par Benoît Lemogne | 13/01/2015 | Réflexions
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Continuons notre série d’articles relative au lieu de vie de l’enfant après la séparation de ses parents et intéressons-nous plus précisément à la résidence alternée des enfants au domicile des parents mise en avant par la loi du 4 Mars 2002 relative à la coparentalité.
La résidence alternée des enfants au domicile de leurs parents après le divorce
La Loi de 2002 symbolise la volonté du législateur de consacrer l’égalité entre père et mère. L’objectif est d’offrir aux parents une prise en charge égalitaire de leurs enfants malgré leur séparation. Psychologiquement, cela est bénéfique pour l’enfant qui n’a plus à résoudre la difficulté de faire le choix de vivre avec tel parent alors qu’ils conservent ensemble l’exercice de l’autorité parentale. La France en profite également pour se mettre en conformité avec la Convention internationale des droits de l’enfant qui reconnaît le droit des enfants d’entretenir régulièrement des relations et des contacts personnels avec chacun de ses deux parents.
Le bilan, douze ans après, est mitigé : la résidence alternée n’est pas devenue la règle, loin s’en faut puisque seulement 15% des familles se séparant y ont recours. Malgré ses avantages, elle ne peut en effet être entendue comme un mode de résolution des conflits et demeure inadaptée à nombre de situations de séparation de couple. Ainsi, lorsque de graves dissensions perdurent au sein des couples, les juges ont même tendance à l’écarter, au nom de l’intérêt de l’enfant. Le magistrat doit notamment être attentif à l’existence d’une fratrie, issue ou non de recompositions familiales et aux capacités des deux parents, mais également tenir compte de l’âge des enfants et de leur attachement à leur père et mère. Ainsi, la résidence alternée est peu adaptée si les enfants sont très jeunes ou s’ils ne parviennent pas à se séparer d’un parent. Elle peut également s’avérer délicate si les modes d’éducation de part et d’autre trop sont différents, ou quand la stabilité de l’enfant ou son rythme de vie sont menacés. Pour assoir sa conviction, le juge peut bien évidemment avoir recours à des mesures particulières comme des examens médico-psychologiques des parents et des enfants, ou ordonner la mise en place d’une médiation.
En outre, certaines conditions doivent être réunies pour que la modalité de la résidence alternée puisse être envisagée. Il est par exemple impossible de l’envisager si le domicile des parents est trop éloigné, ce qui rend difficilement gérable les trajets pour l’école ou les activités péri-scolaires et peut fragiliser le cercle relationnel de l’enfant. De même lorsque l’hébergement chez l’un des parents est inadapté (taille ou état sanitaire du logement) ou les revenus d’un foyer insuffisants pour subvenir aux besoins de l’enfant. Il faut reconnaître que le choix de la résidence alternée engendre un certain coût, outre la superficie des logements, beaucoup d’achats doivent être faits en double. Il faut enfin tenir compte de la disponibilité des deux parents pour accueillir leurs enfants durant « leur semaine » (horaires décalés, déplacements professionnels,…). Néanmoins, la seule circonstance que l’un des parents est plus disponible que l’autre (car il ne travaille pas par exemple) n’est pas suffisante pour écarter la résidence alternée.
L’opinion des enfants peut également être prise en compte après une période de test de résidence alternée. Il n’est pas rare qu’ils manifestent une certaine lassitude à devoir constamment changer leur cadre de vie et réclament une sécurisation de leur environnement. Le juge peut effectivement après-coup adapter ce qui a été instauré à l’occasion du prononcé du divorce, étant donné le comportement d’un parent ou son éloignement (déménagement, départ à l’étranger). Car en choisissant la résidence alternée, les familles doivent encore savoir quelles conséquences concrètes en découlent sur leur mode de vie au quotidien. C’est ce que nous verrons à l’occasion d’un prochain article.
par Benoît Lemogne | 6/01/2015 | Réflexions
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Poursuivons notre série d’articles consacrés au lieu de vie des enfants après le divorce. Abordons aujourd’hui l’évolution dans le temps de la législation sur la question.
Résidence des enfants, évolution législative de l’interdiction à l’incitation à la résidence alternée après la séparation
Avant la loi du 4 mars 2002, la Cour de cassation manifestait une réelle hostilité vis à vis de l’hébergement alterné qu’appelaient pourtant de leurs vÅ“ux nombre de parents organisant les modalités de leur séparation. Dans l’état du droit antérieur, les parents avaient juste le droit de se mettre d’accord pour savoir lequel d’entre eux serait désigné comme le gardien de l’enfant et vivrait quotidiennement avec lui. Mais aucun autre droit ne leur était accordé, notamment pour se partager les temps de présence auprès des enfants.
La haute juridiction veillait au strict respect de la loi, sanctionnant même régulièrement les décisions de tribunaux dans lesquelles les juges se démarquaient du carcan légal et admettaient un partage de l’hébergement des enfants entre père et mère. Aucune modification ni ouverture vers la résidence alternée n’était d’avantage venue de la loi du 8 janvier 1993 relative à l’état civil, à la famille et aux droits de l’enfant, dans laquelle avait été institué le juge aux affaires familiales, qui avait maintenu l’exigence d’une résidence habituelle de l’e
nfant chez l’un ou l’autre des parents.
Il a donc fallu attendre 2002 pour que l’évolution des mÅ“urs infléchisse cette position et ainsi voir cette forme d’organisation inscrite dans le code civil. Par ailleurs, avec la loi du 4 Mars 2002 relative à la coparentalité, la séparation des parents devient sans incidence sur l’exercice en commun de l’autorité parentale. En effet, si les père et mère exercent ensemble l’autorité parentale depuis la loi du 4 juin 1970 qui a aboli la « puissance paternelle » et la notion de « chef de famille », cet exercice conjoint ne cesse avec la séparation des parents qu’avec la loi de 2002, la rupture du couple conjugal n’entrainant plus celle du couple parental.
Avec l’instauration de la co-parentalité en 2002, les parents sont ainsi confortés tous les deux dans leur rôle éducatif, de protection et de soutien, et dans leur place auprès de l’enfant. Bien entendu, il convient de trouver les modalités pratiques adéquates pour permettre au parent chez qui la résidence de l’enfant n’a pas été fixée de continuer à jouer son rôle de parent. Ce cas de figure qui a été longtemps la règle, avant l’arrivée des gardes alternées, est de moins en mois fréquent. En outre, avec la loi de 2002 mettant en Å“uvre une nouvelle définition de l’autorité parentale, les parents ne sont plus juridiquement les gardiens de leur enfant, ils peuvent désormais opter pour une résidence (et non plus une « garde ») alternée. Ainsi il est désormais permis que la résidence de l’enfant soit fixée en alternance au domicile de chacun des parents. Non seulement elle l’autorise mais encore elle l’encourage, en en faisant la première branche de l’alternative proposée aux parents, dans la logique d’une réforme construite autour de la co-parentalité. Nous analyserons dans un prochain article comment s’est déployé ce nouveau droit à la résidence alternée.
par Benoît Lemogne | 30/12/2014 | Réflexions
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Poursuivons notre série d'articles consacrés au lieu de vie des enfants après le divorce. Après avoir posé les termes du débat dans un premier article, nous nous intéresserons aujourd'hui à la prise en compte de la parole des enfants dans la fixation de leur lieu de résidence. La loi du 4 mars 2002 relative à l'autorité parentale incite largement les parents à associer leurs enfants aux décisions qui les concernent, le choix de leur lieu de vie étant particulièrement visé. Les enfants peuvent d'ailleurs demander à être auditionnés par le juge aux affaires familiales, les décisions relatives aux modalités de leur hébergement faisant précisément partie des procédures qui, les concernant, les autorisent à se faire entendre (cf article 388-1 du code civil).
La possibilité d'entendre les enfants dans le conflit qui oppose leurs parents peut représenter à priori une avancée importante dans la reconnaissance des droits des enfants considéré comme des  individus à part entière. Mais il faut bien avoir présent à l'esprit que l'audition des enfants dans un contexte de conflit familial peut présenter des risques qu'il ne faut pas sous-estimer. Il convient en la matière de trouver le juste équilibre entre la considération des enfants comme sujets de droit à part entière et la nécessaire protection dont ils doivent faire l'objet. C'est une matière sensible tant le recueil de la parole des enfants peut être, selon les cas, la pire ou la meilleure des solutions. Dans certains cas, la parole de l'enfant peut même constituer un piège qui se referme sur lui-même. Ainsi l'expérience montre que la prise en compte en justice de la parole des enfants peut créer pour eux d'avantage une source de tourment que d'apaisement. Ce droit donné aux enfants, s'il n'est pas utilisé à bon escient, au lieu de les protéger et de les aider à se structurer, peut bien au contraire les fragiliser ou les affaiblir.
Quels sont les risques de l'audition des enfants ?
D'une façon générale, le risque réside dans le fait de ne pas recueillir la "vraie" parole de l'enfant qui peut sembler être sûr de lui et convaincant alors qu'il ne raconte pas la vérité. En outre, mentir peut être une façon pour l'enfant de se protéger, plus ou moins consciemment. Ainsi, l'enfant peut préférer taire certaines choses dont il sait qu'elles sont de nature à l'éloigner de l'un de ses parents ou il peut préférer ne pas tout dire pour ne pas se compliquer la vie. Il faut rester vigilent sur l'absence de maturité suffisante de l'enfant l'empêchant d'apporter une réponse appropriée à la question consistant à lui demander s'il préfère habiter chez son père ou chez sa mère.  Or il est extrêmement difficile pour un juge de mettre en place les précautions nécessaires pour éviter toute source de "travestissement" de la parole de l'enfant.
Le danger le plus fréquent est le risque d'instrumentalisation de l'enfant par un de ses parents. C'est le risque de l'enfant otage du divorce de ses parents, l'enfant étant purement et simplement utilisé comme un moyen pour l'adulte de parvenir aux résultats escomptés dans le cadre de la procédure, d'autant que la tentation peut être facile dans un contexte de rupture conjugale de tenter de compenser un manque affectif par une relation exclusive avec l'enfant dans le but de plaire et de se faire aimer. L'enfant peut ainsi être confronté à un conflit de loyauté, né de l'impossibilité pour lui de choisir entre deux situations envisageables : si j'aime maman, je rejette ou fais du mal à  papa et vice-versa. Cette situation est insoutenable pour un enfant puisque ses deux parents lui sont chers. Le désarroi est total, l'enfant est tiraillé, ne sachant plus ce qu'il convient de faire. L'enfant ne doit pas être mis dans une situation où il peut avoir le sentiment de trahir l'un de ses parents car il n'est pas armé pour gérer la culpabilité qui va en découler. Il faut alors l'aider à se soustraire de ce dilemme insoluble qui induit l'idée qu'aimer un parent exclut l'amour pour l'autre; l'aider à comprendre qu'ils sont complémentaires, qu'on ne trahit personne en aimant ses deux parents et qu'on abandonne pas l'un en allant retrouver l'autre.
Il est toujours difficile pour un adulte de faire la part des choses dans ce que va dire l'enfant, de discerner ce qui est vraisemblable de ce qui est le fruit d'une manipulation ou même d'un mal-être ou encore d'un manque de maturité de l'enfant qui l'empêche d'apprécier la situation de façon sereine et objective. Il revient à l'adulte qui écoute de savoir garder une autonomie de pensée, un certain recul face à ce qui est dit, de ne pas prendre les choses exprimées pour argent comptant. Ce travail de vigilance et de discernement attendu du juge lui permettra de repérer le parent manipulateur et culpabilisant, qui sait convaincre de la véracité de ses dires face à un conjoint qui ne parviendra à se défendre contre les arguments mensongers si bien présentés. Pour cette raison, il est recommandé d'utiliser l'audition de l'enfant à bon escient, sans jamais lui donner une place prépondérante dans le faisceau d'éléments sur lesquels se fonde le juge pour arrêter sa décision.
par Benoît Lemogne | 25/12/2014 | Réflexions

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Lorsque les parents se séparent, l’une des questions les plus préoccupantes tient à la difficulté de déterminer avec qui les enfants mineurs vont vivre après le divorce. Juridiquement, il s’agit de fixer le lieu de leur résidence. La réforme de 2002 a vu la consécration de la résidence alternée, consistant en un partage entre les parents du temps de présence des enfants auprès de chacun d’eux. Il est dans l’air du temps de se questionner sur cette modalité qui a pris un grand essor en 12 ans, étant même question de l’opportunité de sa généralisation. Nous allons consacrer une longue série d’articles à cette difficile question de la résidence des enfants pour évaluer plus concrètement cette modalité « à la mode » qu’est la résidence alternée. Après avoir posé les éléments du débat, nous terminerons notre discussion d’aujourd’hui en posant la question de la prise en compte de la parole de l’enfant en matière de fixation de son mode de résidence qui fera l’objet d’un prochain article.
Lieu de vie des enfants après le divorce : les éléments du débat
Tant qu’ils sont mineurs, les enfants sont légalement domiciliés chez leur père et mère, chargés d’assurer leur sécurité, leur éducation et de leur donner « le gite et le couvert ». La question se pose quand l’enfant vit chez ses deux parents avant la séparation, ce qui implique qu’il ne fasse pas l’objet d’une mesure d’assistance éducative (vie en foyer) ou d’émancipation (à partir de 16 ans). Quant aux enfants devenus majeurs, ils peuvent bien évidemment encore être accueillis au sein du foyer de leur parents, mais il n’y a plus d’obligation légale pour ses derniers de les recevoir sous leur toit. Ils doivent toutefois encore subvenir à leurs besoins tant qu’ils ne sont pas indépendants financièrement, devant le cas échéant les aider à acquitter un loyer ou encore, s’ils en ont la possibilité, mettre un bien immobilier à leur disposition.
L’enjeu de la « garde » des enfants, pour reprendre la formule communément consacrée, commence avec l’attribution d’un lieu de vie différent pour chacun des parents du fait de leur séparation. Parfois, l’un d’entre eux conserve le domicile familial antérieur et l’autre déménage; d’autres fois, notamment pour des raisons financières ou psychologiques, les père et mère choisissent l’un et l’autre de quitter les lieux. Quelles sont alors les règles régissant le choix entre le domicile maternel ou le domicile paternel? Le droit familial est heureusement devenu plus consensuel et conventionnel au fil des années, le législateur laissant une large place aux arrangements familiaux. L’idéal est que les parents parviennent à fixer la résidence des enfants après leur séparation par consensus.
Dans le choix de l’hébergement, une alternative s’offre aux parents et au juge, la résidence de l’enfant pouvant être fixée au domicile de l’un d’entre eux ou en alternance, chacun se partagent le temps de vie passé avec l’enfant. La première solution est plus classique, l’enfant vivant chez l’un de ses parents, statistiquement surtout chez la mère, et passant un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires avec l’autre parent, qui exerce alors « son droit de visite et d’hébergement », pour reprendre l’expression consacrée dans les décisions de justice. Ce dernier parent conserve néanmoins l’exercice de l’autorité parentale, seule la résidence habituelle de l’enfant étant attribuée exclusivement à l’autre parent. Le juge refusera de donner force de loi à une convention ne préservant pas suffisamment l’intérêt des enfants. C’est en effet le principal critère sur lequel doit s’appuyer le magistrat en la matière pour arrêter sa décision. Il peut ainsi homologuer ou non la convention dans laquelle les parents organisent les modalités d’exercice de l’autorité parentale, et plus précisément le mode d’hébergement des enfants. Pour ce faire, le juge peut être amené à écouter l’enfant pour se forger son intime conviction. Nous aborderons dans un prochain article la question délicate de la prise en compte de l’avis de l’enfant.
par Benoît Lemogne | 15/12/2014 | Réflexions
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Après un divorce, la confiance en soi peut avoir été mise à mal car la séparation de couple est indéniablement source de baisse de confiance. Alors comment tester son niveau de confiance et repérer les éventuelles fragilités ? La mesure de la confiance est par nature très subjective. Une fois de plus, le recours à l’autre peut être utile pour avoir quelques indicateurs précieux. En effet, les autres peuvent se faire une idée de votre niveau de confiance à partir de votre apparence et de vos actes, même si vous êtes le seul à savoir ce qui se passe dans votre tête, à connaître vos véritables tourments. Cet article va vous aider à évaluer votre niveau actuel de confiance.
Nous avons recensé une dizaine d’indicateurs de confiance :
– 1/ la voie à suivre et les valeurs : vous savez ce que vous voulez et où vous allez et ce qui est vraiment important pour vous. Après une rupture, vous pouvez avoir le sentiment d’être ébranlé dans vos certitudes. C’est le bon moment pour entamer une psychothérapie afin de tirer toutes les leçons de votre mésaventure.
– 2/ la motivation : ce que vous faites vous motive et vous fait plaisir; vous pouvez même être complètement absorbé!
– 3/ la stabilité émotionnelle : vous pouvez relever des défis en restant maître de vos émotions; vous vous comportez avec les autres avec calme et sérénité. Vous apprivoiser vos émotions et ne vous laissez pas dépasser par elles.
– 4/ une mentalité positive : Vous restez optimiste et voyez le bon côté des choses même quand vous êtes confronté à des contre-temps; vous avez une vision positive de vous-même et des autres.

– 5/ la conscience de sa valeur : vous êtes conscient de vos capacités et confiant dans l’image que les autres ont de vous.
– 6/ un comportement souple : vous savez adapter votre comportement aux circonstances. Vous pouvez tout aussi bien avoir une vision d’ensemble que vous attacher aux détails. Pour prendre des décisions, vous tenez compte de l’avis des autres.
– 7/ une soif d’évoluer : vous avez le goût du dépassement et prenez chaque jour qui commence comme une occasion d’avancer, de découvrir et d’apprendre. Vous aimez considérer vos découvertes comme de nouvelles expériences.
– 8/ la santé et l’énergie : vous êtes à l’écoute de votre corps, vous le respectez en prenant soin de lui. Vous avez le sentiment que l’énergie circule en vous en toute liberté. Vous gérez les situations de stress sans somatiser.
– 9/ la volonté de prendre des risques : vous avez une capacité d’action face à l’inconnu; vous n’avez pas besoin de tout maitriser pour vous lancer.
– 10/ un but pour votre avenir : vous faites des projets d’avenir et vous vous donnez les moyens de les réaliser.
Autant d’objectifs qu’il est bon de retrouver environ 6 mois après la rupture. En attendant, soyez indulgent et patient avec vous-même : la confiance peut mettre un peu de temps à revenir… Vous pouvez aussi utiliser ces indicateurs pour vous aider à cerner les éventuels blocages qui, générés par un manque de confiance en vous, vous empêchent d’avancer dans la vie et de vous réaliser pleinement.
par Benoît Lemogne | 4/12/2014 | Réflexions
… Pour devenir le super-héros de sa vie !
