, ses émotions et ses sensations à son intelligence cognitive ? Puis-je canaliser ces différentes perceptions dans une action ou une pensée cohérente et enrichissante ? Unifier mes différentes intelligences me permet de me connecter Ã  la source de mon plaisir émotionnel et de sortir de mes habitudes pour remettre en question ce que je crois être et faire confiance à ce que je découvre sur moi. Faire cette expérience de se promener dans mes intelligences multiples, me questionner sur mes univers complexes, m’interroger sur ce que je serai demain, avec confiance et bienveillance. Je vais ainsi pouvoir grandir en liberté et en sérénité en permettant à mes différences formes d’intelligence de s’exprimer librement.

Je vais également laisser mon corps s’exprimer librement , en permettant notamment à mon intuition de s’exprimer, par le biais d’une expérience artistique, comme un dessin par exemple, en lâchant prise, en laissant mes émotions se libérer, me guider, me porter… et ainsi m’affranchir de mes habitudes et de mes pensées limitantes. Unifier mes intelligences, c’est laisser s’exprimer en toute liberté et harmonie mes différentes formes d’intelligence sans faire de hiérarchie entre elles. Après avoir accepté de prendre en compte et de valoriser toutes mes intelligences, je vais naturellement créer des liens entre elles.

Avec le temps, je vais appréhender le monde différemment. Quand je vais réfléchir aux choses, ce ne sera plus uniquement en faisant appel à mon intelligence cognitive mais en mobilisant toutes mes intelligences en même temps. Je vais quotidiennement, mais naturellement et sans m’en rendre compte, renouveler mes interrogations sur la vie, le sens du monde, mes rapports avec moi, avec les autres, avec le monde. Oser m’affranchir de mes habitudes et de mes pensées limitantes en constatant que cela ne me met pas en danger mais me rend plus fort et plus cohérent avec moi-même. C’est la voie vers plus de liberté pour soi et pour les autres. C’est une façon moins stricte d’éduquer ses enfants ou de manager ses collaborateurs. C’est une façon de devenir authentiquement soi-même tout en se renouvelant chaque jour.

A l’issue de cette quête, je vais découvrir l’endroit en moi où je peux trouver la réponse à toutes les questions que je me pose depuis toujours en ayant accès à ma connaissance interne, à l’essence de mon être, à la source de ma liberté. En devenant libre, je vais influer sur le cours de ma vie sans tomber dans l’exigence, sans être prisonnier de la nécessité de répondre à mes besoins mais en laissant ma liberté trouver naturellement le chemin pour contourner les obstacles.

Je vais ainsi faire grandir mon pouvoir d’influence non seulement sur moi mais également sur les autres. Je vais devenir charismatique. Je vais naturellement exprimer mes passions et attirer les personnes qui partagent mes valeurs pour les traduire ensemble en réalité concrète. Cela sera possible car, en m’intéressant à l’intelligence émotionnelle, j’aurai découvert qui je suis réellement et les valeurs qui m’animent. Il ne me restera plus qu’à les traduire en langage compréhensible pour autrui. C’est ce que nous verrons prochainement…

Amour et jeunesse…

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (28)

Poursuivons notre sensibilisation à l’intelligence émotionnelle en apprenant aujourd’hui à mobiliser toutes les formes d’intelligence. Je vais explorer tout ce qui me permet de mieux vivre, de progresser pour atteindre une forme de fluidité intérieure, d’état de grâce, d’hyper concentration. Un flux constant qui transcende et atteint ma conscience lorsque je suis complètement immergé dans mes activités et que je vis un état maximal de concentration. J’éprouve alors un sentiment de réussite, de plénitude et d’engagement absolu dans lequel l’environnement n’agit plus sur moi de la même façon, comme si je ne formais plus qu’un avec ce qui m’entoure.

Voici quelques éléments caractéristiques de cet « état de grâce » :

  • Mes objectifs sont clairement identifiés, ni conflictuels, ni déroutants. Je sais où je vais et j’y parviens naturellement
  • Mon feed-back est direct et immédiat. Je sais immédiatement si ce que je fais me rapproche ou m’éloigne de mon objectif et je reprends mon cap sans difficulté
  • Je trouve un équilibre entre la difficulté de l’exercice que j’ai entrepris et mes différentes sources de compétence et d’intelligence
  • Je suis hyper concentré sur ce que je fais et en totale harmonie avec moi-même
  • Je ne sens plus les frustrations de la vie; j’évolue dans un univers parallèle harmonieux et exaltant
  • J’ai une sensation de complète maîtrise de l’environnement et de moi-même
  • Je perds le sentiment de mon ego pour vivre un état de transcendance
  • Je modifie ma perception du temps, comme si le temps s’adaptait à l’expérience que je vis et n’était plus une contrainte

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en apprenant à mobiliser nos différentes formes d’intelligence afin de nous rapprocher de cet état de plénitude.