Continuons notre série relative à la reprise en main de sa vie après une rupture amoureuse. Comment repartir sur de bonnes bases après une rupture difficile? Pour rétablir une relation qui répond à ses besoins, on doit
d’abord assumer sa part responsabilité dans l’échec de la relation ayant entraîné la rupture du couple. Cela peut sembler difficile, voire cruel (si on a été maltraité), mais c’est une prise de conscience indispensable pour pouvoir tirer les leçons de l’épreuve qu’on a vécue. Prendre le temps de faire son travail de deuil de la relation passée pour boucler définitivement la boucle et digérer la rupture.
Reprendre le contrôle de sa vie !
En dépit de ce que vous pouvez penser, vous êtes maître de votre vie; c’est vous qui décidez de la tournure de votre existence et de vos relations en fonction des choix qui s’offrent à vous. Le changement fait partie de la vie : les individus changent, les circonstances changent; les relations changent,… Vous avez le choix de prendre conscience de vos travers pour les maîtriser au lieu de continuer à les subir. Mais accepter le changement et décider de contrôler sa vie vous permettra de construire ultérieurement une nouvelle relation sur des bases enrichies de votre expérience passée avec une confiance accrue. Si vous décidez de faire ce travail d’introspection, afin de trouver votre part de responsabilité dans l’échec de la relation, vous allez alors vous donner les moyens de passer en revue tous les aspects de votre relation pour comprendre ce qui lui manquait pour être épanouissante. Essayez d’être le plus objectif possible. Au besoin, faites vous aider d’un ami-confident ou d’un thérapeute.
Apprendre à mieux se connaître est fondamental pour repartir sur de bonnes bases
Il s’agit d’aller chercher au cÅ“ur de votre personnalité, de creuser jusqu’à la racine des choses, pour prendre conscience de ce qui vous empêche d’être réellement épanoui. La personne avec qui vous réalisez ce travail d’introspection sera attentive aux indices que vous semez dans ce que vous dites et dans la façon dont vous décrivez vos expériences. Ce travail peut être utile pour mesurer le décalage entre la réalité et la perception que vous en avez. On est tous tiré par le bas à cause de nos complexes qui nous freinent et nous empêchent de nous réaliser. Ils altèrent notre confiance et entament notre capacité à saisir les opportunités qui s’offrent à nous pour nous dépasser.
Se prendre en main soi-même
Comme dit le dicton : « On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même! ». A mesure que vous apprenez à mieux vous connaître et à mieux comprendre comment vous fonctionnez, vous avez la possibilité de devenir votre propre coach! C’est en fait moins difficile qu’il n’y parait. Pensez aux qualités d’un coach : il a une vision dépassionnée des performances de son client. Il cherche à étudier minutieusement ce qui se produit avant de faire naître des suggestions de changement ou d’amélioration. Les coach disent ce qu’ils voient, et bien souvent ni plus ni moins : ils font miroir, se contentant de décrire ce qu’ils constatent sans jugement de valeur. Il s’agit de vous entraîner à observer objectivement ce qui se passe en vous et de réfléchir de manière constructive au meilleur moyen d’améliorer la situation.
par Benoît Lemogne | 24/11/2014 | Réflexions
Voulez-vous participer à l’émergence d’un monde meilleur ? Le crowd-funding, financement participatif par internet, est un moyen moderne de le faire.  En abondant au compte de CDC/ Divorce Consulting via bepando http://www.bepando.com , vous favoriserez le développement d’un projet audacieux qui apporte une réponse innovante à un « accident » de la vie qui concerne une personne sur deux : la rupture du couple. Ce modèle novateur mérite d’être soutenu, afin qu’il puisse ensuite être déployé largement.
Qu’est-ce que CDC, Cabinet Divorce Consulting ?
C’est un nouveau cabinet spécialisé dans la séparation des couples qui a vu le jour en 2012 dans le but d’aider les personnes confrontées à  une rupture à ne plus vivre cette épreuve comme un traumatisme, pour eux, mais aussi leurs enfants et leurs proches. Respectueux des valeurs et des convictions de chacun, le nouveau modèle d’accompagnement a pour ambition d’aider le client à ne plus subir sa procédure mais à la maîtriser. L’objectif est de permettre au client de participer activement à la procédure pour la vivre sereinement.
Le parcours du dirigeant du cabinet n’est pas commun : Diplômé Notaire et expert judiciaire dans les aspects patrimoniaux de la séparation (partage des biens et prestation compensatoire), il a fait le constat qu’une approche exclusivement juridique ne permettait pas d’apporter une réponse adéquate à la problématique complexe de séparation des couples. Il a donc suivi une formation en psychologie ciblée sur l’étude des personnalités et la gestion de conflits de couple pour ajouter une approche psycho-affective et mettre enfin l’humain au cÅ“ur de l’accompagnement. L’idée novatrice est de cumuler plusieurs compétences pour permettre une approche globale de la séparation de couple.
Les résultats de cette approche novatrice du divorce sont remarquables. Les clients et correspondants habituels du cabinet témoignent :
Elodie : J’étais démunie devant la complexité de mon divorce, le trouble émotionnel, les démarches administratives, le partage des biens,… J’ai bien fait de consulter Benoît avant de lancer la procédure. Son écoute attentive et bienveillante a eu raison de mes interrogations et de mes craintes. J’ai apprécié ses conseils avisés et clairs au regard de tous les aspects de mon divorce. Son accompagnement personnalisé mêlant son empathie à ses compétences techniques offre un réel soulagement. En plus, il a parfaitement su faire le lien avec l’avocat et le notaire. Ainsi épaulée, j’ai pu vivre sereinement mon divorce.
Claudia, Avocate : « J’ai conseillé à une cliente angoissée par sa procédure de divorce d’aller consulter Benoît. Elle s’est littéralement métamorphosée en quelques semaines et elle m’a bluffée par la pugnacité dont elle a su faire preuve par la suite. En plus, Benoît m’a été d’une aide très précieuse pour préparer mon intervention chez le notaire et affuter mes arguments au sujet de la répartition du patrimoine. L’intervention de Benoît dans le dossier m’a apporté beaucoup de confort de travail tant avec la cliente qu’avec le notaire. Au final, tout le monde est gagnant! »
Arnaud : Quel soutien ! Que dire de ma situation morale et psychologique avant de rencontrer Benoît ? L’état de faiblesse et surtout la sensation de ne pas y voir clair, la perte de confiance en soi et même dans son entourage. Dans ces moments, c’est précieux d’avoir à ses côtés une personne qui est à l’aise avec les sujets financiers mais qui comprend aussi la situation et ses aspects psychologiques… Je me sentais perdu entre l’avocat, le notaire et le juge. J’avais besoin de quelqu’un de bienveillant qui puisse me guider dans tous les aspects de mon divorce. Benoît m’a également fait gagner du temps et de l’argent car sans lui, ma procédure aurait trainé en longueur avec des débats stériles et couteux. Je le recommande vivement… C’est un allié précieux qui m’a aidé à traverser la pire épreuve de ma vie. Je ne sais pas comment je m’en serai sorti sans lui. Mon regret ? Ne pas l’avoir consulté plus tôt.
Lydie, Avocate: « J’ai adressé des clients pour lesquels le divorce bloquait sur un point indiscutable juridiquement mais injuste pour  l’un des conjoints. A force de discussion et d’explication, Benoît a permis de faire émerger  une  solution et de préserver les relations futures des époux entre eux.  Il m’a aussi adressé des clients apaisés car ils avaient pu grâce à son aide accepter le divorce et mieux le vivre, rassurés par les informations reçues sur la liquidation de leur régime matrimonial. Cette écoute facilite ensuite le travail de l’avocat tant sur le divorce que sur le partage des biens ».
POURQUOI CDC A BESOIN DE VOUSÂ ?
Innover dans le domaine du divorce est un sacré challenge ! Après deux années passées à assoir les fondations du cabinet et mettre en place les conditions permettant d’assurer sa pérennité et son développement, mon ambition est désormais de lancer une importante campagne de presse pour faire connaître largement le cabinet et à terme créer une franchise afin de permettre l’installation de cabinets dans toutes les grandes villes de France, avec la mise en place au préalable d’un cursus de formation adéquat. Cela nécessite des moyens financiers importants. Je compte sur votre générosité afin de me donner les moyens de mener à bien ce projet ambitieux.
Vous avez un proche qui a dû traverser un divorce difficile ? Ou vous avez vécu vous-même cette épreuve ? Permettez au maximum de personnes de bénéficier de l’accompagnement que je propose. Aidez-moi à faire en sorte que la séparation des couples ne soit plus vécue comme une épreuve mais constitue une réelle opportunité de reprendre son destin en main et de s’offrir un avenir meilleur.
Je vous invite à abonder au compte de CDC et à faire suivre ce message à 5 personnes de votre entourage, en les invitant à faire de même. Merci pour CDC, merci pour les personnes en détresse que votre geste permettra d’aider !
par Benoît Lemogne | 12/11/2014 | Réflexions
Un nouveau cabinet spécialisé dans le divorce a vu le jour dans le but d’aider les personnes confrontées à la séparation de leur couple à ne plus vivre cette épreuve comme un traumatisme, pour eux, mais aussi leurs enfants et leurs proches. Respectueux des valeurs et des convictions de chacun, le nouveau modèle d’accompagnement a pour ambition d’aider le client à ne plus subir sa procédure mais à la maîtriser. L’objectif est de permettre au client de participer activement à la procédure et de la vivre sereinement.
Le parcours du dirigeant du cabinet n’est pas commun : Diplômé Notaire et expert judiciaire dans les aspects patrimoniaux de la séparation (partage des biens et prestation compensatoire), il a fait le constat qu’une approche exclusivement juridique ne permettait pas d’apporter une réponse adéquate à la problématique complexe de séparation des couples. Il a donc suivi une formation en psychologie ciblée sur l’étude des personnalités et la gestion de conflits de couple pour ajouter une approche psycho-affective et mettre enfin l’humain au cÅ“ur de l’accompagnement.
L’idée novatrice est de cumuler plusieurs compétences pour permettre : Une approche globale de la séparation de couple. Les objectifs sont multiples :
– PRESERVER L’HARMONIE FAMILIALE MALGRE LA SEPARATION, GRACE A UN DIALOGUE AVEC LE COUPLE EN AMONT DE L’ENGAGEMENT DE LA PROCEDURE
– RASSURER LE COUPLE EN SEPARATION, PAR UNE ECOUTE ACTIVE, SANS JUGEMENT, PERMETTANT D’EVITER DECHIREMENTS ET TRAUMATISMES
– EVITER LES PROCEDURES INTERMINABLES, EN SE POSANT EN MEDIATEUR ACTIF EN VUE D’UNE RESOLUTION RAPIDE, SEREINE ET JUSTE DU CONFLIT.
– DANS LES PROCEDURES CONTENTIEUSES, RESTER MAITRE DE SON DESTIN ET OPTIMISER L‘ISSUE DE LA PROCEDURE TANT D’UN PONT DE VUE PERSONNEL QUE PATRIMONIAL
Les résultats de cette approche novatrice du divorce sont remarquables; Les clients et correspondants habituels du cabinet témoignent :
Elodie : J’étais démunie devant la complexité de mon divorce, le trouble émotionnel, les démarches administratives, le partage des biens,… J’ai bien fait de consulter Benoît avant de lancer la procédure. Son écoute attentive et bienveillante a eu raison de mes interrogations et de mes craintes. J’ai apprécié ses conseils avisés et clairs au regard de tous les aspects de mon divorce. Son accompagnement personnalisé mêlant son empathie à ses compétences techniques offre un réel soulagement. En plus, il a parfaitement su faire le lien avec l’avocat et le notaire. Ainsi épaulée, j’ai pu vivre sereinement mon divorce.
Claudia, Avocate : « J’ai conseillé à une cliente angoissée par sa procédure de divorce d’aller consulter Benoît. Elle s’est littéralement métamorphosée en quelques semaines et elle m’a bluffée par la pugnacité dont elle a su faire preuve par la suite. En plus, Benoît m’a été d’une aide très précieuse pour préparer mon intervention chez le notaire et affuter mes arguments au sujet de la répartition du patrimoine. L’intervention de Benoît dans le dossier m’a apporté beaucoup de confort de travail tant avec la cliente qu’avec le notaire. Au final, tout le monde est gagnant! »
Arnaud : Quel soutien ! Que dire de ma situation morale et psychologique avant de rencontrer Benoît ? L’état de faiblesse et surtout la sensation de ne pas y voir clair, la perte de confiance en soi et même dans son entourage. Dans ces moments, c’est précieux d’avoir à ses côtés une personne qui est à l’aise avec les sujets financiers mais qui comprend aussi la situation et ses aspects psychologiques…
Je me sentais perdu entre l’avocat, le notaire et le juge. J’avais besoin de quelqu’un de bienveillant qui puisse me guider dans tous les aspects de mon divorce. Benoît m’a également fait gagner du temps et de l’argent car sans lui, ma procédure aurait trainé en longueur avec des débats stériles et couteux. Je le recommande vivement… C’est un allié précieux qui m’a aidé à traverser la pire épreuve de ma vie. Je ne sais pas comment je m’en serai sorti sans lui. Mon regret ? Ne pas l’avoir consulté plus tôt.
Lydie, Avocate: « J’ai adressé des clients pour lesquels le divorce bloquait sur un point indiscutable juridiquement mais injuste pour l’un des conjoints. A force de discussion et d’explication, Benoît a permis de faire émerger une solution et de préserver les relations futures des époux entre eux. Il m’a aussi adressé des clients apaisés car ils avaient pu grâce à son aide accepter le divorce et mieux le vivre, rassurés par les informations reçues sur la liquidation de leur régime matrimonial. Cette écoute facilite ensuite le travail de l’avocat tant sur le divorce que sur le partage des biens ».
Alors, ne vous angoissez plus au sujet de la séparation de votre couple, donnez-vous les moyens de prendre votre destin en main en consultant le Cabinet Divorce Consulting : http://www.cabinet-cdc.fr
par Benoît Lemogne | 30/10/2014 | Réflexions
Continuons notre série d'articles sur la façon de surmonter une rupture amoureuse. Que faut-il faire pour raccourcir la période de convalescence associée à une séparation douloureuse ou à une rupture sentimentale brutale?
La durée de souffrance psychique et émotionnelle consécutive à la rupture, en général 6 mois, dépend de plusieurs facteurs :
- la capacité psychologique à s'adapter au changement, qui varie selon les individus;
- la capacité à se détacher mentalement de l'amour passé pour s'attacher à vivre le moment présent et se projeter dans un avenir meilleur;
- la faculté à nous concentrer sur de nouveaux centres d'intérêt et les ressources personnelles nous permettant plus ou moins rapidement de tourner la page de cette épreuve de vie.
Quelques conseils pour vous aider psychiquement à tourner la page :
- Combattre les sentiments négatifs et susciter psychologiquement l'attitude mentale de l'espoir en se concentrant sur des lectures encourageantes et en méditant des pensées positives ;
- Mobiliser son esprit par de nouvelles préoccupations absorbantes qui favorisent la santé mentale ; fermer les valves du mal-être en coupant les chaînes d'association qui vous rattache à votre ex-amour : éviter d'écouter la musique qui vous rappelle l'être aimé, de relire ses lettres d'amour, de regarder les photos où vous figurez ensemble, de sentir son parfum, de garder des objets lui appartenant ou qu'il vous a offerts, fréquenter d'autres lieux que ceux que vous fréquentiez ensemble,
- Apprendre à combattre ses mauvaises émotions : quand on ressent physiquement le manque de l'autre, il est conseillé de se vider le cœur avec un ami de confiance ou un thérapeute, de se changer les idées en pratiquant de nouvelles activités sociales, culturelles, sportives,.... qui stimulent la concentration mentale et mobilise l'aptitude physique;
- Augmenter son temps de travail et le niveau de ses performances; se fixer de nouveaux objectifs; accepter de nouvelles responsabilités, une promotion ou un changement de poste de travail ;
- Fréquenter de nouveaux amis; multiplier le nombre de rencontres avec des nouvelles personnes intéressantes ;
Mais au delà de tout, se donner du temps et se faire confiance. Si l'on se sent prisonnier de la rupture, ne pas hésiter à consulter un professionnel pour faire une psychothérapie brève .
par Benoît Lemogne | 20/10/2014 | Réflexions
Nous nous sommes attachés à l’occasion d’un premier article à identifier les différentes phases du deuil d’une relation amoureuse. Nous allons cibler aujourd’hui les moyens qui peuvent aider à mieux vivre chaque étape de la séparation.
Etre bienveillant et patient avec soi-même pour mieux vivre la rupture
Se donner les moyens de se remettre d’une rupture amoureuse commence par prendre soin de soi. Si le deuil est difficile, il peut être utile de mettre par écrit toutes les émotions que l’on ressent pour son ex. Cela permet d’exprimer ses émotions, sa colère, sa peine et de mettre de la distance pour aider à passer à autre chose. Il faut être patient avec soi-même, ne pas hésiter à s’octroyer le droit d’exprimer ses émotions, en pleurant par exemple. Par ailleurs, il faut résister à la tentation de soulager sa souffrance de façon artificielle (alcool, drogue,…) ou en enchaînant tout de suite une nouvelle relation amoureuse.
Faire le bilan de la relation; identifier son profil amoureux !
Pointer autant ce qui nous plaisait que ce qui nous déplaisait dans la relation, sans oublier de reconnaître sa part de responsabilité dans l’échec de la relation. Cela peut vous aider à vous projeter différemment dans une future relation. On peut peut-être constater qu’une dynamique de nos relations et de nos ruptures se répète. Cela peut être l’occasion de faire le point, de réaliser certaines choses et d’envisager des aménagements. Qu’est-ce-qui caractérise le choix de vos partenaires et des relations que vous établissez avec eux? L’attraction physique? Le plaisir partagé? L’affection, la tendresse, la bonne entente ? L’intensité de la passion ? Les intérêts communs ? L’exclusivité dans la relation ? Le don de soi ? En apprenant à mieux cerner vos goûts amoureux, vous vous épargnerez certainement certaines déconvenues à l’avenir!
Savoir s’entourer tout en respectant les périodes de désir de solitude; ne pas hésiter à consulter si on ne s’en sort pas !
Après une rupture, on peut craindre la solitude et tenter de l’éviter absolument. S’il peut être bénéfique de se trouver un nouveau groupe ‘appartenance, une association, un club de sport, il est pourtant tout autant nécessaire de ne pas se fuir soi même et de prendre le temps de se retrouver. Cela permet de retrouver sa vraie personnalité et de se reconstruire pleinement pour recharger les batteries. Si les symptômes physiques comme la perte d’appétit, l’insomnie ou le manque de moral persistent, ou si votre humeur ou votre état général se détériorent, cela signifie que vous avez certainement besoin d’être aidé par un professionnel pour remonter la pente : préférerez alors l’aide psychologique aux médicaments.
Le sentiment d’échec laisse souvent place à de nouvelles perspectives car l’être humain est ainsi fait qu’il se nourrit de ses erreurs pour renaître plus fort.
par Benoît Lemogne | 10/10/2014 | Réflexions
Se remettre d’une rupture amoureuse est une question clé tant la plupart des couples aujourd’hui se sont formés en raison de liens amoureux. Y a-t-il des choses à faire pour alléger la souffrance ou faut-il laisser le temps faire son Å“uvre? Il s’agit de rendre la rupture moins difficile pour finalement tirer profit de l’expérience vécue. Une meilleure compréhension du phénomène de la rupture permet sans doute de mieux traverser l’épreuve et d’apprendre à mieux nous connaître.