 

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (27)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (27)

Cultiver son intelligence émotionnelle permet d’ajouter à l’intelligence cognitive une nouvelle source d’intelligence pour aboutir à une nouvelle intelligence augmentée. Figurez-vous qu’un moyen d’y parvenir est de cultiver toutes ses sources de plaisir !!! Alors nous aurions tort de nous en priver !  Voyons donc quelles sont ces sources de plaisir à (re)découvrir et à entretenir pour booster son développement personnel et son autonomie. Ces sources sont de divers ordres :

Mes sources de plaisir sensoriel

Je peux prendre du plaisir à toucher une matière agréable, à boire un breuvage ou encore manger un met que j’apprécie. Au cours d’une balade, je me surprends à contempler la beauté de la nature : un paysage à couper le souffle, un coucher de soleil, un arc en ciel… les nuances de couleur dans mon salon, mon bureau ou ma chambre. Il y a le plaisir des cinq sens donnant une infinité de sources de plaisir kinesthésique du fait que mon corps vit, ressent, bouge, respire et se déplace.

Mes sources de plaisir affectif

Danser sur une musique que j’aime, laisser mon imagination vagabonder et m’emporter dans des paysages imaginaires, laisser mon corps bouger sans tabou pour libérer mes capacités créatrices. En fin de compte, n’importe quoi peut stimuler mon plaisir, ou même mon désir sexuel. Quand je rencontre une personne avec laquelle je me sens naturellement bien, je vais prendre du plaisir à être en sa présence et à apprendre à la découvrir, quitte à la désarçonner si elle n’a pas l’habitude de rencontrer des gens directs et francs. Je vais tout simplement m’ouvrir à elle et lui dire ce que j’aime chez elle et ce que je ressens en sa présence.

Mes sources de plaisir intellectuel

Mon intelligence cognitive me permet de comprendre la complexité et la subtilité du monde, de comprendre les lois de la physique, de lire un livre de philosophie, de spiritualité, de science sociale, de politique… et de les relier pour acquérir un savoir unifié, nouveau, surprenant et unique. Je prends du plaisir en me souvenant d’avoir résolu une énigme complexe. Je prends conscience que je peux augmenter mes connaissances en imaginant leur infinité.

Mes sources de plaisir … intuitif !

Une grande source de plaisir peut venir de l’intuition. Nous avons tous cette faculté de perception immédiate de la vérité sans l’aide du raisonnement. L’intuition prend la forme d’un sentiment d’évidence qui ne fait pas appel à l’intelligence cognitive mais qui peut aider cette dernière à être plus performante. Plus complexe, plus étrange car moins rationnelle, c’est une forme d’intelligence peu privilégiée dans notre culture occidentale. Pourtant, l’intuition est le propre des plus grands scientifiques. Quand je ferme les yeux pour réfléchir à une difficulté que je rencontre, je fais naturellement appel à mes facultés intuitives. Elles sont une grande source d’information sur moi et à propos des personnes que je côtoie.

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en découvrant l’état de grâce qu’on peut atteindre en mobilisant toutes nos formes d’intelligence.

Cultiver sa largesse d’esprit pour être heureux

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (26)

L’intelligence émotionnelle permet de développer sa confiance en soi. Cela passe par cultiver son optimisme, cette aptitude à garder confiance dans l’avenir, véritable chemin vers le bonheur. Comment s’y prendre ? En explorant sa vie dans toute sa richesse, sa complexité, son harmonie mais aussi en se confrontant à toutes ses difficultés, dans le même esprit d’appréciation et d’équilibre en évitant une vision manichéenne : il ne s’agit pas d’opposer mensonge et vérité, beauté et laideur, bien et mal. Cultiver son optimisme, c’est se détacher d’une approche binaire pour entrer dans le domaine de la complexité.

Assumer ses choix, quels qu’ils soient

Si je décide de repartir sur de nouvelles bases, je vais progressivement faire table rase de ce que je connais et regarder le monde avec un regard d’enfant qui découvre un nouvel univers sensoriel, émotionnel, cognitif et intuitif. S’il se présente une expérience désagréable dans mon existence, je ne vais pas l’éviter mais l’accueillir comme une information importante. Puis je vais choisir en toute conscience ce que je vais en faire, ce que je veux en apprendre. De même, si je juge une pratique de ma vie que je considère comme mauvaise mais qui se répète inlassablement malgré moi, cela signifie qu’elle s’explique par quelque chose de plus profond que j’ai besoin de comprendre.

Lâcher prise au quotidien

Lorsque j’entends un bruit désagréable, quand je vois des images ou vis des événements qui m’agressent, cela va me permettre une prise de conscience. Je vais rester proche de mon ressenti, entrer directement en contact avec lui et accueillir toute la complexité de l’instant tel qu’il se manifeste à moi. Lorsqu’un ami ne répond pas à ma sollicitation alors que j’ai besoin de lui, je suis en proie à la déception, à la tristesse, voire à la colère.

Ces émotions m’apprennent mon degré de dépendance. Je vais dialoguer avec cette partie de moi qui souffre jusqu’à ce que je m’aperçoive que je peux écouter, accueillir et même dialoguer avec cette part de ma personnalité pour la soulager.  Si j’en ai l’occasion, je peux partager avec cet ami ce que j’ai pu ainsi découvrir sur moi. Libérée de ce fardeau relationnel, cette part de moi qui était en souffrance retrouve peu à peu davantage de légèreté.

Nous poursuivons prochainement notre réflexion en apprenant à regarder notre existence à travers cette nouvelle intelligence unifiée.

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (36)

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (25)

L’intelligence émotionnelle permet à un dirigeant de favoriser son leadership vis à vis d’autrui, en  lui permettant de développer son pouvoir de conviction et d’entrainement.

Comment influencer l’autre ?

La première chose à faire est de se mettre à la portée de son interlocuteur : je ne parle pas de la même manière et n’aborde pas les choses de la même façon selon que je m’adresse à un dirigeant, un collègue, un collaborateur, un client, un banquier ou … au Président de la République ! Je m’interroge d’abord sur ses préoccupations, sur ce qu’il ressent, sur la nature de ses besoins. Je prends un peu de temps pour me mettre à sa place. Avant la rencontre, je me prépare. Je procède à deux niveaux de projection sur mon futur interlocuteur. Le premier consiste à projeter une image claire de son métier et de son environnement. Le second me permet de discerner la personnalité dissimulée derrière les compétences professionnelles. J’en déduis les questions qu’il pourrait se poser sur l’objet de notre entrevue et je n’hésite pas à prendre un moment pour y répondre avant de le rencontrer.

je me demande ensuite quelle est la valeur de ce que je propose à ses yeux. Que puis-je lui apporter de différent des autres ? Comme je sais ce que j’aime puisque j’ai identifié mes talents et que mon projet a été mûri en fonction de ce que je suis, il devient facile pour moi de lui montrer la cohérence de mon projet. Je reste attentif à mon interlocuteur, je m’intéresse sincèrement à lui et je suis curieux de ce qu’il exprime. Je me demande en quoi ce que je lui soumets est un cadeau pour lui. Sinon, comment vais-je le mobiliser sur mon projet ? Je vis intensément les mots que j’utilise pour en parler. Je leur donne vie afin de devenir ce que j’exprime : je ne fais plus qu’un avec mon projet ! Mon rêve peut-il devenir son rêve ? Je garde à l’esprit que son choix sera le bon, quelle que soit sa décision. S’il n’acquiesce que pour des raisons autres que sa conviction personnelle, il ne sera pas un bon partenaire. S’il le fait pour des raisons personnelles, en revanche, il n’aura plus besoin d’être motivé.

Comment asseoir son autorité ?

Il existe trois manières d’influencer son interlocuteur :

  • Le pouvoir autoritaire : il fonctionne tant que l’autorité est présente sinon l’engagement de celui qui subit l’autorité s’amenuise.
  • La capacité à convaincre : C’est ce qu’on attend d’un commercial ou … d’un avocat ! Mais l’efficacité reste limitée car interlocuteur pourra donner l’impression d’être convaincu sans passer forcément à l’acte.
  • La coopération : le manager accepte la contradiction et garde un état d’esprit positif sur les raisons du refus de collaboration qu’on lui oppose. Cela provoque un dialogue avec les collaborateurs qui ont peut-être des choses intéressantes à dire ! De même, le parent qui accepte que son enfant fasse un choix librement prend une décision pertinente contribuant à sa maturité, à son développement affectif et à son autonomie.

Comment susciter l’intérêt chez l’autre ?