Quitter ou être quitté?
La décision de la rupture est rarement prise d’un commun accord; dans la plupart du temps, on décide de quitter l’autre ou c’est l’autre qui prend l’initiative de la rupture. Dans tous les cas, le deuil de la relation est inévitable. Dans le premier cas, le deuil du couple est plus facile mais le processus de décision qui précède la séparation peut être déchirant et rempli de culpabilité, même s’il n’est pas rare qu’il soit suivi par un réel sentiment de soulagement. Dans le second cas, on subit la décision brutale de son compagnon de vie, de façon souvent inattendue. La rupture est un véritable choc qu’on n’a pas anticipé.
Les causes de la séparation
Les principales causes de rupture sont liées à la survenance d’événements imprévus et déstabilisants : maladies, infidélité, déménagements, perte d’emploi, problèmes personnels…
Mais la séparation peut également résulter d’une relation difficile ou insatisfaisante : mauvaise communication, peur de l’engagement, manque de plaisir à être ensemble, absence de soutien affectif, violence physique ou verbale, incapacité à surmonter une étape du développement conjugal (survenance d’un enfant) ou personnel (promotion professionnelle).
Les étapes de la rupture
La détresse ressentie après la rupture amoureuse ressemble à celle ressentie lors d’un deuil, d’où l’intérêt de connaître les étapes progressives du deuil pour se rassurer et rassurer son entourage :
– le choc : on a l’impression de vivre un mauvais rêve, on a du mal à y croire, on va se réveiller…On se sent abattu et confus. Cette réaction est un réflexe de l’organisme qui bloque tout le système émotionnel. Il est préférable d’avoir quelqu’un à ses côtés pour être soutenu. A ce stade du processus de deuil, ne pas succomber à la tentation de prendre de grandes décisions ayant des effets à long terme (changer d’emploi, déménager, se réorienter professionnellement,…).
– le déni et le retrait : On attend le retour du partenaire de vie : il va réaliser qu’il fait une erreur et revenir. Généralement, à ce stade les symptômes suivants sont courants : perte d’énergie, manque d’appétit, manque ou excès de sommeil, douleurs physiques, colère, sentiment de honte, envie de s’isoler.
– la reconnaissance et la douleur : période la plus longue et la plus pénible : on réalise qu’on a perdu un partenaire et un mode de vie; mais la reconnaissance de cette perte est nécessaire pour aller de l’avant. Il faut assumer cette période de tristesse. Il est préférable d’être entouré pendant cette phase difficile.
–l’adaptation et le renouvellement : On commence à sortir la tête de l’eau et cette difficile épreuve peut devenir une expérience qui nous enrichit. On commence à cicatriser les blessures. C’est le moment idéal pour se lancer dans de nouveaux projets. Il faut accepter de partir à la recherche de nouvelles sources de satisfaction.
Nous nous attacherons à l’occasion d’un prochain article à cibler les moyens qui peuvent aider à mieux vivre chaque étape de la séparation.
par Benoît Lemogne | 1/10/2014 | Réflexions
Dans le prolongement de notre série d’articles sur la place à accorder aux enfants lors de la séparation du couple, intéressons-nous aujourd’hui au bouleversement provoqué par l’arrivée du premier enfant au sein du couple. L’arrivée d’un enfant, surtout lorsqu’il s’agit du premier enfant du couple, est une grande source de déstabilisation dans la vie du couple qu’il ne faut pas sous-estimer. Même si la survenance du bébé est la consécration ultime de l’amour, source de ciment du couple; c’est aussi l’arrivée d’un tiers qui fait intrusion dans l’intimité du couple. C’est d’autant plus difficile pour les couples « miroirs », très amoureux et passionnés qui s’articulent autour d’une « narcissisation » mutuelle. L’arrivée de l’enfant produit de l’altérité; elle est vécue comme un séisme, créant de la différenciation entre les parents qui ne forment plus une seule entité, homme et femme, mais deviennent parents, père et mère, avec une nouvelle responsabilité à gérer. Il s’agit d’adapter la nouvelle entité du couple à l’arrivée de l’enfant. Il faut être patient car :
Psychologiquement, tout le monde est perturbé :
– Le nourrisson d’abord ! Après environ neuf mois dans le cocon des entrailles de sa mère, quel bouleversement que de venir au monde! Le changement d’univers est radical, d’autant plus que cela commence par apprendre à respirer. Plus question d’être nourri par le cordon ombilical!… Et que de choses à découvrir dans ce nouveau monde! Le nouveau-né est alors complètement dépendant de ses parents.
– La mère ensuite : après le soulagement de l’accouchement, il faut bien souvent gérer le baby blues. Même si souvent les choses viennent naturellement, par instinct, certaines mères ont du mal à s’attacher immédiatement à leur progéniture et peuvent avoir besoin d’un peu de temps pour apprivoiser leur instinct maternel et acquérir les attitudes d’une « bonne mère ».
– Le père également : passer du statut d’amant au statut de père n’est pas évident. Ce passage est souvent source de prise de conscience d’une nouvelle responsabilité qui peut déstabiliser le jeune père, pas encore assez mur pour faire face à ses nouvelles obligations. Par ailleurs, le corps de sa femme peut avoir changé et il peut être difficile de désirer sa femme devenue mère…
Quelques conseils pour bien vivre l’arrivée de l’enfant
– Associer les deux parents au désir d’enfant ! Cela semble évident mais la survenue d’un enfant doit avant tout être un projet de couple et il est très mal venu pour un époux d’imposer un enfant contre le gré son conjoint. Il faut se donner les moyens de préserver un espace pour le couple, en dehors de celui de parent.
– Se donner les moyens de s’adapter à la nouvelle situation, en se préparant à passer du stade de couple conjugal à celui de couple parental et se poser les questions utiles dont on discutera avec son conjoint : Quels parents ai-je eu? Quel parent veux-je être? Quel rôle de parent aimerais-je voir prendre par mon partenaire? Quel couple parental souhaitons-nous être ?
– Ne pas prendre l’enfant pour ce qu’il n’est pas, ne pas lui allouer une fonction qu’il n’a pas à prendre : mais combien de personnes en mal de couple pensent que l’enfant est la solution miracle pour assurer la longévité d’un couple. L’enfant doit être désiré pour lui-même et non pour les bienfaits qu’il est sensé apporter au couple.
– Anticiper l’organisation de la nouvelle vie avec l’enfant. Dans notre rôle de parent, de quoi avons-nous besoin chacun pour trouver notre équilibre (répartition du temps, des taches relatives à la prise en charge du nouveau né, place du travail, des loisirs et des amis dans la nouvelle organisation)?
– Continuer à avoir des rapports intimes ! Ne pas sacrifier l’intimité du couple, éviter de dormir dans la même pièce que son bébé, ou pire dans le même lit!… La dimension érotique du couple ne doit pas disparaître avec l’arrivée de l’enfant. Retrouver la sexualité peut passer par la tendresse, qui doit prendre place dès avant la naissance pour servir de relais après l’arrivée du bébé, lorsque la libido est un peu en berne. Redonner une place à la sexualité dans le respect du rythme de chacun est un enjeu de communication pour le couple.
En conclusion, il faut généralement laisser le temps faire son œuvre. Si les choses ne retrouvent pas un cours normal au bout de quelques mois, ne pas hésiter à aller consulter un thérapeute.
par Benoît Lemogne | 24/09/2014 | Réflexions
Nous achevons notre série d’articles consacrés à l’importance de la place à accorder aux enfants lors de la séparation de leurs parents pour nous attacher aujourd’hui à décrire la façon dont il faut gérer la séparation vis à vis des enfants dans l’optique de rendre cet événement le moins traumatisant possible pour eux.
La place à donner aux enfants au moment de l’élaboration des modalités de la nouvelle organisation familiale après la séparation des parents
Pour prévenir la souffrance des enfants, victimes des conflits conjugaux, il est utile de réfléchir, en bonne intelligence et en amont de la procédure judiciaire, sur la façon de mettre l’intérêt de l’enfant au cÅ“ur des modalités d’élaboration de la nouvelle organisation familiale. L’objectif est d’aider les parents à recentrer leur réflexion sur le sort des enfants qui soudainement voient leur vie basculer avec un sentiment d’impuissance extrême. Les parents doivent être sensibilisés sur les avantages, autant pour eux que pour leurs enfants, à privilégier une procédure de séparation amiable, ce qui implique un effort de communication au sein du couple et avec les enfants. La question de l’arrêt de l’amour entre les parents doit être abordée car laisser cette question sans réponse trop longtemps peut perturber le développement de l’enfant, l’empêchant de se trouver une nouvelle place au sein de la nouvelle organisation familiale. Par ailleurs, confronté à l’inconnu, l’enfant n’a d’autre issue que d’imaginer, avec le risque de se forger des visions erronées sur les causes réelles de la rupture.
L’enfant s’imagine souvent à tort être la cause des mésententes conjugales
Ainsi, l’enfant pense que si ses parents se disputent et se séparent, c’est à cause de lui. Il va donc chercher à réparer la désunion conjugale, s’improvisant gardien de l’unité du couple parental. S’il n’y parvient pas, il risque de vivre son échec comme la preuve qu’il est bien la cause de la déliaison de ses parents : à cause des insuffisances de son travail scolaire, des conflits latents qui opposent ses parents au sujet de son éducation ou encore de la jalousie possessive dont ils rivalisent à son égard. Il est primordial de rassurer l’enfant de ne pas être la cause de la brisure du couple de ses parents. Il doit pouvoir concevoir de rester, sans trouble, l’enfant de ses deux parents et être sûr que personne ne lui en veut, qu’il n’a rien perdu de l’amour parental. L’âge de l’enfant n’a pas d’importance : il ne faut pas négliger de communiquer avec son enfant sous prétexte qu’il est encore tout petit. Au contraire, c’est un âge auquel il est encore plus sensible aux changements car moins armé pour s’y adapter. Le jeune enfant peut même aller jusqu’à s’imaginer être en danger d’abandon, ce qui représente une crainte insupportable pour lui. Il ne faut pas hésiter à s’adresser à lui directement, les yeux dans les yeux pour lui délivrer une parole rassurante sur la permanence du lien qu’il a avec ses deux parents. L’enfant doit être averti de ce qui va se passer car ce qui est prévisible est moins angoissant que ce qui est subi sans comprendre et sans réponse aux questions que le bouleversement génère.
Dès la naissance, les parents inspirent une confiance naturelle aux enfants; et cette confiance risque de s’altérer dans le cas de mésentente ou de séparation, car pour l’enfant les parents sont seuls garants de ses repères dans la vie : de la vie contre la mort, de l’amour contre l’abandon, de la sécurité contre l’incertitude, … Les fondements de la sécurité de base se mettront en place selon que les événements de la vie quotidienne seront rassurants ou angoissants. Une séparation est une brisure : l’enfant a le sentiment de perdre l’appui de ses parents pour trouver la stabilité dont il a besoin pour se construire et il va devoir compter de plus en plus sur lui-même pour vivre, avec le risque de progressivement épuiser ses propres ressources dont il a besoin pour finir d’achever sa construction psychique jusqu’à l’âge adulte. Si l’enfant ressent un sentiment de fragilité en son fort intérieur, cela peut le conduire plus tard à des comportements additifs de dépendance tels que la toxicomanie, la boulimie, l’anorexie et les relations de couple à répétition avec le besoin de retrouver les éternels recommencements des débuts pulsionnels de la relation.
En résumé, il ne faut pas négliger l’impact sur l’enfant de la mésentente ou de la séparation du couple parental. Il faut se mettre d’accord entre père et mère sur les aménagements que la situation génère dans sa vie quotidienne et lui expliquer les choses au fur et à mesure afin de ne pas le laisser seul dans l’inconnu.
par Benoît Lemogne | 15/09/2014 | Psychologique
Nous continuons notre série d’articles consacrés à la place des enfants dans la séparation de leurs parents. Après avoir commencé à réfléchir sur l’importance de ne pas négliger l’impact sur les enfants de la séparation de leurs parents, qui représente pour eux un bouleversement de nature à impacter durablement leur existence (http://t.co/kcoiBUzOjw), nous nous sommes penchés sur la délicate question de l’audition des enfants en justice (http://t.co/FqVg3zIw9k). Nous allons maintenant nous intéresser aux aspects plus psychologiques du trouble causé chez l’enfant par la rupture amoureuse de ses parents. Les conflits conjugaux, et à fortiori les ruptures des couples parentaux, sont rarement sans effet sur le psychique des enfants. L’instabilité croissante des liens familiaux témoigne d’une déstabilisation de l’individu et de sa difficulté à s’insérer dans l’existence, étant de plus en plus souvent enclin à gérer les crises par des réflexes de rupture.
Beaucoup de jeunes connaissent ainsi des troubles de filiation qui les handicapent pour acquérir leur identité et se socialiser.
Les enfants vivent les crises et les ruptures conjugales comme des menaces susceptibles de les fragiliser psychologiquement, en contrariant la construction de leur personnalité, même si parfois les enfants se sentent soulagés de ne plus être soumis perpétuellement aux conflits conjugaux grâce à la séparation de leurs parents. Bien entendu, tous les enfants ne sont pas impactés de la même façon et le conflit conjugal ou la séparation sera plus ou moins bien accepté et assumé selon la nature de l’enfant qui y est confronté. C’est une situation qui malheureusement se banalise et le fait pour les enfants de côtoyer dans leur univers proche d’autres camarades étant dans la même situation les aidera à relativiser leur situation. A l’inverse, ceux qui vivent dans un climat familial harmonieux s’inquiètent de la désunion possible de leurs parents quand ils constatent, à l’école, le nombre croissant de camarades issus de familles dissociées ou recomposées.
Nous mettons ici le doigt sur l’un des paradoxes de la psychologie enfantine qui souhaite à la fois inconsciemment séparer ses parents pour mieux les posséder et redoute leur désunion dans la crainte d’être abandonné. Ce phénomène peut donner lieu à d’étranges témoignages d’enfants, certains étant tellement déstabilisés par le deuil d’une relation familiale épanouissante qu’ils vont même jusqu’à avouer préférer la mort de leurs parents. La séparation des parents peut aussi rendre plus compliqué la résolution du complexe d’Å’dipe qui consiste à se séparer et à renoncer à l’exclusivité parentale car avec la désunion de ses parents, l’enfant ne peut se défaire d’une réalité dont il est déjà séparé. La séparation peut perturber l’enfant au sujet de l’appréhension de la notion d’amour car les parents vont utiliser le même vocable pour décrire le lien affectif qui existait entre eux et celui qui existe entre eux et l’enfant. Dire à un enfant : « papa et maman ne s’aiment plus mais ils t’aiment encore » n’a pas de sens. L’enfant est en droit de penser : si vous ne vous aimez plus, vous ne pouvez plus m’aimer non plus. C’est ainsi que l’enfant ressent la rupture.
La plupart des difficultés vécues dans l’enfance aura des répercussions à l’âge de l’adolescence ou adulte. Pour nombre d’entre eux, l’onde de choc se manifestera en effet plusieurs années après, généralement lors des premiers émois amoureux. Il faut être tout autant attentif à l’enfant qui ne semble pas atteint qu’à celui qui montre des signes de mal-être. Il faut toutefois relativiser les choses car si les enfants du divorce manifestent des troubles du comportement, statistiquement ils ne présentent pas de troubles psychopathologiques plus importants que dans le reste de la population juvénile. C’est la mésentente qui perturbe le plus l’enfant dans la mesure où il ne sait plus très bien s’il doit continuer à faire confiance à ses deux parents. Il leur fait moins confiance dans la mesure où ils sont incapables de résoudre leurs problèmes affectifs, ce qui le déstabilise beaucoup.
Les conséquences psychologiques de la mésentente des parents sur les enfants
L’enfant, pour se construire, a besoin de participer à la cohérence parentale. Si cette cohérence est rompue, l’enfant peut avoir le sentiment de vivre un sentiment d’effondrement intérieur. Cette réaction s’explique par le fait que la relation affective avec les figures parentales fonde l’unité de la psychologie de l’enfant, le stabilise et assure le contact vital avec le monde extérieur : il s’appuie sur cette relation pour exister et trouver des modalités relationnelles avec les autres. L’amour des parents entre eux est primordial à la construction affective de l’enfant car l’amour parental ne prend sens qu’à partir de l’amour conjugal. Avec la séparation de ses parents, le monde s’écroule, l’enfant subit la perte de ses repères, la perte d’un état qui le renvoie à un sentiment d’abandon et à un sentiment de solitude sans protection.
En effet, l’enfant apprend la vie en société à partir de son expérience familiale. Il est le témoin de la façon dont ses parents sont capables de résoudre les divers problèmes de l’existence, à commencer par ceux de la vie domestique. Ainsi donc, les échecs parentaux vont faire naître des doutes dans l’esprit de l’enfant : Puis-je réussir là où mes parents ont échoué? Le rôle des adultes est d’être médiateur entre l’enfant et le monde extérieur. L’instabilité du lien conjugal va provoquer chez l’enfant un risque d’immaturité et d’instabilité affective. L’adolescent peut être enclin à se précipiter trop tôt dans des relations de couples précoces: la recherche de relations pseudo-amoureuses et transitoires pour se rassurer, à travers lesquelles l’adolescent est dans la recherche de soi à travers l’autre.
par Benoît Lemogne | 12/09/2014 | Réflexions
A l’occasion d’un premier article publié récemment (http://t.co/kcoiBUzOjw), on a commencé à réfléchir sur l’importance de ne pas négliger l’impact sur les enfants de la séparation de leurs parents qui représente pour eux un bouleversement important de nature à impacter durablement leur existence alors qu’ils n’ont pas encore les armes nécessaires pour se protéger. Nous allons aujourd’hui nous pencher sur la délicate question de l’audition des enfants en justice, nombre de parents et d’acteurs judiciaires étant favorables à recueillir la parole des enfants pour aider à trancher les séparations conflictuelles.
Quels sont les enjeux de l’audition des enfants ?
La possibilité d’entendre un enfant dans le conflit qui oppose ses parents peut représenter à priori une avancée importante dans la reconnaissance des droits de l’enfant considéré comme un individu à part entière. Mais il faut bien avoir présent à l’esprit que l’audition de l’enfant dans un contexte de conflit familial peut présenter des risques qu’il ne faut pas sous-estimer. Il convient en la matière de trouver le juste équilibre entre la considération de l’enfant comme sujet de droit à part entière et la nécessaire protection dont il doit faire l’objet. C’est une matière sensible tant le recueil de la parole de l’enfant peut être, selon les cas, la pire ou la meilleure des solutions. Dans certains cas, la parole de l’enfant peut même constituer un piège qui se referme contre lui-même. Ainsi l’expérience montre que la prise en compte en justice de la parole de l’enfant peut créer pour lui d’avantage une source de tourment que d’apaisement. Ce droit donné à l’enfant, s’il n’est pas utilisé à bon escient, au lieu de le protéger et de l’aider à se structurer, peut bien au contraire le fragiliser ou l’affaiblir.
Quels sont les risques de l’audition des enfants ?
D’une façon générale, le risque réside dans le fait de ne pas recueillir la parole « vraie » de l’enfant. On a tous encore en mémoire le drame de l’affaire d’Outreau en 2001. Même si le contexte est différent, l’avis de l’enfant doit être écouté avec beaucoup de circonspection car l’enfant peut sembler être sûr de lui et convaincant alors qu’il ne raconte pas la vérité. En outre, on sait que ne pas dire la vérité n’est pas forcément mentir. De même, mentir peut être une façon pour l’enfant de se protéger, plus ou moins consciemment. Ainsi, l’enfant peut préférer taire certaines choses dont il sait qu’elles sont de nature à l’éloigner d’un de ses parents ou il peut préférer ne pas tout dire pour ne pas se compliquer la vie. Il faut rester vigilent sur l’absence de maturité suffisante de l’enfant l’empêchant, par exemple, d’apporter une réponse appropriée à la question consistant à lui demander s’il préfère habiter chez son père ou chez sa mère. Or il est extrêmement difficile pour un juge de mettre en place les précautions nécessaires pour éviter toute source de « travestissement » de la parole de l’enfant. Quoi qu’il en soit, il est primordial d’avoir à l’esprit qu’il existe un intérêt primordial pour l’enfant de continuer à avoir des relations avec ses deux parents.
Le danger le plus fréquent est le risque d’instrumentalisation de l’enfant par un de ses parents. C’est le risque de l’enfant otage du divorce de ses parents, l’enfant étant purement et simplement utilisé comme un moyen pour l’adulte de parvenir aux résultats escomptés dans le cadre de la procédure, d’autant que la tentation peut être facile dans un contexte de rupture conjugale de tenter de compenser un manque affectif par une relation exclusive avec l’enfant dans le but de plaire et de se faire aimer. L’enfant peut ainsi être confronté à un conflit de loyauté, né de l’impossibilité pour lui de choisir entre deux situations envisageables : si j’aime maman, je rejette ou fais du mal à papa et vice-versa. Cette situation est insoutenable pour un enfant puisque ses deux parents lui sont chers. Le désarroi est total, l’enfant est tiraillé, ne sachant plus ce qu’il convient de faire. L’enfant ne doit pas être mis dans une situation où il peut avoir le sentiment de trahir l’un de ses parents car il n’est pas armé pour gérer la culpabilité qui va en découler. Il faut alors l’aider à se soustraire de ce dilemme insoluble qui induit l’idée qu’aimer un parent exclut l’amour pour l’autre; l’aider à comprendre qu’ils sont complémentaires, qu’on ne trahit personne en aimant ses deux parents et qu’on abandonne pas l’un en allant retrouver l’autre.
Un autre phénomène de nature à altérer l’avis de l’enfant est le chantage affectif dont il peut être victime de la part d’un de ses parents. Il va ainsi subir la crainte de perdre le parent le plus fragile (ou qui se présente comme tel), qui le pousse à se couper de son autre parent. Généralement, le parent manipulateur, à force de mensonges et de dénigrements répétés va abimer les sentiments qu’éprouve l’enfant manipulé à l’égard du parent dénigré. Attendant de son enfant qu’il compatisse à sa propre souffrance, il va l’instrumentaliser pour assouvir un désir de revanche, voire de vengeance, sur le partenaire qui aurait trahi. L’enfant aura tendance à prendre le parti de celui qui paraît le plus faible à ses yeux.
Il est toujours difficile pour un adulte de faire la part des choses dans ce que va dire l’enfant, de discerner ce qui est vraisemblable de ce qui est le fruit d’une manipulation ou même d’un mal-être ou encore d’un manque de maturité de l’enfant qui l’empêche d’apprécier la situation de façon sereine et objective. Il revient à l’adulte qui écoute de savoir garder une autonomie de pensée, un certain recul face à ce qui est dit, de ne pas prendre les choses exprimées pour argent comptant. Ce travail de vigilance et de discernement attendu du juge lui permettra de repérer le parent manipulateur et culpabilisant, le beau parleur qui sait convaincre de la véracité de ses dires face à un conjoint qui ne parviendra à se défendre contre les arguments mensongers si bien présentés. Pour cette raison, il est recommandé d’utiliser l’audition de l’enfant à bon escient, sans jamais lui donner une place prépondérante dans le faisceau d’éléments sur lesquels se fonde le juge pour arrêter sa décision. Un prochain article nous donnera l’occasion d’aborder les éléments plus psychologiques du trouble causé chez l’enfant par la rupture amoureuse de ses parents.
par Benoît Lemogne | 9/09/2014 | Réflexions
L’impacte de la rupture du couple parental sur les enfants n’est pas à négliger tant la séparation de leurs parents représente pour eux un bouleversement important de nature à impacter durablement leur existence. Nous allons consacrer une longue série d’articles à ce sujet afin d’apporter un éclaircissement suffisamment complet sur cette difficile problématique de la prise en compte de l’intérêt de l’enfant à l’occasion de la séparation de ses parents. Les enfants sont souvent les principales victimes des tensions inhérentes à la séparation de leurs parents. La rupture du couple parental mobilise en effet tant d’enjeux qu’elle constitue souvent un moment où incompréhension et souffrance des adultes laissent la place à la colère, aux non-dits et à nombre de sentiments confus aboutissant à un conflit qui se déplace de façon récurrente de la sphère conjugale à la sphère parentale, reléguant l’intérêt de l’enfant au second plan. La priorité en la matière est de maintenir, autant que faire se peut, le lien de l’enfant avec ses deux parents, en dépit de leur séparation.
Les enfants souffrent généralement moins de la séparation en tant que telle que des circonstances de celle-ci
Les enfants vont être sensibles aux conditions de la séparation de leurs parents, étant peu en capacité de se protéger par eux-mêmes des conséquences déstabilisantes, voire même destructrices de la rupture du couple parental. Pour un enfant, la séparation de ses parents, même si elle se passe bien, représente généralement une grande souffrance à tel point que la majorité des enfants continuent à espérer longtemps secrètement la reconstitution du couple originel de leurs parents. La séparation des parents peut même dans certains cas représenter une véritable violence psychologique pour les enfants qui deviennent les victimes impuissantes des relations conflictuelles des adultes. Ne dénombre-t-on pas un nombre croissant d’enfants victimes de la séparation de leurs parents dans les consultations de ville des pédopsychiatres? Il serait bien évidemment plus utile d’accompagner les parents lors de l’élaboration des modalités de leur séparation avec une approche psycho-affective avant d’aborder l’étape délicate de la phase judiciaire de la procédure. Cela permettrait de dédramatiser la séparation en favorisant un climat de nature à faire recouvrer aux parents une communication apaisée pour parler ensemble de l’avenir de leurs enfants. Au lieu de cela, nombre de parents restent otages de leur conflit, ce qui les déresponsabilise complètement et les rendent incapable d’assumer les devoirs qu’ils ont à l’égard de leurs enfants. 
Cette médiation parentale préalable à toute action judiciaire permettrait aux époux d’éviter les affres de la procédure contentieuse de séparation.
En matière de séparation de couple, on déplore encore toujours un nombre trop important de procédures conflictuelles. Or le recours à la justice pour fixer les modalités de la séparation du couple est loin d’être une solution satisfaisante pour apaiser les tensions au sein du couple parental.
En premier lieu, le simple fait de recourir à la justice pour arrêter les modalités de la séparation ne favorise pas l’apaisement du conflit, ne permettant pas de responsabiliser les parents et de les remettre sur le chemin d’une communication constructive car le juge aux affaires familiales ne peut que trancher le débat, notamment sur la résidence de l’enfant et les contributions financières des parents (pensions alimentaires), au vu des pièces communiquées, des dires des parents et des conclusions des avocats. L’expérience montre que le climat initial déjà délicat est très souvent aggravé par l’effet d’emballement de la procédure judiciaire à cause des pièces et attestations produites au dossier, des paroles prononcées lors de l’audience ou des conclusions et plaidoiries des avocats. Le conflit est alors cristallisé et la décision judiciaire, si elle apporte une réponse en fixant un cadre aux relations parentales, n’agit aucunement sur la source du conflit.Il faut changer les mentalités : les époux ne doivent plus se considérer sous tutelle de leur avocat ou du juge aux affaires familiales.
Par ailleurs, les juges ont souvent recours à l’enquête sociale, parfois accompagnée d’une expertise psychologique, voire psychiatrique, d’un parent, des deux parents, voire de l’enfant ou de toute la famille… En pratique, de telles mesures sont souvent ordonnées par les juges à la demande des avocats. L’expérience montre que bien souvent au lieu de représenter de simples aides à la prise des décisions de justice, les enquêtes sociales orientent bien trop directement ces décisions, les juges ayant tendance à s’appuyer sur le travail de l’enquêteur social ou de l’expert judiciaire pour fonder leurs décisions. Dans le pire des cas, les enquêtes sociales ou les rapports d’expertises ne font qu’alimenter le conflit, étant utilisés dans leurs points négatifs et stigmatisés par les conseils des parents à l’appui de leurs prétentions parfois discutables, ce qui ne fait que figer ou même renforcer les prises de position de chacun dans un combat déloyal.
Un enfant, pour se structurer psychiquement, a besoin de ses deux parents capables de se respecter et de dialoguer ensemble en bonne intelligence des questions le concernant, dans le sens de son seul intérêt. En évitant les inconvénients du recours à la procédure judiciaire, puisque le juge ne va plus être consulté que pour valider les modalités choisies d’un commun accord par les conjoints, l’approche psycho-affective de leur séparation permettrait aux époux de tenir pleinement leur rôle de parent à l’égard de leur l’enfant . Nous aborderons dans un prochain article de la série consacrée à la place des enfants dans la séparation de leurs parents la délicate question de l’audition de l’enfant en justice.
par Benoît Lemogne | 3/09/2014 | Autres
Un premier article publié la semaine dernière (http://t.co/Cofb7FWU5t) nous a permis d’appréhender l’avantage pour les époux se séparant de se faire accompagner par un tiers intervenant auprès d’eux avec une double approche émotionnelle et juridique préalablement au déclenchement de la procédure officielle de séparation.Il est un fait qu’une séparation de couple mobilise des enjeux à la fois psycho-affectifs et juridiques. Or les psychologues ne sont pas formés en droit, pas plus que les juristes en psychologie… Le recours à un intervenant tiers va permettre la mise en place d’un climat de nature à contribuer à l’apaisement du conflit affectif et propice à une discussion raisonnée et dépassionnée qui permettra aux époux d’envisager sereinement les modalités de leur séparation et de gérer avec beaucoup plus d’apaisement la phase judiciaire de leur procédure. Témoin confidentiel de l’intimité des couples, le consultant permet en effet aux époux d’appréhender autrement leurs différends et les enjeux de leur séparation, dans un climat beaucoup plus propice à l’apaisement que celui de la scène judiciaire.
La première phase d’accompagnement de la séparation consiste à recevoir les époux séparément
Le premier entretien permet tout d’abord de s’exprimer en totale liberté sur ce qu’on a sur le cÅ“ur sans craindre d’être jugé ou « recadré ». Commencer le travail d’accompagnement hors la présence du conjoint permet de libérer réellement la parole car on ne dira pas en sa présence la moitié de ce qu’on osera exprimer en son absence. Il existe de nombreux aspects affectifs de la séparation ou des questionnements qu’on a du mal à assumer vis à vis de son partenaire de vie ou qui peuvent être délicates à aborder en présence de la personne dont on se sépare. L’objectif de l’accompagnement des époux est de leur permettre de mieux appréhender les enjeux de la séparation, dans tous ses aspects et principalement dans ses dimensions juridiques et psycho-sociales, sans crainte d’être jugé et dans la plus grande confidentialité.
Par ailleurs, le consultant a besoin de connaître l’histoire du couple, les circonstances de la rencontre, les raisons qui ont amener à une vie commune, les éléments majeurs (positifs ou négatifs) de la vie de couple, et bien entendu les circonstances amenant le couple à se séparer, les enjeux de cette séparation, les espoirs, les craintes, les doutes,… Avoir le récit de ces éléments par chacun des époux séparés permet au consultant de se faire une idée assez précise des trois personnalités en jeu : celle de chaque membre du couple et celle du couple, qui constitue une entité distincte de celle de ses membres.
On permet ainsi à la personne de s’exprimer sur ce qu’elle vit, comprend et ressent; de s’ouvrir en toute sécurité, de se confier et d’anticiper les modalités de la séparation tant d’un point de vue affectif que juridique, pour créer une cohérence complète dans l’organisation de la vie après la séparation. Le but est de favoriser une appréhension différente des enjeux de la rupture et d’ouvrir des perspectives sur des convergences de vue avec le conjoint, dans une perspective « gagnant/gagnant ».
La seconde phase d’accompagnement de la séparation peut se passer en présence des deux époux
La seconde phase d’accompagnement, dans laquelle les époux sont en présence, leur offre l’opportunité d’explorer en sécurité ce qui est source de conflit entre eux et se donner les moyens d’élaborer ensemble des modalités concrètes et singulières qui leur conviendront à eux deux. Favoriser une rencontre entre deux personnes qui traversent un conflit, s’assoir l’un à côté de l’autre pour réfléchir et envisager ensemble les meilleurs compromis possibles permettant à chaque protagoniste d’envisager une vie sereine après la rupture.
C’est pour le consultant donner les moyens aux époux d’avoir un échange de point de vue dans un climat apaisé de non-violence. La transformation du conflit par les personnes qui ne sont plus objet dans le combat contre l’autre mais redeviennent sujet de leur avenir, est une expérience qui permet de recouvrer une capacité à communiquer différemment. C’est lorsque ces personnes, dégagées des enjeux du conflit, retrouvent leur liberté et leur autonomie, qu’elles parviennent à s’accorder sur les bases d’un nouveau lien : celui de la co-responsabilité. Il faut changer les mentalités : les époux ne doivent plus se considérer sous tutelle de leur avocat ou du juge aux affaires familiales. Ils doivent être entendus comme ayant la capacité de décider ensemble, comme ils le faisaient avant la séparation, en préservant les enfants du conflit parental. Pour réussir, l’intervention d’un tiers qualifié, indépendant des pressions extérieures (social, familial, judiciaire…) est un réel atout. Il va à la fois les laisser libres de s’engager dans cette démarche et les soutenir pour pouvoir penser leur propre projet, dans un cadre sécurisé et sécurisant.
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par Benoît Lemogne | 27/08/2014 | Réflexions
Alexandre Dumas ne disait-il pas : « La chaine du mariage est si lourde qu’il faut être deux pour la porter, parfois trois »? A quoi répond l’humour noir plus pénétrant encore de Taine : « On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans, et les enfants recommencent »… On a déjà glosé sur l’impermanence du couple menacé par de multiples dangers. Cette tendance lourde est constante, tant dans les années 70 déjà on estimait à seulement 10% le nombre de couple qui atteignaient un réel bonheur durable. On constate le progrès accompli depuis lors pour ne plus rester prisonnier d’un couple dysfonctionnant. Aujourd’hui, la séparation du couple provoquée par le constat de son échec, peut induire moins de souffrance que son maintient à tout prix, qui est souvent une bombe à retardement pour les enfants dans le domaine de leur construction affective. Mais pour rebondir sur les propos d’Alexandre Dumas,
La solution pour bien gérer sa séparation n’est-elle pas de se faire aider par un tiers compétent et bienveillant ?
Car au problème de la gestion des conflits à l’occasion de la séparation des couples, la loi n’envisage qu’une réponse de nature essentiellement juridique et judiciaire. Or en matière familiale, l’approche juridique est par essence insuffisante, et ce pour au moins deux raisons: La première tient au fait que la décision de justice, si elle se contente de trancher les différends qui opposent les membres du couple, n’aura pas d’incidence sur le conflit qui sous-tend la procédure. La seconde raison, induite de la première, est que le conflit ne peut être dépassé ou évité que par une approche émotionnelle de la problématique de séparation, pour ne pas dire parfois même psychologique. Car la gestion d’une séparation de couple ne peut être efficace qui si elle investit à la fois la sphère émotionnelle et juridique. Ce sont donc les deux domaines que doit investir le tiers intervenant pour aider le couple à trouver les moyens de se séparer sans heurt. Plus précisément :
L’accompagnement de la séparation doit être de nature émotionnelle avant d’être juridique
Le but de l’accompagnement des époux est de leur permettre de s’approprier les décisions à prendre dans le cadre de leur séparation en les incitant à prendre une part active à l’élaboration des modalités à mettre en Å“uvre. Cela passe notamment par un changement de l’image que les époux ont de leur séparation, en passant du « divorce-sanction » au « divorce-remède » à un couple qui ne fonctionne plus et peut même devenir destructeur. Il convient de favoriser la communication entre les époux pour restaurer un lien malgré la souffrance de la séparation car il est bien dans l’intérêt des époux de s’entendre, sur toutes les modalités de la séparation, qu’elles aient trait aux délicates questions d’ordre patrimonial ou aux problématiques liées aux enfants. Un tel constat nécessite un changement d’approche de la problématique de gestion des séparations de couple qui ne peut se réaliser qu’en mettant en Å“uvre un processus systématique de médiation préalable à la décision judiciaire.
Il est préférable que la décision de justice valide les modalités établies d’un commun accord entre les époux plutôt que de trancher les différends entre eux sans agir sur l’origine du conflit.
L’intervention du médiateur est d’autant plus porteuse d’apaisement que son rôle n’est pas de conseiller les époux mais de les accompagner dans l’élaboration des modalités de la séparation, comme un guide. Il s’agit de promouvoir une culture d’apaisement des conflits et de pacification des séparations, grâce à une méthode permettant le dialogue parental, via le respect mutuel et l’échange des points de vue. Il faut changer les mentalités : les époux ne doivent plus se considérer sous tutelle de leur avocat ou du juge aux affaires familiales. Ils doivent être entendus comme ayant la capacité de décider ensemble, comme ils le faisaient avant la séparation, en préservant les enfants du conflit parental. Le recours à un médiateur a pour objet de préparer le terrain aux juristes en charge de la séparation (juge, avocats et notaire) afin de mettre en place un climat de nature à contribuer à l’apaisement du conflit affectif et propice à une discussion raisonnée et dépassionnée qui permettra aux époux de gérer sereinement la phase judiciaire de leur procédure. Nous verrons dans un prochain article comment le tiers intervenant peut opérer pour permettre aux époux de s’approprier leur séparation…
par Benoît Lemogne | 25/08/2014 | Juridique
Nous avons vu à l’occasion d’un premier article publié la semaine dernière (http://t.co/Py52WSO7tW) que le rapprochement des régimes juridiques du PACS et du mariage était de nature à rendre prévisible une évolution de la jurisprudence de la Cour de Cassation dans le domaine des comptes de partage au moment de la séparation des partenaires d’un PACS. Voyons aujourd’hui s’il est possible de palier aux incertitudes inhérentes à cette matière mouvante par l’aménagement conventionnel des clauses du PACS.