Il faut commencer par donner vie à ses pensées, à ses paroles et à ses actes pour les incarner, les rendre vivant à l’instar de ses émotions, de ses passions et de ses rêves. Alors, j’imagine, je visualise, je mets des couleurs et des formes, comme un artiste. La coopération est un état d’esprit. A partir du moment où mes pensées génèrent et s’enrichissent d’émotions, je traduis mon expérience intérieure dans toute sa richesse. Je bâtis mon projet avec ceux qui vibrent sur la même fréquence. Je mets de côté mon ego pour être dans une attitude d’accueil des autres. Je m’autorise à partager franchement et respectueusement mes émotions avec les autres, en les invitant à faire de même. Chacun en sort enrichi.

Aujourd’hui, les techniques de pointe en management font appel à l’intelligence émotionnelle pour fédérer les équipes. Cela permet notamment de mobiliser l’intuition du manager, ce qui lui donne un atout décisif. Cette capacité à se connaître et à être bien avant tout avec soi-même qu’apporte l’intelligence émotionnelle permet d’être ouvert à l’autre et de mettre en oeuvre une influence positive sur lui.

 

 

DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE (24)

Poursuivons notre réflexion en nous intéressant aujourd’hui Ã  deux éléments clé de la réussite : identifier ses talents et s’enrichir du point de vue des autres.

Identifier ses talents

Y a-t-il une sorte d’insatisfaction en moi qui m’entraîne à chercher ailleurs des réponses à travers les événements qui se présentent ? Je peux vivre cette situation tout au long de mon existence sans comprendre pourquoi je suis dans cette frustration. Mieux vaut questionner mes proches et mes amis pour leur demander ce qu’ils apprécient le plus chez moi. La prise de conscience de mes talents va avoir un impact énorme sur ma vie professionnelle comme personnelle. Je fais un virage à 180 degrés en étant beaucoup plus attentif, à l’écoute des paroles, identifiant les liens existant entre ce que chacun me dit.

Egalement, j’explore les souvenirs de ce que j’aimais quand j’étais enfant, adolescent et jeune adulte au début de ma carrière. Quels ont été ces moments d’épanouissement, de vibration et de joie profonde ? Qu’est-ce qui m’a ébloui, fasciné dans la nature, pendant mes études ou encore au cours de mes voyages ? Si je ne parviens pas à identifier mes talents, si je ne les connais pas ou si je ne les utilise pas, j’ai toutes les chances de ne pas m’investir, de changer souvent de poste au long de ma carrière et même de m’épuiser au travail.

S’enrichir du point de vue des autres

Avant de m’exposer à autrui pour recueillir son avis, je me prépare. Je choisis une posture idéale pour être en cohérence avec mon cheminement. Je commence à bien savoir où je veux aller et je suis très motivé et même passionné par mon projet mais je reste attentif à ce que l’autre peut m’apporter pour éviter de me tromper ou de m’illusionner moi-même, ébloui par mon euphorie. Il ne me reste plus qu’à exprimer ce que je ressens à l’intérieur de moi. J’aime découvrir tout ce que la vie me réserve, je peux expliquer simplement ce qui se passe en moi. Je communique le plus directement et simplement possible en tenant compte de la ou des personnes à qui je m’adresse. Je considère mes paroles comme un don ou un cadeau. Je partage ce qui m’émerveille, ce que j’aime, ma joie, mon désir, ma vision du monde. Je le fais en acceptant qu’autrui ne vibre pas comme moi, qu’il puisse ne pas comprendre ou ne pas ressentir mes émotions.

J’instaure un véritable échange avec autrui, sincère, puissant et respectueux de chacun. J’accueille avec humilité et bienveillance ce que chacun exprime sur moi et sur mon projet. Chacun sera considéré à égalité qu’il ait exprimé une opinion positive ou négative. Je fais preuve d’ouverture d’esprit pour accueillir les critiques constructives sur ma personnalité ou sur mon projet. J’accueille le cadre de référence, l’histoire, la culture, l’expérience de chacun. Je suis attentif à ce qui se passe en moi quand les autres s’expriment. C’est comme si je m’oubliais pour exister ensemble et ne former plus qu’un avec autrui.

Je prends un temps de recul pour faire laisser un peu décanter ce que je viens de vivre puis je reviens sur l’échange avec l’autre. Je confirme mon engagement et j’accueille celui des autres. Je regarde en moi et je vérifie la profondeur de mes intentions. A quelle partie de moi répond mon projet? A une partie autoritaire, pondérée, persuasive, empathique ?.. Est-ce que j’agis librement et en vérité ?

Nous poursuivrons prochainement notre réflexion en voyant comment développer son leadership avec les autres.