L’aménagement du PACS, pour sécuriser les comptes de partage au moment de la séparation des partenaires
Rappelons que l’article 515-4 du Code Civil dispose que : « Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s’engagent à une vie commune, ainsi qu’à une aide matérielle et une assistance réciproques. Si les partenaires n’en disposent autrement, l’aide matérielle est proportionnelle à leurs facultés respectives. » Quelle est la marge de manÅ“uvre en la matière ? Il ne s’agit évidemment pas de faire conventionnellement disparaître l’aide matérielle mais de l’aménager. Concrètement, les partenaires peuvent convenir par une clause spéciale insérée dans leur contrat de PACS que l’aide matérielle ne sera pas proportionnelle aux facultés respectives de chacun. En d’autres termes, la convention peut fixer les modalités de cette aide matérielle. Par exemple, l’un peut contribuer aux charges pour un tiers, et l’autre pour le surplus. Les partenaires peuvent ainsi librement convenir des formes de l’aide, de sa fréquence, de sa répartition entre eux ou encore des modalités de son évolution dans le temps en fonction des revenus des partenaires.
Par ailleurs, l’article 515-7 in fine du code civil qui dispose que : « sauf convention contraire, les créances dont les partenaires sont titulaires l’un envers l’autre sont évaluées selon les règles prévues à l’article 1469. Ces créances peuvent être compensées avec les avantages que leur titulaire a pu retirer de leur vie commune, notamment en ne contribuant pas à la hauteur de ses facultés aux dettes contractées pour les besoins de la vie courante. » Il est donc possible aux partenaires de convenir par une clause spéciale du PACS des modalités d’évaluation des créances entre eux, en s’éloignant par exemple des modalités résultant de l’application des dispositions de l’article 1469 du Code Civil. Ainsi, est-il loisible de prévoir leur indexation sur la plus-value du bien ou au contraire de prévoir de fixer la créance au montant nominal investi.
Du fait du rapprochement du régime du PACS de celui du mariage, il est aisé de s’inspirer des clauses en vigueur en matière de contrat de mariage de séparation de biens. On peut ainsi prévoir que les partenaires contribueront aux charges de la vie courante dans la proportion de leurs facultés respectives et que chacun d’eux sera réputé avoir fourni au jour le jour sa part contributive en sorte qu’aucun compte ne serait fait entre eux à ce sujet et qu’ils n’auront pas de recours l’un contre l’autre. La clause pourrait même être encore plus précise et prévoir expressément que la contribution aux charges de la vie courante pourra prendre la forme du financement partiel (au delà de la quote-part de propriété indiquée dans l’acte notarié d’achat du bien) ou total d’un bien immobilier destiné à devenir la résidence principale du couple. Ainsi, si un des partenaires participe au financement d’un tel bien, il ne pourra en aucune façon se prévaloir d’une quelconque créance à l’encontre de son partenaire au titre d’une sur-contribution, cette différence étant automatiquement considérée comme une modalité de contribution aux charges de la vie courante.
A l’opposé, afin de permettre le paiement des créances au moment de la séparation des partenaires, on peut préciser par une clause du PACS que l’aide matérielle ne concernera pas les dépenses du logement et écarter l’application des dispositions de l’article 515-7 in fine du Code Civil qui dispose : « Ces créances peuvent être compensées avec les avantages que leur titulaire a pu retirer de leur vie commune, notamment en ne contribuant pas à la hauteur de ses facultés aux dettes contractées pour les besoins de la vie courante ». Ainsi, le partenaire qui a financé d’avantage que l’autre le logement pourra faire valoir cet excès de contribution et se prévaloir d’une créance au moment de l’établissement des comptes de partage.
En exprimant de façon claire leur volonté dans une clause adéquate de leur PACS, les partenaires se mettent ainsi à l’abris des vivicitudes de la jurisprudence de la Cour de Cassation en matière de comptes de partage.
par Benoît Lemogne | 21/08/2014 | Juridique
Les comptes de partage sous le régime du PACS pourraient bien connaître une évolution jurisprudentielle dans les prochains mois, dans la continuité de celle relative au régime du mariage et du concubinage animant la première chambre civile de la Cour de Cassation ces deux dernières années. En effet, ainsi que nous l’avons vu lors d’un article publié récemment (wp.me/p4O21a-7D), même si les comptes de partage établis lors de la séparation des couples obéissent à des règles qui diffèrent selon le mode de conjugalité dans lequel on a placé son couple (concubinage, PACS et mariage avec ou sans contrat préalable), le régime juridique de ces comptes de partage connait une évolution jurisprudentielle sans précédent de sorte que la matière réserve de nombreuses surprises à ceux qui y sont confrontées, ajoutant au désarroi inhérent à toute séparation de couple.
Ainsi donc, dans le cadre du mariage, si les époux sont soumis au régime de la séparation de biens, la Cour de cassation a entrepris de faire évoluer la notion de charge du mariage pour empêcher celui qui a financé d’avantage que l’autre un bien immobilier de solliciter une créance à son encontre, et ce que le logement ait vocation à devenir la résidence principale ou la résidence secondaire de la famille. Voyons si ce nouveau mouvement jurisprudentiel peut avoir une incidence sur les personnes soumises à un Pacte Civil de Solidarité (PACS). Nous nous attacherons aujourd’hui au régime juridique issu de la loi pour voir, à l’occasion d’un prochain article, les aménagements pouvant être apportés conventionnellement par des clauses particulières insérées dans le contrat de PACS.
Le régime juridique des comptes de partage sous le régime du PACS
Gardons présent à l’esprit la question qui nous anime en cas du financement inégal entre les partenaires d’un bien immobilier : au moment de la séparation, celui qui a financé au delà de sa quote-part de propriété peut-il revendiquer une créance à l’égard de l’autre?
La Loi du 23 Juin 2006 réformant le PACS issu de la Loi fondatrice du 15 Novembre 1999 a fait se rapprocher les régimes juridiques du PACS et du mariage, notamment en ce qui concerne l’organisation patrimoniale des deux régimes.
Ainsi, le régime de l’indivision forcée de l’article 515-5-1 du Code Civil est largement inspiré du régime de la communauté réduite aux acquêts conféré aux époux se mariant sans contrat de mariage puisque les biens acquis à titre onéreux pendant la durée du PACS sont indivis par moitié, sans recours de l’un contre l’autre au titre d’une contribution inégale. Une créance ne sera donc admise qu’en cas d’acquisition d’un bien personnel (et non indivis).
Par ailleurs, la Loi de 2006 a également institué l’ébauche d’une contribution aux charges du PACS aux termes de l’article 515-4 alinéa 1 du Code Civil qui dispose : « Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s’engagent à une vie commune, ainsi qu’à une aide matérielle et une assistance réciproques. Si les partenaires n’en disposent autrement, l’aide matérielle est proportionnelle à leurs facultés respectives. » Ce texte constitue une sorte de régime primaire du PACS, corpus de règles générales à ce régime, indépendamment de toute clause particulière dans le contrat de PACS. Ce texte est à mettre en parallèle avec l’article 214 du code civil disposant en matière de mariage que : « si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives ». Or la jurisprudence considère, en matière de mariage, que l’obligation de contribution concerne également les dépenses de logement…
Un autre texte de loi de nature à rapprocher le régime juridique du PACS de celui du mariage est l’article 515-7 in fine du code civil qui dispose que : « sauf convention contraire, les créances dont les partenaires sont titulaires l’un envers l’autre sont évaluées selon les règles prévues à l’article 1469. » Or l’article 1469 a précisément pour objet l’évaluation des créances entre époux.
Ainsi, le rapprochement des régimes juridiques du PACS et du mariage est de nature à remettre en cause la possibilité de faire valoir une créance par le partenaire ayant sur-contribué au financement du logement. Nous verrons dans un prochain article que le meilleur moyen d’assoir cette certitude consiste dans l’aménagement conventionnel des clauses du PACS.
par Benoît Lemogne | 18/08/2014 | Psychologique
La plupart des personnes vivant ensemble souhaitent une vie de couple harmonieuse. Or elles traversent régulièrement des zones de turbulence débouchant sur des remises en cause salutaires jusqu’au jour où la pérennité du couple est remise en doute. Alors passer de l’harmonie dans le couple au conflit est-il une fatalité? Dans la continuité de notre réflexion récente sur l’impermanence du couple, essayons d’analyser les facteurs pouvant expliquer ce phénomène.
L’homme et la femme sont foncièrement différents, ne serait-ce que biologiquement : des études scientifiques n’ont-elles pas montré que le cerveau gauche est plus développé chez la femme et le cerveau droite d’avantage chez l’homme? Cet état de fait explique nos réactions différentes, la femme étant plus émotionnelle, partageant plus volontiers ses ressentis et communiquant plus que l’homme; tandis que ce dernier s’épanouirait plus spontanément dans le domaine de l’action et du concret. Alors comment s’étonner que l’homme et la femme se cherchent! La différence joue précisément un rôle dans le fait qu’ils s’attirent. Ils rassemblent mutuellement des qualités que l’autre ne possède pas. Ainsi ne cherche-t-on pas un double mais un partenaire de vie pour combler ses manques.
Le rôle premier du partenaire est de nous aider à  combler nos manques
La recherche d’un partenaire de couple met en effet en jeu plus ou moins consciemment une stratégie et peut ainsi répondre à plusieurs aspirations en fonction de l’objet que l’on cherche à atteindre en s’unissant. Aussi, le choix s’inscrit-il plus ou moins dans une logique de continuité ou bien au contraire de réaction. Ne dit-on pas tout autant « qui se ressemble s’assemble » que « les opposés s’attirent »! Dans tous les cas, le rôle de l’autre est de combler un manque mais il s’agit en fait bien souvent d’une revalorisation narcissique car si on veut être aimé de l’autre, c’est avant tout pour pouvoir se rassurer en se complétant pour mieux encore s’aimer soi-même. Or pour être aimé, il faut avant tout donner à l’autre pour combler son propre manque. C’est l’un des éléments de la longévité du couple. L’autre apparaît comme un prolongement de soi-même. On demande ainsi à l’autre de jouer un rôle qui nous convient, qui nous complète car il va combler notre manque. On comprend mieux que le début d’une relation amoureuse mêle plutôt les sentiments de séduction, d’envie de plaire et de complicité alors qu’elle se poursuit quelques années plus tard par d’autres sentiments moins heureux quand vient le temps du repli, des doutes, des peurs, de la jalousie, de l’intolérance et de l’incompréhension. Le manque de confiance en soi, assez courant dans les faits, est une gangrène pour le couple car c’est souvent une pensée négative que l’on ne va pas pouvoir s’empêcher de projeter sur son partenaire. On attribue à l’autre un manque d’amour qu’on a avant tout chez soi. Comme on ne supporte pas d’avoir une idée dénigrée de soi-même, on en attribue la raison à l’autre. Le jaloux est persécuteur car il est persécuté…On passe ainsi inévitablement de l’harmonie au conflit.
Un autre facteur d’achoppement réside dans le fait que le couple a d’abord vocation à s’élargir en formant une famille qui va pousser chacun des membres du couple dans ses retranchements et le mettre face à  ses responsabilités. La survenance d’un enfant est un véritable bouleversement pour le couple dont l’harmonie est contrariée par la venue d’un tiers qui est en même temps une émanation du couple qu’il s’agit absolument d’aimer… Un nouveau jeu de rôle doit se mettre en place et il est plus ou moins aisé de s’y adapter. On distingue généralement trois types de rôle en jeu au sein d’une famille. Celui de la mère est de comprendre, de réconforter, de plaindre; celui du père est de contenir, donner du cadre et rassurer; l’enfant jouant le rôle de celui qu’on réconforte, qu’on protège et qu’on élève. Mais certains couples peuvent s’être construit sur un jeu de rôle où personne n’a pris le rôle qui lui revenait en principe. Ces différents rôles ont pu être intériorisés depuis la petite enfance. Le risque consiste alors à ce que le couple s’installe dans une relation figée, l’un jouant par exemple toujours le rôle de la mère, l’autre celui de l’enfant,… Pour ces couples où la définition des rôles est « faussée », la venue d’un enfant est très déstabilisante car elle sonne la fin de la « récré »; tout le monde devant reprendre son rôle « normal » pour accueillir comme il se doit le nouvel arrivé. Il s’agit alors de retrouver ses marques.
La médiation au secours du couple en danger
Les périodes de crise au sein des couples sont inévitables. Avoir des querelles ne remet pas en cause les sentiments que l’on se porte ni la pérennité du couple. Mais quand le conflit s’installe, le temps est venu de se faire aider par un tiers à qui l’on va confier une mission de médiation au sein du couple. Le médiateur est une personne neutre qui ne va pas prendre parti. Son rôle va consister à faire le diagnostic de la situation conflictuelle, analyser cette situation en fonction d’un contexte environnemental (le fait déclencheur de la crise sous-jacente), prendre en compte l’avis de chacun sans jugement de valeur et aider le couple à transcender le conflit en réintroduisant les conditions d’un respect mutuel et en invitant les protagonistes à faire des concessions réciproques. Le but est de permettre au couple de retrouver son équilibre en redonnant à chacun un espace de liberté personnel. Ainsi quand la crise devient récurrente, le recours à un médiateur est crucial pour éviter l’engrenage vers la séparation.
par Benoît Lemogne | 14/08/2014 | Juridique
La tentation est souvent grande pour les personnes se séparant amiablement de ne pas formaliser les termes du partage de leurs biens dans un acte, par soucis de simplicité et d’économie tant sur le droit de partage (2,5 % de l’actif net partagé) que sur les honoraires de notaire (près de 1% de l’actif brut partagé). Cette « économie » peut n’être que partielle, la tactique étant de divertir du partage notarié les biens d’une autre nature qu’immobilière. Mais, nous allons le voir, ces pratiques consistant à en un partage verbal ne sont pas sans risques…
Une réponse ministérielle bien inopportune à la faveur du partage verbal
Une réponse ministérielle du 22 janvier 2013 est venue indirectement encouragée cette pratique bien risquée, ayant énoncé qu’ « en l’absence d’acte, un partage verbal n’est pas soumis au droit de partage ». N’est-ce pas encourager une pratique consistant à présenter un patrimoine restreint au notaire chargé de la liquidation-partage du patrimoine des époux dans le cadre de leur procédure de divorce? Nombre de biens vont être ainsi distraits de l’acte officiel, notamment les actifs bancaires et le prix de vente des immeubles récemment vendus, en prévision de la procédure de divorce, dans le but de minorer le coût des « frais de notaire » et/ou de financer une soulte ou une prestation compensatoire à verser au conjoint. Mais les époux vont se répartir les biens ainsi divertis selon leurs propres règles, souvent bien différentes de celles prévues par la loi dans le cadre de la liquidation de leur régime matrimonial. Les époux, se privant des conseils et de l’expertise du notaire, dont le but est d’éclairer leur consentement sur les modalités adoptées, ont ainsi procédé à un partage dit « verbal », qui n’a en fait de partage que le nom!
Ce n’est pas tant la forme qui pose problème, puisqu’il résulte de l’article 835 du code civil une liberté pour les parties dans la forme que doit revêtir leur partage. Le soucis vient d’avantage du fait de l’absence d’effectivité même d’un véritable partage, notamment en terme de preuve. En fait, la force du partage verbal ne repose que sur l’accord des époux, dont la force risque bien d’être durement mise à l’épreuve quand l’un des deux époux s’estimera quelques temps après lésé. Il pourra ainsi aisément remettre en cause le partage verbal convenu sans craindre une quelconque prescription : ainsi en a décidé la Cour de cassation aux termes d’un arrêt rendu par la première chambre civile le 20 novembre 2013. En l’espèce, il avait été « omis » d’intégrer au partage de la communauté, au profit d’un partage « direct », le prix de vente d’un immeuble ainsi que des comptes d’associés. Les biens n’ayant jamais fait l’objet d’un partage (officiel), ils sont juridiquement demeurés dans l’indivision entre les deux ex-époux, permettant à tout moment à  l’un quelconque d’entre eux d’en demander le partage officiel pour sortir de l’indivision.
Moralité : l’accord formel des époux fera toujours planer au dessus de leur tête une épée de Damoclès, ce qui constitue somme toute une économie bien cher payée…
par Benoît Lemogne | 11/08/2014 | Juridique
La séparation d’un couple qui est propriétaire donne lieu à de nombreux règlements, notamment pécuniaires qui peuvent donner lieu à l’établissement de véritables comptes de partage d’apothicaire. Nous avons déjà évoqué la question en précisant que ces règlements dépendaient essentiellement du type de conjugalité dans lequel on avait placé son couple, du simple concubinage, au mariage en passant par le PACS. Historiquement, les choses étaient simples : plus l’union était formalisée, plus la législation encadrait votre situation. Au moment de la séparation, le raisonnement était le suivant : pour les personnes non mariées ou mariées sous le régime de la séparation de biens, la liquidation de leurs droits consistait peu ou prou à compter chaque denier investi tandis que la base des règles de partage sous le régime de la communauté (personnes mariées sans contrat de mariage) était la mise en commun des apports respectifs. Ces principes, relativement fixes dans leur application, connaissent depuis quelques temps des tempéraments de plus en plus nombreux et dans des domaines de plus en plus vastes, à tel point que l’établissement des comptes de partage donnent désormais lieu à des surprises dans quasiment tous les régimes. Nous analyserons avec des exemples précis l’étendue de cette petite révolution, régime par régime.
Les surprises des comptes de partage sous le régime de la communauté de biens
Arrêt de la 1ère Chambre civile de la Cour de Cassation rendu le 29 Mai 2013 : Alors que le principe fondateur de ce régime est la mise en commun, la force de travail d’un époux ne sera pas prise en compte si elle est investie dans un bien immobilier figurant dans le patrimoine propre de son conjoint (qu’il en soit propriétaire avant son mariage ou qu’il l’ait reçu par donation ou succession pendant le mariage). En effet, la Cour de cassation limite le droit à créance aux cas de mouvement de fonds entre le patrimoine propre de l’un des époux et le patrimoine de la communauté (désigné sous le vocable évocateur de « récompense » par le code civil), faisant bien peu de cas du temps et des efforts investis en main d’œuvre par le conjoint impécunieux.
Les surprises des comptes de partage sous le régime de la séparation de biens
Dans ce régime, point de communauté, les patrimoines sont séparés, chaque époux a le sien. Le principe est le « chacun pour soi », l’exception la mise en commun (l’indivision) et dans ce cas, on va en principe regarder le moindre denier investi par chacun pour faire les comptes de partage. C’était sans compter l’évolution de la jurisprudence relative à la notion extensive de charges du mariage.
Première incursion au sujet de la résidence principale : Le 25 Septembre 2013, la première Chambre civile de la Cour de cassation refuse à l’époux séparé de biens, qui avait financé au moyen de ses revenus personnels l’intégralité d’un bien immobilier destiné à être le logement de la famille, le droit de revendiquer une créance contre son épouse qui avait recueilli la moitié du prix de vente du logement familial sans avoir payé un centime du fait que les époux avaient déclaré dans l’acte notarié avoir acquis le bien à concurrence de moitié indivise chacun. Dans son contrat de mariage figurait une clause habituelle à ce type de contrat en vertu de laquelle les époux contribueraient aux charges du mariage dans la proportion de leurs facultés respectives et que chacun d’eux serait réputé avoir fourni au jour le jour sa part contributive en sorte qu’aucun compte ne serait fait entre eux à ce sujet et qu’ils n’auraient pas de recours l’un contre l’autre …
Seconde incursion au sujet de la résidence secondaire : Le 18 décembre 2013, la première Chambre civile de la Cour de cassation décide que la contribution aux charges du mariage peut inclure des dépenses d’investissement ayant pour objet l’agrément et les loisirs du ménage. Concrètement, le mari n’a pu faire valoir une créance à l’encontre de son épouse pour avoir payé au delà de sa quotte-part indivise de moitié. Conclusion : lorsqu’un époux doté de hauts revenus finance seul la résidence secondaire, il ne fait que contribuer aux charges du mariage comme celui qui finance le logement de la famille.
Il ne reste guère plus que le domaine des investissements immobiliers où l’époux pourra faire valoir son excèdent de contribution sans se faire opposer la contribution aux charges du mariage.
Les surprises des comptes de partage hors mariage, sous le régime du concubinage
La première chambre civile de la Cour de cassation est allée encore plus loin à l’occasion d’un arrêt rendu le 2 avril 2014, au sujet de personnes… non mariées! Il était effectivement question de concubins ayant acquis ensemble un bien immobilier à l’aide d’un prêt remboursé par l’un seulement d’entre eux. En l’espèce, il n’était pas question d’aller sur le terrain de la contribution aux charges du mariage, puisqu’ils n’étaient pas mariés. Qu’à cela ne tienne, les juges ont tiré argument de l’impossibilité matérielle de la femme de payer sa quotte-part dès l’acquisition du bien, pour en déduire dans l’esprit de son concubin une intention libérale, l’empêchant de lui réclamer après coup ce qu’il avait financé pour elle.
Quid du régime du PACS ?
A notre connaissance, il n’existe pas (encore ?) de jurisprudence analogue en matière de PACS. Néanmoins, l’article 515-4 du Code Civil dispose que « les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s’engagent à une vie commune, ainsi qu’à une aide matérielle et une assistance réciproque ». Certains y voient déjà l’ébauche d’une contribution aux charges du PACS, dans la continuité de la notion de charges du ménage s’appliquant aux personnes mariées, en vertu de l’article 220 du code civil.
La séparation d’un couple est difficile car elle met en jeu des règles juridiques dont l’application est souvent source de surprises (bonnes pour l’un, mauvaises pour l’autre). D’où l’intérêt de ne pas sous-estimer l’aspect plus psychologique de la rupture. Une séparation de couple met de toute façon en jeu tant des aspects juridiques qu’émotionnels et la surprise résultant de l’application inattendue des règles de droit ne rend les choses que plus compliquées à vivre…psychologiquement.
par Benoît Lemogne | 8/08/2014 | Juridique
Le divorce est souvent une épreuve de la vie d’autant plus difficile à traverser qu’il mobilise des enjeux complexes dans différents domaines, notamment patrimoniaux. Et on le sait, l’application de certaines règles juridiques est de nature à surprendre, pour ne pas dire choquer, l’époux non averti. Nous avons déjà eu l’occasion d’illustrer ce propos à travers la publication de certains articles. Voyons en aujourd’hui une nouvelle déclinaison à travers le régime juridique des avantages matrimoniaux. De quoi parle-t-on? Il s’agit des profits que l’un des époux va tirer de l’application de son contrat de mariage par comparaison à ce qui se passerait en l’absence de contrat (si on appliquait le régime classique de la communauté de biens réduite aux acquêts conféré par la loi aux époux se mariant sans contrat).
Que deviennent les avantages matrimoniaux au moment de faire les comptes du divorce ?
La difficulté réside dans le fait que leur sort est complètement déconnecté du type de procédure de divorce (amiable ou contentieux). Cette règle résulte de l’article 265 du Code Civil issu de la Loi de 2004 dont l’une des idées maîtresse est de dissocier les conséquences du divorce de sa cause. Ainsi, le prononcé du divorce est sans incidence sur les avantages matrimoniaux prenant effet au cours du mariage. En revanche le divorce emporte résolution de plein droit des avantages matrimoniaux prenant effet à la dissolution du régime, sauf volonté contraire de l’époux qui les as consentis.
De surcroit, la loi décide également que les avantages matrimoniaux ne sont pas révocables pour ingratitude. Ainsi, une femme jeune et jolie qui a séduit un homme riche et âgé et l’épouse en adoptant le régime de communauté universelle pourra revendiquer la moitié de sa fortune même si elle l’abandonne peu après le mariage. De même qu’un homme violent se rendant coupable de sévices contre son épouse peut revendiquer la moitié de la communauté universelle, en dépit du fait que celle-ci aura principalement été allotie de biens appartenant à l’origine à son épouse, la circonstance que le mari ait été condamné à dix ans de réclusion criminelle étant absolument indifférente!…
Indépendamment de cas d’espèce aussi extrêmes, l’application de la loi engendre des risques dont il vaut mieux être conscient. Il a effectivement été jugé qu’une femme qui avait trompé son mari et contre qui le divorce avait été prononcé aux torts exclusifs, avait eu le droit de garder la moitié de la communauté universelle. En effet, l’adoption de la communauté universelle, ayant eu lieu pendant le mariage (les époux étaient initialement mariés sous contrat de séparation de biens), avait eu le temps de produire ses effets pendant l’union, de sorte que l’épouse pouvait s’en prévaloir tandis que l’époux ne pouvait solliciter la révocation de l’avantage matrimonial qui en résultait.
On le voit bien, personne n’est à l’abri de surprises, pas même les époux prévoyants, qui ont pris la peine d’aménager les règles applicables à la liquidation de leur régime par la signature d’une convention matrimoniale. Une séparation de couple met de toute façon en jeu tant des aspects juridiques qu’émotionnels et la surprise résultant de l’application inattendue des règles de droit ne rend les choses que plus compliquées à vivre… psychologiquement.
Nota bene : Cet écueil peut être évité par une clause spéciale introduite dans la convention matrimoniale : la clause alsacienne, consistant à prévoir, en cas de dissolution du mariage par divorce, la reprise des apports par l’époux qui en est à l’origine (qui se retrouvent donc exclus du partage de la communauté).
par Benoît Lemogne | 5/08/2014 | Psychologique
Depuis une quarantaine d’années, de plus en plus de couple se défont. De moins de 50.000 par an au début des années 70, le nombre de divorces prononcés en France est passé à plus de 150.000 au début du XXIème siècle. Alors est-ce le mal du siècle ou est-ce dans la nature même de l’amour que d’être éphémère ? L’amour au sein d’un couple a-t-il vocation à durer ? L’impermanence du couple est-elle inscrite dans l’ADN du couple ?
Ou y aurait-il des recettes permettant d’entretenir sa relation amoureuse? Existe-t-il des conditions permettant à l’amour de triompher de l’épreuve du temps? En fait, il faut d’abord poser comme postulat que tout sentiment amoureux évolue et murit avec le temps. On ne peut s’aimer de la même manière à 20 ans et à 60 ans. Au commencement domine le bonheur d’être ensemble et le désir de réaliser des projets communs, l’Amour est alors très passionnel, voire fusionnel. Puis vient le temps des inévitables désillusions, des réajustements s’imposent et l’on découvre son partenaire sous un nouvel angle. Ainsi évolue la façon d’aimer. Il est évident que toute personne au long de sa vie va évoluer physiquement et mentalement. L’art du partenaire d’un couple solide est de vous accompagner dans vos changements. L’enjeu consiste à évoluer de son côté tout en préservant la stabilité de son
attachement. Ainsi, certains couples résistent des tempêtes terribles.
L’impermanence du couple fait partie intégrante de la vie du couple.
Car le réel problème n’est pas d’éviter les crises de couple mais de les surmonter pour permettre aux partenaires de retrouver ensemble des horizons plus sereins. Bien sûr il existe des fondamentaux permettant au couple une longévité : l’entente sexuelle en fait partie. De longues périodes d’abstinence sont nuisibles à la santé du couple. Il faut trouver une harmonieuse combinaison entre la régularité des rapports et la part de jeu et de fantaisie qui avivent le désir. Un autre facteur de stabilité du couple est l’admiration réciproque. Pour chacun, l’autre doit être surdoué dans un domaine particulier, peu importe lequel pourvu que l’on soit fier de son partenaire de vie, fut-ce à propos de la plus modeste des vertus. Il ne faut pas sous-estimer par ailleurs l’importance des rituels du couple, les gestes coutumiers, le baiser au réveil, le marché du samedi,… La force positive de l’habitude finit par l’emporter sur l’inconstance des sentiments.
Un autre élément de stabilité peut résider dans l’alternance des rôles, les moments où l’homme va se comporter en petit garçon avec sa compagne sans pour autant se sentir infériorisé, autant d’états régressifs passagers indispensables à l’harmonie de la relation. Un élément essentiel est le respect de chacun de la part de solitude de l’autre. A ces conditions, l’être aimé est celui qui me procure la plus enivrante sensation de vivre et à qui j’insuffle la même sensation. En d’autres termes, mon partenaire est celui qui tire de moi la quintessence de mon être et me rend heureux. La difficulté réside dans le fait que le même être est également celui qui, par sa seule altérité, me limite, refreine mes désirs, me frustre et me contrarie. L’autre peut être à la fois le meilleur éveilleur de vie et le pire censeur. L’aimé est un génie à deux visages qui me donne des ailes et les brise à la fois.
Car la souffrance est inhérente à la nature de la relation amoureuse. Au cœur de l’amour gît la souffrance. Au-delà des déchirements dus aux crises que tout couple traverse et de la douleur des ruptures, d’autres tourments sont intrinsèques à l’amour, des tourments quotidiens endurés par ceux qui s’aiment avec passion. La jalousie, la culpabilité, les remords, les renoncements, les angoisses provoquées par l’absence ou la défaillance de l’autre, ou simplement les frustrations dues à son incapacité à nous satisfaire. Tous ces tracas montrent que le plus merveilleux des êtres aimés est aussi le plus cruel des tourmenteurs.
Mais tous les amoureux ne sont pas des masochistes ! En fait, le secret réside dans l’entretien perpétuel d’un certain niveau de frustration. Gage de la longévité, la frustration doit devenir une condition de notre normalité. D’où le rôle du partenaire de vie : en nous gratifiant et en nous décevant, il devient le thermostat de nos humeurs…
par Benoît Lemogne | 1/08/2014 | Juridique
La séparation d’un couple qui a duré quelques années met en jeu autant des questions juridiques que psychologiques. Ce n’est pas pour rien si nombre de procédures de séparation échouent amiablement et prennent un tournant contentieux. Pour les gens mariés, la première décision de justice est généralement l’Ordonnance de non conciliation qui va régir le sort des époux pendant le temps de la procédure de divorce, jusqu’à ce que le jugement de divorce soit prononcé. Parmi les mesures prises par le juge aux termes de cette ordonnance, figurent, lorsqu’il existe un enjeu patrimonial, une expertise judiciaire (souvent confiée à un notaire) pour régler les aspects patrimoniaux de la séparation du couple. Il est alors question de liquidation de régime matrimonial et de prestation compensatoire. C’est alors aussi l’occasion pour les époux de profiter de la nomination d’un expert judiciaire pour entamer une médiation de couple, au moins sur les aspects patrimoniaux de leur séparation.
Les époux doivent assister aux réunions d’expertise en présence de leur avocat. Ces séances, qui ont une durée de deux à trois heures par mois sur une période d’environ six mois, sont souvent éprouvantes pour les époux qui assistent à des discussions juridiques très techniques dont la finalité leur échappe généralement. En effet, les époux n’étant généralement pas juristes de formation, ils ne sont pas toujours à même de comprendre la complexité des échanges entre les avocats et l’expert et ont souvent la désagréable impression de ne pas pouvoir prendre une part active aux débats, n’étant pas en mesure de comprendre le « jargon juridique » employé par les professionnels. Tout dépend alors du savoir-faire de l’expert et de sa capacité à faire participer malgré tout les époux aux débats.
La réussite de l’expertise dépend beaucoup de la capacité de l’expert à  instaurer un climat propice à la #médiation de couple
Souvent se heurte-t-on à la difficulté d’apporter une preuve matérielle juridiquement incontestable à l’appui des prétentions avancées par les avocats. Toute la difficulté réside alors dans la capacité de l’expert à faire avancer le débat dans le sens de l’équité en dépit de cet état de fait. Si tout ce qui n’est pas justifié n’est pas pris en compte, le résultat de l’expertise risque alors de paraitre bien injuste pour l’époux qui sait être dans son bon droit mais qui n’a souvent pas eu la présence d’esprit au moment opportun de se pré-constituer une preuve juridiquement inattaquable. Ce qui est alors en jeu est la capacité des parties à adhérer aux modalités du partage du patrimoine qui résulte de l’expertise. Même si la prétention n’est pas fondée juridiquement, son admission par le biais de la reconnaissance du fait allégué par le conjoint permet de favoriser l’éclosion d’un climat propice à la bonne foi et de nature à apaiser les tensions lors de l’expertise.
En matière d’intérêts patrimoniaux, les personnes avancent souvent masquées, leurs propos sont contrôlés par les avocats. Cela peut susciter un réel désarroi chez les époux car l’ « oubli » ou l’ « omission », voire le mensonge et la mauvaise foi sont vécues comme de véritables agressions. Reconnaître spontanément des choses qu’on ne peut établir juridiquement permet de rétablir un espace de confiance entre les époux. Le lieu de l’expertise est souvent le lieu qui permet aux époux qui ne se sont pas parlé depuis quelques temps de reprendre le dialogue dans un climat apaisé. L’attention, la compréhension et la bienveillance de l’expert sont autant de qualités requises pour permettre à l’expertise d’aboutir amiablement dans le cadre d’une procédure contentieuse qui trouve enfin un apaisement.
On constate une fois de plus le rôle primordial de la psychologie, à côté de celui du droit à proprement parler, pour faire évoluer le conflit de couple vers un règlement amiable.
par Benoît Lemogne | 28/07/2014 | Juridique
Le développement exponentiel d’internet et des réseaux sociaux ouvre tout un nouveau champ d’action au contentieux du divorce car il va faciliter l’établissement de la preuve des relations extra-conjugales. Grande va être par exemple la tentation de rechercher des éléments de preuve dans les correspondances et documents plus ou moins intimes et incriminants livrés en pâture sur le net : en la matière, la propension de plus en plus fréquente des amants à afficher imprudemment leur vie plus ou moins intime sur Facebook semble offrir un gisement inépuisable de ressources. Après avoir rappelé les règles juridiques applicables en matière d’infidélité, nous nous attacherons à voir, au moyen de quelques exemples précis, comment le droit s’adapte au développement d’internet et des réseaux sociaux.
L’infidélité et le divorce
L’infidélité constitue une faute de nature à justifier l’engagement d’une procédure de divorce aux torts de son conjoint. Il résulte en effet de l’article 212 du code civil, dont lecture est faite aux époux par l’Officier d’Etat civil à l’occasion de leur union, que : « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance ». Par ailleurs, pour constituer une faute, le fait reproché doit constituer une violation grave et renouvelée des devoirs et obligations du mariage et rendre intolérable le maintien de la vie commune… Il faut toutefois noter un certain infléchissement en matière d’appréciation de la faute d’adultère, l’infidélité n’étant plus forcément à elle seule l’élément de nature à constituer la faute. Voyons cela à travers quelques décisions de justice rendues ces dernières années.
Exemples de jurisprudence
Prenons d’abord l’hypothèse d’un accord entre les époux sur une « union libre ». Dans ce cas, l’infidélité ne constitue pas en soi une faute de nature à engendrer le divorce. Tout est question de mesure : l’époux(se) n’a pas le droit de faire de sa liberté un usage humiliant pour son conjoint. La Cour d’appel de Versailles a ainsi eu à connaître le 21 octobre 2010 de faits illustrant notre propos :  en l’espèce, les époux avaient souscrit une déclaration pendant leur mariage les libérant de tout devoir de fidélité. Ils s’étaient ainsi mutuellement autorisés à recevoir toute personne de leur choix à des fins sentimentales, pour donner un peu de « peps » à leur vie sentimentale après 32 ans de mariage! Fort de cette permission, l’épouse s’est cru autorisée à exercer des activités d’escort-girl via des annonces sur internet et à exploiter plusieurs sites dédiés à cette activité. La Cour a jugé que l’épouse avait ainsi fait un usage humiliant de la liberté que lui avait conférée son époux.
Attardons nous désormais sur les faits ayant donné lieu à l’arrêt de la Cour d’Appel de Douai le 28 février 2013 et illustrant parfaitement le début de notre propos : une épouse s’était « consolée » avec un ami après le départ de son mari du domicile conjugal. L’amitié ayant évolué vers des sentiments plus profonds, les amants ont commis l’imprudence d’afficher publiquement leur bonheur sur les pages du compte Facebook de la femme, avec illustrations de photos explicites à l’appui, offrant au mari des éléments de preuve au soutien des accusations d’adultère qu’il formulait à l’encontre de son épouse. Rappelons qu’en principe, l’obligation de fidélité liée au mariage perdure jusqu’au prononcé du jugement de divorce. Il existe néanmoins une certaine tolérance au sujet des relations extra-conjugales après l’Ordonnance de Non Conciliation (ONC) autorisant les époux à vivre séparément.  Encore faut-il que lesdites relations n’interviennent pas trop rapidement après le prononcé de l’ONC et qu’elles restent discrètes. Or, en l’espèce, les juges ont retenu le caractère outrageant de la relation divulguée sans pudeur sur les réseaux sociaux, évoquant même la blessure morale pour le mari que constitue l’humiliation de la divulgation de la relation de sa femme avec son amant sur les réseaux sociaux, lui conférant un caractère public et connu qui dépasse le cercle intime du couple.
Mais internet offre d’autres pistes de contentieux en matière de divorce : ainsi, la fréquentation par une personne engagée dans les liens du mariage d’un site de rencontre sur internet. En la matière, le simple fait de rechercher des relations sexuelles par le biais d’un site internet constitue en lui seul une faute susceptible de justifier un divorce aux torts exclusifs de celui qui l’a commise, la seule circonstance que ces échanges aient ou non donné lieu à des relations physiques étant étrangère à la cause. Ainsi en a jugé la première Chambre civile de la Cour de Cassation le 30 avril dernier. Une relation simplement fantasmée peut donc constituer une faute! On peut alors parler d’infidélité … virtuelle.
Ces différents exemples nous montrent que si l’infidélité reste au cÅ“ur du contentieux du divorce, l’adultère est différemment apprécié en fonction des circonstances. La séparation d’un couple est difficile car elle met en jeu des règles juridiques dont l’application à la situation concrète des époux est souvent source de surprises (bonnes pour l’un, mauvaises pour l’autre). D’où l’intérêt de ne pas sous-estimer l’aspect plus psychologique de la rupture. Une séparation de couple met de toute façon en jeu tant des aspects juridiques qu’émotionnels et la surprise résultant de l’application inattendue des règles de droit ne rend les choses que plus compliquées à vivre…psychologiquement.
par Benoît Lemogne | 25/07/2014 | Pervers-narcissiques, Psychologique
Après avoir décrit dans un premier article la perversion narcissique et identifié les « cibles » idéales (), nous avons analysé dans un second article le mode opératoire du pervers narcissique (wp.me/p4O21a-5e). Voyons maintenant le processus à mettre en Å“uvre pour se libérer d’un tel prédateur.
L’objectif est de vous permettre de recouvrer progressivement votre propre personnalité. C’est d’autant plus difficile que les pervers-narcissiques savent se faire aimer et se rendre indispensable. Le travail de libération consisite en un véritable travail de déconstruction puis de reconstruction.
Consulter un psychothérapeute est indispensable pour se libérer de l’emprise d’un pervers narcissique
La victime du pervers narcissique met en général du temps à réaliser la complexité et la gravité du piège dans lequel elle se trouve. Ce piège se resserre en douceur, comme un boa le ferait. Quand on réalise la situation, les dégâts sont généralement assez importants et la pression va d’autant plus se faire sentir si la victime cherche à s’en extraire. Il est nécessaire de ne pas trop tarder avant de réagir car plus le travail de déconstruction de votre personnalité a commencé depuis longtemps, plus l’énergie à déployer pour vous en en sortir va devoir être importante. Cette démarche d’aller consulter un psychothérapeute est indispensable pour vous extraire de l’emprise de votre bourreau car elle vous aide à progresser sur les axes primordiaux de votre libération :
Comprendre les mécanismes de l’emprise qu’il a sur vous et la nécessité vitale pour vous de vous en extraire
En entamant ce travail vital de renaissance, vous prenez progressivement conscience du conditionnement profond dont vous avez fait l’objet. L’objectif dans un premier temps est d’identifier les moyens utilisés par le pervers pour vous manipuler. Vous cernez les manques et les failles de votre personnalité qui ont été mobilisés par votre bourreau. Cela vous permet de vous détacher de l’emprise psychologique qu’il a sur vous. Vous commencez à entrevoir les messages contradictoires permettant au pervers de justifier sa pseudo « bonne foi » et ainsi de vous rendre vous-même responsable de la situation vécue. Ce travail va vous permettre de vous armer pour résister aux nombreuses tentatives de déstabilisation que va mettre en place le pervers afin de mettre en échec votre entreprise de libération.
Sortir des griffes du pervers narcissique
Certains actions à mettre en place, en parallèle du travail thérapeutique, vont être d’une aide très précieuse. Etant donné que le pervers vous a isolé, il est important de renouer avec vos proches, ceux qui vous connaissent suffisamment pour vous apporter la dose d’amour et d’estime dont vous avez besoin pour vous reconstruire et réparer les dégâts causés par la relation destructrice que vous avez vécue. Par ailleurs, inutile d’essayer d’assainir la relation ou de tenter de garder un lien amical : la rupture doit être franche et totale. Ce serait en effet lui laisser un espace de communication qu’il va essayer d’utiliser pour vous asservir à nouveau. N’attendez pas non plus de sa part une réaction proportionnée quand vous lui annoncerez que vous avez décidé de rompre. C’est sa survie ou la votre qui est en jeu. Ne vous laissez pas déstabilisé(e) par ses gesticulations en tous genres : intimidations de toutes sortes, menaces de destruction physique (suicide) ou sociale (ruiner votre réputation). Le pervers va ainsi osciller entre menaces, chantages, violences et demande de pardon, déclarations amoureuses,… Il multiplie les moyens de pression pour vous garder. Il va tenter d’user de tous les artifices pour vous empêcher de le quitter. Mais sachez qu’un pervers qui crie et menace se rend compte que les événements échappent à son contrôle. Il dévoile alors son vrai visage. Et même s’il peut feindre un temps d’accepter la séparation, il tentera toujours de reporter sur vous l’intégralité de la responsabilité de l’échec de la relation. Tenez bon, vous réalisez de votre côté que votre couple ne mérite plus d’être sauvé… Vous êtes sur la voie de la libération.
Entamer un travail de reconstruction de votre estime de soi
Pour renaître d’une relation avec un pervers narcissique, il faut souvent prendre conscience du fait que l’on s’est fait vampiriser pendant des années par un personnage diabolique qu’on a éperdument aimé. La libération de l’emprise psychologique qu’exerce le pervers passe par une brutale prise de conscience provoquée par le fait que la victime se trouve confrontée à une double réalité : amour destructeur et instinct de survie. Il peut être important se positionner momentanément dans un statut de victime et de mettre le pervers dans celui de bourreau. Alors peut commencer le travail de réassurance, de renforcement de soi, un plein d’énergie à mettre en place par tous les moyens appropriés : mentaux, physiques, comportementaux, environnementaux,… Le travail peut être facilité par le fait de poser des actions fortes : se séparer physiquement de son bourreau, le quitter, entamer une action judiciaire,… Puis vient le temps d’une action de « renarcissisation » de la victime : reconstruction de sa personnalité ciblée sur ses besoins, ses désirs, ce qui lui fait plaisir, ce qui est bon pour elle,… L’objectif est de permettre à la victime de se reconnecter à ses propres envies, les vraies, celles qu’elle a abandonnées pour se consacrer entièrement à la satisfaction de celles du pervers. Il ne faut pas hésiter à  se programmer des mini chalenges pour prendre l’habitude de cumuler de petites victoires. Progressivement, on sort du statut de victime et on retrouve ses libres choix dans différents domaines (objectifs professionnels, sports, divertissements, …).
On peut en conclusion essayer de positiver en se disant que cette difficile épreuve de vie nous aura permis de grandir et de mieux nous connaître. On se construit souvent dans la douleur…
par Benoît Lemogne | 23/07/2014 | Pervers-narcissiques, Psychologique
Un premier article consacré à la vie de couple avec un pervers narcissique ( ) a permis d’identifier cette pathologie et de cibler le profil des victimes potentielles. Voyons maintenant comment le pervers narcissique s’y prend pour mettre en Å“uvre son entreprise d’asservissement.
Comment le pervers tisse-t-il sa toile?
Première étape : la séduction et l’analyse scrupuleuse de votre personnalité. Le pervers va commencer par s’intéresser à vous afin de vous connaître par cÅ“ur, mieux que vous même! Il va ensuite vous faire croire qu’il vous porte un grand intérêt et qu’il est sous votre charme. Il vous place sur un piédestal, conscient de ce que cela va provoquer chez vous qui souffrez d’un manque de confiance en vous. Il ne cesse de vous répéter à quel point vous êtes beau/belle et intelligent(e) et qu’il vous est reconnaissant de le rendre heureux, n’ayant jamais connu pareille extase avant de vous rencontrer. Il va vous habituer à cette dose quotidienne de douceur à laquelle vous allez devenir progressivement accro. L’objectif est de vous mettre en confiance et de disséquer votre personnalité pour identifier vos « failles » et vos manques dans le but de s’en servir pour vous manipuler et vous asservir : le pervers est un vampire de l’amour.
Il va ensuite progressivement introduire dans son discours des bémols à votre merveilleuse personnalité en partant de défauts qu’on vous a attribués, ou que vous avez vous-même « confessés » (caution historique). Vous le trouverez d’autant plus perspicace qu’il vous paraitra clairvoyant et bienveillant. Dans un premier temps, il ne s’agit pas de ternir le tableau idéal qu’il fait constamment de vous mais de cibler quelques petits défauts comme autant de « points d’amélioration ». Vous le prenez très bien car vous avez le sentiment d’avoir de la chance d’être en couple avec une personne qui souhaite faire de vous quelqu’un de meilleur encore.
L’étape suivante est la déstabilisation. L’existence avec votre pervers narcissique va commencer à devenir littéralement épuisante car il souffle successivement le chaud et le froid. On passe ainsi d’une passion amoureuse, dévorante et démonstrative dans laquelle il donne l’impression de vivre de réels moments de bonheur, à des moments très difficiles dans lesquels se met en Å“uvre son arme fatale : le harcèlement. Le pervers ne va plus vous lâcher. Quand vous exprimez votre désarroi, le mode de communication ou plutôt de non communication (car il s’agit en réalité d’un véritable dialogue de sourd) mis en place par le pervers fait que vous ne pourrez jamais avoir raison, même de l’évidence. Il maîtrise l’art et la manière de retourner les situations en vous accusant des faits à l’origine des conflits au sein du couple. La victime se trouve devant un personnage qui est incapable de se remettre en question. Pourtant elle va tenter encore et encore de lui faire prendre conscience de ses agissements. Même si la victime du pervers tente de faire prendre conscience à son bourreau que son comportement n’est pas sain, c’est peine perdue car il est dans l’incapacité de le reconnaître. De plus, étant donné qu’il n’est pas dans la souffrance, même si parfois il le prétend dans l’unique but d’apitoyer sa victime, il n’a aucune raison de modifier son comportement.
L’étape ultime est l’asservissement. Le pervers va utiliser son ascendant sur vous pour vous contrôler et faire de vous ce qu’il veut. Il va se reposer sur les propres valeurs de sa victime pour finir d’assoir son pouvoir sur elle. C’est la suite logique du processus : vous lui faites suffisamment confiance et vous êtes suffisamment accro à lui pour tout mettre en Å“uvre pour lui être agréable. Et si vous rentrez en résistance en essayant d’échapper à ses suggestions, l’étau risque alors de commencer à se resserrer. Il va appuyer directement là où ça fait mal en vous faisant comprendre que vous le décevez. Il vous met tellement la pression que vous êtes prêt(e) à tout pour retrouver sa confiance et ses faveurs. Vous cherchez en vain toutes les solutions possibles pour rétablir une certaine harmonie dans votre couple. Vous êtes pris au piège : vous êtes devenu(e) son esclave. Vous mettez tout en Å“uvre pour lui faire plaisir, vous vous pliez à ses moindres exigences, notamment sexuelles. Les insultes et brimades apparaissent, plus ou moins subtiles ou grossières. L’évolution peut se faire lentement, sournoisement sans que la victime ne s’en rende forcément compte. Elle peut aller jusqu’à se conditionner inconsciemment pour ne plus percevoir que le bon du pervers en occultant immédiatement le mal afin de moins souffrir. La descente aux enfers a commencé car les exigences de votre bourreau vont être de pire en pire, entrecoupées de moments d’apparents apaisements comme pour vous laisser reprendre vos esprits et vous faire espérer que vous pouvez encore vous en sortir.
Vous ne vous êtes rendu compte de rien; le pervers a procédé par paliers étalés dans le temps, en prenant bien soin de valider les étapes les unes après les autres. Si vous vous reconnaissez dans la description du processus qui vient d’être décrit, vous êtes en danger. La seule solution pour vous en sortir est de quitter votre bourreau. C’est un travail de longue allène que nous aborderons dans un troisième et dernier article.
par Benoît Lemogne | 21/07/2014 | Pervers-narcissiques, Psychologique
Vivre en couple avec un pervers narcissique est un véritable parcours du combattant menant à l’épuisement car il est souvent perdu d’avance. La seule réelle solution pérenne est de le quitter. La difficulté réside dans le fait qu’il a mis votre propre personnalité en veille car vous ne vivez plus qu’à travers lui. Vous agissez uniquement dans le sens de ce qui lui plait avec la peur permanente de lui déplaire. Le pire est que vous ne vous en rendez pas forcément compte, d’où l’importance de rester en lien avec son entourage qui peut jouer un rôle salutaire d’alerte. C’est d’ailleurs bien la raison pour laquelle le pervers tente de se rendre indispensable et de faire le vide autour de vous : il met en place une relation exclusive avec lui. Voyons d’abord à qui nous avons à faire.
Qu’est-ce-que la perversion narcissique ?
Il s’agit d’un trouble de la personnalité dont l’intéressé n’a d’ailleurs lui-même pas toujours conscience. D’où l’impossibilité de résoudre le problème en entamant un travail analytique avec le pervers narcissique qui n’est généralement pas très enclin à se remettre en question. Selon lui, c’est plutôt sa proie qui a un problème à régler car … elle se rebelle!.. C’est dire le déni dont il peut faire preuve. Alors comment le repère-t-on ? Il peut être très difficile à débusquer car en dehors de sa vie intime, il peut avoir une vie sociale très riche et épanouie, étant donné qu’il est généralement très sociable. Voyons comment fonctionne le pervers-narcissique.
Il est doté d’une grande intelligence le rendant redoutable. La perversion dont il fait l’objet s’explique généralement comme un mécanisme de défense par rapport à autrui. A l’origine du trouble, il y a généralement un traumatisme dont la résultante a conduit l’intéressé à faire passer ses propres besoins avant ceux des autres. Ainsi, il retourne (d’où le mot « per-version ») chaque situation ou chaque dialogue à son propre avantage, étant devenu maître dans l’art de manier le mensonge. L’intéressé est narcissique car il est tourné vers lui-même de façon excessive, ce qui l’amène à être dénué d’empathie, de compassion pour autrui. Tout est tourné vers sa propre personne dont il est très fier et tout doit fonctionner dans le sens de ses propres intérêts. Car le pervers narcissique est un manipulateur redoutable qui sait déployer énormément d’énergie pour parvenir à ses fins.
Y a-t-il un profil de victime de pervers ?
Certaines caractéristiques reviennent de façon récurrente même s’il est difficile de dresser un « portrait robot » . La cible du pervers est généralement une personne qui a un potentiel dont elle n’a pas conscience et que le pervers va révéler par la flatterie dont il va l’abreuver constamment. Etant donné qu’elle souffre d’un déficit de confiance, cela va lui donner des ailes. Elle va avoir le sentiment que la relation avec le pervers lui réussit puisqu’elle parvient à dépasser ses limites. Ce sont souvent des personnes pleines d’énergie et de force vive dont le pervers va pouvoir se nourrir. La victime idéale est une personne qui peut manquer de modèle de relation de couple équilibré, qu’elle sorte d’un échec sentimental (divorce) ou ait subi lors de son enfance l’influence d’un couple parental dysfonctionnant.
Comment reconnaît-on une victime de pervers? Elle a perdu toute sa personnalité et ne vit plus que pour satisfaire les désirs de son bourreau. C’est une personne qui s’est éteinte. Vampirisée, elle a été littéralement vidée de sa propre substance. Son sourire a disparu ou s’il apparait en présence de son bourreau, il est feint pour donner le change.
Nous analyserons à l’occasion d’un prochain article comment le pervers s’y prend pour prendre le contrôle de votre personnalité.

par Benoît Lemogne | 15/07/2014 | Juridique
Comment expliquer qu’il y ait tant de conflit de couple alors que la majorité des gens détestent les conflits et les redoutent ? S’agirait-il d’un processus qui nous dépasse ? Essayons de comprendre ce processus pour l’endiguer avant qu’il ne dégénère !… Le conflit résulte de l’échec de la communication qu’on essaie de mettre en place avec son partenaire dans le but de l’influencer pour obtenir de lui une chose de nature à satisfaire ses propres désirs et besoin. Les deux partenaires étant dans le même enjeu d’influence à but égoïste, cela conduit à une impasse. Ce qui entretient le conflit est en fait l’incapacité à s’influencer mutuellement, chaque protagoniste refusant de satisfaire le besoin ou le désir exprimé par l’autre. Personne ne veut faire de compromis. La mise en place d’une médiation de couple apparait très souhaitable pour comprendre et dépasser le conflit de couple.
Le conflit de couple est un phénomène d’interaction entre deux partenaires de vie. Comment ce processus se met-il en place ? Comment peut-on en sortir ? Le conflit est un désaccord important et consistant entre deux êtres en situation de blocage et d’interdépendance; chaque partenaire du couple n’a-t-il pas plus ou moins besoin de l’autre ? Les deux parties emmagasinent la frustration car elles ne parviennent pas à obtenir satisfaction, ce qui rend la communication encore plus difficile, voire impossible. Analysons le processus.On tombe dans l’engrenage frustration/agression jusqu’au moment où les protagonistes ne peuvent plus se contrôler, franchissant la limite de l’insupportable par l’autre. L’escalade suite le schéma suivant : attente déçue – frustration – colère – agressivité – violence où l’attente déçue est généralement inconsciente donc non exprimée ; la frustration résulte d’un désir ou d’un besoin contrarié, non satisfait ; la colère est l’émotion qui en découle et qui génère l’agressivité comme moyen de communication ou la violence s’il y a passage à l’acte (insulte, coups, gestes destructeurs,…). La clé du Conflit est la frustration accumulée (désir/besoin contrarié ; absence d’écoute et d’acceptation ; agressions répétées) qui provoque un phénomène de communication négative étant donné qu’on veut absolument avoir raison et donner tort à l’autre.
Comment sortir du Conflit ? Mettre en place une Médiation de couple
Sur le plan intellectuel, la médiation de couple peut consister à essayer de remonter le processus de l’engrenage à l’envers pour identifier le présupposé à l’origine de la frustration (nos droits imaginaires, nos exigences inconscientes) ; transformer le présupposé (inconscient) en exigence (consciente) puis l’exigence (absolue) en désir (relatif et limité).
Sur le plan émotionnel, libérer l’expression de l’émotion (en la verbalisant au besoin à voix haute) et verbaliser aussi les émotions accessoires (tristesse, déception).
Sur le plan relationnel, transformer le désir (passif) en demande (active) : peux-tu me rassurer ? Négocier ce désir : Que puis-je faire pour que tu me respectes ?
Quelques astuces utilisées par la médiateur :
- Reformuler les faits objectivement (description sans jugement)
- Expliquer en quoi les actes ou mots échangés ont été blessant
- Permettre l’expression des émotions (tristesse, colère,…)
- Montrer les conséquences (perte de confiance, doute,…)
- Intégrer dans le compromis de médiation un élément de nature à apaiser la souffrance ressentie.
L’enjeu central est de désamorcer la frustration. Comment ?
- Ecouter : laisser la personne blessée s’exprimer complètement en essayant de comprendre son point de vue; reconnaître sa colère ou sa déception ;
- Ouvrir un champ de communication avec l’autre protagoniste : communiquer sur ce que l’autre a exprimé ou sur ce qu’il souhaite ; essayer de trouver un intérêt commun ;
- Prendre conscience des coûts et des bénéfices du conflit pour chacun et de la relativité des choses dans le but de dédramatiser ;
- Favoriser un climat de concessions réciproques : reconnaitre les erreurs ou les torts de chaque côté; favoriser un sentiment de regret ou de repenti, rappeler l’intérêt commun ;
- Proposer des éléments de résolution de conflit en formulant des propositions de nature à apaiser les tensions;
- Si possible utiliser l’humour (pas l’ironie) pour dédramatiser et / ou trouver un élément positif au conflit
En fin de compte, la médiation de couple consiste souvent à identifier les points de désaccord, comprendre les enjeux en cause chez les protagonistes, trouver un compromis acceptable par les deux parties dans lequel chacun gagne et perd un peu à la fois. C’est un jeu d’équilibriste dans lequel la sagacité du médiateur est cruciale, le meilleur moyen de sortir du conflit étant de faire émerger des alternatives permettant de contourner les éléments de tension du conflit.
par Benoît Lemogne | 10/07/2014 | Juridique
A moins d’être juriste, on ne porte généralement pas grand intérêt au mode de conjugalité sous lequel on a placé son couple : mariage, PACS, concubinage,… Quelle importance ? Evidemment, tant que tout va bien, on ne se rend compte de rien mais le jour où l’on est confronté à la séparation de son couple, le régime juridique applicable va être déterminant pour établir les modalités de la séparation, et bien évidemment pour ce qui concerne les règles de répartition du patrimoine. On peut être ainsi confronté à des règles bien différentes en fonction de sa situation.
En ce qui concerne les personnes mariées, les règles vont varier en fonction du régime matrimonial qui peut être choisi par les époux (si l’on a fait un contrat de mariage : dans la plupart du temps pour se placer sous le régime de la séparation de biens) ou subi (le régime de la communauté d’acquêts à défaut de contrat de mariage). En dehors du mariage, l’union libre peut être plus ou moins organisée (PACS ou simple concubinage). Autant de situations qui sont régies par des règles juridiques différentes qui vont prendre toute leur ampleur au moment de la séparation du couple.
Le mariage, un statut pas toujours avantageux
Or, l’application de certaines règles juridiques au moment de la séparation peut s’avérer choquante pour les non juristes. Par exemple, la force de travail investie dans un bien immobilier ne sera pas traitée de la même façon selon le régime matrimonial des époux. Et pour l’immense majorité des mariés sous le régime de la communauté, il n’en sera pas tenu compte si le bien qui en a profité figure dans le patrimoine propre de son conjoint !…
En effet, même s’il résulte de l’article 1401 du code civil que les fruits de l’industrie personnelle d’un époux tombent en communauté (sur laquelle les droits des époux sont de moitié chacun) et même si l’article 1437 instaure un droit à récompense quand un conjoint a tiré un avantage personnel de la communauté, la Cour de cassation limite ce droit aux cas de mouvement de fonds entre le patrimoine propre de l’un des époux et le patrimoine de la communauté, faisant bien peu de cas du temps et des efforts investis dans la main d’œuvre. Par comparaison, on ne réserve pas le même sort aux époux soumis au régime de la séparation de biens ou aux simples concubins qui peuvent se prévaloir du régime de l’indivision régi par les articles 815 et suivants du code civil ou aller sur le terrain de l’enrichissement sans cause.
D’où l’intérêt de consulter un professionnel avant de s’installer durablement dans une relation de couple, ou quand on achète ensemble un logement, afin de mettre en place la situation juridique la plus adaptée. Le problème de fonds résidant dans le fait qu’une situation juridique adaptée dans un contexte de vie harmonieuse de couple ne le reste pas forcément quand arrive le temps de la discorde et de la séparation. De convergents les intérêts deviennent alors souvent divergents. Le mariage restant le meilleur moyen de protéger son conjoint en cas de décès par le biais de la donation entre époux, le meilleur compromis consiste souvent à se marier en adoptant le régime de la séparation de biens qui permet de limiter les pertes patrimoniales au moment de la séparation du vivant (divorce).
La séparation d’un couple est difficile car elle met en jeu des règles juridiques dont l’application à la situation concrète des époux est souvent source de surprises (bonnes pour l’un, mauvaises pour l’autre). D’où l’intérêt de ne pas sous-estimer l’aspect plus psychologique de la rupture. Une séparation de couple met de toute façon en jeu tant des aspects juridiques qu’émotionnels et la surprise résultant de l’application inattendue des règles de droit ne rend les choses que plus compliqués à vivre…psychologiquement.
par Benoît Lemogne | 2/07/2014 | Juridique
Sans être juriste, beaucoup de personnes préfèrent prévenir que guérir et ont le réflexe salutaire d’aménager conventionnellement les règles de la liquidation de leur régime matrimonial : avant de se marier, ils sollicitent leur notaire afin de rédiger sur mesure les clauses de leur contrat de mariage. Pour de multiples raisons, l’écrasante majorité des futurs époux qui ont recours à un contrat de mariage choisissent comme régime matrimonial la séparation de biens. Dans ce régime point de communauté, les patrimoines sont séparés, chaque époux a le sien. Le principe est le « chacun pour soi », l’exception la mise en commun (l’indivision). Ainsi donc, la plus grande partie du patrimoine des époux appartient soit à l’un, soit à l’autre et une faible partie à tous les deux.
C’est le cas généralement du logement de la famille. Dans ce cas, étant donné que ce bien a une vocation familiale plus que patrimoniale à proprement parler, on va dans la plupart du temps déclarer au notaire rédacteur de l’acte de vente que l’on achète dans les proportions de moitié chacun. Et même si un des deux époux n’a pas les revenus suffisants pour financer sa moitié indivise, on fait « comme si » et le notaire, même s’il n’en pense pas moins, ne peut s’y opposer.
Au mieux, il va éclairer le consentement de son client en lui expliquant les conséquences de sa déclaration en cas de séparation de couple. Il est vrai que jusqu’au mois de septembre dernier, l’époux qui avait financé plus que sa quote-part bénéficiait d’une créance à l’égard de son conjoint pouvant arguer d’un dépassement manifeste de sa contribution aux charges du mariage.
Une jurisprudence qui change les effets du contrat de mariage
C’était sans compter sur le pouvoir des juges. Le 25 Septembre 2013, la première Chambre civile de la Cour de cassation en a décidé autrement. En l’espèce, l’époux séparé de biens avait financé au moyen de ses revenus personnels l’intégralité d’un bien immobilier destiné à être le logement de la famille. Dans son contrat de mariage figurait une clause habituelle à ce type de contrat en vertu de laquelle les époux contribueraient aux charges du mariage dans la proportion de leurs facultés respectives et que chacun d’eux serait réputé avoir fourni au jour le jour sa part contributive en sorte qu’aucun compte ne serait fait entre eux à ce sujet et qu’ils n’auraient pas de recours l’un contre l’autre …
Les époux ayant acheté le bien à raison de moitié indivise chacun, le prix de vente avait été partagé entre eux dans ces mêmes proportions. Le mari comptait donc revendiquer sa créance de moitié au moment de la liquidation de son régime matrimonial dans le cadre de sa procédure de divorce et ainsi compenser partiellement la prestation compensatoire qu’il devait verser à son épouse. Pour rejeter la créance invoquée par le mari, les juges ont estimé qu’il résultait du contrat de mariage une présomption interdisant de prouver que l’un ou l’autre des conjoints ne s’était pas acquitté de son obligation.
On le voit bien, même les personnes prévoyantes, qui ont pris la peine d’aménager les règles applicables en cas de rupture par le biais d’un contrat de mariage, ne sont pas à l’abri de surprises. Une séparation de couple met de toute façon en jeu tant des aspects juridiques qu’émotionnels et la surprise résultant de l’application inattendue des règles de droit ne rend les choses que plus compliquées à vivre… psychologiquement.
par Benoît Lemogne | 25/06/2014 | Juridique, Psychologique, Réflexions
Vous avez décidé de rompre avec votre conjoint mais redoutez les discussions à venir pour organiser au mieux la séparation ? Vous voulez résoudre un blocage qui empêche votre couple de discuter sereinement ? En fin de compte, vous ne voulez pas subir votre séparation et naviguer à vue mais vous donner les moyens de la réussir. Avec Divorce Consulting, gérez votre divorce en toute conscience.
Pour parvenir à dépasser le conflit qui s’est instauré au sein de votre couple, ou pour l’éviter à l’occasion de l’élaboration des modalités de votre séparation, il est primordial de gérer tout d’abord l’aspect psycho-affectif en jeu. Il conviendra ensuite de vous éclairer sur les rouages de la procédure pour vous permettre de devenir pleinement acteur de votre divorce.
Avoir recours à un consultant privé pour devenir acteur de sa séparation et ne plus la subir
Savoir bien s’entourer pour ne pas subir sa séparation.
Si vous êtes confronté à un divorce difficile, le recours à un consultant expérimenté vous permettra d’acquérir un avantage décisif dans la gestion de votre séparation en vous évitant de la subir pour en maîtriser les tous aspects.
Ce que vous apporte l’expertise de Divorce Consulting
Fort de 25 ans d’expérience en matière de divorce, Benoît LEMOGNE, Fondateur de Divorce Consulting, vous accompagne tout au long du processus de séparation, à commencer par la phase de préparation déterminante pour élaborer une stratégie efficace.
L’accompagnement par Divorce Consulting vous permettra :
– 1/ de cerner les causes de tension avec votre conjoint, pour les dépasser et mettre en place un nouveau mode de communication avec lui, dans un climat apaisé propice à une discussion positive et constructive. Au delà de la qualité relationnelle que vous parviendrez à restaurer, le consultant étudiera avec vous les pistes pour mettre en place les éléments de langage et les attitudes adéquats pour parvenir à la réalisation de vos objectifs dans le cadre de la séparation.
– 2/ de prendre le recul nécessaire pour comprendre les nÅ“uds psychologiques en jeu et trouver les moyens de les dénouer. Une approche psycho-affective de la situation vous permettra de cerner le profil de votre conjoint, et ainsi de trouver les mots et la posture à adopter pour mettre en Å“uvre un nouveau mode opératoire.
La majorité des client-e-s de Divorce Consulting parviennent à divorcer par le biais d’une procédure amiable et ainsi à éviter une procédure contentieuse, longue et fastidieuse, en négociant les modalités de leur séparation directement avec leur conjoint, qui a pourtant bien souvent un profil psychologique pathologique de type machiste/tyran/ manipulateur/ pervers-narcissique…
Vous éclairer sur les rouages de la procédure
Ce qui me semble opportun ne l’est pas forcément aux yeux de la loi. Mais comment faire si on a réfléchi sur la base de croyances erronées ? C’est une donnée qui peut sérieusement remettre en question ce que vous avez envisagé avec votre conjoint. Elle explique à elle seule le fait que nombre d’époux qui souhaitaient divorcer à l’amiable voit leur procédure leur échapper et dégénérer. Il est donc plus prudent d’arrêter avec votre conjoint des décisions adaptées et sécurisées qui pourront être par la suite validées dans le cadre de la procédure. Il convient donc d’élaborer dans le calme et à votre rythme les modalités qui vont dicter votre avenir et celui de vos enfants, avec la faculté d’intégrer à la réflexion des éléments spécifiques liés au profil psychologique de chacun, enfant-s comme parents. Divorce consulting est là pour vous aider à décrypter ce qui dans vos enjeux personnels s’insinue dans les modalités de votre séparation.
Pour maîtriser la procédure, il est nécessaire préalablement de prendre le temps de s’informer sur ses droits. C’est une démarche indispensable, si on ne veut pas être pris de court. En effet, il est inutile de mettre en place une discussion positive et constructive avec votre conjoint si c’est pour prendre des décisions qui ne sont pas transposables dans le cadre de la procédure. Par exemple, les discussions en matière de partage des biens dépendent de la liquidation de votre régime matrimonial, procédure que vous n’êtes pas en mesure de faire de prime abord. Par ailleurs, il ne faut pas oublier d’intégrer la question de la prestation compensatoire. Cette information préalable, qui vous est délivrée par Divorce Consulting, vous aide à discerner ce qui est possible de ce qui ne l’est pas, et à réfléchir en connaissance de cause à ce qui est souhaitable de faire, en fonction des différentes personnalités en jeu.
Se préparer à son rythme à la procédure
Si vous êtes confronté à un divorce difficile, du fait du profil de votre conjoint et/ou de l’importance de l’enjeu patrimonial, il peut être périlleux d’enclencher la procédure sans s’y être préparé car vous risquez alors d’avoir à prendre des décisions graves de conséquence sous le coup d’un état émotionnel instable. Si l’avenir vous parait confus et menaçant, la procédure sera perturbée par vos craintes et vous risquez d’être submergé-e par le stress de la séparation. D’où l’intérêt de prendre le temps de bien vous éclairer sur les rouages de la procédure à votre rythme pour vous y préparer au mieux.
L’attitude mentale dans laquelle vous vous placez pour vivre votre séparation est déterminante pour augmenter vos chances d’atteindre vos objectifs. L’impact de votre propre comportement sur celui de votre conjoint ne doit pas être sous-estimé. Les sentiments de peur ou d’insécurité, qu’on peut susciter à son insu, ne favorisent pas l’établissement d’un climat propice à une discussion apaisée. A défaut, on risque de créer des résistances qui vont compromettre à terme la sérénité des débats. Divorce Consulting saura vous accompagner dans la dimension émotionnelle et psycho-affective de votre séparation pour vous éviter ces désagréments.
Enfin, il convient d’aborder la procédure dans un état émotionnel serein en ayant réfléchi sur ses réelles motivations pour être en mesure d’adopter une attitude adéquate tant vis-à -vis de son conjoint que des professionnels du droit qui vont jalonner mon parcours procédural (avocat, notaire et éventuellement juge). Suis-je dans un climat de sérénité ou sous l’emprise incontrôlé de mes émotions (colère, culpabilité, peur, cupidité, vengeance…) ? Suis-je dans la maîtrise des notions juridiques ou dans l’incompréhension du vocabulaire juridique qui m’empêche de participer aux débats ? Ma posture est-elle cohérente par rapport à mes demandes ou revendications? Suis-je dans la maîtrise de la situation ou sur la défensive ? La gestion de votre posture et votre capacité à rester serein-e seront déterminantes dans la réussite de votre séparation.
Les aspects juridiques et financiers de la séparation
Les aspects juridiques et financiers de votre séparation sont des points particulièrement difficiles à gérer parce qu’ils mettent en Å“uvre des notions délicates et parce qu’ils génèrent des peurs plus ou moins rationnelles. D’où un lien étroit entre l’aspect psycho-affectif et l’aspect juridique de votre séparation. L’accompagnement proposé par Divorce Consulting vous permet à la fois de canaliser vos craintes et de vous éclairer à votre rythme sur les enjeux patrimoniaux de la séparation, en vous expliquant très concrètement votre situation juridique à cet égard et les différentes options envisageables, que ce soit pour la liquidation de votre régime matrimonial, le partage des biens ou encore le montant de la prestation compensatoire.
La séparation vous confronte naturellement à diverses peurs plus ou moins conscientes : peur du manque, crainte de ne pas maîtriser les rouages de la procédure et de se laisser abuser, méfiance vis-à -vis de l’intégrité de votre conjoint ou de sa vulnérabilité face à ses propres émotions et/ou aux postures qui peuvent lui être suggérées. L’accompagnement proposé par Divorce Consulting vous permet de mettre en place les conditions d’une communication constructive et intelligente avec votre conjoint plutôt que de prendre le risque de voir les enjeux de la séparation vous échapper.
LE RESULTAT :
DANS LE CADRE D’UNE PROCÉDURE AMIABLE : Vous avez mis en place avec votre conjoint une communication efficace vous permettant d’aborder avec lui les points délicats de la séparation et de faire émerger le meilleur consensus possible, avant d’engager la procédure pour valider vos accords.
DANS LE CADRE D’UNE PROCÉDURE CONTENTIEUSE : Vous vous sentirez apaisé(e) et n’agirez plus sous l’emprise incontrôlée de vos émotions; vous maîtriserez autant les enjeux de la procédure et votre comportement vis à vis de votre conjoint et des différents intervenants professionnels (juge, avocat et notaire) que les éléments de langage à mettre en place et adopterez une attitude adéquate à la préservation de vos intérêts pour parvenir à la réalisation de vos objectifs.
par Benoît Lemogne | 18/06/2014 | Psychologique
Au fil de mon expérience dans le notariat et des situations rencontrées, j’ai acquis la conviction qu’avant d’aborder les aspects juridiques de la séparation, il est primordial de s’intéresser à la sphère émotionnelle pour avoir une approche plus humaine de la situation. J’ai donc suivi dans le courant de l’année 2011 une formation permettant de proposer une assistance psychologique pertinente ciblée sur la gestion des personnalités et sur la problématique spécifique de la gestion de conflits au sein des couples en crise.
Un cursus dédié pour mieux vous accompagner
En complément d’un séminaire de 3 journées complètes sur le thème de la gestion des personnalités, j’ai suivi un cycle de formation personnalisée ciblée sur la problématique spécifique du fonctionnement du couple et des conflits au sein des couples.
- le couple : compréhension et fonctionnement, approches pluridisciplinaires du couple (systémique, sociologique, psychologique), les amitiés adultes, la génialité
- le cycle de vie sentimentale : de la passion à la lassitude
- la problématique du choix du partenaire en lien avec les grandes blessures de l’enfance
- l’autre, le rôle de l’autre, la gestion de l’autre, la communication dans le couple ; règles implicites, rituels, règles explicites, messages codés
- le rapport du couple à l’argent : affaire de pouvoir et de domination,
- les différents modèles de couple (celui qui contrôle tout, l’indifférent, l’inconscient, la cigale et la fourmi, le nonchalant et l’anxieux, perdre sa vie à la gagner)
- les crises de couple, les moteurs des crises de couple, la séparation
- les mécanismes de défense, refoulement/déni, projection, régression, sublimation.
Proposer une assistance psychologique permet d’intégrer les problématiques personnelles de chaque époux dans l’élaboration des modalités techniques de la séparation ou de proposer un accompagnement individualisé adapté pour vivre au mieux l’épreuve de la séparation.
[icon type= »fa-edit » size= »3x » pull= »left » flip= »vertical »] Quelques pistes de réflexion…
« Il ne faut pas confondre s’inventer des désirs en commun et croire avoir des désirs communs »
« Changer n’est pas devenir quelqu’un d’autre mais devenir qui on est »
« C’est quand-même difficile de commencer en conjuguant la vie avec AVOIR (j’ai une femme, j’ai un mari) et tenter de la vivre avec ETRE (je suis avec un femme, je suis avec un homme) »
« J’ai besoin autant de ton regard sur moi que d’une parole à moi »
« Il y a tout ce pouvoir de bonheur et de malheur que chacun a sur l’autre… de façon inégale »
« Communication … un espace possible entre l’irrésistible besoin de la rencontre et l’inéducable évidence de la séparation »
« Couple : un espace de possible où va se dérouler beaucoup d’impossibles »
« A se dire tous ces petits riens qui ne valent pas la peine d’être dits mais qui valent la peine d’être entendu »
« Quand je boude, silencieux, je mendie quelque chose de vital que je suis prêt à refuser si tu t’approches, que je suis prêt à crier si tu n’entends pas »
Ensemble de citations de Jacques Salomé, Psychosociologue.